Regard biblique sur nos états d’âme, partie 12

« Frères et sœurs, appliquer les Écritures à nos vies demande de comprendre le sens de celles-ci. Recevoir les bénédictions de la Parole de Dieu nécessite de bien l’interpréter. Si nous comprenons mal ce qu’est l’amour selon Dieu et le réduisons à un sentiment, nous risquons d’être troublés dans nos pensées. Nous allons constater que nos sentiments ne sont pas toujours au rendez-vous, mais lorsque nous comprenons que l’amour est une décision qui nous pousse à l’action, nous pouvons aimer sans nous centrer sur nos sentiments. Si nous croyons que la paix que Dieu donne doit absolument être ressentie, lorsque nous serons perturbés, nous allons penser que Dieu nous a retiré sa paix. Si nous définissons la joie comme le monde, nous serons déçus. Notre séjour ici-bas nous offre des difficultés, des épreuves. Notre joie doit reposer sur la perspective de Dieu. Cette joie transcende les pleurs. »

Mon nom est Daniel Durand. Je suis pasteur de l’Église baptiste de la foi et je vous souhaite la bienvenue à cet enseignement.

Prions.

Dans le cadre de notre série sur les états d’âme, nous avons débuté la semaine passée sur l’importance de mettre les bonnes définitions aux mots bibliques. Certains superposent une définition moderne et païenne à des mots anciens qu’on retrouve dans la Bible. Si nous prenons le langage biblique, mais les définitions non bibliques, nous penserons avoir le message de la Bible, mais il risque d’être tordu par la définition qui, elle, serait étrangère aux Écritures. La semaine passée, nous nous sommes arrêtés sur le mot « justice ». Dans notre société moderne, la justice est souvent vue comme le fait de traiter toutes les personnes de la même manière. Or, cette définition ne correspond pas à celle de la Bible : Dieu ne traite pas tous les hommes de la même manière et, pourtant, il est totalement juste, beaucoup plus juste que ceux qui veulent traiter tous les hommes de la même manière. J’avais déjà donné l’exemple des parents qui font leur testament. Ils ont quatre enfants. Selon notre société, si ces parents sont justes, ils vont séparer en quatre parties bien égales. Si un des enfants a un handicap qui l’empêche de travailler, est-ce juste qu’il reçoive le même montant que les trois autres qui sont en mesure de travailler? Si dans les trois autres, il y en a un qui ne veut pas travailler : il consomme sa bière toute la journée et ne veut pas travailler, alors que les deux autres fondent chacun une famille, travaillent fort pour faire vivre leur famille, trouverions-nous juste que les quatre enfants reçoivent le même montant? Pour d’autres raisons que celles de mon exemple, Dieu ne traite pas tous les hommes sur le même pied. Il n’y a aucun texte qui dit cela au contraire :

Dieu révèle ses paroles à Jacob, ses prescriptions et ses ordonnances à Israël ; Il n’a pas agi de même pour toutes les nations ; elles ne connaissent pas ses ordonnances. Louez l’Éternel ! (Psaumes 147.19-20)

Amour

Un autre mot qui reçoit souvent une définition étrangère aux Écritures, c’est l’amour.

Dans notre société, l’amour se résume souvent à un sentiment, mais la Bible a peu d’intérêt pour le sentiment. En fait, l’amour fait appel à la volonté et non aux sentiments. Ce que je ressens n’intervient pas dans le commandement d’aimer son prochain. L’amour, dans la Bible, est une disposition favorable que je décide de prendre envers mon prochain, une disposition telle que je vais agir envers lui de façon tout aussi favorable. Je vais le bénir, même si c’est mon ennemi. Si Dieu avait simplement eu un bon sentiment pour nous, il ne nous aurait pas sauvés :

Mais en ceci, Dieu prouve son amour envers nous : lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous. (Romains 5.8)

En lien avec les doutes qui affectent nos états d’âme, si je définis l’amour comme le fait d’avoir un sentiment positif envers mon prochain et que je n’ai pas ce sentiment, je vais douter de la présence du Saint-Esprit en moi. Je vais douter de mon salut, parce que je vais attendre un sentiment que je n’ai pas. Comment puis-je aimer une personne pour laquelle je n’ai pas d’affection? Tout simplement en lui faisant du bien, en le traitant comme le Seigneur me le demande.

