Série sur le livre de Ruth, partie 16

Share on facebook
Share on twitter
Share on google
Share on email

« Autrement dit, le lévirat préfigure la providence de Dieu de poursuivre la vie là où la mort a frappé, et d’assurer la subsistance. Dans le lévirat, c’est la subsistance des veuves. Mais avec le Christ, c’est la subsistance éternelle de tous les chrétiens. »

 

La semaine passée, j’ai mentionné l’importance des généalogies dans la Bible. Nous allons regarder sommairement celle qui termine le livre de Ruth. Nous allons lire au chapitre 4 les versets 18 à 22.

 

18 Voici les descendants de Pérets : Pérets engendra Hetsrôn ; 19 Hetsrôn engendra Ram ; Ram engendra Amminadab ; 20 Amminadab engendra Nahchôn ; Nahchôn engendra Salma ; 21 Salmôn engendra Booz ; Booz engendra Obed ; 22 Obed engendra Isaï ; Isaï engendra David.

 

Ce ne sont pas nécessairement toutes les générations qui revêtent une importance, ou qui ont une signification pour nous. Ce qui m’apparaît clair, c’est que Pérets est là pour une raison précise. Je dis cela parce que l’auteur aurait pu débuter cette généalogie à Abraham, ou même à Adam. Il a décidé de la débuter avec Pérets, et il doit y avoir une raison.

 

Le lévirat

Alors, qui est Pérets? Il s’agit de l’un des jumeaux nés suite à une histoire plutôt particulière, qui se trouve en Genèse 38 que nous ne lirons pas, j’en ai glissé un mot la semaine passée. Il est question de Juda, un des 12 fils de Jacob. On y raconte que Juda s’est marié et qu’il eut 3 fils. Juda choisit pour son fils aîné une femme du nom de Tamar. L’Éternel fit mourir ce fils parce qu’il était mauvais aux yeux de l’Éternel. Et selon la loi du lévirat, un des deux frères restants devait prendre Tamar comme épouse. C’est le 2e fils, Ônan, qui la marie. Ônan, afin de ne pas avoir de descendance avec Tamar, fit quelque chose qui déplut à l’Éternel qui le fit mourir aussi. Tamar se retrouve veuve encore une fois. Et là, Juda demande à Tamar d’attendre que le plus jeune, encore enfant, soit devenu grand pour pouvoir le marier, mais Juda ne voulait pas vraiment que ce mariage ait lieu. Il se disait que puisque les 2 premiers s’étaient mariés à Tamar et sont décédés, si son plus jeune se marie aussi avec elle, il va mourir. Et Tamar se rend bien compte que Juda n’avait vraiment pas l’intention qu’elle se marie au plus jeune puisque, lorsqu’il est devenu en âge de se marier, Juda ne l’a pas donné à Tamar. En même temps, Juda devient veuf. Alors Tamar voit un espoir de donner une descendance à son mari. Elle se fait passer pour une prostituée en se déguisant et Juda, qui ne l’a jamais reconnue, couche avec elle. Mais auparavant, Tamar demande ce qu’il lui donnera pour la payer. Juda lui promet un chevreau. Alors Tamar, qui savait, pour l’avoir subi, que Juda n’est pas un homme de parole, lui demande un gage. Elle prend le cachet, c’est-à-dire le sceau.  C’était à l’époque l’objet le plus personnel. C’est un peu comme si quelqu’un prenait la carte d’assurance sociale d’un autre. Le cachet d’un individu servait à signer des documents. Dans plusieurs cas, le cachet était porté au doigt comme un anneau. On trempait dans la cire et on l’appliquait sur le document. Dans d’autres cas, dont celui de Juda, le cachet était rattaché au cordon. Alors Tamar demande le cachet, le cordon auquel le cachet est rattaché, ainsi que le bâton de Juda. Le bâton était l’emblème du chef de la tribu. Donc, des objets qui n’étaient pas du tout anodins. Ils étaient très personnels et permettaient d’identifier sans hésitation qui en était le propriétaire. Tamar a un but en demandant ces choses. Tamar tombe enceinte de Juda. Lorsqu’on vient apprendre à Juda que sa belle-fille s’est prostituée et qu’elle est tombée enceinte, Juda exige qu’on l’amène et qu’elle soit brûlée. Alors Tamar envoie dire à Juda que c’est de l’homme à qui appartiennent le cachet, son cordon et le bâton qu’elle est enceinte. Par une dissimulation, Tamar a forcé son beau-père à appliquer le lévirat. Et c’est de cette grossesse qu’est né Pérets, celui que l’auteur du livre de Ruth a choisi pour débuter la généalogie.

