Série sur le livre de Ruth, partie 5, Ruth 1.18-23

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Introduction

La semaine passée, nous avons vu que Noémi a incité ses 2 belles-filles à retourner chez leur peuple, les Moabites, et que l’une d’elles a suivi ce conseil. Mais l’autre, Ruth, a résisté et a affirmé clairement son désir de suivre Noémi et son Dieu dans le pays d’Israël.

Et c’est très particulier. Ruth, une Moabite, s’attache à Dieu. Il est aussi possible que Ruth tienne à aller avec Noémi afin de peut-être avoir l’occasion de se marier avec un proche parent de son défunt mari et d’honorer ainsi la loi du lévirat[1]. Il s’agissait d’une disposition de la loi juive qui faisait en sorte que lorsqu’une femme devenait veuve sans avoir eu d’enfant avec son mari, le frère de ce dernier devait marier sa belle-sœur veuve afin d’assurer une descendance à son frère. Nous verrons ce point plus en détail une autre fois. Ce n’est pas impossible que Ruth pense à cette disposition puisque Noémi vient de faire référence à cette loi.

Retournez, mes filles, allez, car je suis trop vieille pour appartenir à un homme et quand je dirais : Il y a de l’espoir pour moi, quand cette nuit j’appartiendrais à un homme et que je mette des fils au monde, attendriez-vous pour cela qu’ils aient grandi, refuseriez-vous pour cela d’appartenir à un homme? Ruth 1.12-13 

Quoi qu’il en soit, Ruth s’attache à Dieu. Et nous allons voir l’importance de s’attacher à Dieu.

Tu craindras l’Éternel, ton Dieu, tu lui rendras un culte, tu t’attacheras à lui, et tu prêteras serment par son nom. Deutéronome 10.20 

Le verbe attacher est le même utilisé pour décrire l’attachement de Ruth envers Noémi. Ruth était attachée à Noémi parce que Noémi était juive, et attachée au Dieu d’Israël. Ça ressort de toute la réponse de Ruth. Et en particulier, la fin du verset 17.

Que l’Éternel me fasse ceci et qu’il ajoute cela si ce n’est pas la mort qui me sépare de toi. Ruth 1.17 

En utilisant le nom Éternel, Ruth voit Dieu comme le Dieu de l’alliance. Je vous rappelle que le nom Éternel est le nom de Dieu relié à son alliance. Ruth professe ici qu’elle veut être traitée selon l’alliance que Dieu avait faite à Abraham. Ruth a confiance dans le Dieu d’Israël. Et la suite nous montrera combien sont bénis ceux qui placent leur confiance en Dieu. La réponse de Ruth nous permet d’apprécier quelques caractéristiques de la vraie foi.

Renoncer

Ruth a dû faire un choix définitif entre retourner dans le peuple où elle a grandi et appartenir au peuple de Dieu. La foi exige toujours de quitter notre identité passée, de renoncer aux pratiques du monde. Frères et sœurs, croire en Jésus-Christ ne consiste pas seulement à nous approprier les bénédictions, les promesses de l’alliance. La foi en Jésus-Christ consiste d’abord à quitter définitivement les choses du monde.

Sans attrait

La deuxième caractéristique de la vraie foi est qu’elle ne repose pas sur des attraits du monde. À vue humaine, Noémi n’avait rien à offrir à Ruth. Même que Noémi lui dresse un tableau sombre de la situation si Ruth la suit. Le fait qu’il y avait du pain à Bethléem n’était pas un attrait puisqu’il y en avait aussi sur les plaines de Moab, où Ruth se trouvait. Il y a tout un pan du monde évangélique qui mise sur les moyens du monde pour attirer les non chrétiens. On offre ce que les non chrétiens désirent. J’aimerais vous dire que lorsque nous prenons les moyens du monde, nous risquons fort bien d’avoir les résultats du monde, c’est-à-dire des personnes non intéressées par l’évangile. La foi de Ruth était ancrée en Dieu seul. Au Dieu d’Israël. Une foi qui renonce pour s’approprier ce qu’il y a de meilleur.

Une foi qui ne se laisse pas séduire par les attraits du monde. Frères et sœurs, que notre foi puisse aussi nous amener à renoncer aux choses du monde. Que notre foi soit ancrée dans le Dieu de l’alliance. Nous allons maintenant lire les versets 18 à 22.

Noémi, la voyant résolue à aller avec elle, cessa de lui parler. Elles marchèrent toutes deux jusqu’à leur entrée à Bethléhem. Lorsqu’elles entrèrent à Bethléhem, toute la ville fut étonnée à leur sujet et les femmes disaient : Est-ce là Noémi? Elle leur dit : Ne m’appelez pas Noémi ; appelez-moi Mara, car le Tout-Puissant m’a rendu la vie bien amère!  Comblée j’étais partie ; vide l’Éternel me ramène. Pourquoi m’appelez-vous Noémi ? L’Éternel a témoigné contre moi, le Tout-Puissant m’a fait du mal. Ainsi revint Noémi, et avec elle sa belle-fille, Ruth la Moabite qui revenait de la campagne de Moab. Elles arrivèrent à Bethléhem au début de la moisson des orges. Ruth 1.18-22 

Rentrée au pays promis

L’attention se porte sur Noémi qui vit la situation très péniblement. On peut comprendre.

Elle exprime au verset 21 :

Comblée j’étais partie ; vide l’Éternel me ramène.

