Un Sauveur merveilleux – Jean 18.38

« Lorsque nous annonçons l’évangile, c’est important de présenter la personne de Jésus dans toutes ses perfections. Lorsque nous invitons les gens à croire en Jésus-Christ, nous les invitons à croire en celui qui est parfait, celui qui ne méritait pas de mourir, celui que Dieu a ressuscité parce qu’il était sans péché, celui qui règne éternellement et qui va juger un jour tous les humains. Le message de l’évangile ne consiste pas à présenter notre Église, ni un mode de vie : le message de l’évangile consiste à présenter une personne, la glorieuse personne de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. Dans notre vie chrétienne, nous avons aussi besoin de nous rappeler que Jésus est sans péché. Il peut nous secourir lorsque nous sommes tentés. Il peut nous délivrer du péché. Il a été tenté tout comme nous, mais lui n’a pas commis de péché. »

Nous poursuivons ce matin dans l’évangile de Jean, au chapitre 18, et nous lirons le verset 38 :

Texte biblique

Pilate dit à Jésus : Qu’est-ce que la vérité ? Après avoir dit cela, il sortit de nouveau pour aller vers les Juifs et leur dit : Moi, je ne trouve aucun motif de condamnation en lui. (Jean 18.38)

Que le Seigneur bénisse sa Parole. Nous allons prier.

Exposé

Pour ceux de mon Église, il y a quelques éléments que vous avez déjà vus, mais comme je sais que des personnes appartenant à d’autres Églises peuvent nous écouter, je vais les mentionner rapidement. Nous savons que l’alliance mosaïque comporte énormément de rites et d’institutions qui annoncent toutes la personne et l’œuvre de Jésus-Christ. Par exemple, la terre d’Israël préfigurait le royaume des cieux. Le temple de Jérusalem préfigurait l’Église. Les sacrifices d’animaux préfiguraient le sacrifice parfait de Jésus-Christ. Le roi David préfigurait la royauté de Jésus-Christ. Les restrictions alimentaires avec les animaux purs et impurs annonçaient que c’est Dieu qui décide de qui est pur et qui est impur. Le sacerdoce lévitique annonçait le sacerdoce de Jésus-Christ comme souverain sacrificateur et le sacerdoce de tous les croyants. L’exode d’Égypte annonçait la libération du péché accomplie par Jésus-Christ. Bref, tout l’Ancien Testament prépare le lecteur à la venue du messie. À travers ce que le Nouveau Testament appelle des ombres, que nous pourrions comparer à des maquettes qui préparent une communauté à la construction d’un projet, tout l’Ancien Testament annonce, prépare, promet la venue du messie. Une des caractéristiques du messie annoncée dans l’Ancien Testament se trouve en Exode 12, alors que le Seigneur donne les consignes au peuple afin qu’il évite le jugement, la dernière plaie, c’est-à-dire la mort de tous les premiers-nés de chaque famille.

Les Israélites avaient reçu la consigne que s’ils appliquaient le sang de l’agneau pascal sur les linteaux de leur porte, ils ne seraient pas frappés par le jugement de Dieu. Le peuple juif devait célébrer la Pâque à chaque année afin de se remémorer cette délivrance. J’aimerais préciser ici que cette délivrance ne se résumait pas seulement à ne plus être esclaves des Égyptiens : cette délivrance était d’abord de ne pas subir le jugement de Dieu, parce que si un Israélite n’appliquait pas le sang de l’agneau pascal sur les linteaux de sa porte, son premier-né allait aussi mourir. Il allait subir la plaie comme tous les Égyptiens. Voici ce qui est dit en Exode 12, d’abord au verset 3 :

Parlez à toute la communauté d’Israël et dites : Le 10 de ce mois, on prendra un agneau pour chaque famille, un agneau par maison. (Exode 12.3)

Puis, aux versets 5 et 6 :

Ce sera un agneau sans défaut, mâle, âgé d’un an ; vous pourrez prendre un agneau ou un chevreau. Vous l’aurez en garde jusqu’au quatorzième jour de ce mois ; et toute l’assemblée de la communauté d’Israël l’immolera entre les deux soirs. (Exode 12.5-6)

Le verset 3 nous informe que cet agneau devait être sélectionné le 10 du mois en cours; le verset 6 précise qu’ils devaient l’avoir en garde jusqu’au quatorzième jour. Pourquoi du dixième au quatorzième jour? Tout simplement pour bien prendre le temps de l’observer et de l’examiner afin de s’assurer qu’il correspondait aux exigences du verset 5 :

