Série sur le livre de Jonas, partie 14

« Il me semble, frères et sœurs, qu’il nous arrive de remettre en question la légitimité de ce que Dieu a dit. Il n’y a pas que Jonas qui a de faux raisonnements. Il nous arrive aussi d’en avoir. Il m’arrive aussi d’en avoir. Nous arrive-t-il de lire un texte et de remettre en question la légitimité de Dieu de demander cette chose? La Bible nous demande de nous supporter les uns les autres, non pas supporter au sens d’endurer, quoique ça peut l’impliquer, mais d’abord au sens d’être un support. Si nous rejetons des frères et des sœurs ou si nous faisons simplement que les ignorer, nous remettons en question la légitimité de ce que Dieu dit. Le Seigneur nous demande de mettre à part un jour par semaine, le jour du Seigneur. Est-ce qu’il nous arrive de remettre en question la légitimité de ce commandement, au profit des loisirs, au profit d’une rencontre familiale, au profit de travaux sur la maison? Ce sont deux exemples, mais je pense que nous pourrions trouver une application pour chaque commandement de Dieu. »

 

Retour sur la semaine passée

La semaine passée, nous avons vu certains éléments de ce qui a conduit à la repentance des Ninivites. Nous avons vu qu’il faut :

  1. La fidélité du message de la part de celui qui le livre;
  2. Une écoute sérieuse de la part des auditeurs;
  3. Une croyance au message.

C’est le troisième défi : nous devons croire ce que nous lisons. Il me semble que les épreuves nous montrent à la fois notre orgueil ainsi que notre manque de foi. Je lis et je connais même par cœur que Jésus dit de ne pas nous inquiéter du lendemain. Je le lis, je le comprends très bien. Ce n’est pas une vérité difficile à comprendre, mais je continue de m’inquiéter du lendemain. Croire ce que je lis est le plus grand défi.

Lorsque Lazare est décédé, Jésus s’adresse à Marthe. Il lui expose une vérité :

Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. […] (Jean 11.25-26)

Mais Jésus ne s’arrête pas là. Il lui demande immédiatement :

[…] Crois-tu cela? (Jean 11.26)

Autrement dit : « Marthe, qu’est-ce que tu vas faire de ce que je viens de t’exposer? Crois-tu ce que je te dis? Y crois-tu assez pour intégrer cette vérité dans ta vie? Crois-tu cela? » Croyons ce que Dieu dit dans sa Parole. Les Ninivites ont cru à la Parole de Dieu que Jonas leur a communiquée. Romains 10.17 dit :

[…] la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole du Christ. (Romains 10.17)

Puissions-nous alimenter notre foi de cette bonne Parole. Par elle, le Seigneur nous restaure, nous corrige, nous console, nous dirige, nous fortifie, nous nourrit, nous sanctifie, nous fait grandir.

Une réforme

Il reste un défi pour nous face à la Parole de Dieu. Jonas a prêché le message que Dieu lui avait donné. Les Ninivites ont écouté attentivement ce message. Ils ont cru, ils ont pris au sérieux le message de Dieu pour eux, mais ils ne se sont pas arrêtés là : ils ont mis en pratique. Ils sont passés aux actes. Ils ont réformé leur vie.

Jérémie avait dit au chapitre 18 au verset 11 du livre qui porte son nom :

Ainsi parle l’Éternel : Voici que je prépare contre vous un malheur, je médite un projet contre vous. Revenez chacun de votre mauvaise voie, réformez vos voies et vos agissements! (Jérémie 18.11)

Les Israélites ne l’ont pas fait. Les Ninivites l’ont fait. Ils se sont repentis publiquement, mais ils ne se sont pas simplement repentis. Le roi dit aux habitants :

Que les hommes et les bêtes soient couverts de sacs, qu’ils crient à Dieu avec force, et que chacun revienne de sa mauvaise conduite et de la violence attachée aux paumes de ses mains! (Jonas 3.8)

