Série sur le livre de Jonas, partie 3

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« Le récit de Jonas nous montre plutôt que Dieu n’abandonne jamais ses enfants qui s’en éloignent. Le Seigneur aurait pu prendre un autre prophète et laisser tomber Jonas. Il me semble que ça aurait été plus simple que d’envoyer une tempête, puis un grand poisson pour ramener Jonas, mais non. Le salut ne dépend jamais de l’homme. La condamnation dépend de l’homme : l’homme est condamné pour ses propres péchés, mais le salut ne dépend jamais de l’homme. »

 

Introduction

La semaine passée, nous avons vu ce que la mission de Jonas représentait pour un Juif et la raison pour laquelle Jonas a fui. Nous allons relire les trois premiers versets du livre.

La parole de l’Éternel fut adressée à Jonas, fils d’Amittaï, en ces mots : Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et crie contre elle ! Car sa méchanceté est montée jusqu’à moi. Alors Jonas se leva pour s’enfuir à Tarsis, loin de la face de l’Éternel. Il descendit à Jaffa et trouva un navire qui allait à Tarsis ; il paya le prix du transport et s’embarqua avec les gens pour aller à Tarsis, loin de la face de l’Éternel. (Jonas 1.1-3)

Loin de la face de l’Éternel

Le verset 3 dit que Jonas a fui à Tarsis.Le verset précise que Jonas a voulu fuir loin de la face de l’Éternel et loin de la face de l’Éternel implique loin du pays d’Israël et loin de Ninive. Toute l’intention de Jonas est résumée par ce complément de phrase « loin de la face de l’Éternel » qui est mentionné deux fois dans le verset 3. Jonas a résisté au plan de Dieu. En fait, en fuyant loin de la face de l’Éternel, Jonas a tout simplement décidé de se détourner de Dieu. Il ne voulait plus de la présence de Dieu. Nous avons ici une grande leçon. Relisons le début du verset 3.

Alors Jonas se leva pour s’enfuir à Tarsis, loin de la face de l’Éternel. (Jonas 1.3)

Fuir la mission que le Seigneur nous confie, fuir ce qu’il nous demande, c’est fuir le Seigneur lui-même. J’ai entendu certaines personnes dire qu’ils ont abandonné la vie d’Église, mais qu’ils n’abandonnent pas le Seigneur pour autant. C’est une illusion : fuir ce que Dieu a établi, fuir la volonté du Seigneur, c’est s’éloigner du Seigneur lui-même. Je n’insinue pas que ces personnes ne sont pas sauvées : je dis simplement que ces personnes s’illusionnent. En fait, Jonas aurait dû réfléchir à partir des Écritures. Il connaissait le psaume 139 où il est dit, verset 7 :

Où irais-je loin de ton Esprit et où fuirais-je loin de ta face ? (Psaume 139.7)

Frères et sœurs, les Écritures demeurent la seule voie contre l’égarement. Que ce soit lorsqu’on veut s’éloigner de Dieu pour s’adonner à un péché ou pour ne pas accomplir ce que le Seigneur nous demande, ce qui est aussi un péché, les Écritures demeurent notre arme première. La suite va nous montrer qu’il est impossible qu’un enfant de Dieu le fuit indéfiniment.

Le lieu d’embarquement

Jonas descend à Jaffa, le seul port important de la côte palestinienne. Les bateaux qui traversaient toute la Méditerranée n’arrêtaient qu’aux ports importants. La ville de Jaffa est intéressante, parce que c’est dans cette même ville que l’apôtre Pierre reçut la vision pour le préparer à sa mission auprès des païens. De plus, Pierre est présenté comme le fils de Jonas. Il ne s’agit pas du même Jonas, mais le fait que ce soit mentionné, alors que ce n’est pas toujours fait pour les autres, indique probablement une intention d’inscrire le ministère de Pierre dans celui que Jonas avait amorcé.

Le coût du voyage

L’autre information sur le voyage est le coût. Le montant n’est pas indiqué, mais l’information est importante. Premièrement, le coût a dû être astronomique. C’est un voyage d’une année et ça coûtait une fortune. Deuxièmement, le texte original dit que Jonas a payé le coût du bateau. Les bateaux ne quittaient pas si les places n’avaient pas été toutes vendues. Il fallait rentabiliser l’opération. Or, il n’est pas dit que Jonas paya sa place, mais qu’il paya le bateau. Autrement dit, Jonas aurait payé pour toutes les places non vendues afin que le bateau quitte immédiatement. Le texte ne parle jamais de passagers. Certaines versions ont traduit par « passagers » un simple pronom pluriel au verset 3.