[…] un agneau sans défaut, mâle, âgé d’un an. (Exode 12.5)

Perfection de Jésus

Cette perfection exigée annonçait une grande vérité concernant Jésus-Christ, l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. Il est important pour nous de savoir, d’être convaincu, que Jésus a été sans péché, même durant son incarnation. Nous avions vu que Jésus a été accusé par les dirigeants religieux juifs, qu’il a comparu devant Pilate et devant Hérode. Les dirigeants juifs n’ont jamais dit que Jésus était sans péché, mais ce qu’ils ont fait témoigne qu’ils ne voyaient rien de répréhensible envers lui. Nous avions lu Matthieu 26.59 :

Les principaux sacrificateurs et tout le sanhédrin cherchaient quelque faux témoignage contre Jésus, pour le faire mourir. (Matthieu 26.59)

Pourquoi chercher des faux témoins sinon pour accuser un innocent? Les dirigeants juifs n’avaient rien pour accuser Jésus. Ils ont porté un faux témoignage contre Jésus.

Celui-là a dit : Je puis détruire le temple de Dieu, et le rebâtir en trois jours. (Matthieu 26.61)

Voici plutôt ce que Jésus avait dit :

Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. (Jean 2.19)

Jésus n’a jamais dit qu’il détruirait le temple. Il a dit :

Détruisez ce temple […] (Jean 2.19)

On l’accuse d’avoir menacé détruire le temple.

Les dirigeants juifs n’avaient aucune accusation sérieuse contre Jésus. Par sérieuse, j’entends qu’on n’a pas pu rien trouver chez Jésus qui allait contre la loi de Dieu et pour cause : Jésus a obéi parfaitement à toute la loi de Dieu. Il a fait tout ce que la loi demande. De son côté, Pilate, celui qui avait le pouvoir de libérer Jésus ou de le condamner, affirme ce que nous avons lu au début, en Jean 18.38.

Après avoir dit cela, Pilate sortit de nouveau pour aller vers les Juifs et leur dit : Moi, je ne trouve aucun motif de condamnation en lui. (Jean 18.38)

Hérode joint aussi sa voix à Pilate :

Pilate dit aux principaux sacrificateurs, aux chefs et au peuple : Vous m’avez amené cet homme comme entraînant le peuple à la révolte. Voici : je l’ai interrogé devant vous et je ne l’ai trouvé coupable d’aucune des fautes dont vous l’accusez. Hérode non plus, car il nous l’a renvoyé, et voici : cet homme n’a rien fait qui soit digne de mort. (Luc 23.14-15)

Frères et sœurs, Jésus a été accusé alors qu’il n’avait rien fait de mal. Jésus reçoit le témoignage de Pilate et d’Hérode et les dirigeants juifs qui cherchaient à le condamner ont dû porter de fausses accusations. Le Père céleste a aussi témoigné de la perfection de Jésus. Nous pouvons dire cela du fait que le Père a ressuscité Jésus. Si Jésus avait péché, ne serait-ce qu’une seule fois, le Père ne l’aurait pas ressuscité. Jésus serait mort et serait demeuré dans la mort pour avoir péché. Nous devons savoir que l’obéissance de Jésus dépasse la stricte obéissance à la loi mosaïque telle que comprise par les dirigeants juifs. Jésus a aussi obéi à son Père dans sa mission. Sa prière du jardin de Gethsémané en Luc 22.42 :

Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe. Toutefois que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne, qui soit faite. (Luc 22.42)

Il n’y a pas eu une demi seconde où Jésus n’a pas agi en obéissance à son Père. En Jean 8.29, Jésus dit :

Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que moi, je fais toujours ce qui lui est agréable. (Jean 8.29)

Quand nous disons que Jésus a parfaitement obéi à la loi, qu’il l’a accomplie parfaitement, nous ne disons pas seulement qu’il s’est plié à toutes les règles externes de la loi comme la dîme, la célébration des fêtes juives et le respect du sabbath. Le jeune homme riche en faisait autant sans qu’il plaise à Dieu. Jésus a obéi à ce qui fait que la loi est pleinement respectée. Certains pourraient dire que Jésus a dépassé ce que prescrit la loi lorsqu’il est mort sur la croix. C’est vrai qu’il n’y a aucun commandement qui demande de mourir sur une croix. Ceci dit, au cœur de la loi, il y a l’amour. Lévitique 19.18 dit :

Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l’Éternel. (Lévitique 19.18)

Contrairement à ce que certains disent, je ne crois pas que la loi mosaïque se résume à des rites extérieurs et que la loi de l’amour appartienne exclusivement à la nouvelle alliance :

[…] celui qui aime les autres a accompli la loi. (Romains 13.8)

Car toute la loi est accomplie dans une seule parole, celle-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. (Galates 5.14)

Sans doute, si vous accomplissez la loi royale, selon l’Écriture : Tu aimeras ton prochain comme toi-même, vous faites bien. (Jacques 2.8)

Lorsque Jacques dit que c’est selon les Écritures, il fait surtout référence à l’Ancien Testament. Le Nouveau n’était pas complété. La loi royale, c’est-à-dire aimer son prochain comme soi-même était déjà la norme dans la disposition mosaïque. Jésus a accompli toute la loi. Au cœur de cette loi, il y a l’amour pour Dieu et l’amour pour son prochain. Quand Jésus répond à un scribe qui lui a posé la question à savoir quel était le plus grand des commandements, Jésus répond en Marc 12.29-31 :

Jésus répondit : Voici le premier : Écoute Israël, le Seigneur, notre Dieu, le Seigneur est un, et tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force. Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas d’autre commandement plus grand que ceux-là. (Marc 12.29-31)

Donc, deux commandements qui résument toute la loi mosaïque : aimer Dieu et aimer son prochain. Jésus a parfaitement aimé Dieu, son Père. Jean 14.31 où Jésus exprime son amour pour le Père et l’obéissance qui découle inévitablement du vrai amour :

Mais c’est afin que le monde sache que j’aime le Père et que j’agis comme le Père me l’a commandé. (Jean 14.31)

L’obéissance de Jésus à son Père était mû par son amour profond pour lui. Jésus a rempli le premier grand commandement. Jésus a aussi parfaitement rempli le deuxième commandement : aimer son prochain.

Il n’y a pour personne de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. (Jean 15.13)

Jésus a parfaitement accompli le deuxième grand commandement : il nous a aimés du plus grand amour. Il a donné sa vie pour ceux que le Père lui avait donnés.

Mais en ceci, Dieu prouve son amour envers nous : lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous. (Romains 5.8)

Frères et sœurs, l’amour de Jésus-Christ est tel qu’il ne pourrait pas nous aimer plus qu’il le fait. La loi parle bien d’aimer son prochain, mais il y a un élément qui nous permet d’apprécier davantage. Jésus est mort pour des ennemis. Faire du bien à ceux que nous aimons, c’est bien, mais Jésus a fait beaucoup plus. De toutes les personnes que Jésus a sauvées, toutes étaient ses ennemis :

Car, lorsque nous étions encore sans force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies. (Romains 5.6)

Jésus-Christ n’est pas mort pour des personnes bien disposées et bien intentionnées : il est mort pour des impies. Un impie, c’est celui qui n’a aucun respect pour Dieu. Il méprise Dieu, que ce soit par des paroles ouvertes, par une vie où l’on se fiche de Dieu ou par une vie de religiosité où l’on cherche à imposer à Dieu nos pratiques. Bref, l’impiété prend mille et une formes, mais ça demeure de l’impiété. Tous les chrétiens ont été des impies avant leur conversion. Paul décrit bien notre état passé en Éphésiens 2.1-3 :

Pour vous, vous étiez morts par vos fautes et par vos péchés dans lesquels vous marchiez autrefois selon le cours de ce monde, selon le prince de la puissance de l’air, cet esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion. Nous tous aussi, nous étions de leur nombre et nous nous conduisions autrefois selon nos convoitises charnelles, nous exécutions les volontés de notre chair et de nos pensées, et nous étions par nature des enfants de colère comme les autres. (Éphésiens 2.1-3)

La réponse de Dieu aux versets 4 à 5 :

Mais Dieu est riche en miséricorde et, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos fautes, il nous a rendus à la vie avec le Christ — c’est par grâce que vous êtes sauvés —  il nous a ressuscités ensemble et fait asseoir ensemble dans les lieux célestes en Christ-Jésus, (Éphésiens 2.4-6)

La réponse de Dieu à tous ceux qu’il s’est choisis, c’est de nous faire asseoir ensemble dans les lieux célestes. Il partage sa couronne avec nous. Frères et sœurs, Jésus a accompli parfaitement toute la loi, non seulement les exigences extérieures, mais aussi le cœur de la loi, c’est-à-dire que toute son obéissance exprimait son amour profond pour son Père et pour nous.

