Regard biblique sur nos états d’âme, partie 16

« C’est celui qui persévèrera jusqu’à la fin qui sera sauvé. Celui qui persévère aujourd’hui et qui demain persévèrera peut se rassurer. La persévérance est le point le plus déterminant aussi, parce qu’elle englobe les autres. Nous persévérons dans la repentance, dans le rejet du péché. Nous persévérons dans la vie chrétienne, dans les moyens de grâce que sont la prière, la Parole de Dieu, la vie d’Église. Nous persévérons dans les bonnes œuvres que Dieu a préparées d’avance afin que nous les pratiquions. Nous persévérons dans notre adoration pour Dieu. Que le Seigneur nous donne de persévérer par la puissance de son Esprit. »

Dans les dernières semaines, nous avons vu les fruits de la conversion. Nous avons vu que tout débute par la repentance, c’est-à-dire cette conviction profonde de désobéir au Seigneur. Cette repentance, qui est donnée par Dieu, amène le croyant à rejeter son péché et, lorsqu’il chute, il revient rapidement vers son Sauveur dans une démarche de repentance. Nous avions aussi vu comme fruits la paix que Dieu donne, paix qui, avant d’être subjective, c’est-à-dire ressentie, doit être objective. Cette paix qui est le fait d’être réconciliés avec Dieu. Avant, nous étions ennemis de Dieu. Il n’y a aucune paix possible lorsque quelqu’un est ennemi de son créateur et de celui qui va juger le monde. La vraie paix vient aussi du fait que Satan et les forces démoniaques ont été vaincus à la croix. Un citoyen pourrait bien être réconcilié avec le roi et être en paix avec lui, mais si une nation ennemie menace, il n’y a pas de paix véritable. Notre Roi, Jésus-Christ, a vaincu l’ennemi à la croix.

Ce n’est que sur ces faits objectifs et historiques que le chrétien s’appuie pour goûter à une paix véritable. Cette paix témoigne de notre appartenance au Seigneur.

Le témoignage de l’Esprit

Le Seigneur donne aussi à ses enfants une autre marque de l’authenticité de la foi et c’est le témoignage de l’Esprit de Dieu.

Témoignage personnel

Je vais vous raconter une expérience passée. Lorsque je me suis converti, j’étais dans l’Église catholique. Je me suis converti en lisant la Bible. Ce n’est pas inusité. Martin Luther, le réformateur allemand, était catholique lorsqu’il s’est converti, de même qu’Ulrich Zwingli, le réformateur suisse allemand. Donc, j’étais dans l’Église catholique et j’étais en démarche pour entrer en communauté religieuse. Un jour, alors que j’étais dans une station de métro de Montréal et que j’étais déjà converti, j’ai eu une vive conviction que j’étais enfant de Dieu. Ça s’est passé en 1979 et je m’en souviens encore très bien. C’est très subjectif, mais c’est ce que j’ai vécu : une profonde conviction que j’étais enfant de Dieu. Un autre témoignage de l’Esprit que nous avons vécu, c’est la providence de Dieu : alors que j’étais aux études en théologie et que nos revenus étaient des plus modestes, avec quatre enfants qui entraient dans l’adolescence, nous avons tellement vu la providence de Dieu dans nos vies, surtout en ces temps très difficiles. La conviction que c’était Dieu qui prenait soin de nous est aussi un témoignage que l’Esprit de Dieu rend à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu.

Quand je lis les Écritures ou que j’entends un frère prêcher, enseigner et que j’apprends quelque chose ou qu’un texte m’interpelle fortement, j’ai cette même expérience de conviction profonde que Dieu fait une œuvre en moi. Quand la Parole de Dieu me reprend, c’est aussi la même chose. J’ai cette même conviction que c’est Dieu. L’Esprit de Dieu rend témoignage à mon esprit que je suis enfant de Dieu. 

Romains 8.12-17

Le texte le plus fort qui parle du témoignage de l’Esprit est Romains 8.12-17 :

Ainsi donc, frères, nous sommes débiteurs, mais non de la chair, pour vivre encore selon la chair. Si vous vivez selon la chair, vous allez mourir ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez, car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Et vous n’avez pas reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte, mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba ! Père ! L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être aussi glorifiés avec lui. (Romains 8.12-17)

La servitude

Dans son livre Le côté obscur de la vie chrétienne, Pascal Denault fait ressortir l’opposition que Paul présente entre deux réalités : l’esclavage et la filiation. Nous étions esclaves du péché. Pascal ajoute que, pour avoir l’assurance du salut, nous devons avoir l’assurance de notre péché. Nous étions esclaves du péché, c’est-à-dire que le péché exerçait sur nous une aliénation, un abrutissement. Pour prendre un terme plus biblique, la folie caractérisait nos vies.

