Regard biblique sur nos états d’âme, partie 13

« Frères et sœurs, le Seigneur ne veut pas que nous soyons dans l’incertitude, dans le flou au sujet de notre avenir éternel. Il nous dit que si nous croyons en Jésus-Christ, avec ce que ça comporte, nous devons avoir cette assurance. Ça va avec le repos que Jésus donne. S’il fallait que Dieu ne nous donne aucune assurance, comment pourrions-nous vivre le repos? Soyons affermis dans notre foi par les moyens que Dieu donne. »

Bonjour chers frères et sœurs, chers amis. Mon nom est Daniel Durand et je suis pasteur à l’Église baptiste de la foi de Drummondville. Bienvenue à cette série d’études qui portent sur nos états d’âme. Je vous invite à la prière.

Depuis plusieurs semaines, nous regardons ce qui peut provoquer des états d’âme difficiles et nous avions vu quelques sources qui alimentent les doutes sur notre appartenance à Dieu. La dernière fois, j’avais mentionné qu’une mauvaise compréhension du vocabulaire biblique amène des attentes non fondées. Le fait que ces attentes demeurent sans réponse risque d’amener des doutes.

Ressentir la présence de Dieu

Ce soir, je vais brièvement parler d’un autre phénomène courant dans les milieux évangéliques et qui perturbe plus qu’autre chose : il s’agit de l’idée que la présence de Dieu se ressent obligatoirement. En fait, la Bible ne dit jamais que le chrétien doit ressentir la présence de Dieu.

Nous croyons que Dieu est présent dans nos vies, non pas à partir de ce que nous ressentons, mais du simple fait que Dieu dit qu’il est présent. Se fier sur son ressenti est en lien avec marcher par la vue. C’est l’homme qui se fie sur ses sens.  Celui qui se fie sur son ressenti, le jour où ce ressenti n’est plus là, il conclura que Dieu est absent. C’est très traumatisant et c’est une source de doutes. Frères et sœurs, la foi vient de ce qu’on entend et ce qu’on entend vient de la Parole du Christ, nous dit Paul en Romains 10.17. La foi ne vient pas de ce qu’on ressent.

Mon péché

À mon avis, c’est déjà un péché de se fier sur son ressenti. Dans mon passé, j’ai traversé une période où j’ai adhéré à un mouvement charismatique où on tombait par terre pendant une bonne période. Personnellement, après qu’un pasteur m’ait imposé les mains en priant sur moi, je suis tombé par terre pendant une heure et quart et j’avais des spasmes. Mon épouse et moi avons vécu plusieurs trucs. Un jour, j’ai tout mis ça de côté et je me suis repenti de ces pratiques. Ça s’est passé à la fin des années 90. Je me suis repenti, parce que j’ai constaté que je m’étais laissé séduire. Ma recherche d’expérience, peu importe laquelle, peu importe comment, peu importe pourquoi, n’était que de la séduction. Je voulais ressentir à tout prix. De plus, je prenais ces expériences comme des preuves d’amour de notre Dieu, alors qu’en vérité, je dois croire que Dieu m’aime sur le simple fait qu’il a donné son Fils pour moi.

Imaginez le père qui donne un rein à son fils et, en sortant de l’hôpital, le fils demande à son père une preuve de son amour… Nous trouverions cela vraiment ingrat et avec raison. Nous trouverions cela ingrat, parce que la demande de cette preuve d’amour équivaut à éclipser le don du rein. Le croyant qui demande à Dieu une preuve d’amour vient plutôt de l’insulter.

Mais en ceci, Dieu prouve son amour envers nous : lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous. (Romains 5.8)

Voulons-nous une preuve de l’amour de Dieu? La croix est la réponse de Dieu. Ne laissons rien porter ombrage à cette croix. Mon péché peut porter ombrage à la vie de Dieu en moi, mais mon péché ne peut jamais me faire perdre mon salut. Jésus n’a pas payé uniquement pour mes péchés passés, mais aussi pour mes péchés présents et futurs. Chez le chrétien, le péché le ramène toujours à la croix du Christ, d’où l’importance de connaître combien Dieu est compatissant.

