Croître en maturité, partie 8 – La recherche de la perfection en demeurant réaliste

L’histoire sur le phénomène de golf Lexi Thompson

À 12 ans, Alexis Noel « Lexi » Thompson, golfeuse professionnelle à la LPGA Tour, devient la plus jeune golfeuse féminine à se qualifier pour l’U.S. Women’s Open. Elle devient professionnelle en 2010 à l’âge de 15 ans. En 2011, elle établit un nouveau record, soit être la plus jeune à vie à gagner un tournoi LPGA à 16 ans. Trois mois plus tard de la même année, elle gagne un tournoi LPGA Classic, devenant alors la deuxième plus jeune golfeuse du circuit européen.

Ses remarques sur les raisons pour lesquelles elle aime le jeu de golf ont été frappantes : « Chaque jour, je découvre quelque chose de nouveau dans mon jeu : mon swing, le temps qu’il fait. Ce sont des choses importantes au golf. C’est toujours un défi à chaque jour que vous vous réveillez. C’est pour ça que je suis continuellement sensible et attentive à toutes ces choses qui ont un impact. »

Ce qui me fait continuer, c’est que ce n’est jamais parfait. Le but d’atteindre la perfection n’est pas un obstacle. Ce que le golfeur voit dans son sport est aussi applicable dans la vie chrétienne. En effet, ce qui nous permet d’espérer une croissance dans la sainteté, en pratique, c’est que nous n’y sommes pas encore parvenus et n’y parviendrons jamais ici-bas. Il y a toujours place à l’amélioration. Ça doit être un défi réaliste, pas quelque chose d’inatteignable. Paul regardait en avant, voyait non pas des obstacles, mais des occasions pour Dieu de travailler dans sa vie :

Ce n’est pas que j’aie déjà remporté le prix, ou que j’aie déjà atteint la perfection; mais je cours, pour tâcher de le saisir, puisque moi aussi j’ai été saisi par Jésus-Christ. (Philippiens 3.12)

Ça ne repose pas sur nous autres : ça repose sur l’œuvre de Dieu en Jésus-Christ, parce qu’on est saisi par Jésus-Christ. Parce que son œuvre en nous a été débuté, Dieu vise la perfection avec nous et il va l’atteindre. Si vous dites au monde : « Je vise et je suis en chemin vers la perfection dans ma vie ! », que vous répondront-ils : réaliste ou irréaliste ? Nous devons être réaliste : ça ne repose pas sur nous, mais c’est prévu et ça repose sur Dieu.

Un désir divin pour la perfection

Les êtres humains ont un désir inhérent (en eux) de perfection. Après tout, nous avons été créés à l’image de Dieu (Genèse 1.26-27) et nous avons reçu le mandat d’exercer la domination sur la terre pour son épanouissement (Genèse 1.28). Dieu pourvoit, l’homme est impliqué et Dieu se glorifie.

Puis Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme. Dieu les bénit, et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre. (Genèse 1.26-28)

Dieu pourvoit; l’homme est impliqué; Dieu se glorifie; en retour, l’homme en est béni.

Deux choses importantes

Ce que nous sommes et ce à quoi nous avons été appelés créent en nous un désir d’exceller en toutes choses pour Dieu. Le chrétien sent cet élan important ou cette impulsion (aiguisée, précise, intense) donnée dans le commandement de notre Seigneur dans Matthieu 5:48 :

Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. (Matthieu 5.48)

C’est la puissance de l’Évangile en nous : être appelés à quelque chose de plus grand que nature.

Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains aussi n’agissent-ils pas de même ? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens aussi n’agissent-ils pas de même ? (Matthieu 5.46-47)

L’Apôtre Paul fait aussi écho à cela dans 1 Corinthiens 10.31 :

Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu. (1 Corinthiens 10.31)

Chercher la perfection, par conséquent, n’est pas une chose mauvaise en soi; en contrepartie, un élan pour la perfection peut mal tourner si elle n’est pas équilibrée avec la réalité biblique sur la chute et ses conséquences. Aussitôt qu’on déroge du but pour glorifier Dieu, on fait fausse route, par exemple, le perchiste sur un fil de fer, recherche l’équilibre parfait.

