Série sur le livre de Jonas, partie 6

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« Frères et sœurs, le Seigneur a toujours une porte de salut pour ses enfants. Parfois, c’est inconfortable, comme le poisson a dû l’être pour Jonas. Il arrive même que des chrétiens veulent être délivrés du moyen de salut que Dieu utilise. Ils veulent être sauvés du moyen que Dieu prend pour sauver. Les moyens que Dieu prend sont toujours les meilleurs. Ils sont parfois difficiles, mais ils sont efficaces, efficaces pour nous ramener sur la terre ferme, sur la stabilité, efficaces pour son but pédagogique. »

 

Introduction

Il y a deux semaines, nous avons vu la réaction des marins dans la tempête et l’interrogatoire en règle que Jonas a dû subir. Nous allons livre au chapitre 1, les versets 10 à 13 :

Les marins furent saisis d’une grande crainte et dirent à Jonas : Qu’as-tu fait là ! Car ces hommes savaient qu’il fuyait loin de la face de l’Éternel, parce qu’il le leur avait expliqué. Ils lui dirent : Que te ferons-nous, pour que la mer se calme envers nous ? Car la mer était de plus en plus démontée. Il leur répondit : Prenez-moi, jetez-moi dans la mer et la mer se calmera envers vous ; car je sais que c’est moi qui attire sur vous cette grande tempête. Ces hommes ramaient pour gagner la terre ferme, mais il ne le purent, parce que la mer était toujours plus démontée contre eux. (Jonas 1.10-13)

 

Exposé

Ces hommes ramaient pour gagner la terre ferme, mais il ne le purent, parce que la mer était toujours plus démontée contre eux. (Jonas 1.13)

La réponse des marins à la confession de Jonas n’est pas de jeter le coupable par-dessus bord. Plutôt, ils rament en tentant de gagner la terre ferme. Même des non chrétiens ont une conscience minimale, mais cette solution n’était pas la volonté de Dieu. Le Seigneur voulait que Jonas soit jeté par-dessus bord. Le Seigneur voulait que Jonas passe par l’épreuve. Nous devons réaliser, frères et sœurs, que le Seigneur ne veut pas seulement nous sauver de ce monde et de l’enfer. Il veut aussi nous sauver de nous-mêmes, de nos propres pensées, et ça, ça demande l’épreuve pédagogique.

Alors les marins invoquèrent l’Éternel et dirent : Éternel, nous t’en prions, que nous ne périssions pas à cause de la vie de cet homme, et ne nous charge pas d’un sang innocent ! Car toi, Éternel, tu as agi comme tu l’as voulu. (Jonas 1.14)

Il semble que les marins ne soient pas convaincus de la culpabilité de Jonas. Ils ne veulent pas être responsables de la mort d’un innocent ou, du moins, peut-être trouvent-ils que la punition est disproportionnée par rapport à l’offense. Bien que ces marins sont sur la voie de la conversion, ils n’ont aucune idée de la sainteté exigée de Dieu. Pour eux, les divinités ont simplement besoin d’être apaisées par des offrandes et des sacrifices et, ensuite, les hommes font ce qu’ils veulent.

Puis ils prirent Jonas et le jetèrent dans la mer, et la fureur de la mer s’arrêta. Ces hommes furent saisis d’une grande crainte de l’Éternel. Ils offrirent un sacrifice à l’Éternel et firent des voeux. (Jonas 1.15-16)

L’effet est immédiat : Jonas est jeté à la mer et celle-ci se calme. Cependant, pour les marins, ils n’ont vu que le jugement de Dieu contre Jonas, mais ils ignorent que l’Éternel prépare le salut pour son prophète. Fait très intéressant, les marins ne s’adressent plus à leurs divinités, contrairement à leurs invocations précédentes au verset 5 (Jonas 1.5) où chacun s’adressa à son dieu. Ils s’adressent tous à l’Éternel. Relisons les versets 14 et 16.

Alors ils invoquèrent l’Éternel et dirent : Éternel, nous t’en prions, que nous ne périssions pas à cause de la vie de cet homme, et ne nous charge pas d’un sang innocent ! Car toi, Éternel, tu as agi comme tu l’as voulu. (Jonas 1.14)

Ces hommes furent saisis d’une grande crainte de l’Éternel. Ils offrirent un sacrifice à l’Éternel et firent des vœux. (Jonas 1.16)

Quel revirement ! Ces marins païens se convertissent au Dieu d’Israël, et je dirais au Dieu de Jonas, alors que Jonas est en pleine fuite dans une rébellion ouverte contre Dieu. C’est le paradoxe. Qu’est-ce qui a amené les marins à se convertir ? Certainement pas le mauvais témoignage de Jonas. Je pense que nous devons regarder du côté de la puissance de Dieu qui envoie une très grande tempête telle que des marins expérimentés ont peur et constatent que cette tempête-là ne peut être que l’expression d’un mécontentement d’une divinité.

