Faire des plans en faisant confiance à la provision de Dieu

« Dieu nous appelle à vivre non pas par notre propre capacité, ni par une fausse déresponsabilisation concernant Sa providence, mais par une prudence sage et équilibrée. Faites des plans, mais n’y tenez pas trop. Vivez selon la volonté révélée de Dieu, en vous confiant, ainsi que vos proches, à ses desseins souverains. […] Attendez-vous à ce que, parfois, Dieu résiste à nos projets et que nous soyons appelés à nous soumettre humblement à ses desseins aimants et bons. »

 

Faire des plans pourrait paraître un aspect de contrôle, mais c’est plutôt une façon d’agir de façon responsable. Garder l’équilibre que Dieu pourvoit parfaitement, Lui qui est au contrôle, Lui qui est souverain, c’est ce que nous devons rechercher.

Dieu est vraiment souverain et je suis vraiment responsable de vivre selon Sa volonté révélée, Sa parole. Il soutient toutes choses par sa main puissante.

[…] l’Éternel vient avec puissance, Et de son bras il commande […] (Ésaïe 40.10)

[…] soutenant toutes choses par sa parole puissante […] (Hébreux 1.3)

Ce que je fais de mes mains compte vraiment : Dieu prend soin de considérer et d’utiliser tout ce que nous faisons. (Matthieu 5.30).

Que ce livre de la loi ne s’éloigne point de ta bouche; médite-le jour et nuit, pour agir fidèlement selon tout ce qui y est écrit; car c’est alors que tu auras du succès dans tes entreprises, c’est alors que tu réussiras. (Josué 1.8)

C’est une chose d’affirmer à la fois la souveraineté de Dieu et la responsabilité humaine comme enseignement biblique, mais comment vivons-nous fidèlement ces vérités de manière équilibrée dans la vie quotidienne?

Dans la réalité il y a une tension entre la souveraineté de Dieu et notre responsabilité, entre l’appel à la confiance et l’appel à agir.

Voici un exemple banal : j’ai réglé mon réveil pour me lever du lit ce matin. Vous ne direz pas que c’est un acte de non-confiance envers la providence de Dieu ! J’ai fait des plans. Je ne pensais pas que Dieu me réveillerait surnaturellement à 5h30 du matin. Ce n’était pas un acte d’incrédulité, mais une sage adoption de moyens secondaires. D’autre part, je dépendais de Dieu pour un sommeil de qualité, pour maintenir ma vie pendant mon sommeil et pour la précision mécanique de mon réveil et du réseau électrique d’Hydro-Québec. Je suis appelé à vivre dans un monde où Dieu est souverain et où mes actes comptent.

Contrôle, déresponsabilisation ou prudence?  

Il est tout de même facile de devenir déséquilibré et de basculer en « mode contrôle » ou en « mode déresponsabilisation ».

Mode contrôle

En mode contrôle, nous prenons nos vies en main comme si la responsabilité humaine était le seul élément de l’équation. La planification excessive est courante dans ce cas. C’est comme fonctionner sans un Dieu souverain, bien qu’on reconnait la souveraineté de Dieu. En pratique, on ne voit pas son effet dans notre vie quotidienne. D’autre part, l’accent sur les causes secondaires est amplifié. En conséquence de ces déséquilibres, nous pouvons être affectés par le contrôle excessif, la responsabilité excessive, le perfectionnisme, la peur, l’anxiété et la colère. Pourquoi? Parce que nous pensons que tout dépend de nous!

Mode déresponsabilisation

En mode de déresponsabilisation, on laisse aller nos vies comme si la souveraineté de Dieu était le seul élément de l’équation. On fait peu ou pas de planification. Dans ce cas, l’accent est exagérément mis sur la souveraineté de Dieu, mais aucunement sur nos responsabilités secondaires. Dans ces déséquilibres, nous pouvons être tentés par la paresse, la passivité, le fatalisme et l’indécision. Pourquoi? Parce que nous pensons que tout dépend et repose seulement sur Dieu!

Les Écritures enseignent à éviter les extrêmes. Nous ne sommes appelés à vivre ni par le contrôle ni par la déresponsabilisation. La Parole de Dieu offre une alternative.

Mode prudence

Un troisième mode : le « mode prudence » est celui qu’on doit rechercher et pratiquer. La prudence implique une planification sage dans la prière. Elle se caractérise par une vision solide de la souveraineté de Dieu et de la providence dont il est responsable. En outre, elle continue de mettre l’accent sur les causes secondaires dont je suis également responsable. On voit ce double accent dans toute la Bible : à maintes reprises, les Écritures nous appellent à faire confiance aux soins providentiels de Dieu, à bien planifier et à travailler dur dans divers domaines de la vie. Un de ces domaines spécifique est notre responsabilité à pourvoir matériellement pour nous-mêmes et nos familles par notre travail, d’une part, et par les provisions et bons soins du Seigneur en complément.

Les provisions matérielles

Dans notre rôle en tant que créatures à l’image de Dieu, nous sommes engagés dans un travail significatif pour Dieu. Dieu a planté le jardin d’Éden, mais Adam devait « l’entretenir et le garder » (Genèse 2.8; Genèse 2.15). Tandis que la chute rendait le travail pénible (Genèse 3.17-19), travailler pour subvenir à ses besoins, à ceux de sa famille et à ceux qui sont dans le besoin demeure une nécessité pour nous.

