Série sur le livre de Ruth, partie 4, Ruth 1.8-17

Introduction

Nous poursuivons dans le livre de Ruth au chapitre 1 et nous lirons les versets 8 et 9. Noémi, devenue veuve, s’apprête à retourner vivre au sein de son peuple, c’est-à-dire la nation juive.  Et nous la retrouvons en discussion avec ses deux belles-filles moabites.

Noémi dit alors à ses deux belles-filles : Allez, que chacune retourne à la maison de sa mère! Que l’Éternel use de bienveillance avec vous, comme vous l’avez fait envers ceux qui sont morts et envers moi. Que l’Éternel vous donne à chacune de trouver du repos dans la maison d’un mari! Elle les embrassa. Elles se mirent à sangloter ; Ruth 1.8-9

Les adieux sont la plupart du temps des moments très émotifs et le texte le fait bien ressortir. L’auteur veut nous convaincre de l’attachement familial de ces 3 veuves.

Noémi a des raisons pour rentrer au pays d’Israël. C’est son peuple, c’est son pays.

Mais pour ses belles-filles, ce n’est pas la même chose. Elles sont Moabites et non Juives. À vue humaine, il serait difficile pour elles de trouver un mari en Israël en raison de leur nationalité. C’est pourquoi Noémi les encourage à chercher un mari chez les Moabites. On sent un certain désarroi jusqu’à maintenant. Les 3 hommes sont morts sans laisser d’enfant. Les 3 veuves se retrouvent seules et Noémi veut renvoyer ses belles-filles chez leur peuple, les Moabites. Il y a bien l’attachement sentimental qui les unit, mais les liens familiaux ne tiennent plus. Ce que Noémi propose en incitant ses belles-filles à rentrer chez elles, c’est du chacun pour soi.

La raison est qu’aucune n’était en mesure d’aider les autres. Tout ce que Noémi peut faire, c’est de remettre ses belles-filles au Seigneur. Écoutons sa prière pour ses belles-filles, verset 8 et 9 :

Que l’Éternel use de bienveillance avec vous, comme vous l’avez fait envers ceux qui sont morts et envers moi. Que l’Éternel vous donne à chacune de trouver du repos dans la maison d’un mari!

Les récits bibliques nous placent souvent sur des impasses qui sont autant d’occasions de voir que le Seigneur dirige tout parfaitement, et qu’il se manifeste au bon moment. Et dans nos vies, c’est la même chose. Nos impasses sont des impasses que pour nous. Mais le Seigneur, il a ce pouvoir, cette capacité d’ouvrir une route inattendue devant nous, une route où il nous donne de le découvrir toujours mieux comme le bon Père céleste qui marche avec nous. Ses deux fils se marient avec des étrangères, des Moabites. C’est logique puisqu’Élimélek s’était réfugié dans les plaines de Moab. Et un point que je n’avais pas mentionné, c’est que les Moabites sont des descendants d’une des filles de Lot.

Vous vous rappelez le neveu d’Abraham qui, bien que croyant[1], a choisi de vivre parmi les païens de Sodome? Lorsqu’Abraham et Lot avaient chacun amassé tant de biens que le territoire où ils vivaient était devenu trop petit, ils ont décidé de se séparer. Et Abraham a fait choisir le côté du pays que Lot voulait, et Lot est allé vers Sodome, lieu de débauche extrême. Alors que la réputation de Sodome était surfaite.

Les gens de Sodome étaient fort mauvais et pécheurs envers l’Éternel. Genèse 13.13

On se rappelle ce qui s’est passé. Le Seigneur veut détruire Sodome par le souffre et le feu. Abraham intercède pour son neveu afin qu’il ne soit pas détruit dans ce jugement. Le Seigneur délivre Lot et sa famille, c’est-à-dire sa femme et ses deux filles, avec la consigne claire de ne pas se retourner. La femme de Lot, dans un geste de désobéissance qui révèle son incrédulité, se retourne et périt comme les habitants de Sodome et Gomorrhe. Lot se retrouve avec ses 2 filles qui n’ont pas de mari puisque ceux-ci ont péri dans le jugement contre Sodome et Gomorrhe. Les deux filles voient leur père vieillir et elles craignent le pire, c’est-à-dire se retrouver sans mari, sans descendance, sans famille. Elles décident d’enivrer le père afin de coucher avec lui. Les deux filles tombent enceinte et l’une d’elles est à l’origine des Moabites. L’autre enfanta aussi un fils qu’elle nomma Ben-Amni, l’ancêtre des Ammonites.

