Série sur le livre de Jonas, partie 13

« La Bible n’est pas un livre facile : elle ne se lit pas comme un journal ou un roman. Elle est comme ce trésor caché ou cette perle auxquels Jésus compare le royaume de Dieu. Elle découvre ses richesses à ceux qui consentent à faire l’effort nécessaire. Notre “civilisation zapping” s’est habituée à obtenir sans effort ce que d’autres générations gagnaient au prix d’un labeur inlassable. C’est pourquoi elle est déçue lorsqu’une lecture superficielle de la Bible ne lui apporte pas les bénédictions espérées, mais le domaine spirituel est rebelle à la mécanisation. Il refuse ses fruits à celui qui ménage ses efforts. Si vous voulez que votre Bible devienne pour vous — et pour ceux que Dieu place sur votre chemin — une véritable source de bénédictions, soyez prêts à consacrer le meilleur de votre temps libre à sa lecture et à sa méditation, prêts à réserver la primeur de vos forces intellectuelles à son étude et prêts à mettre en pratique vos découvertes. Tous les serviteurs dont Dieu a béni l’activité ont consacré une part importante de leur temps et de leurs efforts à la méditation et à l’étude des Écritures. Frères et sœurs, nous vivons à une époque de l’instantanéité : nous cliquons sur la souris et si ça prend trois secondes pour ouvrir, nous trouvons ça long. Une lecture de la Bible superficielle ne peut que nous procurer une vie chrétienne tout aussi superficielle. »

 

Dans les dernières semaines, nous avons vu la repentance des Ninivites avec le chapitre 3 du livre de Jonas. Nous allons revenir sur ce chapitre pour apprécier les éléments de ce réveil. Nous allons relire les 10 versets du chapitre 3 (Jonas 3.1-10).

La parole de l’Éternel fut adressée à Jonas une seconde fois, en ces mots : Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et fais-y la proclamation que je te dis! Alors Jonas se leva; il alla à Ninive, selon la parole de l’Éternel. Or Ninive était devant Dieu une grande ville, de trois jours de marche. Jonas commença par faire dans la ville une journée de marche. Il criait ces mots : Encore quarante jours, et Ninive sera bouleversée! Les gens de Ninive crurent en Dieu; ils proclamèrent un jeûne et se revêtirent de sacs, depuis les plus grands jusqu’aux plus petits. La nouvelle parvint au roi de Ninive; il se leva de son trône, ôta son manteau, se couvrit d’un sac et s’assit sur la cendre. Il fit crier ceci dans Ninive : Par décision du roi et de ses grands : Que les hommes et les bêtes, le gros et le menu bétail, ne goûtent de rien, ne paissent pas et ne boivent pas d’eau! Que les hommes et les bêtes soient couverts de sacs, qu’ils crient à Dieu avec force, et que chacun revienne de sa mauvaise conduite et de la violence attachée aux paumes de ses mains! Qui sait si Dieu ne reviendra pas et n’aura pas de regret, et s’il ne reviendra pas de son ardente colère, en sorte que nous ne périssions pas? Dieu vit qu’ils agissaient ainsi et qu’ils revenaient de leur mauvaise conduite. Alors Dieu regretta le mal qu’il avait résolu de leur faire et il ne le fit pas. (Jonas 3.1-10)

Quels sont les éléments du texte qui peuvent nous aider dans notre vie chrétienne et dans la mission que le Seigneur nous confie?

Proclamation fidèle

D’abord, il doit y avoir une proclamation fidèle du message de Dieu, ce que Jonas a fait. Nous n’insisterons jamais assez sur ce point : c’est la première chose. L’Église est la colonne et l’appui de la vérité, nous dit Paul en 1 Timothée 3.15. Nous sommes le sel de la terre, la lumière du monde.

