Série sur le livre de Jonas, partie 19

« C’est uniquement à la croix que nous pouvons apprécier l’amour de Dieu pour nous, combien il nous aime chacun personnellement. C’est uniquement à la croix que nous pouvons comprendre l’importance de mourir à soi-même, sachant que nous avons une vie éternelle dans une vie glorifiée. La croix donne un sens à tout le reste et, sans la croix, plus rien n’a de sens. Frères et sœurs, dans nos pensées, dans nos actions, réfléchissons à partir de la croix et de tout ce qu’elle nous enseigne. Il sera ainsi plus facile de vivre la vie de Jésus crucifié en attendant la vie de Jésus ressuscité. »

 

Nous allons lire au chapitre 4 du livre de Jonas, les versets 9 à 11 :

Dieu dit à Jonas : Fais-tu bien de te fâcher à cause du ricin ? Il répondit : Je fais bien de me fâcher jusqu’à la mort. Et l’Éternel dit : Toi tu as pitié du ricin qui ne t’a coûté aucune peine et que tu n’as pas fait grandir, qui est né dans une nuit et qui a péri dans une nuit. Et moi, je n’aurais pas pitié de Ninive, la grande ville, dans laquelle se trouvent plus de cent vingt mille êtres humains qui ne savent pas distinguer leur droite de leur gauche, et des bêtes en grand nombre ! (Jonas 4.9-11)

Comme nous l’avions vu, Dieu place Jonas dans une situation très inconfortable, c’est-à-dire en plein soleil au point où Jonas est presque tombé en défaillance et Dieu a fait cela dans un but pédagogique.

Jonas est fâché, parce que Dieu a séché le ricin. Dieu fait ressortir combien sa pensée est terrible, aux versets 10 et 11, et c’est sur ces versets que le livre se termine :

Toi tu as pitié du ricin qui ne t’a coûté aucune peine et que tu n’as pas fait grandir, qui est né dans une nuit et qui a péri dans une nuit. Et moi, je n’aurais pas pitié de Ninive, la grande ville, dans laquelle se trouvent plus de cent vingt mille êtres humains qui ne savent pas distinguer leur droite de leur gauche, et des bêtes en grand nombre ! (Jonas 4.10-11)

J’avais mentionné que nous avons souvent des priorités terribles. Un frère a besoin et nous allons favoriser une activité plein-air au lieu de prendre du temps avec ce frère.

Nos mauvaises priorités sont le reflet de nos cœurs égoïstes. Non seulement nous considérons nos besoins comme étant au-dessus des besoins de nos frères et sœurs, mais nous plaçons parfois nos loisirs, notre confort, nos goûts au-dessus des besoins des autres. Suis-je prêt à sacrifier une émission de télé pour aller prendre un café avec un frère qui en a besoin ? Suis-je prêt à sacrifier une dépense qui n’est pas nécessaire pour secourir un frère dans le besoin ?

S’il y a chez toi quelque pauvre parmi tes frères, qui réside avec toi, dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne, tu n’endurciras pas ton cœur et tu ne fermeras pas ta main devant ton frère pauvre. (Deutéronome 15.7)

Ce texte fait un lien très intéressant entre endurcir son cœur face à un frère dans le besoin et fermer sa main pour ne rien lui donner. Un jour, Jésus est arrivé au puits de Jacob. Il avait faim. Il avait soif. Il était fatigué du voyage. Il arrive au puits, et se trouve là en même temps la femme Samaritaine qui vivait dans la débauche depuis longtemps. Jésus a laissé de côté ses besoins physiques pour passer en premier les besoins spirituels de cette femme. Le résultat est que, non seulement la femme a cru au messie, mais aussi plusieurs gens de son village. Jésus avait les bonnes priorités, celles du royaume, ce qui n’était pas le cas de Jonas.