Cet esclavage n’est pas à comparer à celui que nous voyons dans des films ou des personnes sont capturées malgré elles et forcées de travailler alors qu’elles voudraient être libres. L’esclavage du péché n’a rien à voir avec une personne qui serait forcée d’être esclave alors qu’elle ne le voudrait pas. L’esclavage du péché ressemble davantage à celui qui est esclave de la drogue et qui se plaît dans son esclavage. On lui propose tous les outils, tous les moyens pour s’en sortir et il ne veut pas. Cet esclavage entraîne la mort éternelle. C’est ce que Paul dit au verset 13 : « Vous allez mourir ». Celui qui est conduit par l’Esprit reconnaît son état pécheur, pas seulement le fait qu’il pèche, mais le fait qu’il est esclave du péché, incapable de s’en sortir, incapable de lutter contre le péché. Il a besoin de la puissance du Saint-Esprit pour lutter contre son péché, contre sa nature pécheresse. Celui que le Seigneur sauve a aussi besoin d’être convaincu d’un autre élément relié à son péché. C’est que, par son péché, il mérite la condamnation éternelle de Dieu.

L’adoption

Au milieu du verset, Paul présente l’autre réalité : celle du chrétien. Le chrétien est celui qui a reçu l’Esprit de Dieu (Romains 8.14) et qui fait mourir les actions du corps. Un chrétien charnel n’existe pas. Un chrétien est celui qui a reçu le Saint-Esprit. Un chrétien peut poser une action charnelle. Il peut s’égarer, mais un chrétien est, par définition, quelqu’un qui est conduit par le Saint-Esprit. Cette conduite l’amène à faire mourir les actions du corps. C’est la lutte constante du chrétien. Ceux-là sont fils de Dieu (Romains 8.14). Paul présente ensuite qui est cet Esprit que nous avons reçu. Cet esprit n’en est pas un de servitude (Romains 8.15). Ailleurs, Paul dira que nous sommes esclaves de la justice, au sens où nous sommes liés à la justice, mais en même temps, nous ne sommes pas dans la servitude. La servitude est un esclavage qui détruit, qui fait mourir à feu lent. La servitude est le fait d’être esclave d’un maître impitoyable qui opprime ses captifs. Il n’a aucune considération pour ceux-ci et ne cherche pas du tout leur bien. Dans ces versets, Paul oppose la servitude qui nous caractérisait à l’adoption. Nous avons reçu un esprit d’adoption par lequel nous crions : « Abba, Père. » Si nous sommes adoptés, c’est que nous n’étions pas des enfants de Dieu avant de l’être. Il y a une idée répandue qui veut que tous les humains soient des enfants de Dieu et que Dieu soit le Père de tous les humains. Si c’était le cas, Dieu ne nous adopterait pas. Nous serions déjà ses enfants. En réalité, avant notre conversion, nous avions pour père le diable que Jésus dit en Jean 8.44. Si nous sommes enfants de Dieu, c’est que nous le sommes devenus. Nous ne sommes pas nés enfants de Dieu. Le texte parallèle à Romains 8 présente un élément très intéressant.

mais lorsque les temps furent accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, né sous la loi,afin de racheter ceux qui étaient sous la loi, pour que nous recevions l’adoption. (Galates 4.4-5)

Paul ne parle pas de servitude dans ces versets, mais il le fera plus loin en opposant Agar et Sara. Agar était l’esclave de Sara.

Et parce que vous êtes des fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, qui crie : Abba ! Père ! (Galates 4.6)

Ici, Paul reprend la même expression « Abba, Père » pour nous dire que Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, qui crie Abba, Père. Comprenons ceci : l’esprit d’adoption que nous avons reçu est l’Esprit du Fils. L’expression « Esprit de son Fils » est unique dans toute la Bible. Autrement dit, la relation filiale que nous avons avec le Père vient du fait que l’Esprit du Fils éternel de Dieu établit cette relation. Par conséquent, la relation filiale que nous avons avec notre Père céleste est la même relation qui existe entre le Père et le Fils éternel.

Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils ; et si tu es fils, tu es aussi héritier, grâce à Dieu. (Galates 4.7)

Ces versets, autant ceux de Romains 8 que de Galates 4, nous donnent un puissant témoignage de notre appartenance à Dieu. Ce témoignage de l’Esprit n’est pas décrit dans ces deux passages, mais nous avons des données ailleurs dans les Écritures. Ce témoignage de l’Esprit que nous sommes enfants de Dieu agit dans le fait que nous sommes attirés à Jésus-Christ. Lorsque nous péchons, l’Esprit de Dieu nous ramène constamment à son Fils qui a expié tous nos péchés. L’œuvre de sanctification témoigne également de l’œuvre de l’Esprit en nous. La persévérance dans les épreuves et les corrections témoigne également, parce que nous recevons toutes les épreuves comme venant non pas d’un Dieu cruel, mais d’un Père qui nous forme patiemment et qui veut nous faire grandir en lui. Nous les recevons comme venant d’un Père qui nous aime, selon Hébreux 12.5-10 :

Et vous avez oublié l’exhortation qui vous est adressée comme à des fils : Mon fils, ne prends pas à la légère la correction du Seigneur, Et ne te décourage pas lorsqu’il te reprend. Car le Seigneur corrige celui qu’il aime, Et frappe de verges tout fils qu’il agrée. Supportez la correction : c’est comme des fils que Dieu vous traite. Car quel est le fils que le père ne corrige pas ? Mais si vous êtes exempts de la correction à laquelle tous ont part, alors vous êtes des bâtards et non des fils. Puisque nous avons eu des pères selon la chair, qui nous corrigeaient et que nous avons respectés, ne devons-nous pas, à plus forte raison, nous soumettre au Père des esprits pour avoir la vie ? Nos pères, en effet, nous corrigeaient pour peu de temps, comme ils le jugeaient bon ; mais Dieu nous corrige pour notre véritable intérêt, afin de nous faire participer à sa sainteté. (Hébreux 12.5-10)

Celui en qui l’Esprit du Fils de Dieu habite, le Saint-Esprit, a un regard différent sur tout ce qu’il traverse. Il pourrait vivre le même genre d’épreuve qu’un non chrétien. Si nous ne regardons que l’épreuve, il pourrait n’y avoir aucune différence entre ce qu’un chrétien traverse et ce qu’un non chrétien traverse. Ce qui sera différent est d’abord la compréhension du chrétien dans l’épreuve. Il la voit comme venant du Seigneur, son Père céleste qui ne lui veut que du bien. Il le sait, parce que l’Esprit du Fils habite en lui et crie en lui « Abba, Père. » Le chrétien sait aussi que Dieu promet la délivrance de l’épreuve et, surtout, une œuvre bienfaitrice de celle-ci. Finalement, le témoignage des autres doit aussi être considéré. Quand on y pense, il n’est jamais dit au croyant de se baptiser lui-même. Le verbe est toujours à la forme passive lorsqu’on parle du baptisé. Il a été baptisé et non il s’est baptisé lui-même. Ce point est important, parce que c’est l’Église qui reconnaît la profession de foi des personnes. C’est l’Église qui a le mandat de baptiser. Le baptême, s’il est le témoignage de celui qui se fait baptiser, est aussi la reconnaissance de la part de l’Église que la profession de foi du candidat est crédible.

Il me semble que cette reconnaissance de l’Église conserve toujours sa valeur par la suite. D’ailleurs, la discipline, qui relève également de l’Église, est aussi une attestation, cette fois négative, que la personne ne peut plus être considérée comme un frère ou une sœur. Si l’Église ne discipline pas, en principe, c’est qu’elle reconnaît toujours la pleine valeur de la profession de foi de la personne. Évidemment, il faut que l’Église prenne au sérieux l’ordonnance du baptême, de même que la discipline.

C’est important, parce que le témoignage de l’Esprit dans le chrétien inclut l’accueil par la communauté de l’Esprit, l’Église. Si quelqu’un se dit chrétien, mais qu’aucune Église ne reconnaît sa foi, il y a de quoi s’interroger. Donc, pour terminer ce point, le Seigneur donne des moyens aux croyants pour avoir de l’assurance sur son salut. Nous avons des ancrages dans nos vies, mais de tous ces ancrages, je dirais que la persévérance est le plus déterminant, parce qu’elle est la marque significative de la vie chrétienne.

C’est celui qui persévèrera jusqu’à la fin qui sera sauvé. Celui qui persévère aujourd’hui et qui demain persévèrera peut se rassurer. La persévérance est le point le plus déterminant aussi, parce qu’elle englobe les autres. Nous persévérons dans la repentance, dans le rejet du péché. Nous persévérons dans la vie chrétienne, dans les moyens de grâce que sont la prière, la Parole de Dieu, la vie d’Église. Nous persévérons dans les bonnes œuvres que Dieu a préparées d’avance afin que nous les pratiquions. Nous persévérons dans notre adoration pour Dieu. Que le Seigneur nous donne de persévérer par la puissance de son Esprit.

Prions.

Prédicateur invité

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