Série sur le livre de Jonas, partie 4

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«  Frères et sœurs, si nous fuyons le Seigneur, si nous désobéissons à sa loi, il peut envoyer des tempêtes féroces dans nos vies, mais si nous nous confions en lui, dans un esprit d’obéissance, le Seigneur va calmer les tempêtes qui s’abattent sur nous. »

 

Introduction

La semaine passée, nous avons assisté à la fugue de Jonas. Nous allons relire les versets 1 à 4 du premier chapitre.

La parole de l’Éternel fut adressée à Jonas, fils d’Amittaï, en ces mots : Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et crie contre elle ! Car sa méchanceté est montée jusqu’à moi. Alors Jonas se leva pour s’enfuir à Tarsis, loin de la face de l’Éternel. Il descendit à Jaffa et trouva un navire qui allait à Tarsis ; il paya le prix du transport et s’embarqua avec les gens pour aller à Tarsis, loin de la face de l’Éternel. Mais l’Éternel fit souffler un grand vent sur la mer, et il s’éleva sur la mer une grande tempête. Le navire menaçait de se briser. (Jonas 1.1-4)

 

Exposé

Mais l’Éternel fit souffler un grand vent sur la mer, et il s’éleva sur la mer une grande tempête. Le navire menaçait de se briser. (Jonas 1.4)

La fuite de Jonas au verset 3 illustre toute la dépravation de l’homme. Dieu dit une chose et l’homme fait le contraire. Ce n’est pas dû à un manque d’information. Au contraire, c’est la mauvaise réaction du cœur pécheur à l’information que Dieu donne. Le verset 4 nous montre la souveraineté absolue de Dieu dans le salut. Nous verrons cette souveraineté de Dieu dans le salut jusqu’à la fin du livre. Il y a une autre leçon que les premiers versets du livre nous montrent. Lorsqu’un enfant de Dieu s’éloigne, Dieu laisse aller son enfant temporairement. Le Seigneur n’est pas intervenu pour empêcher Jonas de prendre le bateau. Le texte ne le dit pas, mais Jonas a certainement dû se préparer pour ce voyage. Le verset 3 nous informe que Jonas descendit à Jaffa. C’était déjà un voyage à pied de 40 kilomètres avec des bagages à transporter. Le Seigneur n’est pas intervenu à ce moment-là. Le Seigneur n’est pas intervenu pour empêcher Jonas de monter sur le bateau. Il n’est pas intervenu pour empêcher le bateau de reprendre le large. Le Seigneur a laissé Jonas prendre le large.

Quelques raisons peuvent expliquer cela. La première, c’est que le Seigneur veut que la décision de son enfant soit manifeste : en laissant son enfant s’enfoncer dans la désobéissance, le Seigneur rend manifeste la rébellion de son enfant. La deuxième raison pour laquelle le Seigneur laisse son enfant s’enfoncer dans la désobéissance est pédagogique : le Seigneur veut que son enfant apprenne. Ce point va ressortir au chapitre 4. Il semble que le fond du baril soit pédagogique. Le Seigneur veut que celui qui s’éloigne apprenne ce que ça donne quand on s’éloigne. Si j’image la chose, je dirais que le Seigneur regarde son enfant qui veut fuir au désert et il le laisse prendre la route du désert afin que son enfant découvre la soif pour qu’il demeure par la suite près de la source d’eau vive. La troisième raison pour laquelle le Seigneur laisse son enfant s’enfoncer dans la désobéissance, c’est que le Seigneur veut se glorifier de façon visible et manifeste. Le Seigneur veut que sa souveraineté soit manifeste. Il veut être reconnu comme celui de qui dépend notre salut. Il veut être reconnu comme celui qui accomplit entièrement toutes les étapes de notre salut et ça nous donne une instruction dans nos rapports avec ceux qui s’éloignent. On doit les avertir, mais on ne les empêche pas de s’éloigner. Nous ne devons pas tomber dans l’acharnement.