Dieu place Jonas dans un terrible inconfort pour permettre à Jonas de comprendre la comparaison entre la situation de Jonas avec le ricin et la situation de Dieu avec les Ninivites. Dieu ne veut pas la disparition des Ninivites, alors que Jonas est peiné de la disparition du ricin. À l’inverse, Dieu n’est pas peiné de la disparition du ricin, alors que Jonas ne désirait pas le salut des Ninivites. C’est là la leçon, la grande leçon du livre que Dieu veut faire comprendre d’abord à son prophète. Dieu démontre le raisonnement inadmissible de Jonas. Jonas a pitié d’un ricin qui n’a duré que 24 heures et Dieu n’aurait pas pitié des Ninivites qui se perdent ? Il y a aussi disproportion entre les deux situations et le Seigneur le fait bien ressortir : un ricin versus 120 000 personnes. On parle d’une plante versus des êtres humains, d’un seul ricin versus plus de 120 000 personnes. La semaine passée, j’avais aussi glissé un mot sur l’intérêt que le Seigneur porte à ses serviteurs. Sur ce point, nous avions vu que le livre de Jonas nous fait passer du plus grand au plus petit. Au chapitre 1 (Jonas 1), Dieu envoie une grande tempête et, au chapitre 4 (Jonas 4), c’est un simple vent chaud. Au chapitre 1 (Jonas 1), Dieu envoie un grand poisson et, au chapitre 4 (Jonas 4), c’est un petit ver de terre que Dieu envoie pour tuer le ricin. Dans les trois premiers chapitres (Jonas 1-3), l’intérêt porte sur la repentance des Ninivites. Au chapitre 4 (Jonas 4), Dieu s’intéresse à un individu, son serviteur Jonas. Le serviteur de Dieu compte beaucoup plus pour Dieu que son service. Dans notre service parfois, nous accordons beaucoup d’importance à ce que nous faisons et il se peut que nous ayons l’impression que Dieu aussi accorde plus d’importance à ce que nous faisons qu’à nous-mêmes. Il y a des chrétiens qui se battent sur ce point-là. Ils croient qu’ils gagnent en valeur s’ils servent le Seigneur davantage ou s’ils se consacrent davantage. Nous devons servir le Seigneur et chercher à le faire le plus possible. Nous devons nous consacrer à lui entièrement, mais ce ne sont pas ces choses qui nous procurent une valeur. Nous avons la valeur que Dieu nous a donnée et c’est celle de son Fils unique, puisque nous avons été adoptés et sommes entrés dans la même relation filiale que celle qui caractérise le Père éternel et le Fils éternel. Donc, le Seigneur se soucie de ses serviteurs. Il a nos noms gravés dans la paume de ses mains. Ce n’est pas ce que nous faisons qui est gravé dans la paume de sa main. Ce n’est pas ce que nous faisons qui est la prunelle de ses yeux, mais nos propres personnes. Ce que nous sommes a plus d’importance que ce que nous faisons. Dieu enseigne à Jonas le sens de la perte : Dieu souffre de voir des hommes dans leur péché et nous devons apprendre cette réalité de Dieu, mais pour Jonas, il persiste dans son entêtement. Pour lui, sa réaction est tout à fait justifiée. Jonas est un triste exemple d’un croyant qui a une bonne théologie sur certains aspects, mais qui agit au contraire de celle-ci. Frères et sœurs, notre théologie doit se développer au pied de la croix, c’est-à-dire que c’est en considérant l’œuvre du Fils à la croix que ma théologie doit commencer. C’est uniquement là que je peux comprendre la gravité de mon péché : un homme parfait a dû mourir pour me racheter. Si Jonas avait compris cela, il aurait reconnu qu’il ne méritait pas la grâce de Dieu tout comme les Ninivites. Il n’était pas meilleur qu’eux. C’est uniquement à la croix que je peux comprendre que Dieu veut l’unité entre tous les croyants. Sa mort est aussi la mort de tout ce qui sépare les croyants. Les considérations ethniques tombent devant la croix. Il n’y a plus Juifs ni Grecs. En parlant des Juifs et des non-Juifs convertis, Paul, en parlant de Jésus en Éphésiens 2.14-18, affirme :

Car c’est lui notre paix, lui qui des deux n’en a fait qu’un, en détruisant le mur de séparation, l’inimitié. (Éphésiens 2.14)

Les deux en question, ce sont les deux groupes que j’ai mentionnés. Le contexte montre qu’il s’agit des croyants d’origine juive et des croyants d’origine païenne.

Il a dans sa chair annulé la loi avec ses commandements et leurs dispositions, pour créer en sa personne, avec les deux, un seul homme nouveau en faisant la paix, et pour les réconcilier avec Dieu tous deux en un seul corps par sa croix, en faisant mourir par elle l’inimitié. Il est venu annoncer comme une bonne nouvelle, la paix à vous qui étiez loin [c’est-à-dire les non-Juifs] et la paix à ceux qui étaient proches [c’est-à-dire les Juifs] ; car par lui, nous avons les uns et les autres accès auprès du Père dans un même Esprit. (Éphésiens 2.15-18)

C’est uniquement à la croix que nous pouvons apprécier l’amour de Dieu pour nous, combien il nous aime chacun personnellement. C’est uniquement à la croix que nous pouvons comprendre l’importance de mourir à soi-même, sachant que nous avons une vie éternelle dans une vie glorifiée. La croix donne un sens à tout le reste et, sans la croix, plus rien n’a de sens. Frères et sœurs, dans nos pensées, dans nos actions, réfléchissons à partir de la croix et de tout ce qu’elle nous enseigne. Il sera ainsi plus facile de vivre la vie de Jésus crucifié en attendant la vie de Jésus ressuscité.

Daniel Durand, pasteur
14 août 2019

Prédicateur invité

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