Gardés par le Père, Jean 17.11-12

« Est-ce que Jésus aurait été satisfait de ressusciter, mais sans sauver ceux que le Père lui a donnés? C’est comme le père qui échappe à l’incendie de sa maison mais qui n’a pu sauver aucun de ses proches. Sa femme et ses enfants ont tous péri. Se réjouira-t-il d’être en vie? Jésus a gardé ceux que le Père lui a donnés, le Père nous garde dans sa bonne main paternelle. Et c’est ce qui fait la joie de Dieu. »

 

Introduction

Dans le cadre de la série sur l’évangile de Jean, nous sommes en plein cœur de la prière sacerdotale, celle que Jésus adressa à son Père juste avant d’aller à la croix. Nous lirons Jean 17.11-12 :

11 Je ne suis plus dans le monde ; eux sont dans le monde, et moi je vais à toi. Père saint, garde-les en ton nom, ce nom que tu m’as donné, afin qu’ils soient un comme nous. 12 Lorsque j’étais avec eux, je gardais en ton nom ceux que tu m’as donnés. Je les ai préservés, et aucun d’eux ne s’est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l’Écriture soit accomplie.

 

Exposé

Un jour, je discutais avec M. Djaballah, l’ancien doyen de la Faculté de théologie évangélique de Montréal, et il me disait que Jean était probablement le plus grand théologien parmi les apôtres. Et ça m’a vraiment surpris. J’étais convaincu que c’était Paul. Et c’est vrai que Paul est un très grand théologien. La contribution que le Seigneur lui a donné d’apporter sur la doctrine est majeure. Mais plus j’étudie, plus je me rallie à ce que M. Djaballah m’avait dit. Jean est probablement le plus grand théologien. La différence est que Paul communique la théologie dans des épîtres, où le style est didactique, c’est-à-dire où son but est justement de communiquer la doctrine. En ce qui concerne Jean, sa théologie n’est pas communiquée dans un style didactique. L’enseignement doctrinal paraît moins dans une lecture rapide. Elle se découvre parfois entre les branches, dans la manière de présenter les récits, ou encore dans des allusions aux textes de l’Ancien Testament. Au chapitre 10 de son évangile, Jean rapporte les paroles de Jésus qui discute avec les dirigeants juifs. Ces dirigeants accusent Jésus de ne pas enseigner ouvertement, et de tenir leur âme en suspens. Jésus leur répond qu’il a bien dit ce qu’il devait dire, mais que le problème se situe au niveau de la foi. Ces Juifs ont entendu mais ne croyaient pas. Le problème n’était pas dans l’émission de l’enseignement mais dans la réception. Jésus ajoute au verset 26 que s’ils ne croient pas, c’est qu’ils ne sont préalablement pas ses brebis. Ce verset comporte un élément de désespoir face à la dépravation de l’homme, c’est-à-dire qu’il n’y a aucun espoir dans l’homme. Le péché affecte l’ensemble de ses facultés. En fait, ses facultés sont aussi des difficultés. Mais ce verset comporte aussi une affirmation claire de la grâce élective de Dieu dans le salut. De plus, Jésus rassure les brebis en leur disant qu’elles ne périront jamais. Les mêmes doctrines avaient déjà été affirmées au chapitre 6. D’abord au verset 44 :

Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ; et je le ressusciterai au dernier jour.

Jésus nous dit ici qu’il est impossible pour les hommes de venir à lui, à moins que le Père ne les attire. Et j’ai souvent parlé du verbe utilisé ici, qui a un sens très fort de « tirer unilatéralement ». Et ceux que le Père attire à Jésus-Christ vont tous ressusciter au dernier jour, affirmation qu’ils ont tous la vie éternelle. Et au verset 37, Jésus avait dit :

Tout ce que le Père me donne viendra à moi, et je ne jetterai point dehors celui qui vient à moi.

Jésus atteste que ceux qui vont à Jésus-Christ c’est qu’ils ont d’abord été donnés par le Père. Jésus atteste aussi qu’il ne jettera point dehors ceux qui vont à lui. Ces doctrines très fortes reviennent sur les lèvres de Jésus dans sa prière sacerdotale. Nous avons vu la semaine passée que Jésus, dans cette prière qui précède son sacrifice à la croix, ne s’intéresse qu’aux élus, qu’à ceux que le Père lui a donnés. Jésus fait une claire distinction entre ceux qui appartiennent à Dieu depuis toute éternité et les autres. Ensuite, il enseigne que ceux qui viennent à lui, c’est qu’ils ont été donnés par le Père.

