Série sur le livre de Jonas, partie 12

« Dans les deux cas, il ne s’agit pas d’un pardon de Dieu sans repentance : c’est plutôt que Dieu décide de poursuivre l’alliance avec son peuple en dépit des péchés de celui-ci. Dans ces deux textes, quand le prophète se place entre Dieu et le peuple pour intercéder, le jugement de Dieu tombe. Dieu a suscité des intermédiaires, des intercesseurs pour suspendre son jugement temporel. Ça ne signifie pas que les personnes non repentantes échappent au jugement dernier. Dieu, qui avait la possibilité d’éliminer le peuple juif, a choisi de suspendre son jugement et il l’a fait en utilisant la médiation des deux prophètes mentionnés, soit Moïse et Amos. […] Nous ne sommes pas des intercesseurs appelés au même rôle que ceux que j’ai mentionnés. Dans les cas qui nous occupent, il s’agissait du peuple de Dieu qui était placé dans une alliance d’ombres. Tout ce qui se passait annonçait Jésus-Christ. La grande leçon pour nous, c’est que nous devons tout à Jésus-Christ qui a été le médiateur parfait pour nous sauver. Sans ce médiateur, nous étions condamnés. Jésus-Christ a tout accompli pour notre salut. Il n’a pas juste prié pour nous : il a payé le prix pour nous racheter. »

 

La semaine passée, nous avons regardé la repentance que le roi de Ninive a exigée de la part de tous les Ninivites et nous avons vu pourquoi on a fait participer les animaux aux expressions de cette repentance. Nous allons lire les versets 7 à 9 du chapitre 3 :

Le roi fit crier ceci dans Ninive : Par décision du roi et de ses grands : Que les hommes et les bêtes, le gros et le menu bétail, ne goûtent de rien, ne paissent pas et ne boivent pas d’eau! Que les hommes et les bêtes soient couverts de sacs, qu’ils crient à Dieu avec force, et que chacun revienne de sa mauvaise conduite et de la violence attachée aux paumes de ses mains! (Jonas 3.7-8)

Verset 9

Qui sait si Dieu ne reviendra pas et n’aura pas de regret, et s’il ne reviendra pas de son ardente colère, en sorte que nous ne périssions pas? (Jonas 3.9)

Le roi a pris au sérieux la menace. Il n’a pas encore la connaissance du Dieu qui juge. Il ne sait pas si ce Dieu pardonne, mais il se repent et ordonne que toute la ville manifeste sa repentance visiblement, en espérant que Dieu pardonne, qu’il ne mette pas à exécution la menace de destruction contre la ville. En se repentant, il faut que la personne ait au moins l’espoir que Dieu pardonne. Le roi l’exprime dans une incertitude. « Qui sait si Dieu ne reviendra pas et n’aura pas de regret […]? » En même temps, le roi n’a pas d’autre choix que de se repentir et d’implorer le créateur qu’il fasse grâce. Rappelons-nous que le message de Jonas ne parlait pas de la compassion de Dieu. Le message ne disait que ceci :

Encore quarante jours, et Ninive sera bouleversée! (Jonas 3.4)

Comment le roi a-t-il pu émettre la possibilité que Dieu pouvait faire grâce?

À mon avis, c’est en raison de la révélation générale, c’est-à-dire ce que Dieu a placé dans la création. Dieu a écrit sa loi dans le cœur de l’homme. Nous avons déjà vu Romains 2.14-15 sur ce point. Les hommes savent qu’ils commettent le mal. Romains 1.32 nous dit qu’ils savent qu’ils sont dignes de mort. Or, ces mêmes hommes doivent constater que, s’ils commettent le mal et qu’ils sont dignes de mort, ils ne sont pas encore morts. Ça fait ressortir la patience de Dieu : Dieu laisse un temps aux hommes pour se repentir. D’autant plus que le message dit bien « Encore quarante jours et Ninive sera détruite ». Pourquoi 40 jours? Pourquoi pas tout de suite, sinon que pour permettre aux gens de se repentir? De plus, Paul dit à des païens :

Dieu n’a pas cessé de rendre témoignage de ce qu’il est par ses bienfaits, en vous donnant du ciel les pluies et les saisons fertiles, en vous comblant de nourriture et de bonheur dans le cœur. (Actes 14.17)

Les hommes savent ces choses. Évidemment, ils retiennent injustement la vérité captive, mais ça n’ôte pas le fait qu’ils savent ces choses. Nous devons nous rappeler que ce roi était sanguinaire et d’une grande insensibilité aux autres. À l’époque, l’humilité et la repentance étaient vues comme l’affaire des faibles : celui qui s’humiliait était pitoyable et méprisable. Ce n’est pas évident de découvrir un Dieu qui est totalement contraire à nous. Pour nous, nous avons grandi dans une société qui a un héritage judéo-chrétien. Même si cet héritage est très perverti, il y a encore beaucoup de traces de celui-ci. Par exemple, tous les organismes pour venir en aide aux personnes qui souffrent, c’est un héritage judéo-chrétien. Ce roi ninivite n’avait rien de cela : il ne connaissait que la violence, l’orgueil, l’insensibilité et il découvre un Dieu qui pardonne, un Dieu qui s’humilie et un Dieu sensible à la faiblesse.

Verset 10

Dieu vit qu’ils agissaient ainsi et qu’ils revenaient de leur mauvaise conduite. Alors Dieu regretta le mal qu’il avait résolu de leur faire et il ne le fit pas. (Jonas 3.10)

Les Ninivites se repentent, alors le jugement ne s’applique plus. Comment Dieu peut-il regretter le mal qu’il avait résolu de leur faire? Certaines versions ont même traduit par « repenti ». « […] Dieu [s’est repenti du] mal qu’il avait résolu de faire […] ».