Jonas s’embarqua avec eux. (Jonas 1.3)

Quand la tempête arrive, il n’y a pas de mention de passagers : que des marins. Finalement, la coutume voulait qu’on paie le prix du voyage à l’arrivée et non au départ, ce qui fait ressortir l’empressement de Jonas à fuir. Il y a un paradoxe frappant : Jonas préfère s’appauvrir et fuir en vivant un an serré auprès de païens que d’aller annoncer la grâce à des païens. Jonas n’était pas le seul prophète à refuser la mission confiée par Dieu. Moïse, Gédéon et Jérémie ont aussi résisté. On peut aussi penser à Pierre qui a résisté face aux païens, mais Jonas est allé plus loin que tous les autres dans sa résistance. Jonas aurait pu simplement demeurer en Israël. Il n’avait pas besoin de fuir à Tarsis pour désobéir à Dieu, mais il l’a fait, démontrant de la façon la plus forte possible son refus.

Jonas a agi follement : il ne veut pas aller chez des païens pour annoncer le message de Dieu, alors il fuit chez d’autres païens. Frères et sœurs, fuir Dieu comporte toujours un coût. Je rencontre des personnes qui ont pris des décisions vraiment contraires à ce que Dieu demande et, lorsque les conséquences fâcheuses arrivent, elles se demandent pourquoi le Seigneur leur envoie ces souffrances. Un pasteur a déjà dit que l’homme est libre de ses choix, c’est-à-dire que lorsque l’homme fait un choix, il le fait librement. Cependant, l’homme n’est pas libre de la conséquence de ses choix. Donc, Jonas fuit et la réaction de Dieu est immédiate.

Mais l’Éternel fit souffler un grand vent sur la mer, et il s’éleva sur la mer une grande tempête. Le navire menaçait de se briser. (Jonas 1.4)

Le verset 3 a débuté par « Alors Jonas ». Le verset 4 débute par « Mais l’Éternel ». Daniel Arnold a donné comme titre de son commentaire « Bras de fer avec un Dieu de grâce ». Le début du verset 4 nous montre que le Seigneur ne demeure pas les bras croisés. Dans le récit de Jonas, le Seigneur va poser trois gestes grandioses. Le premier, c’est qu’il envoie un grand vent; le deuxième, il envoie un grand poisson; et le troisième, il sauve Ninive. Dans l’original, ce qui est traduit par « grand vent » signifie un vent d’une férocité inhabituelle. Comme nous le voyons ailleurs dans les Écritures, le Seigneur mobilise sa création pour accomplir son plan : tantôt, c’est la pluie, comme lors du déluge; tantôt c’est la sécheresse, comme lorsque le Seigneur a voulu envoyer la famille de Jacob en Égypte pour retrouver Joseph; tantôt, c’est la mer qui s’ouvre pour laisser traverser le peuple. Bref, la création appartient à Dieu et Dieu l’utilise comme moyen pour accomplir son plan.

Il démontre en ces choses non seulement sa parfaite souveraineté sur les éléments de la création qu’il utilise, mais aussi sa parfaite souveraineté sur son peuple qu’il sauve et sur les réprouvés qu’il condamne. Dans le cas de Jonas, non seulement Dieu démontre sa souveraineté sur les mers et les poissons, mais aussi sur Jonas. Le Seigneur place Jonas dans une situation extrême, mais c’est une situation qui laisse le temps à Jonas de réagir.

Le Seigneur agit toujours comme ça. Il laisse un temps. Il va laisser 40 jours aux Ninivites pour se repentir. Frères et sœurs, la volonté du Seigneur s’accomplit toujours, mais nous devons savoir que si nous fuyons le Seigneur, si nous ne lui obéissons pas, il va nous ramener. Le Seigneur ramène toujours sa brebis égarée, mais si le Seigneur doit nous ramener, il se peut que ce soit éprouvant. Il se peut que ça fasse mal, non pas que le Seigneur se venge, parce que sa vengeance est pour les réprouvés et non pour les élus, mais parce que le Seigneur veut nous apprendre l’obéissance et si nous avons la tête dure, ou pour reprendre l’expression de l’Ancien Testament, si nous avons la nuque raide, nous courons après la correction du Seigneur. Certains pensent qu’un véritable chrétien peut abandonner le Seigneur définitivement. Ce qu’on appelle « la perte du salut ».

Le récit de Jonas nous montre plutôt que Dieu n’abandonne jamais ses enfants qui s’en éloignent. Le Seigneur aurait pu prendre un autre prophète et laisser tomber Jonas. Il me semble que ça aurait été plus simple que d’envoyer une tempête, puis un grand poisson pour ramener Jonas, mais non. Le salut ne dépend jamais de l’homme. La condamnation dépend de l’homme : l’homme est condamné pour ses propres péchés, mais le salut ne dépend jamais de l’homme.

C’est Dieu qui le réalise dans la vie de tous ceux qu’il s’est choisis. Alors, si l’enjeu principal du livre porte sur la conversion des Ninivites, nous ne devons pas oublier cette belle leçon de Dieu qui prend soin de son enfant qui agit comme un adolescent. Il fugue, puis quand il est mal pris, il crie à Dieu. Il va finir par accomplir sa mission, mais à contrecœur. Quand sa mission est terminée, mission qui a connu un franc succès, Jonas s’isole et exprime son mécontentement.

Daniel Durand, pasteur
27 mars 2019

Prédicateur invité

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