Puis, Jésus parle du ministère qu’il a eu uniquement pour les élus. Il leur a donné les paroles que le Père lui avait données. Plus loin, Jésus va dire que sa prière n’est pas seulement pour les élus du temps de son ministère terrestre, mais aussi pour tous ceux qui vont croire dans le futur. Et finalement, Jésus demande à son Père de garder ces élus. Il y a beaucoup de doctrine dans ces versets. Nous retrouvons en particulier les 5 points de ce que nous appelons Les doctrines de la grâce. Notre frère Georges Corriveau a justement écrit un petit livre d’étude sur les doctrines de la grâce. Et les 5 points sont les suivants :

1- La dépravation totale, c’est-à-dire que l’homme est dépravé dans tous les aspects de son être au point où il ne cherche pas Dieu, il préfère les ténèbres à la lumière. 2- L’élection inconditionnelle. C’est-à-dire que le Père a élu, il a choisi ceux qui allaient lui appartenir. Et le Père n’a pas fixé de condition pour cette élection. 3- L’expiation définie signifie que le Christ est venu sur terre pour racheter ceux que le Père lui a donnés. Et la prière sacerdotale le rappelle bien. Alors qu’il intercède pour les bénéficiaires de son sacrifice, Jésus affirme qu’il ne prie pas pour le monde mais uniquement pour ceux que le Père lui a donnés. 4- La grâce irrésistible. C’est le fait que ceux que Dieu a choisis et à qui Dieu fait grâce ne peuvent résister indéfiniment. Jésus dit qu’il leur a donné les paroles du Père et ils les ont reçues. La grâce de Dieu débute dans le fait que nous recevons les paroles du Seigneur. Nous avons reçu l’amour de la vérité pour recevoir ces paroles.

5- La persévérance des croyants. Jésus, alors qu’il s’apprête à retourner vers son Père, confie les élus à son Père. Jean 17.11 :

Père saint, garde-les en ton nom,

Plus loin, Jésus va prier pour la sanctification des élus, puis pour l’unité, et finalement pour la présence éventuelle des élus avec Dieu. C’est toute une prière, chargée de doctrines, de vérités bibliques, qui devraient nous encourager et nous affermir. Cette prière fait ressortir ce que le sacrifice de Jésus-Christ implique. Parce que Jésus est mort pour nous, nous sommes sous la bonne garde du Père. Dans sa prière, Jésus n’a pas prié pour que nous devenions riches dans ce monde, pour que nous recevions des honneurs, ou pour que nous devenions importants aux yeux du monde.

Jésus n’a pas prié pour que nous ayons une belle carrière, ni une bonne santé. Non. Jésus a plutôt prié pour que Dieu nous garde, pour que nous soyons préservés du monde. Jésus a prié pour notre sécurité et notre prospérité spirituelles. C’est signe qu’il y a un danger réel pour les disciples. On ne demande pas la protection pour ceux qui ne sont pas en danger. Le contexte dans lequel Jésus adresse cette prière à son Père est son départ de ce monde. Jean 17.11 :

Je ne suis plus dans le monde ; eux sont dans le monde, et moi je vais à toi.

 

Contraste

Jésus affirme que lui s’en va vers son Père, dans les cieux, lieu de joie et de paix, alors que ses disciples demeurent sur terre, lieu de lutte, de péché. Jésus s’en va dans le pays d’abondance et laisse ses disciples dans le désert. Jésus s’en va là où il n’y a plus d’ennemis, plus d’opposition, plus de tentations, mais ses disciples demeurent dans le monde, lieu d’oppression, de tentations. Jésus s’apprête à entrer dans la gloire où tous les honneurs l’attendent, l’élévation à la royauté, le trône à la droite de son Père, alors que ses disciples demeurent dans l’humiliation, la souffrance et les persécutions.

Le contraste est total. Oui, Jésus est retourné vers son Père, et son Église sur terre est encore dans l’épreuve. Quand Jésus était avec ses disciples, c’est lui qui mangeait tous les coups. Il prenait les flèches à la place de ses disciples. Mais après son départ, ce sont ses disciples qui ont été persécutés, certains ont été maltraités, torturés, et mis à mort. Jésus avait bien averti ses disciples qu’il en serait ainsi. Jean 15.20-21 :

20 Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre. 21 Mais tout cela, ils vous le feront à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas celui qui m’a envoyé.