Les marins eurent peur, ils implorèrent chacun leur dieu et lancèrent dans la mer les objets qui étaient sur le navire pour s’en alléger. Jonas descendit au fond du bateau, se coucha et s’endormit profondément. (Jonas 1.5)

Le verset 5 nous informe que la situation était telle que les marins expérimentés et formés pour traverser les grandes mers ne savaient plus quoi faire. Ils invoquent leurs divinités. Au Québec, il y avait cette expression catholique : « On ne sait plus à quel saint se vouer ». C’est à peu près la même chose. « Les marins eurent peur, ils implorèrent chacun leur dieu et lancèrent dans la mer les objets qui étaient sur le navire pour s’en alléger. Jonas descendit au fond du bateau, se coucha et s’endormit profondément. » On essaie tout. Ils ont invoqué leurs divinités, mais rien ne se passe. On jette la cargaison par-dessus bord. Nous avons ici deux réactions diamétralement opposées. Du côté des marins, chacun implore son dieu, ce qui nous montre que les marins venaient de pays différents. Ils sacrifient la cargaison pour mieux faire face à la tempête. Du côté de Jonas, il ne fait rien. Il ne prie pas le Seigneur. Il se terre dans un coin au fond du bateau et s’endort profondément. Le verbe hébraïque traduit par « s’endormir » est utilisé à sept reprises dans tout l’Ancien Testament. Il indique toujours un sommeil vraiment profond ou un état d’inconscience. Certains disent un sommeil accompagné de ronflements, ce qui amène le Nouveau Commentaire Biblique à proposer que ce soit ce ronflement qui aurait attiré le capitaine à lui.

La réaction de Jonas est particulière en ceci : en plus de son inaction, il choisit l’endroit le plus vulnérable du navire. Si l’eau pénètre, elle s’amasse d’abord au fond du bateau. Les commentateurs y vont de suggestions pour expliquer le geste de Jonas. Certains disent que Jonas était très fatigué. Il avait marché longuement, fait des recherches pour trouver un bateau. D’autres font intervenir le stress du prophète dans sa fuite. Certains, lors d’épreuve, préfèrent dormir et laisser passer la tempête. D’autres encore voient là l’expression de la foi de Jonas en Dieu. Ce serait surprenant en raison de la suite du récit. Est-ce là la manière de Jonas de manifester avec plus d’arrogance son opposition au plan de Dieu? C’est bien possible. Jonas fait la sourde oreille et ferme les yeux devant la menace. Une personne cherche souvent à tester les limites de l’autorité qu’elle défie.

À ce point, il est intéressant de souligner des similitudes ainsi que des contrastes avec la tempête que Jésus a apaisée. Dans les deux cas, il y eut une grande tempête. Dans les deux cas, ceux qui étaient dans l’embarcation ont eu très peur : les marins, dans le livre de Jonas; et les disciples, dans le cas de Jésus. Dans les deux cas, le personnage principal s’endort. Jonas et Jésus ont dormi durant la tempête, mais en contraste, c’est le péché de Jonas qui a fait que le Seigneur a envoyé la tempête, alors que ce n’est évidemment pas le cas pour Jésus. De plus, dans le récit de Jonas, pour que la tempête s’apaise, il fallait que celui-ci quitte le navire, alors que Jésus a pris autorité sur les vents.

Frères et sœurs, si nous fuyons le Seigneur, si nous désobéissons à sa loi, il peut envoyer des tempêtes féroces dans nos vies, mais si nous nous confions en lui, dans un esprit d’obéissance, le Seigneur va calmer les tempêtes qui s’abattent sur nous. Il y a une autre leçon que le texte nous fournit. La fin du verset 4 dit :

Le navire menaçait de se briser. (Jonas 1.4)

Et le verset 5 ajoute :

Les marins eurent peur, ils implorèrent chacun leur dieu et lancèrent dans la mer les objets qui étaient sur le navire pour s’en alléger. (Jonas 1.5)

Notre désobéissance a toujours des répercussions fâcheuses non seulement pour celui qui désobéit, mais aussi pour les autres. En raison de la désobéissance de Jonas, le propriétaire du bateau a perdu beaucoup. La cargaison fut jetée par-dessus bord. Un parent qui fuit la vie d’Église parce qu’il est mécontent d’un truc implique sa famille dans sa décision. Combien de parents ont pris une telle décision sur une frustration et n’ont plus de vie d’Église! Ils enseignent ainsi qu’on a le droit de fuir ce que Dieu demande si on est mécontent et c’est ainsi que leurs enfants ne sont plus exposés aux Écritures. Ils sont seulement exposés au mécontentement de leurs parents : celui qui désobéit fait souffrir tout le corps. Au lieu d’avoir tous les chrétiens qui combattent ensemble, il y a des chrétiens qui s’égarent et affaiblissent le corps. Même nos péchés commis en privé nous affaiblissent et, par conséquent, affaiblissent tout le corps. Frères et sœurs, il est impossible de désobéir au Seigneur sans exposer nos proches au danger de les entraîner dans les conséquences de notre désobéissance.