Même dans le désert, lorsque Dieu a miraculeusement fourni la manne aux Israélites, ils ont été appelés à la rassembler et à la préparer quotidiennement selon sa volonté révélée et ses commandements (Exode 16). Ils en ramassaient assez chaque matin pour la journée, sauf le sixième jour, lorsque Dieu leur donna une double portion, car ils devaient se reposer le septième jour. Ceux qui doutaient des provisions de Dieu (soit en essayant de conserver une manne du jour au lendemain, soit en allant en ramasser le jour du sabbat) ont reçu la réprimande de Dieu. Dieu a souverainement pourvu et le peuple a répondu par l’obéissance, en gérant ce qu’il a fourni. Notre travail est important, mais il est assujetti au travail providentiel de Dieu.

En tant qu’intendants, Dieu nous met en garde contre la paresse qui mène à la pauvreté (Proverbes 6.6-11), nous dit de travailler patiemment et de gagner notre vie (1 Thessaloniciens 4.11-12; 2 Thessaloniciens 3.6-12), et nous exhorte à pourvoir aux besoins des membres de notre maison (1 Timothée 5.8) et de ceux qui sont dans le besoin (Éphésiens 4.28). Même l’apôtre Paul a travaillé fort en tant que fabricant de tentes pour qu’il ne soit pas un fardeau pour ses nouvelles églises (Actes 18.3; 1 Thessaloniciens 2.9).

En même temps, Dieu appelle son peuple à se rappeler qu’il est leur ultime pourvoyeur. Quand les Israélites sont arrivés à Canaan, les provisions miraculeuses de Dieu ont cessé et ils devaient faire le travail de cultiver la terre (Exode 16.35). Cependant, Dieu a averti :

Prenez garde de ne pas dire dans votre cœur : Ma force et la puissance de ma main m’ont acquis ces richesses. Vous vous souviendrez de l’Éternel, votre Dieu, car c’est lui qui vous donne la force pour les obtenir. (Deutéronome 8.17-18)

Nous ne pouvons accomplir que ce qu’il permet (Psaumes 127.1-2). De plus, Jésus nous rappelle de ne pas nous inquiéter des provisions matérielles, car le Père se soucie de nous, connaît nos besoins et nous a déjà fait le plus grand cadeau de tout son royaume (Luc 12.22-32).  En conséquence, Jésus nous encourage à être généreux avec nos biens matériels en faisant confiance aux provisions de notre Père (Luc 12.33-34).

Ne pas s’inquiéter

Il est donc juste de prendre en compte les besoins matériels de notre famille, d’établir un budget en conséquence, de travailler avec diligence et de faire des épargnes si vous le pouvez. Mettez de l’argent de côté pour l’entretien de votre maison, pour des imprévus. D’autre part, ne gardez pas vos biens de manière à vous auto-sécuriser, animés par l’orgueil, par la peur ou par la convoitise, comme le décrit la parabole du riche insensé de Jésus (Luc 12.13-21).

Planifiez bien et ne vous attachez pas (soyez prêts à perdre)

Dieu nous appelle à vivre non pas par notre propre capacité, ni par une fausse déresponsabilisation concernant Sa providence, mais par une prudence sage et équilibrée. Faites des plans, mais n’y tenez pas trop. Vivez selon la volonté révélée de Dieu, en vous confiant, ainsi que vos proches, à ses desseins souverains. Jacques 4.13-15 fait ressortir cette dynamique :

Allez maintenant, vous qui dites: « Aujourd’hui ou demain, nous irons dans telle ville et y passerons une année pour faire du commerce et réaliser un profit », mais vous ne savez pas ce que demain apportera.  Quelle est votre vie? Car vous êtes une brume qui apparaît pendant un peu de temps puis disparaît. Au lieu de cela, vous devriez dire : « Si le Seigneur le veut, nous vivrons et ferons ceci ou cela. » (Jacques 4.13-15)

Attendez-vous à ce que, parfois, Dieu résiste à nos projets et que nous soyons appelés à nous soumettre humblement à ses desseins aimants et bons.

Comment savez-vous si vous êtes en train de devenir déséquilibré?

  • Tout d’abord, cherchez dans votre cœur les tentations et les modes de vie particuliers associés à un accent excessif sur la responsabilité humaine ou sur la souveraineté de Dieu; 
  • Ensuite, faites attention à votre vie de prière. Si c’est anémique, vous êtes en train de dire que vos propre plans et vos propres actions sont ce qui compte à tout prix (mode contrôle) ou que Dieu fera ce qu’Il veut de toute façon si ce que vous faites n’a pas d’importance (même dans la prière) (mode déresponsabilisation).

Ce que nous faisons compte vraiment. Nous ne présumons pas que Dieu travaillera sans nous impliquer de diverses façons, mais avec humilité en ce qui concerne nos propres projets, nous reconnaissons que :

Nombreux sont les projets de l’esprit d’un homme, mais c’est le dessein de l’Éternel qui s’accomplira. (Proverbes 19.21)

Il est le seul à pouvoir dire :

[…] Tel que je l’ai prévu, il en sera ainsi, et tel que je l’ai déterminé, il en sera ainsi. (Ésaïe 14.24)

C’est une bonne nouvelle! Les buts infaillibles de la souveraineté de Dieu nous donnent la liberté et le courage de rêver, de faire des projets, de travailler dur, d’échouer hardiment, de réussir humblement et de chercher à chaque jour sa face, tout en goûtant la joie et la paix.

Sylvain Forest, pasteur
19 mai 2019

Sylvain Forest

Pasteur de l’Église Baptiste de la Foi de Drummondville

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