Si nous ne prêchons pas fidèlement le message de Dieu, si nous le diluons, si nous tentons de le rendre acceptable aux yeux du monde, c’est que nous n’annonçons plus l’évangile et c’est aussi que nous ne nous appuyons pas sur Dieu. Je vous ai déjà raconté qu’il y a plusieurs années, le directeur de GBU Canada m’a demandé que nous allions prendre un café. Il voulait que j’enseigne un groupe de GBU, c’est-à-dire « groupe biblique universitaire ».

J’ai accepté. Il me dit que je dois prendre un livre précis. Je vais l’acheter pour constater qu’il n’y a rien sur la création ni sur le péché. Je le rappelle pour lui dire que ces deux points manquent et que c’est problématique. Sa réponse a été qu’ils ne veulent pas offusquer les étudiants universitaires. Je lui ai répondu que c’est Dieu qui sauve et qu’il sauve par la proclamation de la vérité. Si Dieu veut sauver quelqu’un, cette personne ne sera pas offusquée par la vérité, puisque Dieu va lui donner l’amour de la vérité, la fidélité du message. Nous pouvons étendre le principe et l’appliquer à l’ensemble de la vie chrétienne. Nous devons prêcher fidèlement tout ce que la Parole de Dieu enseigne. Nous ne pouvons pas choisir ce qui nous convient. Un pasteur m’a déjà dit qu’il croit que les dons apostoliques continuent aujourd’hui, mais qu’il ne les enseigne pas pour ne pas déranger certaines personnes.

Je lui ai répondu que nous n’avons pas la légitimité comme pasteurs de décider de taire certains sujets bibliques pour ce genre de considération. Personnellement, je crois que les dons ont cessé, mais si un pasteur croit le contraire, il n’a pas la légitimité de taire cela. C’est comme s’il disait que Dieu veut équiper les chrétiens par des dons, mais que lui, comme pasteur, juge que c’est préférable de ne pas en parler. Nombre de théologiens et de pasteurs qui ont écrit des livres déplorent l’abandon des Écritures dans beaucoup d’Églises. On diminue l’importance de la Parole de Dieu. On remplace cela par plus de musique ou par d’autres trucs qui plaisent aux gens. Les réformes que l’Ancien Testament nous rapporte, en particulier celles des rois Josias et Ézékias, sont des retours aux Écritures seules. Donc, dans notre évangélisation, annonçons fidèlement le message de l’évangile. Exigeons de tous ceux qui enseignent ou qui prêchent à l’Église la fidélité rigoureuse aux Écritures, dans les enseignements ainsi que dans tout ce qui est fait, dans toute la direction, dans toutes les décisions.

Nous refusons les cachotteries honteuses; nous ne nous conduisons pas avec fourberie et nous n’altérons pas la parole de Dieu. Mais en manifestant la vérité nous nous recommandons à toute conscience humaine devant Dieu. (2 Corinthiens 4.2)

Écoute sérieuse

Ceci dit, la proclamation fidèle de la Parole de Dieu ne garantit pas le réveil. La preuve nous est fournie par Jésus lui-même. Il a enseigné non seulement fidèlement mais parfaitement la Parole de Dieu et certains se sont détournés, ont rejeté ses enseignements. La fidélité aux Écritures est nécessaire, mais ne suffit pas. Il faut avoir une écoute sérieuse. Les Ninivites ont écouté le message de Jonas. Nous savons que c’est Dieu qui donne des oreilles pour entendre, mais de notre côté, nous devons activer notre écoute, prêter la plus grande attention. Nous espérons que ceux à qui nous parlons prêtent attention, mais quand c’est Dieu qui parle, sommes-nous attentifs? L’écoute attentive n’est pas que pour la conversion : elle est requise du chrétien pour sa vie chrétienne.

C’est aux disciples que Jésus a dit : « Écoutez ce que signifie la parabole du semeur ».