Lorsqu’ils ont vu que le calme revenait suite à l’expulsion de Jonas, ils ont certainement compris que, pour Dieu, ce que Jonas avait fait était très grave. C’est probablement là qu’ils ont compris le sérieux de Dieu, la sainteté de Dieu. On ne se moque pas de Dieu et c’est là qu’ils se sont convertis. Les vraies conversions sont celles qui comprennent la justice de Dieu. Les vraies conversions ont pour centre non pas le confort de l’homme, non pas la pensée de l’homme, mais la personne de Dieu. Au verset 16 (Jonas 1.16), ils sont saisis d’une grande crainte de l’Éternel. Ils viennent de jeter Jonas par-dessus bord et la mer s’est calmée soudainement. Nombre de personnes ont déjà fait des vœux à Dieu, mais avant la délivrance. Par exemple, une personne a une maladie très grave dont les chances de survie sont plutôt minces. Elle adresse à Dieu une requête de guérison avec un vœu : « Si je guéris, je vais donner tel montant d’argent aux pauvres. » La personne guérit et n’honore jamais son vœu. Les marins s’adressent à Dieu après la délivrance. Ils l’ont fait avant, au verset 14 (Jonas 1.14) et la délivrance est au verset 15 (Jonas 1.15), mais c’est le verset 16 (Jonas 1.16) qui nous encourage à penser que la conversion de ces marins était authentique. Ce n’est qu’après la tempête qu’ils ont la crainte de l’Éternel, qu’ils lui offrent des sacrifices et lui font des vœux. Nous voyons dans ces conversions une autre grande leçon. Dieu sauve souverainement ceux qu’il veut sauver. C’est vrai que les marins ont vu la puissance de Dieu, mais ils auraient pu le critiquer de les avoir mêlés à une situation périlleuse qui ne les concernait pas ou d’avoir perdu leur cargaison pour la désobéissance de Jonas. Au lieu de cela, ils ont eu la crainte de l’Éternel et l’ont adoré. C’est la dernière fois que nous entendons parler de ces marins. La suite du livre se concentre sur Jonas et sa mission.

Avant de passer au chapitre 2, je vous fais remarquer que dans certaines versions, il y a un verset 17 (Jonas 1.17). Dans d’autres versions, le verset 17 (Jonas 1.17) devient le verset 1 du chapitre 2 (Jonas 2.1), et les autres versets sont décalés d’un. Donc, si je vous dis que nous sommes rendus au verset 10, c’est possible que dans votre version, ce soit le verset 9.

L’Éternel fit intervenir un grand poisson pour engloutir Jonas, et Jonas demeura dans les entrailles du poisson trois jours et trois nuits. (Jonas 2.1)

Nous avons ici le deuxième geste grandiose que le Seigneur pose dans le livre de Jonas, le premier étant les vents violents au point où les marins expérimentés ont eu très peur. Le troisième est la conversion des Ninivites. L’envoi du grand poisson nous rappelle encore une fois que le Dieu créateur utilise sa création comme il l’entend pour accomplir ses desseins. Le texte ne parle jamais d’une baleine, mais d’un grand poisson. Une baleine ne peut avaler que de tout petits poissons, mais ça, c’est une généralité. J’ai lu qu’il y aurait certaines sortes de baleines pouvant avaler des proies plus grosses qu’un cheval. Il y a une sorte de cachalot dont la bouche peut faire 20 pieds de long, c’est-à-dire 6 mètres, par 15 pieds de large, près de 5 mètres, par 9 pieds de largeur, un peu moins de 3 mètres. C’est plus grand qu’un cabanon ordinaire. Quoi qu’il en soit, le texte ne précise pas. Il dit simplement qu’il s’agissait d’un grand poisson. Nous voyons dans l’envoi de ce cétacé le Seigneur qui ne laisse pas aller son serviteur dans sa fuite. Il y a un grand paradoxe dans les évènements. Lorsque Dieu envoie le vent, le vent souffle immédiatement. Lorsque le Seigneur envoie le cétacé, il vient immédiatement, mais lorsqu’il avait envoyé Jonas, celui-ci s’oppose. La question se pose à savoir comment Jonas a pu savoir qu’il est resté trois jours et trois nuits dans le ventre du poisson. Il n’avait aucun contact avec l’extérieur et il n’avait évidemment pas de montre. En fait, Jonas a sûrement pu calculer cela lorsqu’il a retrouvé la terre ferme, mais l’information est pertinente pour nous. Trois jours et trois nuits sont suffisants pour donner à Jonas de rentrer en lui-même et avoir une prise de conscience que nous verrons dans sa prière. Nous verrons à la fin de cette série la portée messianique de ces trois jours et trois nuits. Dans le premier chapitre, Jonas ne dit pratiquement rien. Seulement deux versets rapportent ses paroles, alors que tout le chapitre 2, sauf les premier et le dernier versets, se concentre sur celles qu’il adresse à Dieu. Ces versets débutent la prière de Jonas qui est une repentance bien sentie :

