Regard biblique sur nos états d’âme, partie 6

« Frères et sœurs, le seul remède contre le doute n’est pas de tenter de se convaincre par une sorte de pensée positive. Ce n’est pas de tenter d’oublier nos doutes. Le seul remède contre le doute, c’est ce qui donne la certitude, c’est-à-dire la Parole de Dieu. Nous allons apprécier cela en deux volets. Nous devons reconnaître nos doutes lorsque nous en avons. Ça ne sert à rien de jouer les héros spirituels et faire comme si notre foi était inébranlable. Nous devons reconnaître nos doutes et les confesser au Seigneur, parce que, à mon avis, nos doutes ne viennent pas de Dieu : ils viennent de nos pensées pécheresses. Donc, on les confesse. La bonne nouvelle (parce qu’avec le Seigneur, il y a toujours la bonne nouvelle), c’est que Dieu nous donne des moyens pour vaincre nos doutes. Il ne veut pas que nous demeurions dans le doute : il veut que nous ayons l’assurance de notre salut. J’aimerais vous dire que la première étape pour dissiper nos doutes n’est pas de croire, mais de s’instruire, parce que croire implique des vérités auxquelles nous devons croire. Si nous voulons croire, nous devons savoir, connaître ce en quoi nous croyons. »

 

Nous poursuivons ce soir la série sur nos états d’âme. Quand les choses vont bien, nous n’y pensons peut-être pas trop, mais quand ça va moins bien, nous constatons que la manière dont on se sent intérieurement devient déterminant dans nos actions.

Toutes ces choses, ma main les a faites, et elles sont toutes venues alors à l’existence, oracle de l’Éternel. Voici sur qui je porterai mes regards : Sur le malheureux qui a l’esprit abattu, qui tremble à ma parole. (Ésaïe 66.2)

Remarquez que le texte ne dit pas que le Seigneur porte ses regards sur celui qui a l’esprit abattu, mais sur celui qui a l’esprit abattu et qui tremble à la Parole de Dieu. Une des réalités qui angoisse plusieurs chrétiens, c’est le doute. Quand on est abattu, découragé, on se pose toutes sortes de questions et on remet en question ce qui était pourtant solide la veille. Il se peut qu’on en arrive à douter fortement de notre salut, ce qui ajoute à nos angoisses. Pascal Denault donne l’illustration suivante :

Un homme est assis dans la salle d’attente chez son médecin, appréhendant avec anxiété le diagnostic à la suite d’un examen de dépistage du cancer. Sa nervosité est palpable : il n’arrive pas à se contenir, s’agite fébrilement et respire avec difficulté. Il tente vainement de se rassurer lui-même que tout ira bien, que son médecin lui annoncera de bonnes nouvelles. Toutefois, cette pensée persiste au fond de lui : « Les nouvelles seront mauvaises. »

Il se sent comme un condamné à mort qui agonise pendant l’interminable attente de son supplice. Il craint que celui qui devrait être son thérapeute ne devienne son juge en lui faisant entendre un funeste verdict. Il regarde autour de lui afin de trouver du réconfort. Il voit ceux qui sont malades et craint que sa maladie ne soit pire encore. Il est hanté par le souvenir de gens qu’il a connus et qui sont morts du cancer. Il n’éprouve aucune joie malgré ses efforts pour se changer les idées ou se réconforter. Cette salle d’attente est un véritable purgatoire. Puis il est invité à entrer dans le cabinet du médecin… Il ressort au bout de quelques minutes après un entretien avec ce dernier : il est maintenant un homme complètement différent. Son cœur est tout à fait soulagé, il n’a plus envie de pleurer, mais plutôt de chanter. Il est transporté par la joie ; il sourit à tous ceux qu’il rencontre et a envie de faire du bien à tous ceux qui l’entourent. Que s’est-il passé chez cet homme ?

Il a reçu la certitude que tout allait bien pour lui et qu’il n’avait rien à craindre de la maladie mortelle qu’il redoutait. Autrement dit, il a obtenu l’assurance qu’il vivrait et il a vu toutes ses inquiétudes se dissiper. En réalité, il n’y a aucune différence entre l’état de cet homme avant et après la rencontre avec son médecin. Il était en parfaite santé avant et il demeure en parfaite santé après.

Cependant, maintenant qu’il sait que tout va bien, il ne vit plus dans le doute et la paix a envahi son âme ; il est reconnaissant et a une nouvelle motivation à faire le bien.

Frères et sœurs, le seul remède contre le doute n’est pas de tenter de se convaincre par une sorte de pensée positive. Ce n’est pas de tenter d’oublier nos doutes. Le seul remède contre le doute, c’est ce qui donne la certitude, c’est-à-dire la Parole de Dieu. Nous allons apprécier cela en deux volets.

Nous devons reconnaître nos doutes lorsque nous en avons. Ça ne sert à rien de jouer les héros spirituels et faire comme si notre foi était inébranlable. Nous devons reconnaître nos doutes et les confesser au Seigneur, parce que, à mon avis, nos doutes ne viennent pas de Dieu : ils viennent de nos pensées pécheresses. Donc, on les confesse.