Que Jésus soit retourné vers son Père et que nous soyons encore ici ne devrait vraiment pas nous choquer. La réalité est que notre présence dans ce monde où la souffrance et le péché sont toujours présents a un but glorieux. Jésus veut nous associer à ses souffrances. Colossiens 1.24 :

Je me réjouis maintenant dans mes souffrances pour vous et je supplée dans ma chair à ce qui manque aux afflictions du Christ pour son corps qui est l’Église.

Ce que Paul dit, c’est que la progression de l’Église passe non seulement par la proclamation de l’évangile, mais du coup, par la persécution. Les deux vont ensemble. Sur le plan légal, il ne manque rien aux souffrances du Christ. Mais lorsque le Christ est retourné vers son Père, il a confié à son Église la continuité du projet de faire des disciples jusqu’aux extrémités de la terre. Et comme lui a souffert, nous souffrons. Les uns plus que les autres, mais nous souffrons. Paul a aussi écrit en Romains 8.17 :

Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui.

 

Confiés

Les disciples étaient, et nous sommes dans une situation dangereuse. Frères et sœurs. Nous devons prendre note que notre présence dans ce monde comporte de sérieuses menaces. Tout dans ce monde va contre Dieu. Ce monde de ténèbres ne veut que nous entraîner dans ses ténèbres.

La prière de Jésus nous permet même de conclure que, sans la protection du Père, sans la bonne garde du Père, nous serions emportés par la vague du monde. Et l’exemple de Judas que Jésus rappelle devient important ici.

Jean 17.12 :

Lorsque j’étais avec eux, je gardais en ton nom ceux que tu m’as donnés. Je les ai préservés, et aucun d’eux ne s’est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l’Écriture soit accomplie.

Ce verset ne présente pas une exception dans la protection que Jésus avait assurée sur ses disciples. Ce n’est pas que Jésus a abandonné un de ceux que le Père lui avait donnés dans le but de satisfaire une prophétie. Voici ce qui est conforme au texte grec[1]. Jean 17.12 :

Je n’ai perdu personne de ceux que tu m’as donnés. Par contre le fils de perdition est perdu afin que soient accomplies les Écritures.

Le triste sort de Judas ne doit jamais servir de modèle pour penser que le chrétien peut se perdre. Judas n’est même pas une exception. Il n’était pas de ceux que le Père avait donnés au Fils. Il n’avait pas été placé sous la bonne garde du Fils. D’ailleurs, dans la même période, Jésus annonce que Judas va le trahir et que Pierre va le renier. Et Jésus n’a pas prié pour Judas. Il a par contre prié pour Pierre avec cette assurance. Jésus lui dit en Luc 22.32 :

Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas, et toi, quand tu seras revenu à moi affermis tes frères.

Jésus a prié pour Pierre et Jésus a pu dire que Pierre allait revenir de façon certaine. Mais Jésus n’a pas prié pour Judas. Ce que nous voyons dans la prière de Jésus, c’est que les plus grands moyens sont déployés pour garder les élus. Ces moyens sont la régénération, ce qui est implicite des versets 1 et 2. Jean 17.1-2 :

1 Glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie, 2 selon que tu lui as donné pouvoir sur toute chair, afin qu’il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.

Ces grands moyens incluent le fait que la Parole de Dieu est gravée en nous. Sa loi est écrite sur nos cœurs. Jésus dit au verset 3 :

…la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent,…

Au verset 6 :

…ils ont gardé ta parole.

Verset 7 :

Ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi.

Verset 8 :

Je leur ai donné les paroles que tu m’as données ; ils les ont reçues ; ils ont vraiment reconnu que je suis sorti d’auprès de toi et ils ont cru que tu m’as envoyé.

Bref, c’est toute une œuvre de restauration de nos pensées, de renouvellement de notre intelligence, une œuvre où nous nous affectionnons des choses de Dieu qui est faite dans les élus. Et ça, si nous prenons les moyens de grâce, si nous nous alimentons des Écritures, si nous recevons l’enseignement à l’Église, nous grandissons dans ces choses, et elles contribuent à nous préserver dans la vie que Dieu nous donne. Mais il y a plus. Jésus dit au verset 11 :

Père saint, garde-les en ton nom, ce nom que tu m’as donné, afin qu’ils soient un comme nous.

Ce thème de la préservation des croyants par Dieu est déjà présenté dans l’Ancien Testament. Lisons le psaume 121 :

1 Je lève les yeux vers les montagnes, D’où me viendra le secours ? 2 Le secours me vient de l’Éternel qui a fait les cieux et la terre. 3 Il ne permettra pas que ton pied chancelle ; celui qui te garde ne sommeillera pas. 4 Voici, il ne sommeille ni ne dort, celui qui garde Israël. 5 L’Éternel est celui qui te garde, l’Éternel est ton ombre à ta main droite, 6 Pendant le jour le soleil ne te frappera point, ni la lune pendant la nuit. 7 L’Éternel te gardera de tout mal, il gardera ton âme ; 8 L’Éternel gardera ton départ et ton arrivée, dès maintenant et à toujours.

