Suis-je rebelle ou soumis? Éphésiens 5.3-14

« Frères et sœurs, examinons-nous devant le Seigneur. Si nous sommes en rébellion maintenue contre les autorités établies par Dieu, est-il possible que nous soyons encore des fils de la rébellion ? Est-ce à dire que nous ne sommes pas au bénéfice de la croix qui nous libère de cette pensée pécheresse ? Dans ce cas, confessez vos péchés au Seigneur et demandez-lui de vous sauver de cette vie de rebelles. Si vous êtes chrétiens et que vous combattez ce péché de la rébellion, encore là, confessez votre péché au Seigneur et demandez-lui de vous libérer de votre difficulté à accepter l’autorité établie sur vous. Rappelons-nous que l’Esprit qui habite en nous est aussi là pour nous humilier, pour nous montrer notre besoin d’être dirigés par le Seigneur avec les moyens que ce même Seigneur a établis, c’est-à-dire les autorités. »

 

Introduction

Nous poursuivons ce matin dans l’épître aux Éphésiens, au chapitre 5, et nous lisons les versets 3 à 14.

Texte biblique

Que l’inconduite, toute forme d’impureté, ou la cupidité ne soient pas même mentionnées parmi vous, comme il convient à des saints ; pas de grossièretés, pas de propos insensés, pas de bouffonneries, cela est malséant ; mais plutôt des actions de grâces. Car, sachez-le bien, aucun débauché, impur ou cupide, c’est-à-dire idolâtre, n’a d’héritage dans le royaume du Christ et de Dieu. Que personne ne vous séduise par de vains discours ; car c’est pour cela que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion. N’ayez donc aucune part avec eux. Autrefois, en effet, vous étiez ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière ; car le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité. Examinez ce qui est agréable au Seigneur ; et n’ayez rien de commun avec les œuvres stériles des ténèbres, mais plutôt dénoncez-les. En effet ce que ces gens font en secret, il est honteux même d’en parler, mais tout cela une fois dénoncé apparaît à la lumière, car tout ce qui apparaît est lumière. C’est pourquoi il est dit : Réveille-toi, toi qui dors, Relève-toi d’entre les morts, Et le Christ resplendira sur toi. (Éphésiens 5.3-14)

Que le Seigneur bénisse sa Parole. Nous allons prier.

Exposé

L’ancien doyen de la Faculté de théologie évangélique de Montréal m’a appris une expression : « Il faut gratter là où il y a démangeaison. » Ça signifie qu’il faut cibler et traiter les problèmes là où ils sont. Ce matin, j’aurais pu donner comme titre « Gratter là où il y a démangeaison », parce que je pense que ça nous concerne peut-être plus que d’autres sujets. Combien de chrétiens veulent des prédications qui les touchent, mais à la condition que ça ne touche pas leur vie? Ce matin, je ne chercherai pas du tout à régler des situations du haut de la chaire, mais en même temps, je pense que le sujet nous concerne particulièrement. Comme je prêche le livre aux Éphésiens, j’arrive sur des versets que je n’éviterai pas, parce que c’est la Parole de Dieu. Donc, les versets que nous allons étudier risquent de toucher des cordes plus sensibles, parce que ça va toucher à la question de la soumission aux autorités, et je vais insister davantage sur la soumission à l’autorité dans l’Église. Dans toute cette section, les chapitres 4 à 6 (Éphésiens 4-6), Paul met en contraste la conduite des chrétiens et celle des non-chrétiens. Nous allons voir trois contrastes :

  1. La disposition
  2. La conduite
  3. Le destin final

LA DISPOSITION

Origine satanique

Tout ce qui est dit repose sur une disposition que fait ressortir le verset 6 (Éphésiens 5.6).