Dieu vit qu’ils agissaient ainsi et qu’ils revenaient de leur mauvaise conduite. Alors Dieu regretta le mal qu’il avait résolu de leur faire et il ne le fit pas. (Jonas 3.10)

Frères et sœurs, la vraie repentance ne se limite pas à un regret émotif. Elle implique une réforme radicale dans nos vies. Dans la Bible, on parle de la réforme du roi Josias. Josias est devenu roi à 8 ans et à 16 ans, il a réformé la cour. À 20 ans, il a commencé à éliminer toute l’idolâtrie sur tout le territoire d’Israël. La Parole de Dieu est là pour réformer nos vies, pour produire les changements vers la sanctification, ce que les Ninivites ont fait. Dans nos vies, nous devons éliminer l’idolâtrie. Nous devons cesser tout péché. Nous devons nous repentir et nous consacrer pleinement aux choses de Dieu. L’apôtre Jacques nous parle de la foi et nous dit que la foi sans les œuvres est morte. La foi que Dieu donne produit ses fruits. Une histoire bien connue, c’est celle de Jean-François Gravelet. C’était un funambule européen qui est venu faire ses numéros en Amérique. En fait, il a fait placer un fil de fer qui traversait une section des chutes du Niagara. Lorsqu’il traversait sur le fil, il diversifiait le défi : parfois, c’était avec une brouette; d’autres fois, il prenait sur son dos son assistant. Un jour, alors qu’il venait de traverser avec son assistant sur son dos, il demande à un spectateur : « Croyez-vous que je sois capable de traverser en vous prenant sur mon dos? » Le spectateur lui dit « oui ».

Le funambule ajoute : « Voulez-vous venir sur mon dos pour traverser? » Le spectateur a répondu : « Jamais de la vie ». Ce spectateur croyait en la capacité du funambule, mais n’était pas prêt à faire la traversée sur lui. Il y a des personnes qui disent croire, mais qui ne sont pas prêtes à faire la traversée avec le Seigneur. Cette foi n’entraîne aucun changement dans leur vie. Alors que la foi que Dieu donne est une foi active, une foi vivante, une foi productrice, une foi permanente, une foi transformatrice. Si nous disons que nous avons la foi en Jésus-Christ, c’est nécessairement que nous nous sommes repentis. C’est aussi que nous ne voulons plus de notre vie pécheresse : nous voulons plutôt vivre la vie du Seigneur Jésus. Nous allons relire le dernier verset du chapitre 3 de Jonas, pour nous pencher sur les deux premiers versets du chapitre 4.

Dieu vit qu’ils agissaient ainsi et qu’ils revenaient de leur mauvaise conduite. Alors Dieu regretta le mal qu’il avait résolu de leur faire et il ne le fit pas. (Jonas 3.10)

Versets 1 et 2

Cela fut très mal pris par Jonas qui se fâcha. Il pria l’Éternel et dit : Ah! Éternel, n’est-ce pas ce que je disais quand j’étais encore dans mon pays? C’est ce que je voulais prévenir en fuyant à Tarsis. Car je savais que tu es un Dieu qui fais grâce et qui es compatissant, lent à la colère et riche en bienveillance, et qui regrettes le mal. (Jonas 4.1-2)

Le livre de Jonas aurait pu se terminer à la fin du chapitre 3, puisque la mission est terminée. Le chapitre 4 ne laisse la place qu’aux deux principaux personnages du livre : Dieu et Jonas. Les marins ont dû poursuivre leur voyage. Les Ninivites vivaient en harmonie avec Dieu. Là, on assiste à ce bras de fer entre Jonas et Dieu.

Fâché

Jonas est fâché. En fait, la colère révèle très souvent un orgueil débordant. J’ai déjà parlé de la sainte colère. Elle se distingue par une prise de position ferme de celui qui est outré de voir l’honneur de Dieu être bafoué.

