Série sur le livre de Jonas, partie 16

« Jonas est en train de juger Dieu à partir de ce que Dieu fait. Il y a des chrétiens qui se fâchent contre Dieu. Les raisons sont multiples, mais le dénominateur commun, c’est que Dieu agit différemment de ce que la personne veut. Dans des discussions sur ce qu’on appelle les doctrines de la grâce, qui inclut le fait que c’est Dieu qui a déterminé ceux qui allaient croire, ce qu’on appelle l’élection, j’ai entendu plus d’une fois des chrétiens répondre que si c’est ça le Dieu de la Bible, ils n’en veulent pas. Cette réaction est terrible pour deux raisons. D’abord, elle révèle une prétention horrible chez la personne qui élève ses pensées au-dessus de celles de Dieu. Puis, ça équivaut à dire à Dieu que ses pensées ne sont pas correctes. L’homme s’élève et, du coup, il abaisse Dieu. Se fâcher contre Dieu peut prendre plusieurs formes. Ça n’implique pas toujours invectiver Dieu. Ça peut être de s’isoler de son Corps qui est l’Église, de cesser de donner son offrande ou de simplement la diminuer. La colère peut prendre plusieurs expressions. Jonas a choisi de s’isoler et de bouder loin de son pays, loin de son peuple. La colère contre Dieu est terrible, parce qu’elle s’en prend au Dieu qui a tout créé. »

 

Nous allons relire les mêmes versets que la semaine passée pour terminer l’étude de ceux-ci.

Dieu vit que les Ninivites agissaient ainsi et qu’ils revenaient de leur mauvaise conduite. Alors Dieu regretta le mal qu’il avait résolu de leur faire et il ne le fit pas. Cela fut très mal pris par Jonas qui se fâcha. Il pria l’Éternel et dit : Ah ! Éternel, n’est-ce pas ce que je disais quand j’étais encore dans mon pays ? C’est ce que je voulais prévenir en fuyant à Tarsis. Car je savais que tu es un Dieu qui fais grâce et qui es compatissant, lent à la colère et riche en bienveillance, et qui regrettes le mal. (Jonas 3.10-4.2)

Dans les deux dernières semaines, nous avons vu certaines raisons pour lesquelles Jonas s’est fâché. Jonas a fait preuve d’un grand orgueil. Jonas a oublié la grâce dont lui-même était bénéficiaire. Jonas avait des carences théologiques. Il ne comprenait pas que le but d’Israël était d’être une lumière pour amener les nations vers Dieu et que la promesse faite à Abraham comportait la bénédiction pour toutes les nations de la terre. Il se peut que nous commettions le même péché que ce que Jonas a fait.

  • Dieu est un Dieu de compassion. Est-ce que je refuse d’être compatissant vis-à-vis certains frères et sœurs ?
  • Dieu est un Dieu qui pardonne au pécheur repentant. Est-ce que je refuse de pardonner à celui qui se repent ?
  • Dieu est un Dieu saint. Est-ce que je refuse de vivre la sainteté dans ma vie ou si je me contente du strict minimum ?
  • Dieu est un Dieu juste. Est-ce que je refuse de vivre selon la loi de Dieu ?
  • Dieu est un Dieu missionnaire qui nous confie la mission de propager l’évangile. Est-ce que je refuse de parler aux personnes que le Seigneur met sur mon chemin ?

Nous sommes tous comme Jonas sur certains points. Une autre application pour nos vies, c’est le fait que Dieu fait grâce à nos ennemis. Les Assyriens étaient les grands ennemis d’Israël. Possiblement que Jonas désirait davantage la destruction des Ninivites que leur conversion. Il se peut que nous ayons dans notre entourage des personnes qui nous ont fait du tort et que notre désir pour eux ne soit pas leur conversion, mais leur destruction. Si nous nous réjouissons du malheur de l’autre, si nous souhaitons sa destruction, nous commettons un péché grave. Nous devons vraiment examiner nos cœurs et nos voies pour voir s’ils sont en harmonie avec Dieu. Nous devons nous rappeler que Dieu nous a fait grâce et, à notre tour, faire grâce aux autres. J’ai mentionné que Jonas avait des carences théologiques. On va s’entendre, il n’y a personne, même chez les plus grands théologiens, qui a une théologie parfaite et sans faille. Ceci dit, nous devons toujours réviser nos pensées à la lumière des Écritures. Avant de nous prononcer, nous devons avoir sérieusement examiné les Écritures. Nous sommes des créatures et, par définition, nous sommes limités dans tout. Nous avons une compréhension limitée des choses. En même temps, nous pouvons avoir une compréhension suffisante pour vivre la vie chrétienne. Si nous grattons un peu, nous constatons que l’erreur de Jonas n’était pas que théologique, à savoir que Dieu s’intéresse aussi aux non-Juifs. Le problème de Jonas en était un d’abord de disposition. Jonas a mis au centre de sa vie, au centre de sa pensée, son idéal que la nation juive demeure les seuls bénéficiaires des grâces de Dieu. Il a mis ça au centre et tout le reste devenait secondaire. Nombre de personnes mettent au centre un élément et le reste ne compte plus. Parfois, ils mettent au centre une fausse doctrine, comme Jonas. Jonas a mis au centre une exclusivité du peuple juif, alors que ce n’était pas le but de Dieu. Parfois, on peut mettre au centre quelque chose de bon, mais au détriment de tout le reste. Par exemple, j’ai connu des personnes qui mettaient au centre l’évangélisation. Ils ont choisi une Église qui mettait l’accent sur l’évangélisation, mais cette Église n’enseignait pas la saine doctrine.