Que personne ne vous séduise par de vains discours ; car c’est pour cela que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion. (Éphésiens 5.6)

Lorsque mon épouse et moi étions en vacances, Hugo a prêché sur Éphésiens 2.2 où nous retrouvons la même expression :

Vous étiez morts par vos offenses et par vos péchés, dans lesquels vous marchiez autrefois, selon le train de ce monde, selon le prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion. (Éphésiens 2.1-2)

J’ai vraiment apprécié cette prédication que j’ai écoutée à mon retour. Paul y revient au chapitre 5 (Éphésiens 5). Bien que plusieurs versions ont choisi l’expression « les rebelles » ou « ceux qui refusent d’obéir à Dieu », le texte original a bien l’expression « fils de la rébellion ». « Rebelle » et « rébellion », c’est de la même famille, mais pourquoi les désigner comme les fils de la rébellion ? Le chapitre 2 (Éphésiens 2) nous permet de mieux comprendre. Paul dit que nous marchions :

[…] selon le prince de la puissance de l’air, cet esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion. (Éphésiens 2.2)

Les expressions « prince » et « esprit » désignent fort probablement Satan ou, au moins, le monde sous la puissance de Satan. Alors, pourquoi désigner les hommes comme les fils de la rébellion ? Ma pensée est que c’est en lien avec l’expression « prince ». Satan engendre une descendance. On n’y échappe pas, on revient à Genèse 3.15 où Dieu dit au serpent :

Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : Celle-ci t’écrasera la tête, Et tu lui écraseras le talon. (Genèse 3.15)

La descendance du serpent n’est pas composée des serpenteaux qui sont nés par la suite. Il s’agit de tous les hommes qui suivent Satan. En fait, ce sont tous les non-chrétiens. Ce verset nous montre qu’il n’y a pas trois descendances mais deux : c’est soit qu’on appartienne à la descendance de la femme, si on est chrétien; ou soit qu’on appartienne à la descendance du serpent, si on n’est pas chrétien. Un jour, Jean-Baptiste, alors qu’il baptisait, vit venir à lui des non-croyants.

Mais, voyant venir à son baptême beaucoup de pharisiens et de sadducéens, Jean leur dit : Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir ? (Matthieu 3.7)

« Race de vipère » et « descendance du serpent », c’est synonyme. Comme je l’ai déjà dit, Jean ne lance pas une insulte mais une affirmation théologique. Dans 1 Jean, nous voyons la même formulation grecque pour parler des chrétiens et de Caïn :

Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, (1 Jean 3.9)

Et pour Caïn, trois versets plus loin :

[…] ne pas ressembler à Caïn, qui était du malin. (1 Jean 3.12)

L’idée est que Caïn, et c’est comme ça pour tout non-chrétien, était spirituellement engendré de Satan. Il était un fils de la rébellion, de la descendance du serpent. Si, pour le chrétien, on traduit par « né de Dieu », on devrait aussi traduire « né du malin » pour Caïn. Donc, Paul nous parle du prince de ce monde et des fils de la rébellion. Tous les hommes sont fils de la rébellion tant qu’ils ne se convertissent pas. C’est ce que Paul dit, toujours en Éphésiens 2, versets 2 et 3 :

[…] cet esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion. Nous tous aussi, nous étions de leur nombre […] (Éphésiens 2.2-3)

Nos enfants

Parfois, nous trouvons difficile de porter un regard biblique sur nos enfants. Ils arrivent au monde. Nous les trouvons les plus mignons du monde, les plus beaux, les plus gentils. Il est parfois difficile de les considérer bibliquement, c’est-à-dire comme des fils de la rébellion. Ils ne deviennent pas fils de la rébellion : l’homme vient au monde avec cette nature pécheresse et le péché, c’est la transgression de la loi de Dieu. C’est la rébellion. Ce point doit influencer l’approche que les parents de jeunes enfants doivent avoir sur l’éducation. Il y a une pensée dans le monde présent qui veut que le rôle des éducateurs, y compris les parents, est de simplement accompagner l’enfant dans son cheminement. La Bible nous dit que les parents doivent corriger, c’est-à-dire ramener dans la droiture et que, pour ce faire, les parents doivent parfois utiliser les moyens nécessaires, c’est-à-dire la punition appropriée. Nos enfants, aussi mignons soient-ils, naissent pécheurs, fils de la rébellion. Le rôle des parents est de démontrer, d’appliquer, en parole et en action, ce qu’est une saine autorité.