Les Moabites constituent donc une lignée de rebelles, de païens. Et c’est dans ce peuple qu’Élimélek s’est réfugié. C’est à ce peuple qu’appartenaient les belles-filles de Noémi. Et quand Noémi et ses deux belles-filles se retrouvent toutes veuves, Noémi insiste pour qu’elles retournent vivre chez les Moabites. Pour Noémi, ses belles-filles n’ont aucun avenir ailleurs. Son plan est donc que ses belles-filles retournent chez les Moabites, et Noémi va rentrer chez son peuple, les Israélites.

Nous assistons à la discussion, Ruth 1.8 à 14 que nous lirons maintenant.

Noémi dit alors à ses deux belles-filles : Allez, retournez chacune à la maison de sa mère ! Que l’Éternel use de bienveillance avec vous, comme vous l’avez fait envers ceux qui sont morts et envers moi. Que l’Éternel vous donne à chacune de trouver du repos dans la maison d’un mari ! Elle les embrassa. Elles se mirent à sangloter ; Ses belles-filles lui dirent : Non, nous irons avec toi vers ton peuple. Noémi dit : Retournez, mes filles ! Pourquoi viendriez-vous avec moi ? Ai-je encore dans mon sein des fils qui puissent devenir vos maris ? Retournez, mes filles, allez ! car je suis trop vieille pour appartenir à un homme et quand je dirais : Il y a de l’espoir pour moi, quand cette nuit j’appartiendrais à un homme et que je mette des fils au monde, Attendriez-vous pour cela qu’ils aient grandi, refuseriez-vous pour cela d’appartenir à un homme ? Non, mes filles ! car mon sort est plus amer que le vôtre, et la main de l’Éternel s’est abattue sur moi. Elles sanglotèrent encore. Orpa embrassa sa belle-mère, mais Ruth s’attacha à elle.

Noémi tente de convaincre ses belles-filles de ne pas la suivre. Elle fait référence à la loi juive du lévirat[2] qui disait que si un homme mourait avant d’avoir donné un fils à son épouse, le frère de cet homme devait prendre la veuve pour donner une descendance à son frère. Noémi explique à ses belles-filles qu’elle n’a pas d’autres fils pour elles, et qu’il ne serait pas raisonnable de penser qu’elle rencontre un autre homme pour avoir des fils, il faudrait attendre que ces fils soient devenus adultes. Bref, elle leur demande d’oublier cette idée et de retourner chez les Moabites. Sur le coup, les deux belles-filles refusent d’abandonner Noémi, mais un peu d’insistance et l’une d’elles acquiesce. Orpa retourne chez les Moabites, et on n’en entendra plus parler. À partir de ce moment, l’histoire se poursuit avec Noémi et Ruth.

Noémi dit alors : Voici que ta belle-sœur est retournée à son peuple et à ses dieux ; retourne à la suite de ta belle-sœur. Ruth dit : Ne me pousse pas à te quitter, à me détourner de tes pas ! Où tu iras, j’irai ; où tu demeureras, je demeurerai, ton peuple est mon peuple, et ton Dieu est mon Dieu, où tu mourras, je mourrai et j’y serai ensevelie. Que l’Éternel me fasse ceci et qu’il ajoute cela si ce n’est pas la mort qui me sépare de toi. Ruth 1.15-17

Au verset 15, nous lisons que Noémi veut renvoyer Ruth aux divinités païennes. Ça surprend, mais le commentateur Daniel Arnold propose de voir que Noémi ne veut tout simplement pas imposer sa foi à sa belle-fille. Pour ma part, j’émets la possibilité que Noémi ne veuille pas que Ruth la suive uniquement pour avoir du pain. La seule manière de vivre au sein du peuple de l’alliance est en devenant membre du peuple de l’alliance avec toute l’adhésion qui lui est rattachée. Il est donc possible que Noémi fasse passer un test à Ruth pour voir où sa foi en est. La réponse de Ruth est beaucoup plus riche qu’elle n’en paraît. Le texte nous présente 7 affirmations dans la réponse de Ruth.