Noémi avait quitté avec son mari. Elle allait fonder une famille, avoir des enfants. Elle revient veuve, et avec sa belle-fille non seulement veuve aussi mais Moabite. Noémi est très amère. Lorsque ses compatriotes juives la voient, elles se posent la question : Est-ce bien là Noémi? Nous devons savoir que le nom Noémi signifie mes délices, ma joie, ma gracieuse. Noémi ne se reconnaît plus avec ce nom. Elle dira même aux femmes qui l’accueillent, verset 20 :

Ne m’appelez pas Noémi ; appelez-moi Mara.

Et elle va attribuer son malheur à l’Éternel par 4 affirmations, aux versets 20 et 21 :

car le Tout-Puissant m’a rendu la vie bien amère! vide l’Éternel me ramène. L’Éternel a témoigné contre moi, le Tout-Puissant m’a fait du mal.

Pour certains commentateurs, les propos de Noémi ne signifient pas que Noémi en veut à l’Éternel. Il se peut qu’elle ne fasse que reconnaître que c’est le Seigneur qui l’a affligée, sans plus. Il est possible aussi qu’elle entre en elle-même et qu’elle fasse un lien entre le péché de s’être réfugiée chez les Moabites, et les malheurs qui la frappent. Pour d’autres théologiens, Noémi fait des reproches à Dieu. Pour ma part, il me semble que le fait que Noémi ait de l’amertume implique qu’elle en veut à Dieu. Ce qui est important, c’est de se rappeler que l’histoire de Ruth fait partie de la période des Juges où le Seigneur envoyait le malheur pour ramener à la repentance ceux qui s’étaient éloignés. Ce dut être très humiliant pour Noémi de rentrer dans son pays. À l’époque, Bethléem était un tout petit village où tout le monde se connaissait. De plus, à l’époque, toutes les femmes se connaissaient. Elles allaient au puits à la même heure. Le peuple juif était très communautaire. Et là, tout le monde sait qu’elle est partie avec son mari dans un geste de désobéissance à Dieu et qu’elle s’est réfugiée dans les plaines de Moab. Et là, elles la voient revenir veuve, et avec sa belle-fille moabite par surcroît. C’est l’humiliation la plus totale. Frères et sœurs, il arrive que le Seigneur doive nous faire traverser des situations humiliantes pour nous faire réaliser la gravité de nos péchés. Noémi n’a sûrement pas été surprise de cette situation. Elle savait qu’elle devait faire face à ses compatriotes. Elle savait ce que ses compatriotes allaient penser. Et dès que les femmes la nomment, Noémi leur dit de ne pas l’appeler Noémi mais Mara. Et nous allons regarder de plus près les 4 affirmations qu’elle exprime.

Shaddaï

…car le Tout-Puissant m’a rendu la vie bien amère!

Noémi utilise le nom de Dieu Shaddaï, ce qui signifie Tout-Puissant. Nous avons un cantique qui a comme titre El Shaddaï. Noémi reconnaît que Dieu est tout-puissant, et que c’est par sa puissance qu’il a agi et envoyé les malheurs. Nous avions vu que la providence de Dieu ne concerne pas seulement les choses agréables, mais elle concerne aussi les épreuves, les malheurs que Dieu envoie. Le nom Shaddaï évoque les notions de puissance, de durabilité, de solidité, de fiabilité. Noémi connaissait ce nom en lien avec des évènements passés. Lorsque le Seigneur dit à Abraham que sa femme allait enfanter l’année suivante, Abraham avait 99 ans. Et c’est justement sous ce nom que Dieu s’est présenté.

Lorsqu’Abram fut âgé de 99 ans, l’Éternel apparut à Abram et lui dit : Je suis le Dieu Tout Puissant, [le Dieu Shaddaï]. Marche devant ma face et sois intègre. Genèse 17.1 

Plus tard, lorsque Joseph, alors premier ministre d’Égypte, s’arrange pour faire venir son petit frère Benjamin, son père Jacob, qui ignore tout de la situation, et qui ne voulait pas perdre ce fils en le laissant partir, finit par céder.

Que le Dieu Tout-Puissant, [le Dieu Shaddaï] fasse que cet homme ait compassion de vous, et qu’il laisse revenir avec vous votre frère et Benjamin! Genèse 43.14

Puis, ce même Jacob, à la toute fin de ses jours, alors qu’il s’adresse à chacun de ses fils dans ce qu’on pourrait appeler son testament spirituel, en tant que patriarche, dit ceci à Joseph.

Joseph est le rejeton d’un arbre fertile, le rejeton d’un arbre fertile près d’une source ; les branches s’élèvent au-dessus de la muraille. Ils l’ont provoqué, ils ont tiré, les archers étaient ses adversaires. Mais son arc est demeuré égal à lui-même, ses mains ont été fortifiées par les mains du Puissant de Jacob : il est ainsi devenu le berger, le rocher d’Israël. Par le Dieu de ton père, qui sera ton secours ; avec le Tout-Puissant [avec Shaddaï], qui te bénira, des bénédictions du haut des cieux, des bénédictions du fond de l’abîme, des bénédictions des mamelles et du sein maternel. Genèse 49.22-25 

Frères et sœurs, le Dieu Shaddaï est le Dieu qui déploie sa puissance. Le Dieu qui intervient. Un théologien a dit que Shaddaï, c’est Dieu qui se montre à son meilleur quand l’homme est à son moins bon[2]. Noémi ne désespère pas. En dépit de son amertume, elle professe sa foi à travers sa douleur.

 

 

Daniel Durand, pasteur

14 novembre 2018

 


[1] Deutéronome 25.5-10

[2] Motyer, cité dans Bible Speaks Today

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Prédicateur invité

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