Les chrétiens

Si les non-chrétiens sont les fils de la rébellion, c’est donc que les chrétiens ne le sont plus. C’est donc que les chrétiens ne sont plus des rebelles, mais rebelles à qui, à quoi ? Hugo en avait parlé, je vais donc y aller d’un survol rapide.

Dieu

Évidemment, la rébellion est d’abord vis-à-vis Dieu. Il est l’autorité suprême. Tout péché est une rébellion contre Dieu. C’est Dieu qui détermine tout ce qui est bien ou mal. Dieu a une autorité absolue.

Autorités

Aussi, Dieu a établi des autorités humaines. Elles sont d’une très grande importance pour Dieu. Il nous dit qu’elles doivent être importantes pour nous aussi.

Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; car il n’y a pas d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées par Dieu. C’est pourquoi celui qui s’oppose à l’autorité résiste à l’ordre de Dieu, et ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux-mêmes. (Romains 13.1-2)

Le raisonnement de Paul est que celui qui s’oppose à une autorité établie par Dieu s’oppose à Dieu lui-même, puisque c’est Dieu qui a établi cette autorité. Nous sommes à une époque où les autorités sont méprisées, rejetées, contestées. Lorsque nous parlons à des professeurs ou des responsables en services de garde, ils nous disent tous que le plus grand problème, c’est que les enfants n’apprennent pas la soumission à la maison et ne reconnaissent pas l’autorité des parents. Ça se répercute sur la conduite des enfants dans la société. Nous voyons également un problème de reconnaissance de l’autorité au sein même de nos Églises. La nôtre n’y échappe pas, mais le problème est très répandu. Certains sont au courant qu’un pasteur de notre association a démissionné il y a environ deux ans, parce qu’il n’en pouvait plus de la critique. Dans l’Église, la critique par en arrière, la contestation, les murmures, ne démontrent pas seulement une insoumission à l’autorité des anciens, mais aussi une insoumission à Dieu qui a établi les anciens.

Des désaccords

Ça ne signifie pas que les membres doivent être d’accord avec les anciens, comme la soumission n’exige pas que les enfants doivent toujours être d’accord avec les parents ou l’épouse avec son mari. Ça signifie que, même lorsqu’un membre n’est pas d’accord, il conserve une attitude respectueuse et dans la soumission. Il ne nourrit pas son cœur de mécontentement. Par contre, et c’est la meilleure chose à faire, il devrait rencontrer les anciens pour en discuter. Si ce sont les enfants envers leurs parents, il est sain d’avoir une discussion sur certains sujets. Aussi, il faut accepter que les personnes en autorité ne puissent pas tout dire. Il arrive que les anciens, et c’est la même chose pour les parents, qu’ils aient à prendre des décisions sur la base d’informations confidentielles. Par conséquent, ma soumission ne doit pas être conditionnelle au fait que je suis d’accord, parce que, dans ce cas, ce n’est plus de la soumission. Si je n’obéis que lorsque je suis d’accord, c’est que je me place en position d’autorité, de décider.

Des autorités imparfaites

Lorsque le Seigneur demande la soumission aux autorités, il demande la soumission à des autorités imparfaites. Comme anciens, Sylvain et moi n’avons jamais eu la prétention de toujours prendre des décisions parfaites et de gérer parfaitement chaque dossier. Frères et sœurs, il y a deux rôles dans ma vie qui m’ont montré mes faiblesses et mes limites : c’est le rôle paternel et le rôle pastoral. Quand je pense à Moïse que Dieu envoie délivrer son peuple, Moïse voyait ses limites. Quand Josué lui succède, il semble que Josué avait peur, puisqu’au premier chapitre de son livre, à trois reprises, le Seigneur lui dit :

Fortifie-toi et prends courage ? (Josué 1.6; Josué 1.7; Josué 1.9)

