Série sur le livre de Ruth, partie 9, Ruth 2.10

Share on facebook
Share on twitter
Share on google
Share on email

« Voyez comment ça se passe dans le peuple de Dieu. Dieu est généreux avec Booz, Booz est généreux avec Ruth, et Ruth est généreuse avec Noémi. »

La semaine passée, nous avons vu l’accueil que Booz a réservé à Ruth. Quant à Ruth, elle doit être surprise de recevoir autant d’attention. Elle ne sait pas encore que Booz est parent avec elle par alliance. Elle se croit une étrangère. Ce n’est qu’au verset 20 du chapitre 2 que Ruth apprendra que Booz est proche parent. Le verset 10 nous donne la réaction de Ruth aux attentions de Booz à son égard.

10 Alors elle tomba en se prosternant, la face jusqu’à terre. Elle lui dit : Comment ai-je obtenu ta faveur pour être reconnue, moi qui ne suis qu’une inconnue ?

Ruth est très respectueuse de Booz. Son attitude me rappelle étrangement celle d’Esther. Esther demandait constamment conseil à son oncle Mardochée. Ruth demande conseil à Noémi. Esther était très respectueuse du roi. Ruth est très respectueuse de Booz. Les deux femmes se sont retrouvées dans des situations difficiles. Les deux ont simplement avancé par la foi dans les situations où le Seigneur les avait placées. Booz reprend la parole aux versets 11 et 12.

11 Booz lui répondit : On m’a raconté en détail tout ce que tu as fait pour ta belle-mère depuis la mort de ton mari et comment tu as abandonné ton père, ta mère et ton pays natal pour aller vers un peuple que tu ne connaissais pas auparavant. 12 Que l’Éternel te rende ce que tu as fait ! Que ta récompense soit complète de la part de l’Éternel, le Dieu d’Israël, sous les ailes de qui tu es venue te réfugier.

Booz rapporte à Ruth ce qu’on lui a raconté à son sujet. Booz avait entendu parler de Ruth et Noémi, mais lorsqu’il la vit, il ne savait probablement pas que c’était elle. Booz salue l’attitude exemplaire que Ruth a eu envers Noémi. Quel bel exemple de se réjouir des bontés qui sont déversées sur d’autres que nous. Booz est compatissant. Il comprend la situation de l’autre. Il n’est pas insensible au fait que Ruth a dû quitter son père, sa mère et son pays natal pour aller vers un peuple qu’elle ne connaissait pas. Finalement, Booz reconnaît l’intention de Ruth. Verset 12, elle est venue se réfugier sous les ailes du Dieu d’Israël. Qu’il est bon de se réfugier sous les ailes du Dieu d’Israël. L’image est riche et réconfortante. Nous allons tourner en Deutéronome 32.9-11 :

9 Car la portion de l’Eternel, c’est son peuple, Jacob est la part de son héritage. 10 Il l’a trouvé dans une contrée déserte, dans une solitude aux effroyables hurlements ; il l’a entouré, il en a pris soin, il l’a gardé comme la prunelle de son œil, 11 Pareil à l’aigle qui éveille sa couvée, voltige sur ses petits, déploie ses ailes, les prend, les porte sur ses plumes.

L’image des ailes avec lesquelles la maman protège ses petits a tout pour nous émouvoir. C’est toute la notion de sécurité, de réconfort, de protection qui vient en premier. Psaume 17.8 :

Garde-moi comme la prunelle de l’œil ; protège-moi, à l’ombre de tes ailes.

Psaume 36.8 :

Combien est précieuse ta bonté, ô Dieu ! À l’ombre de tes ailes les fils de l’homme cherchent un refuge.

Et quand le malheur vient, Psaume 57.2 :

Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi ! Car en toi mon âme cherche un refuge ; je cherche un refuge à l’ombre de tes ailes, Jusqu’à ce que le malheur soit passé.

Les ailes évoquent donc les notions de sécurité, de rafraîchissement, de réconfort, de repos. Frères et sœurs. Combien nous avons besoin de trouver notre réconfort à l’ombre des ailes du Tout-Puissant. Courons, réfugions-nous sous les ailes du Tout-Puissant. Lorsque nous nous y réfugions, notre Père céleste referme ses ailes sur nous pour nous réconforter, nous sécuriser. La semaine passée, nous avons surpris Booz et Ruth en pleine conversation. Nous allons relire au chapitre 2, les versets 8 à 12 pour nous remettre dans le contexte. Ruth répond à Booz au verset 13.

13 Elle dit : J’obtiens donc ta faveur, mon seigneur ; tu m’as consolée, tu as parlé au cœur de ta servante, et pourtant moi je ne suis pas même comme l’une de tes servantes.

Elle s’exprime toujours respectueusement. Elle appelle Booz mon seigneur. Elle apprécie ce que Booz lui a dit et reconnaît que c’est une grâce : « moi je ne suis même pas comme l’une de tes servantes ». Au versets 14, Booz en rajoute.

14 Au moment du repas, Booz lui dit : Approche, mange du pain et trempe ton morceau dans la vinaigrette. Elle s’assit à côté des moissonneurs. Il lui tendit du grain rôti ; elle mangea, se rassasia et garda le reste.

