Série sur le livre de Jonas, partie 7

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« C’est important pour nous de savoir que notre reconnaissance à Dieu exige de se rappeler de deux aspects de nos vies : nous devons nous rappeler de notre situation passée; nous devons nous rappeler ce que nous étions avant que le Seigneur nous délivre. Nous devons nous rappeler notre misère de laquelle le Seigneur nous a sortis et le deuxième volet est que nous devons considérer le privilège du salut et tout ce qui vient avec celui-ci. Nous devons ramener à notre pensée que nous ne méritons pas d’être sauvés. […] La repentance est requise de la part des païens, mais aussi des croyants. Lorsqu’un chrétien s’éloigne, le Seigneur le ramène et le place dans une situation où il va voir son péché. Parce que Dieu a donné un cœur repentant à ses enfants, ceux qui s’éloignent vont se repentir tôt ou tard. »

 

Introduction

La semaine passée, nous avons débuté le chapitre 2 où Jonas se retrouve dans le ventre du grand poisson, instrument du salut pour Jonas, et qui devient pratiquement un sanctuaire.

C’est-à-dire que c’est là que Jonas adresse sa prière à Dieu :

Jonas, dans les entrailles du poisson, pria l’Éternel, son Dieu. Il dit : Dans ma détresse, j’ai invoqué l’Éternel, et il m’a répondu ; du sein du séjour des morts j’ai appelé au secours, et tu as écouté ma voix. Tu m’as jeté dans un bas-fond au cœur des mers, et les courants d’eau m’ont environné ; toutes tes vagues et tous tes flots ont passé sur moi. Et moi je disais : Je suis chassé loin de tes yeux ! Mais je contemplerai encore ton saint temple. Les eaux m’ont couvert jusqu’à la gorge, l’abîme m’a enserré, des joncs se sont noués autour de ma tête. Je suis descendu jusqu’aux ancrages des montagnes, les verrous de la terre m’enfermaient pour toujours ; mais tu m’as fait remonter vivant du gouffre, Éternel, mon Dieu ! Quand mon âme était abattue au-dedans de moi, je me suis souvenu de l’Éternel, et ma prière est parvenue jusqu’à toi, jusqu’à ton saint temple. (Jonas 2.2-8)

Exposé

Comme nous l’avons vu la semaine dernière, Jonas rappelle dans sa prière qu’il avait imploré la grâce de Dieu alors qu’il était dans les eaux, donc avant d’être repêché par le grand poisson.

Détresse au salut

Durant pratiquement toute sa prière, il rappelle cette détresse, puis exprime sa gratitude au Seigneur de l’avoir sauvé. Il alternera ainsi six fois, passant de la détresse au salut.

Au verset 3, la détresse :

Il dit : Dans ma détresse, j’ai invoqué l’Éternel, […] (Jonas 2.3)

Le salut :

[…] et il m’a répondu […] (Jonas 2.3)

La détresse :

[…] du sein du séjour des morts j’ai appelé au secours, […] (Jonas 2.3)

Le salut :

[…] et tu as écouté ma voix. (Jonas 2.3)

Aux versets 4 et 5, la détresse :

Tu m’as jeté dans un bas-fond au cœur des mers, et les courants d’eau m’ont environné ; toutes tes vagues et tous tes flots ont passé sur moi. (Jonas 2.4)

Et moi je disais : Je suis chassé loin de tes yeux ! […] (Jonas 2.5)

Le salut :

[…] Mais je contemplerai encore ton saint temple. (Jonas 2.5)

Aux versets 6 et 7, la détresse :

Les eaux m’ont couvert jusqu’à la gorge, l’abîme m’a enserré, des joncs se sont noués autour de ma tête. (Jonas 2.6)

Je suis descendu jusqu’aux ancrages des montagnes, les verrous de la terre m’enfermaient pour toujours ; […] (Jonas 2.7)

Le salut :

[…] mais tu m’as fait remonter vivant du gouffre, Éternel, mon Dieu ! (Jonas 2.7)

Au verset 8, la détresse :

Quand mon âme était abattue au-dedans de moi, je me suis souvenu de l’Éternel, […] (Jonas 2.8)

Le salut :

[…] et ma prière est parvenue jusqu’à toi, jusqu’à ton saint temple. (Jonas 2.8)

Prière de reconnaissance

De sorte que la prière que Jonas adresse à Dieu dans le ventre du poisson en est une de reconnaissance. C’est important pour nous de savoir que notre reconnaissance à Dieu exige de se rappeler de deux aspects de nos vies : nous devons nous rappeler de notre situation passée; nous devons nous rappeler ce que nous étions avant que le Seigneur nous délivre.