Au verset 9, il ajoute :

Ne t’effraie pas et ne t’épouvante pas, car l’Éternel, ton Dieu, est avec toi partout où tu iras. (Josué 1.9)

Il semble bien que Josué était craintif face à la tâche qui l’attendait. Il voyait ses faiblesses. Lorsque j’ai été appelé comme pasteur à Montréal, c’était mon premier ministère pastoral. Le président de l’association m’avait demandé comment je me sentais et je lui ai répondu que je me sens tellement petit. Il m’a dit : « C’est excellent. » Frères et sœurs, le problème n’est pas les désaccords. Il me semble que les désaccords se règlent souvent en ouvrant la Bible et en examinant nos opinions à la lumière des Écritures. Il se peut qu’un désaccord persiste. Dans ce cas, nous devons accepter le fait. Lorsque le Seigneur a établi les autorités humaines, que ce soit les parents, les pasteurs, les gouvernements civils, il savait très bien qu’il y aurait des désaccords. Nos désaccords ne sont jamais des raisons devant Dieu pour être insoumis aux autorités. La seule exception pour être insoumis, c’est lorsqu’on nous demande quelque chose qui est contraire aux Écritures. Quand les autorités religieuses ont demandé à Pierre et à Jean de ne plus évangéliser, ils ont répondu :

Jugez s’il est juste, devant Dieu, de vous obéir plutôt qu’à Dieu. (Actes 4.19)

Sinon, le Seigneur nous demande la soumission à toutes les autorités qu’il a établies. C’est au point où si nous sommes insoumis aux autorités, nous sommes insoumis à Dieu qui les a établies. Frères et sœurs, quand le Seigneur nous a sauvés, il nous a sortis de notre péché qui était une rébellion, une rébellion contre Dieu, mais aussi contre les autorités qu’il a établies. Si nous avons été sauvés, nous ne sommes plus des fils de la rébellion. D’autres traduisent « des fils de la désobéissance ».

LA CONDUITE

Nous sommes appelés à vivre selon ce que nous sommes devenus en Jésus-Christ et par Jésus-Christ : des fils de l’obéissance. C’est notre deuxième point : la conduite du chrétien.

Autrefois vous étiez ténèbres, et maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière ! Car le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité. Examinez ce qui est agréable au Seigneur ; et ne prenez point part aux œuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt condamnez-les. (Éphésiens 5.8-11)

Prenez donc garde de vous conduire avec circonspection, non comme des insensés, mais comme des sages ; (Éphésiens 5.15)

Se conduire avec circonspection, c’est se conduire avec sagesse. Paul va revenir sur la soumission au verset 21 :

[…] soumettez-vous les uns aux autres dans la crainte de Christ. (Éphésiens 5.21)

Nous verrons éventuellement que le pronom traduit par « les uns aux autres » n’implique pas nécessairement une réciprocité. Ce que Paul enseigne, et la suite de l’épître le démontre bien, c’est la soumission aux autorités établies par Dieu. Il avait mentionné au chapitre 4, verset 11 (Éphésiens 4.11), les ministres de la Parole. Au chapitre 5, à partir du verset 22 (Éphésiens 5.22), il développe la soumission de la femme à son mari. Au chapitre 6 (Éphésiens 6), ce sera au tour des enfants vis-à-vis leurs parents et des serviteurs envers leurs employeurs.