La générosité de Booz s’accentue. Quand on aide une personne, il me semble que nous sommes encouragés à en faire plus lorsqu’on voit que la personne apprécie et n’abuse pas. Au-delà de la subsistance, Booz permet à Ruth de s’intégrer dans la communauté. La participation au repas était pour les employés. À l’époque, il y avait un bol au centre où l’on trempait son pain. La même chose que l’on voit avec Jésus au dernier repas. Jésus dit que le traître est celui qui va tremper son pain avec lui. Les ouvriers mangeaient ensemble, et chacun pouvait tremper son pain dans le bol. L’invitation au verset 14 qu’elle trempe son pain dans la vinaigrette parle beaucoup plus qu’il n’en paraît. C’est une manière de dire devant tous qu’elle est des leurs. De plus, c’est Booz lui-même qui servit à manger à Ruth. Il l’a servie abondamment puisque le verset 18 nous apprend qu’elle a demandé un doggy bag pour ramener le reste de son repas à la maison qu’elle remit à Noémi. Voyez comment ça se passe dans le peuple de Dieu. Dieu est généreux avec Booz, Booz est généreux avec Ruth, et Ruth est généreuse avec Noémi. Nous lirons les versets 15 à 17.

15 Puis Ruth se leva pour glaner et Booz donna cet ordre à ses serviteurs : Qu’elle glane aussi entre les gerbes, sans que vous lui fassiez d’affront. 16 Vous ôterez même pour elle des javelles quelques épis que vous lui laisserez à glaner, sans lui faire de reproches. 17 Elle glana dans le champ jusqu’au soir et battit ce qu’elle avait glané. Il y eut environ un épha d’orge.

Nous voyons ici que Ruth ne pervertit pas la grâce de Booz en travaillant moins. Au contraire. Elle est travaillante. Et Booz, voyant qu’elle travaille durement, s’arrange pour que Ruth ait plus d’épis à ramasser. Il donne des consignes dans ce sens à ses serviteurs. Nous voyons que Booz a compris l’esprit de la loi de Dieu. Il va au-delà de la loi stricte. Est-ce que ça vous rappelle un texte où l’on voit se principe? Jésus a dit en Matthieu 5.20 :

Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux.

Et plus loin, aux versets 40 à 42 :

40 Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. 41 Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui. 42 Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi.

Booz ne se contente pas de faire le minimum de ce que la loi dit. Il ajoute la grâce à la loi. Il donne au-delà de ce que la loi prescrivait. De plus, le récit nous montre que Booz n’agit pas ainsi dans le but de courtiser Ruth. Le verset 15 dit qu’il donna des ordres aux serviteurs. Booz s’arrangea pour que Ruth ne le sache pas. Le texte dit que Ruth était partie glaner quand Booz a donné cet ordre. Ruth ne s’est pas contentée de glaner les épis, c’est-à-dire de les ramasser. Elle a aussi battu tout ce qu’elle avait glané, c’est-à-dire qu’elle a fait une opération consistant à retirer les grains des épis pour ne rapporter que les grains à la maison. Le verset 17 nous informe qu’elle rapporta environ un épha d’orge. Ce qui représente 23 litres d’après le livre La Bible déchiffrée. Ça représente environ 5 gallons. 5 gallons de grains, c’est tout de même assez lourd, en plus du surplus de repas aussi à transporter. Et pour une personne ça représentait la nourriture nécessaire pour plus de 2 semaines. Ruth 2.18 :

18 Ruth emporta l’orge, rentra en ville et montra à sa belle-mère ce qu’elle avait glané. Elle sortit aussi le surplus de son repas et le lui donna.

Ruth s’empresse de montrer à sa belle-mère ce qu’elle a pu glaner ainsi que le surplus du repas. Ruth qui voyait sa belle-mère amère voulait probablement s’empresser de lui montrer les bénédictions. Ruth 2.19 :

19 Sa belle-mère lui dit : Où as-tu glané aujourd’hui et où as-tu travaillé ? Béni soit celui qui a fait attention à toi ! Elle raconta à sa belle-mère ce qui s’était passé avec lui ; puis elle dit : Le nom de celui à qui j’ai eu affaire est Booz.

Ruth avait sûrement hâte de démontrer à sa belle-mère que, oui, elle a vraiment trouvé grâce aux yeux du propriétaire des terres pour en rapporter autant. Je pense qu’il est bon lorsque des frères ou sœurs sont découragés de montrer les bénédictions de Dieu. Ça encourage. Ça ranime la foi. C’est toujours édifiant d’entendre des témoignages de l’œuvre de Dieu dans la vie de nos frères et sœurs. Et lorsque des personnes sont découragées, nous pouvons les encourager en rappelant les bénédictions de Dieu sur ses enfants. Ces versets sont l’occasion pour nous de réfléchir à l’importance d’être une bénédiction les uns pour les autres. Au sein du peuple de Dieu, la générosité doit circuler abondamment. Booz bénit Ruth bien au-delà de ce que la loi demande. Il la protège. Il donne des consignes à ses serviteurs de laisser Ruth glaner en toute tranquillité, et de lui laisser des épis qui avaient été recueillis (2.16). En plus, c’est lui-même qui sert la nourriture à Ruth et lui en donne tellement qu’elle peut en ramener à la maison pour Noémi. Noémi appelle la bénédiction sur Ruth alors qu’elle-même était dans une situation précaire. Ruth est travaillante et, alors qu’elle est elle-même veuve, elle pourvoit aux besoins alimentaires de sa belle-mère. Frères et sœurs. La première leçon de générosité que nous voyons c’est que même les démunis peuvent être généreux envers les autres. Ruth n’avait rien, mais elle a travaillé plus fort afin de pouvoir nourrir Noémi. Nous sommes dans une société où l’on demande de plus en plus aux riches et de moins en moins aux pauvres. Et le risque est que les pauvres, ou disons ceux qui sont moins riches, pensent qu’ils peuvent tout recevoir sans avoir à donner. Comme peuple de Dieu, comme enfants de Dieu, enfants de même famille, bénissons-nous les uns les autres. Veillons au bien-être les uns des autres. Que le Seigneur vous bénisse.

Daniel Durand, pasteur

12 décembre 2018

Prédicateur invité

Partagez cet enseignement :

Share on facebook
Share on twitter
Share on print
Share on email