Nos ruines glorieuses (une réalité : elles mettent en évidence l’inverse)

Une des conséquences tragiques de la chute est que la perfection dans cette vie est impossible. De toutes sortes de façon, nous voyons chaque jour comment les êtres humains :

[…] ne sont pas à la hauteur de la gloire de Dieu; (Romains 3.23)

C’est vrai aussi pour le chrétien. Nous nous reconnaissons avec l’apôtre Paul quand il dit :

Car je ne comprends pas mes propres actions. Car je ne fais pas ce que je veux, mais je fais ce que je déteste. (Romains 7.15)

Paul sait que cette vie est marquée par une guerre constante contre le péché qui nous habite. L’apôtre Jean pense de même quand il écrit aux chrétiens :

Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons (trompons) nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous le faisons menteur, et sa parole n’est point en nous. (1 Jean 1.8-10)

Mes petits enfants, je vous écris ces choses, afin que vous ne péchiez point. Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. (1 Jean 2.1)

1 Jean 1.8-10 est clair : ceux qui prétendent ne pas avoir de péché, non seulement se séduisent eux-mêmes, mais font de Dieu un menteur, prouvant que la Parole de Dieu n’est pas en eux. Sinon, ils sont des chrétiens qui ont une très mauvaise compréhension des vérités bibliques. Les chrétiens réalistes vivent une vie de vigilance contre le péché, qui est encore présent, jusqu’à ce jour où le péché ne sera plus.

Le puritain John Owen, dans son ouvrage classique La Mortification du péché, décrit ce que la vie chrétienne exige :

« Les croyants les plus convaincus, qui sont assurément libérés du pouvoir condamnant du péché, devraient encore en faire leur affaire de tous les jours pour mortifier le pouvoir du péché pour qu’il ne prenne place (ne se loge pas). Car la perfection ne s’atteint pas parfaitement ici-bas. »

Une nouvelle créature en Christ

Autant la Bible est claire que la perfection n’est pas possible dans cette vie, la Parole de Dieu est tout aussi claire que les chrétiens doivent grandir dans la piété et en sainteté. La vérité théologique est directement liée avec ce qui se passe à la régénération : nous sommes de nouvelles créatures en Christ. C’est l’étonnante vérité que Paul déclare dans 2 Corinthiens 5.17 :

Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. (2 Corinthiens 5.17)

Être une nouvelle création est la nouvelle réalité de chaque chrétien. C’est une promesse pour tous ceux qui sont « en Christ », c’est-à-dire unis par la foi au Seigneur ressuscité et glorifié. Le terme « nouvelle création » porte en lui l’idée de la puissance souveraine et créatrice de Dieu. Paul a invoqué cette idée plus tôt quand il a fait allusion à la puissance de Dieu en créant la lumière et la création d’un chrétien :

Car Dieu, qui a dit : La lumière brillera du sein des ténèbres ! A fait briller la lumière dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ. (2 Corinthiens 4.6)

Autrefois vous étiez ténèbres, et maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière ! (Éphésiens 5.8)

Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’Esprit. (2 Corinthiens 3.18)

Ce que nous apprenons, c’est que le christianisme n’est pas un réajustement moral. Il ne s’agit pas simplement d’un brossage de surface sur la vieille nature pour enlever ce qui est poussiéreux et pour la polir dans le but de la faire briller. Le christianisme n’est pas en fin de compte de nouvelles habitudes ou une nouvelle image et perspective, bien qu’il inclut ces choses. Le christianisme est une refonte complète et exhaustive, rien de moins qu’une nouvelle création, en utilisant un nouveau moule divin. Un chrétien est celui qui a connu la nouvelle promesse d’alliance d’Ézéchiel, où Dieu proclame ce qui sera accompli en Christ par l’Esprit :

Et je vous donnerai un nouveau cœur, et un nouvel esprit que je mettrai en vous. Et je vais enlever le cœur de pierre de votre chair et vous donner un cœur de chair. Et je mettrai mon Esprit en vous, et vous ferai marcher dans mes statuts et obéir à mes règles. (Ézéchiel 36.26-27)

Sylvain Forest, pasteur
4 décembre 2019

Sylvain Forest

Pasteur de l’Église Baptiste de la Foi de Drummondville

Partagez cet enseignement :

Share on facebook
Share on twitter
Share on print
Share on email