POURQUOI DES AUTORITÉS

Pourquoi Dieu a-t-il établi des autorités ? C’est parce que Dieu veut de l’ordre et il semble que l’ordre passe par le rôle des autorités. Qu’arriverait-il à des enfants qui viendraient au monde et qui seraient laissés à eux-mêmes sans les soins et la saine autorité parentale ? Un employeur embauche des employés et il a le droit d’exiger l’obéissance, la soumission. La raison est que l’employeur a un but lorsqu’il embauche un employé : il veut que son entreprise fonctionne. Il reconnaît qu’il a besoin d’employés, mais il faut que les employés travaillent vers un même but fixé par l’employeur. Dans la famille, les parents doivent avoir un but également pour leurs enfants. Ce ne sont pas les parents qui fixent ce but, c’est Dieu. Les parents ne doivent pas faire de leurs enfants ce qu’ils veulent, ni ce que leurs enfants veulent, mais ce que Dieu veut. Nous verrons ce point lorsque nous arriverons au chapitre 6 de l’épître (Éphésiens 6). Dans l’Église, c’est la même chose. Nous allons relire ce que Paul dit :

C’est lui qui a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, (Éphésiens 4.11)

Nous avions vu qu’il n’y a plus d’apôtres aujourd’hui, ni de prophètes. Je vous avais donné trois raisons qui me font dire qu’il n’y a plus d’évangélistes au sens où le Nouveau Testament utilise le terme. Ces trois raisons sont :

  1. Il n’y a aucune consigne d’établir des évangélistes : seulement des pasteurs et des diacres. Par conséquent, on ne sait pas comment en établir.
  1. Il n’y a aucune description de tâche dans le Nouveau Testament. Est-ce qu’un évangéliste ne fait qu’évangéliser ? Est-ce qu’il doit enseigner ensuite aux nouveaux convertis comment vivre l’évangile ? On ne le sait pas.
  2. Il n’y a aucune qualification requise pour en établir. Est-ce que l’évangéliste doit être mari d’une seule femme ? Doit-il être apte à l’enseignement ?

Ce que nous voyons dans le Nouveau Testament, c’est que Paul demande d’établir des pasteurs-docteurs sur les Églises. Le mot « docteur » est de même famille que « doctrine ». Maintenant, quel est le but de Dieu pour établir ces dirigeants ?

pour le perfectionnement des saints. Cela en vue de l’œuvre du service et de l’édification du corps du Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite du Christ. Ainsi nous ne serons plus des enfants, flottants et entraînés à tout vent de doctrine, joués par les hommes avec leur fourberie et leurs manœuvres séductrices, mais en disant la vérité avec amour, nous croîtrons à tous égards en celui qui est le chef, Christ. De lui, le corps tout entier bien ordonné et cohérent, grâce à toutes les jointures qui le soutiennent fortement, tire son accroissement dans la mesure qui convient à chaque partie, et s’édifie lui-même dans l’amour. (Éphésiens 4.11-16)

Ce n’est pas que les anciens assurent à eux seuls le développement de l’Église : il y a les dons que Dieu a faits à chacun, mais le rôle des anciens est de coordonner le tout et d’équiper les saints. Le Nouveau Testament utilise aussi les mots « dirigeants » et « diriger » pour parler du rôle pastoral. Paul fait un lien entre l’exercice de l’autorité et la direction du père de famille et le rôle pastoral.

[…] que l’évêque dirige bien sa propre maison et qu’il tienne ses enfants dans la soumission, avec une parfaite dignité. Car si quelqu’un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l’Église de Dieu ? (1 Timothée 3.4-5)

C’est un défi pour les chrétiens d’accepter ce que Paul dit :

Nous vous prions, frères, d’avoir de la considération pour ceux qui travaillent parmi vous, qui vous dirigent dans le Seigneur, et qui vous exhortent. (1 Thessaloniciens 5.12)

Tout chrétien veut être dirigé par le Seigneur, mais ce ne sont pas tous les chrétiens qui acceptent la manière de travailler du Seigneur. Le Seigneur a établi qu’il allait diriger nos vies par le ministère des dirigeants d’Église. Ce ne sont pas les dirigeants qui l’ont décidé. Ce ne sont pas les dirigeants qui se sont établis eux-mêmes. C’est le Seigneur. C’est difficile d’accepter que Dieu ait placé des personnes, imparfaites par surcroît, pour nous diriger. Je pense qu’il y a certains facteurs qui rendent ça difficile.