Chers frères et sœurs. Notre Dieu est notre protecteur. Il est notre bouclier.

En Ézékiel, on voit le Seigneur se prononcer sur les mauvais traitements des mauvais bergers en Israël. Et ici, par mauvais bergers, nous devons voir tous ceux qui avaient une responsabilité sur le peuple. Les rois qui avaient une responsabilité politique de faire appliquer la loi de Dieu. Les responsables du temple qui avaient une responsabilité sur la vie spirituelle des gens. Et le bilan est lourd. Les brebis sont dans un état piteux. Alors Dieu annonce ceci, en Ézékiel 34.11-16 :

11 Car ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : C’est moi-même qui prendrai soin de mes brebis et j’en ferai la revue. 12 Comme un berger fait la revue de son troupeau quand il est au milieu de ses brebis éparses, ainsi je ferai la revue de mes brebis et je les arracherai de tous les lieux où elles ont été disséminées, un jour de nuée et de brouillard. 13 Je les ferai sortir d’entre les peuples, je les rassemblerai des divers pays et je les ramènerai sur leur territoire ; je les ferai paître sur les montagnes d’Israël, le long des ruisseaux et dans tous les lieux habitables du pays. 14 Je les ferai paître dans un bon pâturage, et leur parc sera sur les montagnes du haut pays d’Israël ; là elles reposeront dans un parc agréable et elles pourront paître dans de gras pâturages sur les montagnes d’Israël. 15 C’est moi qui ferai paître mes brebis, c’est moi qui les ferai reposer, oracle du Seigneur, l’Éternel. 16 Je chercherai celle qui était perdue, je ramènerai celle qui était égarée, je panserai celle qui est blessée et je fortifierai celle qui est malade. Mais je détruirai celles qui sont grasses et vigoureuses. Je les ferai paître avec justice.

En fait, nous découvrons que Dieu ne nous a pas confiés à quelqu’un d’autre. C’est lui-même qui se charge de notre sécurité.

 

Le nom

Les versets que nous étudions donnent une précision importante. Jean 17.11-12 :

11 Je ne suis plus dans le monde ; eux sont dans le monde, et moi je vais à toi. Père saint, garde-les en ton nom, ce nom que tu m’as donné, afin qu’ils soient un comme nous. 12 Lorsque j’étais avec eux, je gardais en ton nom ceux que tu m’as donnés.

Que signifie « en ton nom »? C’est tellement plus qu’une simple expression.

Lorsque nous avions vu le verset 6, il y a plusieurs semaines, j’avais mentionné que l’expression réfère aux attributs de Dieu. Le nom de Dieu c’est tout ce qu’il est. Que son nom soit sanctifié est plus qu’un ensemble de lettres qui forment le nom écrit. Que son nom soit sanctifié signifie que tout ce que Dieu est soit sanctifié, reconnu comme unique et parfait. Être protégé en son nom signifie être protégé par tout ce que Dieu est. Dieu est souverain. Que Dieu nous protège par sa souveraineté. S’il fallait que Dieu ne soit pas souverain, ça impliquerait que Dieu n’a aucun contrôle sur les ennemis qui rôdent, ni sur nous-mêmes qui avons besoin de la direction de son Esprit pour ne pas dévier. Dieu est saint. Que Dieu nous protège par sa sainteté. La sainteté de Dieu signifie que Dieu est totalement, parfaitement consacré à ses œuvres, qu’il ne dévie jamais de son plan. Dieu nous garde dans sa sainteté. Il veille sur nous. Il nous fait participer à sa sainteté en nous donnant de nous consacrer à lui. Dieu est omniscient. Que Dieu nous protège par son omniscience. S’il fallait que Dieu ne soit pas omniscient, ça signifierait que Dieu ne verrait pas venir les attaques ennemies. Mais au contraire, il est omniscient. Il connaît toutes les ruses du diable. Il connaît aussi nos défaillances. Il connaît mes faiblesses mieux que moi-même. Il me garde par son omniscience. Il ne permet jamais qu’une tentation au-delà de mes forces ne m’arrive. Mais en plus, Dieu nous a placés en son Fils, celui qui a résisté à toutes les tentations qui lui sont survenues, celui qui a vaincu la mort pour nous. Nous sommes en celui qui est une véritable forteresse.

