Un scandale, partie 1

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« Ici, Paul affirme que la croix est un scandale, parce qu’elle sauve le pécheur sans que celui-ci rencontre les exigences de la loi de Dieu. La croix est glorieuse pour les chrétiens. Cela dit, il n’en est pas de même pour les rebelles. Pour les incroyants, la croix ne peut faire partie de leur solution. Pour eux, leurs problèmes sont humains, les causes sont humaines; par conséquent, les solutions sont forcément humaines. »

 

Introduction

Avant de débuter, je tiens à rendre à César ce qui lui revient : pour cette série sur la croix, je me base sur le livre de Paul Wells dont le titre est : De la croix à l’évangile de la croix. La semaine passée, nous avons débuté une série sur la croix et nous avions vu que la croix est un nouveau départ, parce qu’elle détruit notre passé marqué par le péché. Ce soir, nous allons voir que la croix est un véritable scandale pour le non croyant.

Pour moi, frères, si je prêche encore la circoncision, pourquoi suis-je encore persécuté? Le scandale de la croix est donc aboli! (Galates 5.11)

Ici, Paul affirme que la croix est un scandale, parce qu’elle sauve le pécheur sans que celui-ci rencontre les exigences de la loi de Dieu. La croix est glorieuse pour les chrétiens. Cela dit, il n’en est pas de même pour les rebelles. Pour les incroyants, la croix ne peut faire partie de leur solution. Pour eux, leurs problèmes sont humains, les causes sont humaines; par conséquent, les solutions sont forcément humaines. Si Dieu existe, il n’a rien à faire dans mes problèmes. Il ne peut être la solution. C’est ce qui explique que nos contemporains, lorsqu’ils veulent régler leurs problèmes, vont vers ceux qui pensent en humain : les humanistes.

Ils vont consulter tous les spécialistes qui ont été formés par d’autres spécialistes et qui s’inscrivent ainsi dans le cortège funèbre des personnes qui rejettent Dieu. La solution, si elle se trouve en Dieu, se trouve dans le Dieu qui a envoyé son Fils à la croix. Par conséquent, la seule solution pour l’homme, son seul espoir est d’être réconcilié avec son Dieu par la croix. Si l’Église présente des solutions bibliques sans la croix, elle présente une illusion : elle tombe dans l’humanisme. Dire à des non croyants qu’ils devraient appliquer les principes bibliques dans leur vie n’est d’aucune utilité sans la croix. Une telle approche ne fait qu’engendrer une caricature, un simulacre des vraies vertus; des couples vivant une pseudo-unité, alors que la Bible nous dit que chacun suit sa propre voie; une pseudo-entraide qui cache une prétention humaniste.

Il est impossible pour des non chrétiens de se soumettre à la Parole de Dieu et d’appliquer ce que les Écritures disent. La seule solution réside dans la croix du Christ. Toute tentative sans le Christ revient à l’humanisme. L’humanisme est l’idéologie selon laquelle l’homme, de façon autonome, définit ce qui a de la valeur et les moyens de parvenir à ses aspirations. Par conséquent, la pensée humaniste ne peut tolérer un Dieu qui prononce un verdict d’échec, de faillite sur l’homme, un Dieu qui condamne l’homme à cause de son péché, un Dieu qui définit unilatéralement ce que devraient être les aspirations de l’homme et un Dieu qui annonce à l’homme que la seule solution ne réside pas dans l’homme, de sorte que l’homme est en rupture avec Dieu et en phénomène de rejet face à la croix. De plus, la croix est totalement illogique pour la pensée humaniste. Pour le non chrétien, l’idée que quelqu’un subisse une mort aussi cruelle afin que ceux qui croient en lui évitent l’enfer et aient une éternité de bonheur est irrecevable, voire stupide. Pour l’homme pécheur, reconnaître la valeur de la croix implique le renoncement de lui-même comme penseur autonome. Toute sa structure de pensée s’écroule avec la croix.

Un scandale

La croix, pourtant tellement glorieuse, est un scandale pour ceux qui périssent. Nous avions vu que, pour les Juifs, la croix est un scandale, parce que le Lévitique affirme que celui qui est pendu au bois est maudit par Dieu.

Dire aux Juifs que celui qui a été maudit par Dieu est en même temps celui qui a été désigné par Dieu pour sauver et pour régner éternellement sur l’univers est inconcevable. Il y a une autre raison qui fait de la croix un scandale.