La bonne nouvelle (parce qu’avec le Seigneur, il y a toujours la bonne nouvelle), c’est que Dieu nous donne des moyens pour vaincre nos doutes. Il ne veut pas que nous demeurions dans le doute : il veut que nous ayons l’assurance de notre salut. J’aimerais vous dire que la première étape pour dissiper nos doutes n’est pas de croire, mais de s’instruire, parce que croire implique des vérités auxquelles nous devons croire. Si nous voulons croire, nous devons savoir, connaître ce en quoi nous croyons. 

Situation courante

Le premier point que j’aimerais apporter, c’est que les doutes sur le salut sont choses courantes. Je ne serais pas du tout surpris que chaque croyant, sans exception, ait connu ou connaisse des doutes sur ce point. Je n’ai pas de verset biblique qui va dans ce sens, mais c’est ce que je constate. J’ajouterais que le fait de ne pas goûter à l’assurance du salut ne signifie pas que la personne n’est pas sauvée.

Cela, je vous l’ai écrit, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu. (1 Jean 5.13)

Il semble bien que certains lecteurs ne savaient pas, du moins avec certitude, qu’ils possédaient la vie éternelle du fait qu’ils croyaient en Jésus-Christ.

Lui qui n’a pas épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi tout avec lui, par grâce ? Qui accusera les élus de Dieu ? Dieu est celui qui justifie ! Qui les condamnera ? Le Christ-Jésus est celui qui est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous ! Qui nous séparera de l’amour de Christ ? La tribulation, ou l’angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou le dénuement, ou le péril, ou l’épée ? Selon qu’il est écrit : A cause de toi, l’on nous met à mort tout le jour. On nous considère comme des brebis qu’on égorge. Mais dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car je suis persuadé que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les dominations, ni le présent, ni l’avenir, ni les puissances, ni les êtres d’en-haut, ni ceux d’en-bas, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu en Christ-Jésus notre Seigneur. (Romains 8.32-39)

Encore ici, il semble bien que Paul ait eu besoin de rappeler aux chrétiens de Rome que, si notre Dieu a donné son propre Fils aux élus, il leur donnera tout le reste du salut. Personne ne peut nous accuser devant Dieu. La raison est que le Dieu qui justifie est le même Dieu qui nous a donné son propre Fils. Personne ne peut nous condamner. Les chrétiens ont besoin de se faire enseigner cela et, s’ils ont ce besoin, c’est parce que nous ignorons ou que nous oublions. Que des chrétiens doutent de leur salut n’est vraiment pas inhabituel.

S’instruire

Maintenant, si je doute de mon salut, que devrais-je faire? La première étape est de s’instruire, de savoir ce que Dieu dit sur le sujet. Lorsque je me suis converti, c’était parmi les Catholiques. Plusieurs trouvaient prétentieux que j’affirme être sauvé, mais en fait, il n’y a rien de prétentieux. Si je dis que tel médecin m’a guéri, ce n’est pas du tout prétentieux. Dire que Jésus-Christ m’a sauvé n’a rien de prétentieux. Ce qui serait prétentieux serait de dire que je me suis sauvé moi-même ou encore que Jésus-Christ m’a sauvé, parce qu’il m’a trouvé vertueux. Donc, la première étape, c’est de s’instruire, c’est-à-dire de prendre acte de ce que Dieu dit dans sa Parole. Je ne le dirai jamais trop : la doctrine est essentielle dans la vie chrétienne.

Mon peuple périt, parce qu’il lui manque la connaissance. (Osée 4.6)

Vouloir vivre la vie chrétienne sans connaître comment Dieu agit, sans connaître le plan de Dieu, est impossible.

Vouloir vivre la vie chrétienne sans acquérir la connaissance que donnent les Écritures, c’est vouloir marcher dans la lumière, mais à tâtons. Nous allons regarder quelques éléments du salut en s’arrêtant sur l’idée de la sécurité éternelle. Autrement dit, si j’ai vraiment cru en Jésus-Christ, suis-je vraiment en sécurité pour l’éternité? Ce point est très important pour les raisons suivantes : si je pense que Dieu peut me mettre dehors alors qu’il m’a auparavant sauvé, je vais servir Dieu dans le but de garder mon salut. Ça demeure un salut par mes œuvres, un salut mérité. Si je pense que Dieu peut me mettre dehors alors qu’il m’a auparavant sauvé, je vais m’approcher de Dieu en espérant qu’il demeure favorable à mon égard. Si je pense que Dieu peut me mettre dehors alors qu’il m’a auparavant sauvé, quel évangile est-ce que je vais présenter à ceux que le Seigneur met sur ma route? Si je pense que Dieu peut me mettre dehors alors qu’il m’a auparavant sauvé, c’est que je n’ai pas été réellement sauvé : tout reste à faire et c’est à moi de le faire. Finalement, ce n’est plus Dieu qui me sauve, mais moi qui me sauve en me qualifiant moi-même. Qu’est-ce que l’Écriture affirme sur le sujet? Il y a quelques textes difficiles qui semblent affirmer la perte du salut. Nous allons les regarder avant de voir ceux qui affirment clairement que le salut ne se perd pas.