L’assurance

Nous allons maintenant voir la question de l’assurance du salut. C’est en lien avec ce qu’on appelle la sécurité éternelle. La sécurité éternelle est la réalité objective. L’assurance du salut est l’appropriation subjective. Imaginez le père qui est avec son enfant de cinq ans. Ils vont visiter un aquarium dans lequel il y a des requins. L’enfant est apeuré et n’a pas du tout l’assurance que tout va bien se passer. En fait, il est de plus en plus inquiet et angoissé. Il n’a pas l’assurance. Pourtant, il a la sécurité. La vitre de l’aquarium est d’une telle épaisseur que cinq requins pourraient foncer en même temps sur la paroi sans qu’elle ne se fracasse. L’enfant est en sécurité, mais n’a aucune assurance. Dans le salut, c’est la même chose : le chrétien est en parfaite sécurité. S’il a vraiment cru en Jésus-Christ, s’il est régénéré, il est en sécurité, mais l’assurance, c’est autre chose. Pour que cet enfant connaisse l’assurance, le père devra lui expliquer combien grande est la sécurité. Il devra lui dire que s’il avait le moindre doute sur la sécurité, il n’aurait jamais amené son enfant ici. Dans la question de l’assurance du salut, la sécurité éternelle est le fait bien attesté dans les Écritures. Lorsque Dieu sauve son élu, il le sauve totalement et pour l’éternité. Dieu lui donne une nouvelle nature, la régénération, qui fait en sorte que le croyant va obéir, va persévérer jusqu’à la fin.

Il s’agit d’une vérité révélée dans la parole de Dieu. Il s’agit d’une doctrine biblique. Par contre, quant à l’appropriation de cette vérité, elle peut faire défaut chez le croyant, c’est-à-dire que le croyant peut douter de son salut même si, en vérité, il ne se perd pas. J’ai déjà parlé de la foi qui peut vaciller. Notre foi n’est pas linéaire : elle subit des hauts et des bas. Les épreuves en particulier peuvent venir nous ébranler ou, encore, le fait d’entendre un faux enseignement pourrait aussi nous agiter.

Il y a plusieurs années, alors que j’étais pasteur, j’ai été confronté à des faux enseignements que je n’avais jamais entendus. J’ai été profondément ébranlé. J’ai douté. J’ai même remis en question toutes mes bases. J’étais troublé et je ne reconnaissais plus ma foi de jadis. J’ai contacté immédiatement un pasteur très fondé théologiquement et il m’a suggéré la lecture d’un livre. Je l’ai lu et ça m’a rétabli. Donc, les épreuves ou encore l’exposition à un faux enseignement peuvent faire vaciller notre foi. Aussi, il se peut que les forces démoniaques nous ébranlent également :

Au reste, fortifiez-vous dans le Seigneur et par sa force souveraine. Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les manœuvres du diable. (Éphésiens 6.10-11)

Si nous ne nous fortifions pas dans le Seigneur par sa force souveraine et si nous ne nous revêtons pas de toutes les armes de Dieu que Paul va décrire dans les versets suivants, nous ne tiendrons pas ferme contre les manœuvres du diable. Ça ne signifie pas que nous perdrons notre salut, puisque le bon Berger n’abandonne jamais sa brebis prise dans la gueule du loup ravisseur, mais ça signifie que nous serons emportés pour un temps dans les manœuvres du diable. Paul ajoute :

C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour et tenir ferme après avoir tout surmonté. (Éphésiens 6.13)

J’aimerais préciser à ce moment-ci qu’il est impossible d’avoir une foi solide, ferme, sans avoir une connaissance toute aussi solide des Écritures. Je ne parle pas d’avoir mémoriser plusieurs versets, quoi que ce soit excellent de l’avoir fait. Je parle d’avoir une connaissance doctrinale des Écritures solide, ferme et consistante, par exemple, si je mémorise Jean 3.17 qui dit :

Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. (Jean 3.17)

Je ne dois pas seulement m’intéresser qu’à l’ordre des mots : je dois avoir une juste compréhension des mots. C’est quoi, être sauvé? Qui est sauvé? Est-ce tout le monde sans exception d’après ce verset? Pourquoi ce texte ne parle pas de la condamnation des réprouvés? Frères et sœurs, nous n’insisterons jamais assez sur l’importance de la saine doctrine pour l’affermissement de nos âmes et pour la solidité de notre foi. Pascal Denault, dans son livre Le côté obscur de la vie chrétienne, donne l’image suivante :