Pour ces personnes, l’évangélisation était au centre et, par conséquent, le reste n’avait plus beaucoup d’importance. D’autres mettent au centre le style musical des cultes. Ils vont choisir leur Église en fonction du style musical. Le reste n’est pas important. D’autres mettent au centre l’ambiance; d’autres, les relations interpersonnelles.

J’ai aussi connu des parents qui ont choisi leur Église en fonction des activités pour leurs jeunes. Même des choses qui peuvent être bonnes en soi, lorsqu’elles sont placées au centre au détriment des choses les plus importantes, deviennent problématiques. Il me semble que si Jonas avait eu la bonne disposition de mettre au centre la Parole de Dieu, il se serait évité bien du mauvais sang.

Parce que le problème débute là : si ce n’est pas la Parole de Dieu qui est au centre, ce sera mes goûts, mes conceptions, mes ambitions, mes traditions. Ce sera tout sauf Dieu. J’ai le goût de la musique, mes jeunes veulent des activités, je me réalise dans tel ministère comme l’évangélisation et je mets ce que je veux au centre. Si c’est le cas, je risque de faire comme Jonas et de finir par m’isoler dans ma hutte. 

Maintenant, Éternel, prends-moi donc la vie, car la mort m’est préférable à la vie. L’Éternel répondit : Fais-tu bien de te fâcher ? (Jonas 4.3-4)

Le prophète est vraiment en opposition à Dieu. Il a obéi en allant annoncer le message tel que Dieu lui avait demandé. Il savait que Dieu fait grâce au pécheur repentant, mais lui, il demeure mécontent.

Comme nous l’avons vu, il est possible que Jonas ne veule pas voir la réalité, à savoir qu’un peuple païen se soit repenti aussi rapidement, alors que la nation juive risque la déportation pour ne pas s’être repentie. Jonas est peut-être dégoûté de voir qu’une nation qui a fait tant de tort à Israël reçoive la grâce de Dieu. Est-ce que Jonas craint d’être considéré comme un traître à son retour parmi son peuple ?

C’est particulier que Jonas connaisse aussi bien Dieu, on le voit au verset 2 (Jonas 4.2), et qu’il lui dise ces propos suicidaires au verset 3 (Jonas 4.3). Frères et sœurs, il y a toutes sortes de raisonnements qui passent par nos têtes. Nous devons reconnaître que nous n’avons pas l’omniscience de Dieu. Nous avons une vue tellement limitée. Pour être en colère contre Dieu, Jonas a certainement oublié la parole d’Ésaïe :

Que le méchant abandonne sa voie, et l’homme d’iniquité ses pensées ; qu’il retourne à l’Éternel, qui aura pitié de lui, à notre Dieu, qui ne se lasse pas de pardonner. Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l’Éternel. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées. (Ésaïe 55.7-9)

La question demeure ouverte à savoir pourquoi Jonas préfère la mort à la vie en raison de la grâce dont les Ninivites ont bénéficié. Nous allons maintenant nous arrêter sur la question que Dieu pose à Jonas :

L’Éternel répondit : Fais-tu bien de te fâcher ? (Jonas 4.4)

J’ai l’impression que la question que Dieu pose à Jonas inclut déjà la réponse. Autrement dit, derrière cette question, j’ai l’impression que le Seigneur a voulu faire réfléchir Jonas sur ce qu’il fait : « Jonas, réalises-tu ce que tu es en train de faire ? » Jonas est en train de juger Dieu à partir de ce que Dieu fait. Il y a des chrétiens qui se fâchent contre Dieu. Les raisons sont multiples, mais le dénominateur commun, c’est que Dieu agit différemment de ce que la personne veut. Dans des discussions sur ce qu’on appelle les doctrines de la grâce, qui inclut le fait que c’est Dieu qui a déterminé ceux qui allaient croire, ce qu’on appelle l’élection, j’ai entendu plus d’une fois des chrétiens répondre que si c’est ça le Dieu de la Bible, ils n’en veulent pas. Cette réaction est terrible pour deux raisons. D’abord, elle révèle une prétention horrible chez la personne qui élève ses pensées au-dessus de celles de Dieu. Puis, ça équivaut à dire à Dieu que ses pensées ne sont pas correctes. L’homme s’élève et, du coup, il abaisse Dieu. Se fâcher contre Dieu peut prendre plusieurs formes. Ça n’implique pas toujours invectiver Dieu. Ça peut être de s’isoler de son Corps qui est l’Église, de cesser de donner son offrande ou de simplement la diminuer. La colère peut prendre plusieurs expressions. Jonas a choisi de s’isoler et de bouder loin de son pays, loin de son peuple. La colère contre Dieu est terrible, parce qu’elle s’en prend au Dieu qui a tout créé.

Daniel Durand, pasteur
24 juillet 2019

Prédicateur invité

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