Sainteté, aséité et immuabilité

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« Nous devons connaître la sainteté de Dieu, ses perfections. Comment pourrions-nous vivre la foi en un Dieu qui serait pécheur? Quelle assurance aurions-nous en un Dieu qui aurait transgressé sa propre loi? […] S’il fallait que Dieu ait confié la réalisation de son plan au libre-arbitre de l’homme, c’est que son plan dépendrait de l’homme. Le fait que Dieu se suffit en lui-même nous parle sur ce que nous faisons. Ce que le Seigneur nous demande de faire n’est jamais pour combler un besoin qu’il aurait. Il nous demande ces choses afin de nous rendre participants à ses œuvres. […] Notre foi est fortifiée dans le fait que Dieu est immuable. Si Dieu changeait, ça signifierait que nous aurions confié nos vies en un Dieu dont nous ne savons pas ce qu’il sera demain. »

 

Introduction

Nous poursuivons ce soir dans la série que j’ai appelée La foi en action. Le chrétien reçoit constamment des informations sur Dieu, que ce soit en lisant sa Bible, en échangeant avec des frères et sœurs, en lisant des livres chrétiens ou en recevant des enseignements à l’Église. De nos jours, il faut ajouter la navigation sur Internet. Ce ne sont pas les informations qui manquent. Le problème est que ces informations ne s’incarnent pas toujours dans nos vies, alors que le Seigneur veut que ces vérités deviennent déterminantes dans la vie de ses enfants. C’est le but de cette série où nous survolons plusieurs des attributs de Dieu, mais en s’arrêtant particulièrement sur l’impact que ces attributs doivent avoir dans nos vies, parce que le seul aliment dont la foi doit se nourrir est la connaissance de Dieu.

Sainteté

Le premier attribut que nous verrons ce soir, c’est la sainteté de Dieu. Je suis chrétien depuis bientôt 35 ans et j’ai eu le privilège de visiter beaucoup d’Églises. J’ai appartenu à trois familles d’Églises. J’ai été missionnaire, soutenu par une famille d’Églises américaines qui m’invitaient à l’occasion à des congrès. J’ai été invité à prêcher dans plusieurs Églises au Québec et dans deux Églises en Suisse. De toutes ces Églises que j’ai visitées, aucune n’était pareille quant à son décor. De toutes ces visites, il n’y a qu’une seule dont je me rappelle le verset qui était écrit sur le mur derrière la scène. Ce verset est 1 Pierre 1.16 qui dit :

Vous serez saints, car je suis saint. (1 Pierre 1.16)

Je ne me souviens pas dans quelle Église c’était, mais je me souviens de l’effet de ce verset. Je venais de réaliser que je vivais ma vie chrétienne, je m’activais, mais sans m’arrêter sur qui est Dieu et, en particulier sur sa sainteté. J’ai réalisé à ce moment-là que, parfois, on reçoit des mots sans prendre la mesure du sens de ce mot.

Vous serez saints, car je suis saint. (1 Pierre 1.16)

Nous devons connaître la sainteté de Dieu, ses perfections. Comment pourrions-nous vivre la foi en un Dieu qui serait pécheur? Quelle assurance aurions-nous en un Dieu qui aurait transgressé sa propre loi? Nous devons savoir que seul Dieu possède la sagesse. Nous devons savoir que seul Dieu possède l’immortalité. Nous devons savoir que Dieu est parfaitement juste, que Dieu est parfaitement amour.

Avez-vous remarqué que, lorsque nous dévions du chemin que nous devons suivre, c’est que nous avons oublié ou négligé au moins un attribut de Dieu? Quand je pèche, c’est que j’oublie sa justice. Quand je fais à ma tête, c’est que j’oublie que lui seul possède la sagesse. Quand je me crois condamné, c’est que j’oublie que Dieu est infiniment amour. Quand je pense que Dieu ne me voit pas, c’est que j’oublie qu’il est omniprésent.

Quand je pense que Dieu ne me comprend pas, c’est que j’oublie qu’il est omniscient. Frères et sœurs, il est vital de connaître Dieu par sa Parole si nous voulons vivre la vie chrétienne, si nous voulons que notre foi soit en action.

Aséité

Un autre attribut de Dieu, celui-là beaucoup moins connu, c’est l’aséité, avec un L apostrophe : Dieu est indépendant.

Ça signifie que Dieu se suffit à lui-même : tout ce que Dieu a créé dépend de Dieu, mais Dieu ne dépend de personne.

Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s’y trouve, lui qui est le Seigneur du ciel et de la terre, n’habite pas dans des temples faits par la main des hommes; il n’est pas servi par des mains humaines, comme s’il avait besoin de quoi que ce soit, lui qui donne à tous la vie, le souffle et toutes choses. (Actes 17.24-25)