Nous devons nous rappeler notre misère de laquelle le Seigneur nous a sortis et le deuxième volet est que nous devons considérer le privilège du salut et tout ce qui vient avec celui-ci. Nous devons ramener à notre pensée que nous ne méritons pas d’être sauvés. Est-ce que Jonas méritait d’être repêché par un grand poisson pour être ramené sur la terre ferme ? La réponse est non. Jonas méritait une seule chose : de périr. Pourtant, la grâce de Dieu l’a sauvé. La reconnaissance à Dieu tient compte de ces deux réalités : de quoi je suis sauvé et la vie nouvelle qui nous est donnée. Il n’y a pas clairement de mention de repentance dans cette prière, mais je pense qu’elle est implicite. Au verset 8, Jonas dit :

Quand mon âme était abattue au-dedans de moi, je me suis souvenu de l’Éternel, et ma prière est parvenue jusqu’à toi, jusqu’à ton saint temple. (Jonas 2.8)

Les éléments du temple étaient disposés de telle sorte que le Juif devait régler son problème de péché d’abord et avant tout. Le Juif allait au temple avec l’animal qu’il devait sacrifier pour ses propres péchés. La première chose qui lui faisait face en entrant était l’autel des sacrifices. Donc, quand Jonas parle du temple, dans la pensée juive, ça impliquait la repentance.

Condition physique et spirituelle

Il est aussi très probable que Jonas ait vu dans sa situation physique, c’est-à-dire le fait d’être englouti par les eaux, sa condition spirituelle, celle d’être aux portes de la mort. Au verset 3, il dit bien qu’il se sent dans le séjour des morts. Le mot hébreu est schéol, et signifie « le lieu où tous les hommes vont en mourant ». La repentance est requise de la part des païens, mais aussi des croyants. Lorsqu’un chrétien s’éloigne, le Seigneur le ramène et le place dans une situation où il va voir son péché. Parce que Dieu a donné un cœur repentant à ses enfants, ceux qui s’éloignent vont se repentir tôt ou tard. Au verset 5, Jonas s’engage à adorer le Seigneur dans son temple. Il peut y avoir une référence au temple de Jérusalem, mais aussi, il peut facilement y avoir une portée eschatologique, c’est-à-dire que la notion de temple, de maison de l’Éternel, pointe vers l’éternité, alors que nous serons constamment avec lui :

Oui, le bonheur et la grâce m’accompagneront tous les jours de ma vie, et je reviendrai dans la maison de l’Éternel pour la durée de mes jours. (Psaumes 23.6)

Du vainqueur, je ferai une colonne dans le temple de mon Dieu et il n’en sortira plus. J’écrirai sur lui le nom de mon Dieu et celui de la ville de mon Dieu, la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel d’auprès de mon Dieu, ainsi que mon nom nouveau. (Apocalypse 3.12)

Deux remarques sur ce verset : il est dit que « du vainqueur, [Jésus fera] une colonne dans le temple de [s]on Dieu et il n’en sortira plus ». Ce n’est pas un temple qui durera mille ans, ce n’est pas un temple reconstruit dans cette création-ci, puisque cette création-ci va complètement brûler. C’est un temple duquel le vainqueur ne sortira jamais. La deuxième remarque, c’est qu’il serait très surprenant que ce temple soit ce que nous pouvons imaginer. Sinon, nous devrions penser que tous les vainqueurs, c’est-à-dire tous les élus, entreront dans un bâtiment sans jamais en sortir pour l’éternité. Ma pensée est que la notion de temple réfère à toute la nouvelle création. Rappelons-nous ce que nous avons déjà vu en mettant en parallèle deux textes :

L’Éternel Dieu prit l’homme et le plaça dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder. (Genèse 2.15)

Les verbes hébreux traduits ici par « cultiver » et « garder » reviennent plus loin pour décrire la fonction des sacrificateurs au temple.

Les sacrificateurs auront le soin de ce qui est remis à sa garde et à la garde de toute la communauté devant la tente de la Rencontre : ils s’emploieront au service du tabernacle. (Nombres 3.7)

Je vous ai déjà mentionné qu’à l’époque, pour que le lecteur fasse un lien entre deux textes, on n’utilisait pas les notes de bas de page : on répétait deux mots ou plus. Ici, ce sont deux verbes. Il y a le verbe traduit par « garder » que l’on retrouve dans les deux versets. L’autre verbe est traduit différemment en Genèse 2.15 et Nombres 3.7. En Genèse 2.15, c’est « cultiver », et en Nombres 3.7, c’est « servir », mais il s’agit du même verbe en hébreu, ce qui fait dire à plusieurs que la création était un temple, c’est-à-dire un lieu où l’homme devait honorer le créateur. Le temple de Jérusalem reproduisait en illustration ce qui s’est passé dans les trois premiers chapitres de la Genèse. Suite au péché, l’homme ne pouvait plus être en présence de Dieu. Il a été expulsé du jardin. Au temple, l’homme ne pouvait aller en présence de Dieu. Le lieu très saint lui était fermé. Quand Jonas affirme qu’il contemplera à nouveau le temple de Dieu, il est très possible qu’il ait en tête cette dimension eschatologique de vivre éternellement en présence de Dieu. Ce temple est la nouvelle Jérusalem, cette cité céleste qui descendra du ciel lorsque le Seigneur reviendra.

Prédicateur invité

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