Jésus a aimé Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa pensée et Jésus a aimé son prochain comme lui-même : une obéissance parfaite à la loi de Dieu.

Valeur de la substitution

Tout ceci nous donne de mieux comprendre la valeur du sacrifice de Jésus-Christ. Pour expier nos péchés, le Seigneur demande un sacrifice parfait. En théologie, on dit que le sacrifice de Jésus-Christ est un sacrifice de substitution, c’est-à-dire que Jésus est mort à la place des pécheurs. Pour que ce sacrifice soit agréé par Dieu, il devait être celui d’un homme sans péché, un homme parfait. Si Jésus avait commis un seul péché, en action, en pensée ou même par omission, sa mort aurait été méritée et ne nous aurait jamais sauvés, mais parce qu’il est parfait et l’a démontré en vivant dans une conformité tout aussi parfaite à la loi de Dieu, dans ses exigences extérieures comme dans la disposition intérieure, le sacrifice de Jésus-Christ en fut un de bonne odeur pour son Père. Il a agréé. Il a accueilli son sacrifice en lui reconnaissant la pleine valeur pour nous sauver. La plus grande attestation de cette valeur a été la résurrection de son Fils : en le ressuscitant, le Père déclarait publiquement que Jésus ne méritait pas la mort, parce que sa vie terrestre a été parfaite.

Compétence pour nous sanctifier

Ainsi, nous sommes sauvés par le sacrifice de Jésus-Christ, mais en disant que nous sommes sauvés, il y a plus que l’évitement de l’enfer : le Seigneur nous sauve de plusieurs choses ou personnes. Il nous sauve de la colère de Dieu. En fait, Dieu nous sauve de lui-même. C’est sa propre colère qu’il a prise sur lui dans la personne de son Fils. Le Seigneur nous sauve des conséquences du péché, notamment l’enfer. Le Seigneur nous sauve de nous-mêmes, c’est-à-dire qu’il ne nous livre pas à ce que nous sommes. Il nous a donné une nouvelle nature, une vie régénérée afin que nous ne vivions plus comme avant. Présentement, nous luttons contre nous-mêmes, contre notre vieille nature que nous devons faire mourir. Au cœur de cette lutte, le Seigneur agit. Il nous sanctifie. C’est une autre raison pour laquelle Jésus devait être parfait : si notre sauveur n’était pas parfait, il ne pourrait pas nous rendre parfaits. Un impur ne peut purifier. Un pécheur ne peut sanctifier. Frères et sœurs, les hommes du temps de Jésus n’ont rien trouvé pour le condamner, parce qu’il n’y avait rien de condamnable. Les Juifs ont dû inventer des accusations pour poursuivre leur projet de le condamner.

Les non Juifs, représentés par Pilate et Hérode, n’ont rien trouvé de condamnable non plus. Même aux yeux de non croyants, Jésus était sans reproche. Surtout aux yeux de Dieu qui a reconnu les perfections de son Fils en le ressuscitant et en le faisant asseoir sur le trône royal. Nous avons un Sauveur parfait. Hébreux 7.26-27 compare Jésus aux sacrificateurs de l’ancienne alliance :

C’est bien un tel souverain sacrificateur qui nous convenait : saint, innocent, immaculé, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux, qui n’a pas besoin, comme les souverains sacrificateurs, d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses propres péchés, et ensuite pour ceux du peuple. Cela, il l’a fait une fois pour toutes, en s’offrant lui-même. (Hébreux 7.26-27)

Lorsque nous annonçons l’évangile, c’est important de présenter la personne de Jésus dans toutes ses perfections. Lorsque nous invitons les gens à croire en Jésus-Christ, nous les invitons à croire en celui qui est parfait, celui qui ne méritait pas de mourir, celui que Dieu a ressuscité parce qu’il était sans péché, celui qui règne éternellement et qui va juger un jour tous les humains. Le message de l’évangile ne consiste pas à présenter notre Église, ni un mode de vie : le message de l’évangile consiste à présenter une personne, la glorieuse personne de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. Dans notre vie chrétienne, nous avons aussi besoin de nous rappeler que Jésus est sans péché. Il peut nous secourir lorsque nous sommes tentés. Il peut nous délivrer du péché. Il a été tenté tout comme nous, mais lui n’a pas commis de péché.

Prions.

Prédicateur invité

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