Regard biblique sur nos états d’âme, partie 5

Il y a deux semaines, nous avions vu que le Seigneur nous sauve, mais nous laisse dans ce monde d’opposition. Il nous donne l’amour de la vérité et il nous laisse dans ce monde de mensonge et de tromperie. Il fait de nous ses enfants de lumière et il nous laisse dans ce monde qui préfère les ténèbres à la lumière. Notre Dieu habite en nous et il nous laisse dans ce monde opposé à Dieu. Frères et sœurs, le monde est hostile à Dieu et, puisqu’il ne peut s’en prendre directement à Dieu, il s’en prend à son peuple. Le monde est ennemi de Dieu et, donc, notre ennemi. C’est un défi pour nous, mais en plus, nous avons un autre ennemi qui est nous-mêmes, c’est-à-dire notre chair :

Je dis donc : Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair. Car la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair ; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez. (Galates 5.16-17)

Voici la situation : Dieu a fait de nous la lumière du monde et nous garde dans ce monde qui déteste la lumière. Dieu nous a placés dans cette situation alors que nous sommes vulnérables en raison de notre condition. Nous ne sommes pas encore glorifiés.

Heureusement, le Seigneur a déjà remporté la victoire sur les ennemis et il habite en chacun de ses enfants. Nous sommes donc pris dans deux perspectives irréconciliables : la première est la nôtre, c’est-à-dire notre interprétation de tout ce que nous vivons. Cette interprétation est conditionnée par la culture ambiante, l’éducation reçue, notre milieu familial, mais aussi, notre propre tempérament, nos goûts, nos caprices, etc. Bref, nous interprétons à partir de nous-mêmes, de notre bagage.

La deuxième perspective est celle que Dieu nous communique dans les Écritures. Elle est irréconciliable avec la nôtre, parce qu’elle n’est influencée ni par le péché, ni par les limitations humaines :

Que le méchant abandonne sa voie, et l’homme de rien ses pensées ; qu’il retourne à l’Éternel, qui aura compassion de lui, à notre Dieu, qui pardonne abondamment. Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, oracle de l’Éternel. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies et mes pensées au-dessus de vos pensées. Comme la pluie et la neige descendent des cieux et n’y retournent pas Sans avoir arrosé, fécondé la terre et fait germer les plantes, sans avoir donné de la semence au semeur et du pain à celui qui mange, Ainsi en est-il de ma parole qui sort de ma bouche : elle ne retourne pas à moi sans effet, sans avoir exécuté ma volonté et accompli avec succès ce pour quoi je l’ai envoyée. Oui, vous sortirez dans la joie et vous serez conduits dans la paix ; les montagnes et les collines éclateront en acclamations devant vous, et tous les arbres de la campagne battront des mains. (Ésaïe 55.7-12)

Frères et sœurs, il est impossible de vivre le verset 12 (Ésaïe 55.12) sans vivre le verset 7 (Ésaïe 55.7).

Il est impossible de vivre la joie et d’être conduits dans la paix à moins que nous renoncions à penser par nous-mêmes, à agir par nous-mêmes et à vivre par nous-mêmes. Ça n’insinue pas que nous n’entrerons pas dans le bonheur éternel. Quand nous y entrerons, nous ne serons pas dans une condition pour revenir à nos anciennes pensées. Nous ne penserons plus jamais par nous-mêmes, nous n’agirons plus jamais par nous-mêmes et nous ne vivrons plus jamais par nous-mêmes, mais pour l’instant, ça nous arrive et quand nous le faisons, nous perdons notre joie et notre paix.

L’épreuve

Les épreuves font ressortir ces choses. Pascal Denault nous rappelle que la souffrance paraît beaucoup plus longue. Il cite Charles Spurgeon qui a écrit : « Une semaine entre les murs d’une prison est plus longue qu’un mois en liberté ». Pascal rapporte des exemples bibliques d’épreuves qui ont duré dans le temps. En Jean 5, on y trouve un homme malade depuis 38 ans, incapable de se déplacer par lui-même. En Luc 13, il y a une femme sous l’emprise d’un esprit impur qui la rendait infirme depuis 18 ans. Elle était courbée au point que c’était un handicap et elle ne pouvait pas se redresser. Je pense à notre sœur Claire qui est malade depuis des décennies sans espoir de guérison à vue humaine. Son seul espoir, et ce n’est pas mauvais, est la résurrection.

Quoi faire dans l’épreuve? Surtout, quoi faire lorsque l’épreuve se prolonge dans le temps? C’est comme avoir la tête sous l’eau : si quelqu’un me plonge la tête sous l’eau pour me la ressortir rapidement, je ne paniquerai pas, mais si l’expérience se prolonge, je risque de paniquer. Quand l’épreuve se prolonge, c’est là que ça va chercher ce qui habite vraiment dans la personne.

Ça peut être son tempérament insécure, ça peut être sa frustration ou, à l’inverse, ça peut être sa fidélité à Dieu, sa foi en Dieu.

Se réjouir en espérance

Paul nous enseigne ceci en Romains 12.12 :

Réjouissez-vous en espérance. Soyez patients dans la tribulation. Persévérez dans la prière. (Romains 12.12)

Où trouver notre joie? Certainement pas dans les circonstances de cette vie. Si c’est le cas, nous risquons de perdre notre joie en même temps que ces circonstances agréables. La solidité de notre joie dépend de la solidité de ce en quoi nous trouvons notre joie. Si nous trouvons notre joie dans les choses éphémères de ce monde, notre joie sera aussi éphémère. Si nous trouvons notre joie dans les choses vacillantes de ce monde, notre joie sera aussi vacillante.

Si nous trouvons notre joie dans les choses de Dieu, ces choses qui sont éternelles et solides, notre joie sera éternelle et solide. C’est en espérance que nous nous réjouissons, c’est-à-dire en considérant tout ce qui s’en vient pour nous. Celui qui marche dans le désert et qui ne considère que le sable ne trouvera aucune motivation, mais s’il regarde au loin l’oasis devant lui, ses pas vont s’accélérer en même temps que sa motivation va grandir.

Daniel Durand, pasteur
13 novembre 2019

Prédicateur invité

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