Quant à ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don céleste et sont devenus participants à l’Esprit Saint, qui ont goûté la bonne parole de Dieu et les puissances du siècle à venir, et qui sont tombés, il est impossible de les ramener à une nouvelle repentance. Car ils crucifient de nouveau, pour leur part, le Fils de Dieu et le déshonorent publiquement. (Hébreux 6.4-6)

Ces versets à eux-seuls sont troublants : des personnes qui ont été une fois éclairées, qui ont goûté le don céleste et sont devenus participants à l’Esprit Saint, qui ont goûté la bonne parole de Dieu et les puissances du siècle à venir. Comment ne pas penser que ces personnes étaient effectivement croyantes, véritablement croyantes? En fait, les interprétations sur ce texte varient : ceux qui croient déjà en la perte du salut le voient comme un appui. Ceux qui ne croient pas en la perte du salut, et j’en fais partie, l’interprètent de diverses manières. Il y a ceux qui disent qu’il ne s’agit pas de véritables chrétiens : ils ont certes goûté, mais dans la même épître, goûter implique une expérience temporaire. Ainsi, Jésus a goûté la mort (Hébreux 2.9) : il n’a pas pris la mort définitivement. Jésus a goûté la mort, mais la mort ne l’a pas avalé. De la même façon, les gens décrits en Hébreux 6 ont goûté le don céleste, à la bonne parole de Dieu, mais ils n’ont fait qu’y goûter. Ils ont été éclairés, ils sont devenus participants au Saint-Esprit et ont même goûté aux puissances du siècle à venir. Ma pensée est que ces choses n’impliquent pas nécessairement l’expérience du salut. Je pense aux enfants de famille chrétienne. Ils ont goûté à la providence divine. Notre fils aîné a renié la foi, mais dans son enfance, il nous a vu prier pour des choses que Dieu a ensuite réalisées. Nous avons prié pour une piscine et quelqu’un nous en a offert une gratuitement. Nous avons prié pour une voiture et quelqu’un nous en a offert une gratuitement. Lorsque nous priions pour quelque chose, nous ne le criions pas sur les toits. Les gens qui nous donnaient ignoraient complètement que nous priions pour ces choses. Lorsque j’ai perdu mon emploi, Loraine et moi nous sommes dit que la volonté de Dieu est que nos enfants aillent quand même au camp chrétien, même si nous n’avions pas l’argent.

Nous les avons inscrits tous les quatre par la foi, sans rien dire à personne. Quelques semaines plus tard, j’ai reçu un coup de téléphone : une sœur qui me dit qu’elle et son mari ont eu à cœur de payer une semaine de camp à chacun de nos enfants. Je pleurais au téléphone et lui ai dit que nous les avions déjà inscrits par la foi. Puis, comme notre fils aîné était dans son adolescence, nous avons pensé qu’il serait bien qu’il aille au camp pour deux semaines. Nous en avions déjà une de payée, mais pas la deuxième. Nous prions pour cela. Une semaine plus tard, un homme me téléphone (il n’était pas chrétien), mais son fils et sa mère venaient à notre Église. Cet homme me dit que son fils aimerait bien aller une semaine au camp, mais il ne veut pas y aller seul. Il ajoute qu’il est prêt à payer une semaine de camp à notre fils aîné pour qu’il y aille en même temps que son fils. Notre fils aîné, qui n’est pas chrétien, a goûté au Saint-Esprit, c’est-à-dire à son action. Il a goûté à la providence de Dieu. Il a vu ses parents intercéder ainsi que l’exaucement de nos prières. Je pourrais vous raconter la voiture, puis bien d’autres choses. Notre fils a vu Dieu agir, mais il a tout rejeté. Nous allons lire les versets suivants qui vont nous éclairer :

En effet, lorsqu’une terre abreuvée de pluies fréquentes produit des plantes utiles à ceux pour qui elle est cultivée, elle a part à la bénédiction de Dieu. Mais si elle produit des épines et des chardons, elle est réprouvée, près d’être maudite, et finit par être brûlée. (Hébreux 6.7-8)

Certains prennent ce texte pour dire que le salut se perd. En fait, l’auteur affirme plutôt le contraire. Il est très probable que l’auteur ait eu en tête la parabole du Semeur où quatre sortes de terre sont comparées. Au verset 7, si la terre produit de bons fruits, elle a part à la bénédiction de Dieu. Ça va avec tout l’enseignement biblique qu’on reconnaît l’arbre à ses fruits, que la vraie repentance produit des fruits dignes de la repentance. C’est normal : une personne qui se repent et croit en Jésus-Christ ne peut plus vivre comme avant. Maintenant, est-ce que le verset 8 évoque la possibilité de la perte du salut?

Je ne pense pas. Elle dit simplement que si une terre ne produit pas de bons fruits, elle est réprouvée. Il n’y a jamais eu de vraie repentance ni de conversion.

Daniel Durand, pasteur
8 janvier 2020

Prédicateur invité

Partagez cet enseignement :

Share on facebook
Share on twitter
Share on print
Share on email