Croître en maturité, partie 7 – La maturité marche vers la perfection

Quiconque a déjà atteint quelque chose à un niveau très élevé sait qu’il n’y a pas de substitut à la pratique : c’est en forgeant qu’on devient forgeron.

Vouloir très fort ne produit pas de fruit ou résultat : il faut la mise en pratique.

Nous avons tous entendu des histoires de personnes exceptionnellement douées qui ont été en mesure de maîtriser un sujet ou une discipline lors de leur premier essai ou tentative, mais ce genre de personnes est une exception et non la norme. Pour la plupart, la maîtrise demande beaucoup de travail. Les meilleurs dans divers champs, soit les athlètes sportifs, les travailleurs, les musiciens, sont souvent reconnus comme ceux qui ont mis le plus de temps à leur discipline. « Personne n’a travaillé plus dur que lui. » Qu’est-ce qui fait le succès des gens? Un homme, Malcolm Gladwell, a suggéré qu’il faut environ dix mille heures pour devenir un expert dans votre domaine. Dix mille heures, l’équivalent de cinq ans de travail à temps plein à 40 heures par semaine! En d’autres mots, pratiquez-vous! Le perfectionnement (comme pour la maturité spirituelle) vient par la pratique, par faire la même chose encore et encore. C’est comme ça qu’on devient bon. C’est comme ça qu’on progresse vers la perfection : c’est en forgeant qu’on devient forgeron!

J’ai beaucoup aimé jouer au golf plus jeune. J’aime l’histoire ou l’anecdote d’une des grandes légendes du golf, Gary Player :

Il est au Texas, dans une fosse de sable. Il frappe des coups de pratique. Il s’entraîne. Un vieux cowboy s’approche et regarde son premier coup entrer direct dans le trou. Le cowboy lui dit : « Je te donne 50 dollars si tu frappes la prochaine directement dans le trou. » Il le fait, il continue et en réussit trois autres de suite. Le vieux monsieur se fait éplucher quelques centaines de dollars, puis dit au golfeur : « Eh boy, je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi chanceux de ma vie. » La réponse de Gary Player a été : « Eh bien, plus je pratique, plus j’ai de la chance. » Sa réponse parait bizarre, mais on comprend tous que derrière des gens qui sont vraiment bons dans ce qu’ils font se cache une route pavée d’heures et d’heures de pratique (et non de la chance).

Les questions qu’on peut se poser sont : « Est-ce que cela s’applique et se traduit par la maturité croissante pour le disciple et la vie chrétienne? Est-il possible de mieux faire preuve de miséricorde? De devenir plus généreux? D’aimer plus, d’être plus sensible et tourné vers les autres? D’être un meilleur voisin? Si c’est le cas, la croissance dans ces domaines est-elle liée à la pratique? Autrement dit, la vie chrétienne est-elle comme tout le reste dans la vie? S’agit-il de mettre des heures ou de nous donner encore et encore à la discipline de cultiver une vie vertueuse? Est-il possible pour nous de dire à quelqu’un qui manifeste une étonnante générosité : « C’est la chose la plus généreuse que j’ai jamais vu, » et pour entendre de leur part, « Vous savez, plus je suis généreux (pratique), plus je deviens généreux »? »

Je pense que la réponse à ces questions est oui.

Le fait est que ce n’est pas par nous-même seulement que ça va arriver spirituellement. Ce sont des œuvres préparées d’avances.

Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions. (Éphésiens 2.10)

Ne savez-vous pas que ceux qui courent dans le stade courent tous, mais qu’un seul remporte le prix ? Courez de manière à le remporter. Tous ceux qui combattent s’imposent toute espèce d’abstinences, et ils le font pour obtenir une couronne corruptible ; mais nous, faisons-le pour une couronne incorruptible. (1 Corinthiens 9.24-25)

Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, (Éphésiens 4.1)

Les moyens de grâce sont la Parole, la prière, l’Église et l’action du Saint-Esprit.