Un homme devait faire des travaux sur le toit de sa maison. Il installa son échelle et monta sur le toit. Afin d’assurer sa sécurité, il s’attacha une corde autour de la taille. Il appela son fils, lui lança l’autre bout de la corde en lui demandant de l’attacher solidement. Le garçon attacha la corde au pare-choc de la voiture garée de l’autre côté de la maison et rentra dans la maison. Un peu plus tard l’épouse sortit pour aller faire des courses. Elle monta dans la voiture sans remarquer la corde qui y était attachée puis elle partit. L’homme fit une chute précipitée du toit de sa maison. Nous pouvons tirer quelques leçons de cette histoire.

Premièrement, ceux qui mettent leur confiance dans les choses de la terre périront. L’apôtre Paul déclare que ceux qui « ne pensent qu’aux choses de la terre ; auront pour fin la perdition » (Ph 3.19).

Deuxièmement, ce n’est pas tout d’avoir une assurance, encore faut-il qu’elle soit fiable. Certaines personnes se sentent en sécurité en raison de leur mode de vie, ou de l’environnement stable et confortable dans lequel elles vivent, ou en raison de leurs croyances. Cependant, la valeur de l’assurance n’est pas déterminée par le sentiment de sécurité qu’elle procure, mais par la garantie qu’elle assure. Notre homme se sentait en sécurité avec sa corde solidement attachée autour de lui. Ce fut à sa ruine que cette corde lui procura ce sentiment puisqu’elle ne lui assurait aucune garantie réelle.

L’image est très bonne. Il ne suffit pas d’être solidement attaché : il faut être solidement attaché à ce qui est solide par lui-même. Ce n’est pas notre assurance comme telle qui doit nous sécuriser, mais la fiabilité de Celui à qui nous sommes attachés, unis. Pascal Denault ajoute que pour que notre assurance soit fondée, nous devons être attachés à quelque chose de plus élevé que nous, comme l’illustration de l’homme sur le toit le démontre. Je préciserais que la chose doit aussi être solide. Celui qui est attaché à une branche morte, bien que plus élevée que lui, est en danger. Si notre assurance repose sur la solidité de notre Sauveur et non sur nos émotions, si notre assurance repose sur les œuvres du Christ et non sur les nôtres, si notre assurance repose sur les promesses de la Bible et non sur nos pensées, nous sommes en sécurité. La Bible nous montre que Dieu veut que nous ayons de l’assurance face à notre salut.

Cela, je vous l’ai écrit, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu. (1 Jean 5.13)

Dieu veut que nous sachions que si nous croyons en Jésus-Christ, nous avons la vie éternelle, non pas la vie conditionnelle, mais la  vie éternelle. Paul avait cette certitude du salut.

Mais maintenant comme toujours, Christ sera exalté dans mon corps, avec une pleine assurance, soit par ma vie, soit par ma mort. (Philippiens 1.20)

Frères et sœurs, le Seigneur ne veut pas que nous soyons dans l’incertitude, dans le flou au sujet de notre avenir éternel. Il nous dit que si nous croyons en Jésus-Christ, avec ce que ça comporte, nous devons avoir cette assurance. Ça va avec le repos que Jésus donne. S’il fallait que Dieu ne nous donne aucune assurance, comment pourrions-nous vivre le repos? Soyons affermis dans notre foi par les moyens que Dieu donne.

Prions.

  • Prions pour notre santé morale, émotive et spirituelle, sachant que les mesures de confinement et l’insécurité sanitaire et économique peuvent jouer sur notre état d’âme;
  • Prions pour les célibataires de notre Église, sachant que le confinement joint à la solitude est difficile à vivre;
  • Prions pour que Dieu utilise cette situation éprouvante pour conduire des gens à Jésus-Christ;
  • L’épouse du pasteur William Cotnoir (Vaudreuil) devra travailler comme infirmière auprès des malades atteints du Covid-19 (coronavirus). Ils ont plusieurs jeunes enfants, ce qui amène une certaine inquiétude.

Prédicateur invité

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