Une autre application du sommeil de Jonas, c’est que nous, chrétiens, sommes dans ce monde. Parfois nous dormons, alors que ce monde périt. Nous sommes appelés à vivre selon Dieu et être la lumière dans ce monde. Quant à elle, la réaction des marins illustre celle qu’on rencontre souvent chez les non chrétiens. Ils abordent leur problème parfois en y allant de gestes religieux, qui n’en sont pas dans la vérité, et ils utilisent les moyens humains à leur disposition, mais ça ne règle rien.

Le chef d’équipage s’approcha de lui et lui dit : Pourquoi dors-tu ? Lève-toi, invoque ton Dieu ! Peut-être que ce Dieu se modérera à notre égard, et nous ne périrons pas. (Jonas 1.6)

Le verset 6 nous informe de la réaction du capitaine. Il donne l’ordre à Jonas de se lever et de prier son Dieu. Le verset 5 nous dit que chaque marin a imploré son dieu et la tempête ne s’est pas calmée. Dernier espoir : il reste le Dieu de Jonas. Le capitaine ajoute au verset 6 :

[…] Peut-être que ce Dieu se modérera à notre égard, et nous ne périrons pas. (Jonas 1.6)

Le capitaine constate l’inefficacité de toutes les divinités invoquées sur le bateau. Le capitaine, comme tous ceux qui sont dans des religions païennes, était superstitieux. Son seul espoir est que le Dieu de Jonas puisse intervenir, mais il n’en est pas certain.

Ils se dirent l’un à l’autre : Venez, et tirons au sort, pour connaître celui qui nous attire ce malheur. Ils tirèrent au sort, et le sort tomba sur Jonas. (Jonas 1.7)

La réaction du capitaine et des marins est particulière. C’était sûrement de la superstition. Elle nous dit que la tempête était des plus inhabituelles. De plus, il semble que les membres de l’équipage y voit une cause surnaturelle. Ils concluent que la situation vient de quelqu’un sur le bateau qui attire le malheur. C’était de la superstition, mais en même temps, c’était vrai. C’est signe que la tempête était hors norme. Les marins ont eu peur. Chacun avait invoqué son dieu. On a jeté la cargaison par-dessus bord, et rien ne change. Il ne reste qu’une seule possibilité : quelqu’un nous attire ce malheur. Autrement dit, il y a quelqu’un dont le Dieu est fâché. Ils tirèrent au sort et le sort tomba sur Jonas. Ce texte nous donne l’occasion de constater une chose : le Seigneur a dirigé. Ça ne signifie pas que nous devons tirer au sort. Le Seigneur peut très bien avoir utilisé une pratique en force chez les païens pour son plan. Le Seigneur prend les personnes où elles sont pour les attirer dans ses institutions. Je vous donne un exemple : il y a énormément de conversions chez les Musulmans. Plusieurs deviennent chrétiens et, la plupart du temps, c’est dans un rêve que Dieu leur parle. C’est un phénomène très répandu et que les Occidentaux ignorent souvent parce qu’on n’en parle pas beaucoup. Devrions-nous conclure que Dieu veut nous parler dans nos rêves et que c’est une pratique que nous devrions rechercher? Devrions-nous conclure que nos rêves comportent un message de Dieu? Je ne pense pas. Dans le cas de Jonas, Dieu utilise une pratique qu’il n’a pas prescrite, mais ce n’était pas une invitation à tirer au sort à chaque fois. Nous devons surtout retenir que le Seigneur s’intéresse aux païens, même à ceux qui sont dans des pratiques opposées à Dieu.

La suite du récit nous réserve une belle surprise concernant ces marins et nous poursuivrons la semaine prochaine, Dieu voulant.

Daniel Durand, pasteur
3 avril 2019

Prédicateur invité

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