Paul dit à Timothée :

Veille sur toi-même et sur ton enseignement, avec persévérance. Car en agissant ainsi, tu sauveras et toi-même et ceux qui t’écoutent. (1 Timothée 4.16)

Jacques exhorte à mettre en pratique la Parole et ne pas seulement l’écouter, mais ça implique l’écoute.

Il nous dit de ne pas nous contenter d’écouter, mais plutôt d’écouter et de mettre en pratique. C’est intéressant de voir qu’en grec, le verbe « obéir » vient du verbe « écouter ». En fait, c’est le verbe « écouter » avec un préfixe qui signifie « sous ». L’idée, c’est d’écouter avec un esprit d’humilité, comme un mendiant qui veut tout recevoir : écouter sans contester. Nous pouvons contester respectueusement un enseignement reçu si nous pensons qu’il n’est pas biblique, mais nous ne devons jamais contester ce que la Bible affirme. Ce serait contester Dieu lui-même. Nous devons avoir cette écoute dans nos vies. Ça implique qu’on se dispose pour lire la Parole de Dieu. On se prépare avant le culte pour être disposé. On se prépare à entendre la Parole de Dieu pour la recevoir dans tout ce qu’elle dit.

Croire

Troisièmement, les Ninivites ont cru au message. Nous devons croire ce que nous lisons. Je pense que c’est un défi lorsque nous entendons la Parole de Dieu, lorsque nous la lisons. C’est déjà un défi de s’exposer à la Parole de Dieu. Nous sommes sollicités de tout côté : les loisirs, le repos physique, les responsabilités familiales ou professionnelles. Le défi, c’est de prendre le temps dans la Parole et de mettre à part le temps pour être exposés à la Parole de Dieu en Église. Le deuxième défi, c’est de la comprendre. Voici ce qu’a écrit Alfred Kuen dans son livre Comment comprendre la Bible :

« Vous contenter de lire les passages faciles vous fera connaître Dieu et son plan d’une manière superficielle. Dans la Bible elle-même, vous lisez que Dieu se fait connaître à ceux qui le cherchent de tout leur cœur (Jér. 29.13). Salomon avertit son fils : “Si tu prêtes une oreille attentive à la sagesse, en inclinant ton cœur à l’intelligence […] si tu la recherches comme de l’argent, si tu creuses pour la trouver comme pour découvrir un trésor, alors tu comprendras ce qu’est révérer l’Éternel et tu apprendras à connaître Dieu” (Prov. 2.2-5). »

La Bible n’est pas un livre facile : elle ne se lit pas comme un journal ou un roman. Elle est comme ce trésor caché ou cette perle auxquels Jésus compare le royaume de Dieu. Elle découvre ses richesses à ceux qui consentent à faire l’effort nécessaire. Notre « civilisation zapping » s’est habituée à obtenir sans effort ce que d’autres générations gagnaient au prix d’un labeur inlassable. C’est pourquoi elle est déçue lorsqu’une lecture superficielle de la Bible ne lui apporte pas les bénédictions espérées, mais le domaine spirituel est rebelle à la mécanisation. Il refuse ses fruits à celui qui ménage ses efforts. Si vous voulez que votre Bible devienne pour vous — et pour ceux que Dieu place sur votre chemin — une véritable source de bénédictions, soyez prêts à consacrer le meilleur de votre temps libre à sa lecture et à sa méditation, prêts à réserver la primeur de vos forces intellectuelles à son étude et prêts à mettre en pratique vos découvertes. Tous les serviteurs dont Dieu a béni l’activité ont consacré une part importante de leur temps et de leurs efforts à la méditation et à l’étude des Écritures.

Frères et sœurs, nous vivons à une époque de l’instantanéité : nous cliquons sur la souris et si ça prend trois secondes pour ouvrir, nous trouvons ça long. Une lecture de la Bible superficielle ne peut que nous procurer une vie chrétienne tout aussi superficielle.

Daniel Durand, pasteur
3 juillet 2019

Prédicateur invité

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