La force que Paul réclame pour ses destinataires est de nature spirituelle. Elle est toujours intérieure, dans le cœur de la personne, et elle est toujours communiquée par l’Esprit de Dieu.

afin qu’il vous donne, selon la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur, (Éphésiens 3.16)

Il s’agit de la puissance surabondante que l’apôtre a déjà mentionnée dans Éphésiens 1.19 et dont il a constamment fait l’expérience (Philippiens 4.13).

et quelle est envers nous qui croyons l’infinie grandeur de sa puissance, se manifestant avec efficacité par la vertu de sa force. (Éphésiens 1.19)

Je puis tout par celui qui me fortifie. (Philippiens 4.13)

Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au delà de tout ce que nous demandons ou pensons,  21 à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen ! (Éphésiens 3.20-21)

Je pense que la réponse à ces questions est oui. L’apôtre Pierre était certainement très à l’aise de parler de la pratique comme tendant vers la croissance et la maturité dans la vie du chrétien. Il écrit :

Comme sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu, lesquelles nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise, à cause de cela même, faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la science, à la science la tempérance, à la tempérance la patience, à la patience la piété, à la piété l’amour fraternel, à l’amour fraternel la charité. Car si ces choses sont en vous, et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ. Mais celui en qui ces choses ne sont point est aveugle, il ne voit pas de loin, et il a mis en oubli la purification de ses anciens péchés. C’est pourquoi, frères, appliquez-vous d’autant plus à affermir votre vocation et votre élection ; car, en faisant cela, vous ne broncherez jamais. (2 Pierre 1.3-10)

De même, l’apôtre Paul utilisait souvent des métaphores de croissance et de fruits pour décrire la vie chrétienne :

C’est pour cela que nous aussi, depuis le jour où nous en avons été informés, nous ne cessons de prier Dieu pour vous, et de demander que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d’une manière digne du Seigneur et lui être entièrement agréables, portant des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres et croissant par la connaissance de Dieu, (Colossiens 1.9-10)

Plus nous nous donnons (pratiquons) à ces choses qui sont bonnes et justes, vraies, belles et désirables, plus elles prennent racine en nous et nous façonnent. D’une façon étrange, nous devenons comme elles en les faisant. Les philosophes et les théologiens l’ont reconnu. Le psalmiste présente ce principe lorsqu’il parle de ceux qui adorent les idoles :

Ils leur ressemblent, ceux qui les fabriquent, Tous ceux qui se confient en elles. (Psaumes 115.8)

C’est la façon dont nous avons été faits avec le but d’apprendre. On ne réalise pas vraiment comment nos vies sont modelées par les rituels, les cultes, les cérémonies, les prières et les choses auxquelles nous nous adonnons souvent. C’est à la lumière de ces choses que la sagesse des Proverbes prend tout son sens :

Ne fréquente pas l’homme colère, Ne va pas avec l’homme violent, De peur que tu ne t’habitues à ses sentiers, Et qu’ils ne deviennent un piège pour ton âme. (Proverbes 22.24-25)

Comme le dit 1 Corinthiens 15:33 :

Ne vous y trompez pas : les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs. (1 Corinthiens 15.33)

D’une manière étrange, nous reflétons ce à quoi nous nous exposons et nous nous adonnons. Notre façon d’adorer nous transforme comme humain et nous devenons ce que nous adorons. Dieu a fait les humains pour le refléter, mais s’ils ne s’engagent pas à se sacrifier et à être soumis envers lui, ils ne le refléteront pas, mais reflèteront autre chose dans la création (idole). Au plus profond de nous, nous sommes des créatures qui reflètent une image. De deux choses, l’une : soit nous reflétons le Créateur, soit quelque chose dans la création. Ce que les gens vénèrent, ils leur ressemblent, soit pour la ruine ou la vie.

Plus nous nous adonnons aux vertus de la vie chrétienne et plus nous pratiquons l’éthique du royaume de Dieu, plus ces vertus et l’éthique prendront racine en nous, plus elles nous façonneront à l’image du Seigneur Jésus Christ, Celui qui était parfait et mature dans tous les sens.

Sylvain Forest, pasteur
20 novembre 2019

Sylvain Forest

Pasteur de l’Église Baptiste de la Foi de Drummondville

Partagez cet enseignement :

Share on facebook
Share on twitter
Share on print
Share on email