Du fait que Dieu a tout créé nous convainc qu’il n’a besoin de rien. Dieu se suffit à lui-même. Qu’est-ce que cette vérité change pour nous? S’il fallait que Dieu dépende de quelqu’un d’autre, ça voudrait dire que c’est l’autre qui serait Dieu. Je ne peux dépendre de quelqu’un qui dépend d’un autre. S’il fallait que Dieu dépende d’un autre, ma garantie est dans l’autre, parce que si l’autre ne donne pas à Dieu ce dont Dieu a besoin, Dieu cesse d’être Dieu ou d’agir comme Dieu doit agir. L’aséité de Dieu vaut aussi pour le salut : le plan de Dieu ne dépend pas des hommes, mais de Dieu lui-même. S’il fallait que Dieu ait confié la réalisation de son plan au libre-arbitre de l’homme, c’est que son plan dépendrait de l’homme. Le fait que Dieu se suffit en lui-même nous parle sur ce que nous faisons. Ce que le Seigneur nous demande de faire n’est jamais pour combler un besoin qu’il aurait. Le Seigneur nous demande de prier, de soutenir financièrement, d’évangéliser, etc., mais pas parce qu’il a besoin de nous. Il nous demande ces choses afin de nous rendre participants à ses œuvres. Certains ont proposé que Dieu a créé le monde parce qu’il s’ennuyait. Il en avait marre d’être seul. La doctrine de la trinité nous montre que Dieu est pluriel, Père, Fils et Esprit, que Dieu est entier en lui-même et n’a pas besoin de rien. Il se suffit.

Immuabilité

Un autre attribut de Dieu, c’est son immuabilité, c’est-à-dire le fait que Dieu ne change pas.

Tu as autrefois fondé la terre, et les cieux sont l’ouvrage de tes mains. Eux, ils périront, mais toi, tu subsisteras; ils s’useront tous comme un vêtement; tu les changeras comme un habit, et ils seront changés. Mais toi, tu restes le même, et tes années ne finiront pas. (Psaumes 102.26-28)

Ici, le psalmiste oppose le caractère changeant des éléments créés à l’immuabilité de Dieu. Dieu reste le même.

Car c’est moi l’Éternel, et je n’ai pas changé; et vous, fils de Jacob, vous n’avez pas été exterminés. (Malachie 3.6)

 […] tout don excellent et tout cadeau parfait viennent d’en-haut, du Père des lumières, chez lequel il n’y a ni changement, ni ombre de variation. (Jacques 1.17)

Notre foi est fortifiée dans le fait que Dieu est immuable. Si Dieu changeait, ça signifierait que nous aurions confié nos vies en un Dieu dont nous ne savons pas ce qu’il sera demain. Si Dieu n’était pas immuable, ça signifierait qu’il y a des moments où Dieu est meilleur que d’autres. Si Dieu n’était pas immuable, ça signifierait que Dieu se laisse ébranler par la création. Autrement dit, ça signifierait que la création parvient à changer Dieu.

Concernant l’immuabilité de Dieu, la question se pose à savoir si Dieu peut changer d’avis. Dans certains passages, il nous semble que Dieu recule, c’est-à-dire qu’après avoir annoncé un jugement, il ne l’exécute pas. Juste avant d’envoyer le déluge, nous lisons en Genèse 6.6 :

L’Éternel regretta d’avoir fait l’homme sur la terre, et son cœur fut affligé. (Genèse 6.6)

Nous connaissons la suite : le Seigneur envoie le déluge et détruit toute l’humanité, excepté Noé et sa famille.

L’Éternel dit à Moïse : Je vois que ce peuple est un peuple à la nuque raide. Maintenant laisse-moi! Ma colère va s’enflammer contre eux, et je les exterminerai; mais je ferai de toi une grande nation. Moïse implora l’Éternel, son Dieu, et dit : Pourquoi, Éternel, ta colère s’enflammerait-elle contre ton peuple, que tu as fait sortir du pays d’Égypte par une grande puissance et par une main forte? Pourquoi les Égyptiens diraient-ils : C’est pour leur malheur qu’il les a fait sortir, c’est pour les tuer dans les montagnes et pour les exterminer de la surface du sol? Reviens de l’ardeur de ta colère, aie du regret au sujet du malheur de ton peuple. Souviens-toi d’Abraham, d’Isaac et d’Israël, tes serviteurs, auxquels tu as dit, en faisant un serment par toi-même : Je multiplierai votre descendance comme les étoiles du ciel, je donnerai à votre descendance tout ce pays dont j’ai parlé, et ils en hériteront pour toujours. Et l’Éternel regretta le malheur dont il avait déclaré qu’il frapperait son peuple. (Exode 32.9-14)

Ici, le Seigneur annonce la destruction de son peuple, puis Moïse intercède afin que Dieu ne mette pas à exécution sa menace. Finalement, il est dit que l’Éternel regretta le malheur dont il avait déclaré qu’il frapperait son peuple. Ces exemples ne doivent pas nous amener à conclure que le Seigneur change d’idée comme ça. En fait, le Seigneur affirme sa prise de position dans une situation donnée et quand la situation change, sa prise de position change.

Dans le cas du déluge, maintenant que l’homme s’est enfoncé dans le péché, la position de Dieu reflète cette situation nouvelle. Dans le cas de Moïse qui intercède, la situation du peuple n’a pas changé. Toutefois, il y a maintenant un intercesseur qui préfigure le Christ. Il est possible, et même probable, que le récit où Dieu menace d’éliminer son peuple, mais le regrette à la suite de l’intercession de Moïse, que ça annonce que Dieu punit toujours le pécheur, sauf lorsqu’il est au bénéfice de la médiation du messie.

Daniel Durand, pasteur
4 avril 2018

Prédicateur invité

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