Je vous ai enseigné avant tout, comme je l’avais aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures; il a été enseveli, et il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures. (1 Corinthiens 15.3-4)

Paul affirme que le Christ est mort « pour nos péchés ». L’idée que quelqu’un meurt pour un autre n’est pas nouvelle en soi. Jonas a demandé à être jeté à l’eau pour sauver l’équipage. Un parent dont l’enfant est menacé par un animal prédateur va préférer se sacrifier plutôt que de voir son enfant mourir, mais ce que Jésus a fait va plus loin. Il est mort pour nos péchés, c’est-à-dire que nos péchés ont été mis sur le compte du Christ. C’est ce qu’on appelle l’imputation : nos péchés ont été transférés sur la personne du Christ. Là, la question se pose : pourquoi est-ce que la mort du Christ devient le remède pour nous sauver de nos péchés? Dit autrement, en quoi la mort d’un individu peut-elle produire quelque chose de positif? Paul ajoute une précision dans les versets que nous avons lus. À deux reprises il affirme que ce qui est arrivé à la croix est selon les Écritures. Nous devons voir dans cette expression beaucoup plus que le fait que l’Ancien Testament avait annoncé le sacrifice du Christ. Il y a ici l’affirmation que la croix est le plan éternel de Dieu et que le Seigneur l’a annoncé d’avance afin de préparer son peuple à la venue du messie. Lorsque nous lisons que telle chose arrive selon les Écritures, ce n’est pas seulement que Dieu a vu d’avance que cette chose allait se produire.

Nous devons y voir que la chose arrive selon la Parole de Dieu et sa Parole est créatrice. Il dit et la chose arrive. C’est pourquoi Jésus a dit qu’il fallait que les Écritures s’accomplissent et que pas un seul iota de la loi n’allait échapper à cela. Paul affirme donc que le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures. C’est donc que la croix constitue l’accomplissement du plan éternel de Dieu. La croix est un scandale aussi, parce qu’elle va à l’encontre de toute logique humaine. Elle pose la question à savoir si Dieu devait réellement décréter ce plan : nous pouvons répondre à cela que le Seigneur n’agit jamais dans le but de rencontrer nos critères, de satisfaire notre logique. Ses pensées sont infiniment au-dessus des nôtres. La croix choque ceux qui ne sont pas éclairés par l’Esprit, qui nous donne de croire ce que la Bible affirme.

L’inconverti a toujours manifesté sa désapprobation vis-à-vis la manière dont Dieu travaille. Les miracles ont été contestés par une tentative de les expliquer par des phénomènes physiques. Le récit de la création a été allégorisé pour en faire une fable imaginée en y ajoutant la prétention qu’il constitue une manière d’expliquer l’existence des choses à des personnes non développées. Puis, il y a eu le rejet de Dieu à cause de la présence du mal dans le monde. De nos jours, où l’existentialisme est au centre de tout, on ne peut accepter qu’un homme soit mort il y a deux mille ans et que sa mort puisse être la voie de la réconciliation avec Dieu, mais lorsque Paul parle du scandale de la croix, il fait référence à des réalités de son temps.

Ce n’est pas pour baptiser que Christ m’a envoyé, c’est pour annoncer l’Évangile, et cela sans la sagesse du langage, afin que la croix de Christ ne soit pas rendue vaine. Car la prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent; mais pour nous qui sommes sauvés elle est une puissance de Dieu. Aussi est-il écrit : Je détruirai la sagesse des sages, et je rendrai nulle l’intelligence des intelligents. Où est le sage? Où est le scribe? Où est le raisonneur de ce siècle? Dieu n’a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde? Car puisque le monde, avec sa sagesse, n’a point connu Dieu, il a plu à Dieu dans sa sagesse de sauver les croyants par la folie de la prédication. Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse : nous, nous prêchons Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs. Car la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes. (1 Corinthiens 1.17-25)

Paul sait très bien que la croix est intolérable pour l’homme pécheur. Pour les Juifs, leur achoppement vient de plusieurs vérités sur la croix. Nous avons déjà vu que le Lévitique affirme que celui qui est pendu ou suspendu au bois est l’objet de la malédiction de Dieu. Là, on leur demande de croire en celui que Dieu a maudit. Nous avions vu que, si Dieu a maudit le Christ, c’est à titre de représentant que le Christ a été maudit. C’est notre malédiction qui est tombée sur lui. Il y a aussi le fait que la croix nous parle de la substitution, c’est-à-dire que le Christ est mort à la place des élus pour que ceux-ci soient sauvés. Pour les Pharisiens en particulier, mais certainement pour d’autres Juifs, le fait que Dieu sauve des pécheurs qui transgressent la loi est un piétinement à la loi. Les Grecs, c’est-à-dire les non Juifs de l’époque, achoppaient pour d’autres raisons : les Grecs étaient réputés pour leurs raisonnements philosophiques. Pour eux, il n’y avait aucune logique à ce qu’une souffrance supportée par un homme, en l’occurrence le Christ, révélait la sagesse divine. Le scandale de la croix nous montre que ceux qui ont cru n’ont pas cru à cause de leur intelligence ou de leur perspicacité.

Daniel Durand, pasteur
25 janvier 2017

Prédicateur invité

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