Jonas, dans les entrailles du poisson, pria l’Éternel, son Dieu. Il dit : Dans ma détresse, j’ai invoqué l’Éternel, et il m’a répondu ; du sein du séjour des morts j’ai appelé au secours, et tu as écouté ma voix. Tu m’as jeté dans un bas-fond au cœur des mers, et les courants d’eau m’ont environné ; toutes tes vagues et tous tes flots ont passé sur moi. Et moi je disais : Je suis chassé loin de tes yeux ! Mais je contemplerai encore ton saint temple. Les eaux m’ont couvert jusqu’à la gorge, l’abîme m’a enserré, des joncs se sont noués autour de ma tête. Je suis descendu jusqu’aux ancrages des montagnes, les verrous de la terre m’enfermaient pour toujours ; mais tu m’as fait remonter vivant du gouffre, Éternel, mon Dieu ! Quand mon âme était abattue au-dedans de moi, je me suis souvenu de l’Éternel, et ma prière est parvenue jusqu’à toi, jusqu’à ton saint temple. (Jonas 2.2-8)

Si nous lisons bien le chapitre 2, il semble que Jonas parle du temps qu’il a passé dans l’eau avant que le grand poisson ne le capture. Le verset 2 (Jonas 2.2) nous informe que toute la prière de Jonas a été exprimée alors qu’il était dans le ventre du poisson.

Il faut noter qu’il y a des parties des versets 3 à 5 (Jonas 2.3-5), bien qu’ils font partie de la prière de Jonas alors qu’il était dans le ventre du poisson, qui avaient d’abord été adressés à Dieu alors que Jonas était encore dans l’eau. C’est comme si une personne qui a souffert d’une grave maladie et qui est maintenant guérie prie le Seigneur et lui dit : « Seigneur, lorsque j’étais malade, je t’ai demandé de me soutenir. »

La personne rappelle dans sa prière ce qu’elle avait déjà prié et c’est ce que nous voyons dans les versets 3 à 5 (Jonas 2.3-5). Dans sa prière dans le poisson, Jonas rappelle qu’il a prié alors qu’il était dans l’eau.

Dans ma détresse, j’ai invoqué l’Éternel, et il m’a répondu ; du sein du séjour des morts j’ai appelé au secours, et tu as écouté ma voix. (Jonas 2.3)

C’est lorsque Jonas était submergé qu’il a invoqué l’Éternel. C’est lorsque Jonas était submergé qu’il a appelé au secours. Au verset 5, c’est la même chose :

Et moi je disais : Je suis chassé loin de tes yeux ! (Jonas 2.5)

C’est dans sa noyade imminente que Jonas a dit qu’il était chassé loin de l’Éternel. C’est important de prendre acte de cela pour la raison suivante. Le verset 2 (Jonas 2.2) peut nous donner l’impression que c’est uniquement dans le ventre du poisson que Jonas a prié. Or, un regard plus observateur nous fait découvrir que c’est au cœur de la détresse que Jonas a invoqué son Dieu pour la délivrance. C’est important, parce que, nous aussi, nous devons crier au Seigneur lorsque nous sommes submergés par l’épreuve, lorsque nous ne pouvons plus respirer, lorsque nous avons la tête sous l’eau. C’est important d’invoquer le Seigneur dans la détresse et c’est aussi important d’exprimer notre profonde gratitude au Seigneur lorsqu’il nous délivre, ce que fit Jonas. Dans sa prière, Jonas revient sur la détresse qu’il venait de vivre alors qu’il était emporté par les eaux. Puis, il se réjouit que Dieu l’ait sauvé par l’entremise du poisson, parce que ce poisson est devenu l’instrument du salut pour Jonas, un peu comme l’arche de Noé. Frères et sœurs, le Seigneur a toujours une porte de salut pour ses enfants. Parfois, c’est inconfortable, comme le poisson a dû l’être pour Jonas. Il arrive même que des chrétiens veulent être délivrés du moyen de salut que Dieu utilise. Ils veulent être sauvés du moyen que Dieu prend pour sauver. Les moyens que Dieu prend sont toujours les meilleurs. Ils sont parfois difficiles, mais ils sont efficaces, efficaces pour nous ramener sur la terre ferme, sur la stabilité, efficaces pour son but pédagogique.

Que le Seigneur vous bénisse.

Daniel Durand, pasteur
24 avril 2019

Prédicateur invité

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