Jésus a eu cette sainte colère lorsqu’il chassa les vendeurs du temple, mais la colère de Jonas n’était pas sainte. Jonas est fâché, parce que les choses ne se sont pas passées comme il l’aurait voulu. Ce genre de colère est plus fréquent chez nous : elle est très orgueilleuse, parce que j’exige que les choses se passent comme je le veux et parce que les choses ne se passent pas comme je le veux, je m’emporte.

Je me place au centre, j’affirme que mon opinion est supérieure aux autres et je m’autorise à faire une crise si les autres ne respectent pas mes exigences. C’est exactement ce que fit Jonas. Il y a possiblement un autre raisonnement terrible qui se cache derrière la colère du prophète : « J’ai fait ce que Dieu voulait, mais Dieu n’a pas fait ce que je voulais ». Si le Seigneur avait détruit Ninive, Jonas s’en serait retourné dans son pays, sifflant et tout joyeux, mais parce que Dieu a fait grâce aux Ninivites, Jonas est profondément irrité. Quand on est sur un mauvais raisonnement, on ajoute d’autres mauvais raisonnements. Jonas tente de se justifier. Il justifie sa fuite du premier chapitre.

Jonas pria l’Éternel et dit : Ah! Éternel, n’est-ce pas ce que je disais quand j’étais encore dans mon pays? C’est ce que je voulais prévenir en fuyant à Tarsis. Car je savais que tu es un Dieu qui fais grâce et qui es compatissant, lent à la colère et riche en bienveillance, et qui regrettes le mal. (Jonas 4.2)

Dieu contre Dieu

Ce même verset amène James Montgomery Boice à proposer que Jonas tente même de dire à Dieu qu’il est incohérent. En disant :

[…] Car je savais que tu es un Dieu qui fais grâce et qui es compatissant, lent à la colère et riche en bienveillance, et qui regrettes le mal. (Jonas 4.2)

Jonas cite Exode 34.6-7. Jonas cite l’Écriture, mais il la cite pour en contester la légitimité. Pour Jonas, c’était inadmissible que Dieu fasse grâce à cette nation ennemie. Que Dieu fasse grâce à la nation juive lorsqu’elle s’égare, ça va de soi, mais que Dieu fasse grâce à une nation ennemie, c’est inconcevable. Il me semble, frères et sœurs, qu’il nous arrive de remettre en question la légitimité de ce que Dieu a dit. Il n’y a pas que Jonas qui a de faux raisonnements. Il nous arrive aussi d’en avoir. Il m’arrive aussi d’en avoir. Nous arrive-t-il de lire un texte et de remettre en question la légitimité de Dieu de demander cette chose? La Bible nous demande de nous supporter les uns les autres, non pas supporter au sens d’endurer, quoique ça peut l’impliquer, mais d’abord au sens d’être un support. Si nous rejetons des frères et des sœurs ou si nous faisons simplement que les ignorer, nous remettons en question la légitimité de ce que Dieu dit. Le Seigneur nous demande de mettre à part un jour par semaine, le jour du Seigneur. Est-ce qu’il nous arrive de remettre en question la légitimité de ce commandement, au profit des loisirs, au profit d’une rencontre familiale, au profit de travaux sur la maison? Ce sont deux exemples, mais je pense que nous pourrions trouver une application pour chaque commandement de Dieu. Combien de fois j’ai entendu de faux raisonnements comme :

  • « Je n’ai pas d’Église, mais Dieu connaît mon cœur. »;
  • « Je ne donne pas d’offrandes à l’Église, mais je donne de mon temps pour compenser. »

J’en ai connu un à Montréal qui n’avait pas d’Église et il disait qu’il remplissait sa mission en évangélisant sur Internet. En fait, il n’évangélisait pas du tout : il faisait la propagande de certains points de vue marginaux. Frères et sœurs, nous n’avons rien en nous-mêmes pour nous justifier, même pas nos raisonnements. Ces faux raisonnements ne visent qu’à convaincre notre conscience et celle des autres, mais nous n’impressionnons pas notre Dieu du tout. Dieu se moque de ceux qui se moquent de lui et de sa Parole.

Daniel Durand, pasteur
10 juillet 2019

Prédicateur invité

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