Proverbes 18.10 :

Le nom de l’Éternel est une tour forte ; le juste y court et s’y trouve hors d’atteinte.

Frères et sœurs. J’ai mentionné au début que ce que Jésus affirme nous parle de la persévérance des saints. Je me rappelle que le professeur Roger Nicole disait qu’il serait plus approprié de parler de la persévérance de Dieu. C’est lui qui nous maintient. Le théologien James Montgomery Boice va dans le même sens et parle plutôt de la persévérance du Sauveur. J’ai réfléchi à la question suivante. Est-ce que Jésus aurait été satisfait de ressusciter, mais sans sauver ceux que le Père lui a donnés? C’est comme le père qui échappe à l’incendie de sa maison mais qui n’a pu sauver aucun de ses proches. Sa femme et ses enfants ont tous péri. Se réjouira-t-il d’être en vie? Jésus a gardé ceux que le Père lui a donnés, le Père nous garde dans sa bonne main paternelle. Et c’est ce qui fait la joie de Dieu. Parfois, nous avons l’impression que c’est nous qui gardons notre salut. Nous serions sauvés par grâce, mais nous nous maintiendrons dans le salut par nos œuvres, par nos efforts. Et il se peut que nous sentions parfois notre main glisser et ne plus tenir celle de Dieu. J’aimerais vous dire que le Seigneur ne tient pas seulement notre main fragile. Il tient tout notre être en lui. Et lorsque nous serons tous ressuscités, et que le Seigneur fera le décompte de tous ceux que le Père a donnés au Fils, nous verrons qu’il n’en manquera pas un seul. Certains trouvent cela trop simple et repousse cette doctrine en disant que ce n’est pas vrai « Chrétien un jour, chrétien toujours ». La réalité est que des chrétiens d’un jour, ça n’existe pas. Les seuls chrétiens qui existent sont ceux qui ont été réellement sauvés par le Seigneur et qui ont déjà la vie éternelle.

 

Applications

License

La première application est de ne pas tomber dans l’idée que, puisque mon salut est garanti, je peux pécher comme je veux, mon éternité est assurée.

Ou encore, je peux négliger les moyens de grâce, les moyens de grandir que le Seigneur nous a donnés, de toute façon, je suis sauvé. Cette pensée révèle plutôt une fausse conversion, ou elle sera temporaire et corrigée par le Seigneur. Nous avons vu que ceux qui ont été donnés au Fils par le Père ont reçu et gardé la Parole du Seigneur. Celui qui rejette cette Parole en vivant une vie de péché n’a tout simplement pas reçu la Parole et la garde encore moins. Si vous croyez être chrétiens, regardez comment vous considérez la Parole du Seigneur, comment vous la gardez. Et quand on est vraiment chrétien, on ne peut qu’aimer la Parole du Seigneur, désirer s’y soumettre, et nous nous repentons de nos péchés.

 

Être conscients du danger

La deuxième application c’est que nous devons être conscients du danger que représente le monde. Parce que derrière le monde, il y a un funeste personnage qui surveille. Nous devons être conscients du danger de nous-mêmes. 1 Corinthiens 10.12 :

Ainsi donc, que celui qui croit être debout prenne garde de tomber !

Celui qui se croit fort est encore plus en danger. Et nous devons être conscients du danger de ce monde et de celui qui le maintient dans les ténèbres. C’est l’exhortation que nous sert 1 Pierre 5.8 :

Soyez sobres. Veillez ! Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer.

Ce monde-ci est sous l’emprise, c’est-à-dire sous la forte influence de Satan.

1 Jean 5.19 :

Nous savons que nous sommes de Dieu, et que le monde entier est au pouvoir du Malin.

Mais être conscients du danger ne nous serait pas d’un grand avantage sans être conscients d’une autre réalité encore plus importante. 1 Jean 4.4 :

Vous, petits enfants, vous êtes de Dieu, et vous les avez vaincus, parce que celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde.

Nous devons être conscients de qui est en nous. C’est le Dieu tout-puissant. C’est le Seigneur de toute la création. C’est lui qui a créé tout ce qui existe. Qui peut lui résister? Frères et sœurs. Restons attachés à notre Père céleste qui veille sur nous. Rendons-lui grâce pour ses tendres soins. Comptons sur lui jour après jour.

 

Que le Seigneur vous bénisse.

 

Daniel Durand, pasteur

 

25 novembre 2018

 

 


[1] Voir Boice.

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Prédicateur invité

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