 

Pourquoi est-ce que l’auteur a choisi de débuter avec Pérets? Fort probablement en raison du lévirat. Pérets et né grâce au lévirat, bien que les moyens pour l’appliquer sont discutables. Et l’enfant que Ruth eut de Booz est aussi un enfant du lévirat. Tamar avec son beau-père, ainsi que Booz avec Ruth sont les deux seules fois où nous voyons que le lévirat est appliqué dans toute la Bible. De plus, ce ne sont pas les clauses strictes qui ont été appliquées. Dans ces deux cas, ce n’est pas le frère du défunt qui a assuré une descendance. Tamar a couché avec son beau-père. Il ne s’agit même pas d’un mariage. Et Booz a marié Ruth, mais Booz n’était pas le frère du défunt. Donc, dans les deux cas, c’est une application du lévirat qui dépasse les clauses strictes de la loi qui l’encadre. Pourquoi le livre de Ruth s’intéresse-t-il au lévirat? Je pense que c’est parce que le lévirat est le moyen providentiel de Dieu inscrit dans la loi pour assurer la descendance. Et la descendance la plus importante est celle qui mène au Christ. Autrement dit, le lévirat préfigure la providence de Dieu de poursuivre la vie là où la mort a frappé, et d’assurer la subsistance. Dans le lévirat, c’est la subsistance des veuves. Mais avec le Christ, c’est la subsistance éternelle de tous les chrétiens.

 

Avec le livre de Ruth, nous apprenons que les deux seules applications du lévirat dans toute la Bible font partie de la généalogie ascendante du messie. De plus, dans le lévirat, le frère, ou le proche parent qui assurait la descendance en mariant la veuve du défunt était appelé le rédempteur. Par conséquent, la loi du lévirat pointe vers le Christ qui nous marie, qui assure la descendance. Pérets, en ancêtre de Booz, est né d’une application particulière du lévirat. Ce qui peut surprendre, c’est qu’Obed servait à maintenir le nom du défunt mari de Ruth. Et là, c’est la paternité de Booz qui prévaut. Autrement dit, le fils né de l’union de Booz et Ruth s’appelle Obed. En raison du lévirat, cet enfant servait à relever le nom du mari défunt de Ruth. Dans la généalogie, cet enfant aurait dû être rattaché au mari défunt de Ruth et non à Booz. Mais ce n’est pas ce qui arrive. Oui le lévirat est appliqué, mais ici, l’enfant fait partie de la généalogie de Booz, et je pense que c’est pour nous dire que la descendance qui va suivre va assurer le lévirat pour tous les perdus qui espèrent dans le messie. Parce que nous étions tous des veuves et des orphelins avant d’être sauvés. Nous étions errants. Nous avions besoin d’un Père qui veille sur nous. Dieu nous a adoptés, il est notre Père. Nous étions « veuves ». À l’époque, une veuve était pratiquement comme une itinérante. Sa subsistance tenait à la générosité des habitants du village. Glaner équivalait à mendier. La seule différence est que la veuve devait ramasser les épis. Il y avait un effort demandé.

 

Nous sommes arrivés à la fin du livre. Mais j’ai pensé faire un exercice supplémentaire. J’ai pensé que nous fassions un retour sur le livre, mais en l’appréciant sous différents angles. On peut visiter le Québec en passant d’un village à l’autre. Mais on peut aussi le visiter en prenant la route des saveurs, puis la route des vins, puis la route du roi. On va donc faire une visite thématique du livre de Ruth. Mais juste avant, nous allons brièvement revenir sur le livre des Juges, puisqu’il nous fournit le contexte du livre de Ruth.

 

Retour sur le livre des Juges

Nous avions vu au tout début de cette série que le récit de Ruth se passe au temps des Juges. Et que le problème majeur en Israël au temps des juges était qu’il n’y avait pas de roi. Juges 17.6 :

 

En ce temps-là, il n’y avait point de roi en Israël. Chacun faisait ce qui lui semblait bon.

 

Le problème numéro 1 de l’homme est son péché. L’homme fait ce qui lui semble bon. L’homme a besoin d’un roi, un roi parfait. David, un homme selon le cœur de Dieu, préfigurait Jésus-Christ, le roi parfait. Frères et sœurs. Combien nous avons besoin que le Seigneur règne sur nous. Il le fait par sa Parole que le Saint-Esprit applique à nos cœurs, à nos pensées. C’est le moyen par lequel il nous transforme. Le livre de Ruth constitue le dénouement de l’impasse dans laquelle se trouvait la nation d’Israël et que le livre des Juges expose.

 

Daniel Durand, pasteur

 

27 février 2019

Prédicateur invité

Partagez cet enseignement :

Share on facebook
Share on twitter
Share on print
Share on email