Un scandale, partie 2

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« Si la personne rejette le message, c’est souvent parce qu’il a été bien présenté. En fait, plus nous présentons bien le message, plus la collision frontale avec le non-chrétien est forte. L’évangile de la croix est un “10 roues”, un train qui entre de plein fouet dans la structure de pensée du non-chrétien. […] L’erreur serait de modifier le message pour lui retirer tout ce qui fait scandale au non-chrétien. Une telle approche vient dénaturer le message de l’évangile. »

 

Introduction

La semaine passée, nous avons vu ce que Paul dit sur la croix, la présentant comme un scandale pour les Juifs et pour les païens. Nous avions vu que la croix est un scandale pour les Juifs, parce qu’elle offre un salut aux pécheurs, c’est-à-dire à des hommes qui ont transgressé la loi de Dieu et, donc, l’alliance de Dieu. La croix est aussi en scandale aux païens, c’est-à-dire aux non-Juifs, parce qu’elle ne rencontre pas la logique des hommes. Les Grecs aimaient beaucoup la philosophie et la croix n’entre pas dans leurs raisonnements. C’est avec ce message scandaleux pour ceux qui périssent que le Seigneur nous envoie conquérir ceux qu’il veut sauver. Ceux qui ont cru à l’évangile, ce message qui n’était pas la sagesse humaine, ont cru, parce que le Saint-Esprit les a convaincus. C’est juste après avoir exposé ces choses aux Corinthiens que Paul leur dit :

Or nous, nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce. Et nous en parlons, non avec des discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit, employant un langage spirituel pour les choses spirituelles. Mais l’homme naturel n’accepte pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge. L’homme spirituel, au contraire, juge de tout, et il n’est lui-même jugé par personne. Car qui a connu la pensée du Seigneur, pour l’instruire? Or nous, nous avons la pensée de Christ. (1 Corinthiens 2.12-16)

Ce que Paul dit aux Corinthiens, c’est que la croix est impossible à comprendre pour l’homme. Ce n’est pas une question de manque d’information : c’est une question de nature de penser. La compréhension de la croix est impossible pour l’homme charnel. La croix ne se comprend que par celui qui est spirituel, c’est-à-dire celui dont l’intelligence est dirigée par l’Esprit. L’homme pécheur pense, réfléchit selon sa nature pécheresse. Il faut la régénération avant que l’homme puisse comprendre la croix. Ceux qui disent que tous les hommes ont la capacité de croire par eux-mêmes n’ont aucune idée des ravages du péché dans l’homme. Ses pensées sont obscurcies, son cœur est tortueux par-dessus tout. Il ne peut comprendre ni recevoir les choses de l’Esprit. C’est donc par la puissance de Dieu et par sa seule puissance que nous pouvons croire. La croix, c’est-à-dire toute l’œuvre du Fils, est inaccessible à l’intelligence humaine rendue tortueuse par le péché. La croix est donc un scandale à tous les hommes sans Dieu, et ce, en raison de la manière de penser. Cette manière de penser charnelle place l’homme en position d’autorité suprême. L’homme réfléchit comme s’il avait toutes les informations et comme si son intelligence était compétente. Cette manière de penser franchit toutes les époques et toutes les cultures. Sachons-le. À moins que le Seigneur réveille notre nation, éclaire notre société, nous, chrétiens, avons une foi qui a pour centre ce qui est en scandale à ceux qui nous entourent. J’ai rencontré à plusieurs reprises des chrétiens qui avaient présenté l’évangile à un ami ou à un membre de leur famille et que la personne ne se soit pas convertie. Le chrétien se dévalorise en pensant ne pas avoir bien présenté l’évangile. Si la personne rejette le message, c’est souvent parce qu’il a été bien présenté. En fait, plus nous présentons bien le message, plus la collision frontale avec le non-chrétien est forte. L’évangile de la croix est un « 10 roues », un train qui entre de plein fouet dans la structure de pensée du non-chrétien.

Garder le message intact

L’erreur serait de modifier le message pour lui retirer tout ce qui fait scandale au non-chrétien. Une telle approche vient dénaturer le message de l’évangile. C’est comme si on veut offrir un sandwich chaud au poulet à quelqu’un, alors que nous savons qu’il n’aime ni le poulet, ni la sauce BBQ, ni les petits pois verts. Afin qu’il n’achoppe pas, on lui sert les deux tranches de pain en ayant l’impression de lui avoir servi un sandwich chaud au poulet. On leur sert un café décaféiné, un café sans café.

Ce n’est pas pour baptiser que Christ m’a envoyé, c’est pour annoncer l’Évangile, et cela sans la sagesse du langage, afin que la croix de Christ ne soit pas rendue vaine. (1 Corinthiens 1.17)

Paul dit ici que la présentation du message doit se faire sans la sagesse du langage, c’est-à-dire que Paul ne mise pas sur l’éloquence, c’est-à-dire le langage de la sagesse humaine. La raison est simple :

[…] afin que la croix de Christ ne soit pas rendue vaine. (1 Corinthiens 1.17)

Autrement dit, le message de la croix est un scandale pour ceux qui périssent, mais si nous modifions le message par la sagesse humaine, nous rendons la croix vaine, c’est-à-dire que tout message de la croix altéré par la sagesse humaine est vain. Tenter de rendre non scandaleux le message de la croix a pour résultat de le rendre impuissant.

Daniel Durand, pasteur
1er février 2017

Prédicateur invité

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