Le jugement de Dieu est lié au péché de l’homme : si l’homme se repent, il n’y a plus lieu de juger. Imaginez un responsable de santé publique qui doit gérer une épidémie de lèpre. Il dit à un lépreux qu’il devra dorénavant vivre dans un village sans contact avec ceux qui ne sont pas atteint de la lèpre. Or, le responsable apprend par la suite que ce lépreux est miraculeusement guéri. Si le responsable ne l’envoie pas dans ce village de mise en quarantaine, dirions-nous que ce responsable a changé d’idée? Absolument pas : nous dirions qu’en raison d’un changement de circonstances, les mesures changent également. Face au péché, Dieu a toujours la même résolution : le jugement. Face au pécheur repentant, Dieu a toujours la même résolution : la grâce.

Dans 1 Samuel, nous voyons que Dieu se repent.

Je regrette d’avoir établi Saül pour roi, car il se détourne de moi et n’exécute pas mes paroles. (1 Samuel 15.11)

La Louis Segond 1910 traduit par « repent ». Encore une fois, les circonstances ont changé : le roi Saül s’est détourné de Dieu. Dieu regrette de l’avoir établi.

Il y a des textes où nous voyons un changement de situation, comme c’est le cas pour les Ninivites.

L’Éternel vit que la méchanceté de l’homme était grande sur la terre; et que chaque jour son cœur ne concevait que des pensées mauvaises. L’Éternel regretta d’avoir fait l’homme sur la terre, et son cœur fut affligé. (Genèse 6.5-6)

Dans ces versets, il y a un changement de situation : Dieu a créé l’homme afin que l’homme vive selon Dieu. Maintenant que l’homme a désobéi et s’est laissé aller dans le péché, Dieu regrette de l’avoir fait. Dans notre texte de Jonas, nous voyons clairement le changement de situation :

Dieu vit qu’ils agissaient ainsi et qu’ils revenaient de leur mauvaise conduite. Alors Dieu regretta le mal qu’il avait résolu de leur faire et il ne le fit pas. (Jonas 3.10)

Il y a aussi une autre circonstance où nous voyons Dieu changer d’idée.

Et comme les sauterelles dévoraient entièrement l’herbe de la terre, Je dis : Seigneur Éternel, pardonne donc! Comment Jacob subsistera-t-il? Il est si petit! L’Éternel en eut du regret. Cela n’arrivera pas, Dit l’Éternel. (Amos 7.2-3)

Dans le prochain passage, c’est le Seigneur qui parle à Moïse :

Maintenant laisse-moi! Ma colère va s’enflammer contre eux, et je les exterminerai; mais je ferai de toi une grande nation. Moïse implora l’Éternel, son Dieu, et dit : Pourquoi, Éternel, ta colère s’enflammerait-elle contre ton peuple, que tu as fait sortir du pays d’Égypte par une grande puissance et par une main forte? Pourquoi les Égyptiens diraient-ils : C’est pour leur malheur qu’il les a fait sortir, c’est pour les tuer dans les montagnes et pour les exterminer de la surface du sol? Reviens de l’ardeur de ta colère, aie du regret au sujet du malheur de ton peuple. Souviens-toi d’Abraham, d’Isaac et d’Israël, tes serviteurs, auxquels tu as dit, en faisant un serment par toi-même : Je multiplierai votre descendance comme les étoiles du ciel, je donnerai à votre descendance tout ce pays dont j’ai parlé, et ils en hériteront pour toujours. Et l’Éternel regretta le malheur dont il avait déclaré qu’il frapperait son peuple. (Exode 32.10-14)

Dans les deux cas, bien que le peuple ne soit pas repentant, il y a un intercesseur qui fait office de médiateur. Ça nous montre que la situation change : ça annonce la médiation de Jésus-Christ. Sans médiateur, le jugement tombe.

Dans les deux cas, il ne s’agit pas d’un pardon de Dieu sans repentance : c’est plutôt que Dieu décide de poursuivre l’alliance avec son peuple en dépit des péchés de celui-ci. Dans ces deux textes, quand le prophète se place entre Dieu et le peuple pour intercéder, le jugement de Dieu tombe. Dieu a suscité des intermédiaires, des intercesseurs pour suspendre son jugement temporel. Ça ne signifie pas que les personnes non repentantes échappent au jugement dernier.

Dieu, qui avait la possibilité d’éliminer le peuple juif, a choisi de suspendre son jugement et il l’a fait en utilisant la médiation des deux prophètes mentionnés, soit Moïse et Amos. Ça ne signifie pas que si je prie pour mon voisin non croyant, qu’il ne sera pas condamné. Nous ne sommes pas des intercesseurs appelés au même rôle que ceux que j’ai mentionnés. Dans les cas qui nous occupent, il s’agissait du peuple de Dieu qui était placé dans une alliance d’ombres. Tout ce qui se passait annonçait Jésus-Christ. La grande leçon pour nous, c’est que nous devons tout à Jésus-Christ qui a été le médiateur parfait pour nous sauver. Sans ce médiateur, nous étions condamnés. Jésus-Christ a tout accompli pour notre salut. Il n’a pas juste prié pour nous : il a payé le prix pour nous racheter.

Daniel Durand, pasteur
26 juin 2019

Prédicateur invité

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