Ne me pousse pas à te quitter, à me détourner de tes pas ! (V. 16)
Où tu iras, j’irai ; (V. 16)
où tu demeureras, je demeurerai, (V. 16)
ton peuple est mon peuple, (V. 16)
et ton Dieu est mon Dieu, (V. 16)
où tu mourras, je mourrai et j’y serai ensevelie. (V. 17)
Que l’Éternel me fasse ceci et qu’il ajoute cela si ce n’est pas la mort qui me sépare de toi. (V. 17)

Il est clair que Ruth avait tout de même entendu parler du Dieu d’Israël pour offrir une telle réponse à sa belle-mère. Nous découvrons que Ruth a une foi authentique.

Alors qu’elle s’est fait suggérer de retourner à l’idolâtrie, Ruth repousse immédiatement cette proposition de Noémi. Nous avons un bel exemple ici de savoir opposer une résistance ferme lorsque des proches nous proposent des choses contraires à Dieu. En fait, la réponse de Ruth a des familiarités très fortes avec ce que Dieu avait dit à son peuple. Ruth dit au verset 16…

Où tu iras, j’irai ; où tu demeureras, je demeurerai, ton peuple est mon peuple, et ton Dieu est mon Dieu,

Et Dieu a dit à son peuple à travers ses prophètes:

Je leur donnerai un cœur pour qu’ils connaissent que je suis l’Éternel. Ils seront mon peuple, et je serai leur Dieu, s’ils reviennent à moi de tout leur cœur. Jérémie 24.7 
Vous habiterez le pays que j’ai donné à vos pères ; vous serez mon peuple, et je serai votre Dieu. Ézékiel 36.28 
Je les ramènerai, et ils demeureront au milieu de Jérusalem ; ils seront mon peuple, et je serai leur Dieu dans la vérité et la justice. Zacharie 8.8 

Lorsque Ruth dit au verset 16…

Où tu iras, j’irai ; où tu demeureras, je demeurerai, ton peuple est mon peuple, et ton Dieu est mon Dieu,

…elle reprend le cœur de l’alliance de Dieu avec son peuple. On parle souvent de l’affection de Ruth envers sa belle-mère, mais cette affection vient de son attachement au Dieu d’Israël. Ruth est en contraste avec Israël. Israël aurait dû s’attacher à son Dieu. Nous avons vu dans la première partie de cette série que le contexte du livre de Ruth est la période des Juges où le peuple se rebellait constamment.

 

Frères et sœurs, je ne sais pas si nous réalisons pleinement ce que signifie être membre du peuple de Dieu, et que ce grand Dieu soit NOTRE Dieu. Ruth a non seulement cru en Dieu, mais elle a cru que ce Dieu accueillait les non Juifs. Elle a cru qu’elle n’était pas captive de ses ancêtres, que ce soit la fille de Lot qui a commis l’inceste pour enfanter les Moabites, que ce soit son peuple qui a persécuté Israël. Elle a cru que ce passé ne l’empêchait pas de croire en Dieu. Et c’est ainsi qu’elle est partie avec Noémi. L’aventure de Noémi et Ruth se poursuivra cette fois en terre d’Israël, et nous les suivrons la semaine prochaine.

 

Que le Seigneur vous bénisse.

 

Daniel Durand, pasteur

7 novembre 2018

 


[1] 2 Pierre 2.7

[2] Deutéronome 25.5-10

Share on facebook
Share on twitter
Share on google
Share on email

Prédicateur invité

Partagez cet enseignement :

Share on facebook
Share on twitter
Share on print
Share on email