Mauvaises expériences

Le premier facteur peut être une mauvaise expérience. Malheureusement, il y a des pasteurs qui ont abusé de leur autorité. Ils s’en sont servis pour assouvir leurs propres personnes. Présentement, il y a 2 pasteurs de Québec qui sont en procès. D’autres pasteurs ont mal agi même si leurs pratiques ne sont pas criminelles. Dans ma vie, j’ai vu un pasteur très mal utiliser son autorité. Si nous avons subi une telle situation, la solution n’est jamais de se soustraire à l’autorité pastorale. Je pense que, dans certains cas, il faut changer d’Église après avoir tout essayé, mais ça demeure du dernier recours. Quand on se relocalise dans une autre Église, on doit accepter la structure établie par Dieu.

L’orgueil

Le deuxième facteur qui rend l’obéissance plus difficile, c’est notre orgueil.

  • « Je n’ai pas besoin de personnes pour diriger ma vie. »
  • « Je suis capable de diriger ma vie moi-même. »

C’est la pensée de certains chrétiens, mais je pense que c’est un grave problème d’orgueil qui se cache derrière cela. Si le Seigneur nous demande de se laisser diriger par des dirigeants, c’est qu’il sait très bien que nous ne pouvons pas nous isoler et diriger nos vies nous-mêmes. Mêmes les anciens sont sous cette structure, au sens où chaque ancien est sous l’autorité du conseil d’anciens. Sylvain et moi, nous nous parlons à chaque semaine. Chaque mois, nous allons déjeuner ensemble. Toute décision est prise par nous deux. Nous réfléchissons ensemble. Lorsque vous m’avez interrogé avant que je devienne pasteur, je vous avais dit que je ne crois pas que Dieu ait donné assez de sagesse à un individu pour qu’il dirige seul une Église. Dieu a établi une collégialité d’anciens. Nous ne voyons jamais dans la Bible la consigne d’être soumis à son ancien ou à son pasteur. C’est toujours aux anciens. Je pense que nous devrions nous poser la question suivante : Est-ce que j’accepte d’être dirigé par les anciens ? Est-ce que je reconnais que le plan de Dieu dans ma vie chrétienne est que je sois sous la direction pastorale des anciens ? Si nous ne sommes plus des fils de la rébellion, c’est que nous sommes des fils de l’obéissance, l’obéissance à Dieu, l’obéissance à sa Parole, l’obéissance aux autorités que Dieu a établies.

LE DESTIN FINAL

Paul va maintenant s’intéresser au destin final des réprouvés, des fils de la rébellion.

Que personne ne vous séduise par de vains discours ; car c’est pour cela que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion. (Éphésiens 5.6)

Dans le contexte immédiat, Paul parle de la rébellion de ceux qui s’adonne à l’immoralité sexuelle et à la cupidité, mais dans le contexte plus large de l’épître, Paul va s’intéresser à ceux qui sont rebelles, puisqu’il est question des fils de la rébellion de ceux qui sont rebelles aux autorités établies par Dieu. C’est vraiment là que Paul nous amène à partir du verset 21 (Éphésiens 5.21). Frères et sœurs, examinons-nous devant le Seigneur. Si nous sommes en rébellion maintenue contre les autorités établies par Dieu, est-il possible que nous soyons encore des fils de la rébellion ? Est-ce à dire que nous ne sommes pas au bénéfice de la croix qui nous libère de cette pensée pécheresse ? Dans ce cas, confessez vos péchés au Seigneur et demandez-lui de vous sauver de cette vie de rebelles. Si vous êtes chrétiens et que vous combattez ce péché de la rébellion, encore là, confessez votre péché au Seigneur et demandez-lui de vous libérer de votre difficulté à accepter l’autorité établie sur vous. Rappelons-nous que l’Esprit qui habite en nous est aussi là pour nous humilier, pour nous montrer notre besoin d’être dirigés par le Seigneur avec les moyens que ce même Seigneur a établis, c’est-à-dire les autorités.

Que le Seigneur vous bénisse. Prions.

Daniel Durand, pasteur
28 juillet 2019

Prédicateur invité

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