Paix

Un autre mot qui est mal compris par certains, c’est la notion de paix. Certains pensent que la paix est quelque chose qui doit être ressentie pour être réelle. Jamais la Bible ne dit cela. La paix est d’abord objective, c’est-à-dire qu’elle correspond à une réalité en dehors de moi. Je vous propose deux aspects dans ce sens.

Avec Dieu

Je vais lire deux textes :

Car si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, à bien plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie. (Romains 5.10)

Et vous, qui étiez autrefois étrangers et ennemis par vos pensées et par vos mauvaises œuvres, il vous a maintenant réconciliés par sa mort dans le corps de sa chair, pour vous faire paraître devant lui saints, irrépréhensibles et sans reproche, (Colossiens 1.21-22)

Ces deux textes nous disent que nous étions les ennemis de Dieu. La paix réelle est impossible lorsqu’un créature est ennemie de Dieu. Être ennemi de Dieu devrait terrifier les hommes. Ne pas être conscient de cette situation ne procure pas une vraie paix. D’ailleurs, les hommes sont conscients de cette situation. Nous voyons cela en Romains 1, d’abord au verset 21, alors que Paul parle de tous les hommes, du fait que Dieu s’est révélé à eux tous par la création.

Ils sont donc inexcusables, puisque, ayant connu Dieu, ils ne l’ont pas glorifié comme Dieu et ne lui ont pas rendu grâces ; mais ils se sont égarés dans de vains raisonnements, et leur cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres. (Romains 1.21)

Ce verset dit bien que tous les hommes, sans exception, connaissent Dieu, non pas relationnellement, mais ils connaissent Dieu. Ils le connaissent au sens où ils savent que non seulement il y a un Dieu, mais que ce Dieu s’est révélé par la création. Au verset 32, nous lisons :

Et bien qu’ils connaissent le décret de Dieu, selon lequel ceux qui pratiquent de telles choses sont dignes de mort, non seulement ils les font, mais encore ils approuvent ceux qui les pratiquent. (Romains 1.32)

Tous les hommes savent que ce Dieu qui s’est révélé a décrété que ceux qui pèchent sont dignes de mort.

Alors, il est impossible que ces mêmes personnes goûtent réellement à la paix. Ils savent qu’ils sont ennemis de Dieu, ils savent que Dieu existe, ils savent que Dieu va les juger. Donc, la première réalité concernant la paix, c’est que nous sommes réconciliés avec Dieu si nous sommes chrétiens.

Ennemi vaincu

La deuxième réalité objective en lien avec la paix, c’est que l’ennemi est vaincu. Il a été vaincu à la croix.

Hébreux 2.14-15 :

Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, lui aussi, d’une manière semblable y a participé, afin d’écraser par sa mort celui qui détenait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et de délivrer tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans l’esclavage. (Hébreux 2.14-15)

C’est à la croix que l’ennemi a été vaincu. En quoi la croix a vaincu l’ennemi?

D’abord, sur la croix, Jésus a dit que tout est accompli. C’est sur la croix que Jésus a terminé toute son œuvre d’expiation. Cette mort était en fait transactionnelle et substitutive, c’est-à-dire que la mort de Jésus est le châtiment qui nous revenait. À la croix, Jésus a pris le châtiment que la loi prévoit pour ceux qui la transgressent. Or, Satan, l’ennemi, ne peut plus nous accuser, puisque ça prend une loi pour accuser. La loi est accomplie : il n’a plus de griefs à présenter contre nous :

Qui accusera les élus de Dieu ? Dieu est celui qui justifie ! Qui les condamnera ? Le Christ-Jésus est celui qui est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous ! (Romains 8.33-34)

Satan est l’accusateur. En tant qu’ennemi, il pouvait accuser les enfants de Dieu. Maintenant que la loi est accomplie, il ne peut plus accuser.

Alors j’entendis dans le ciel une voix forte qui disait : Maintenant est arrivé le salut, ainsi que la puissance et le règne de notre Dieu, et l’autorité de son Christ. Car il a été précipité, l’accusateur de nos frères, celui qui les accusait devant notre Dieu jour et nuit. (Apocalypse 12.10)

Pour qu’un royaume soit vraiment en paix, ce n’est pas tout que le peuple soit en paix avec le roi : il faut aussi que les nations ennemies soient vaincues. Sinon, il ne peut y avoir une paix réelle. Jésus-Christ a vaincu Satan. Il peut agir encore, mais il ne peut plus nous accuser. Notre paix, qu’elle soit ressentie ou non, est un fait objectif. Nous avons la paix parce que nous sommes réconciliés avec Dieu et nous avons la paix parce que l’ennemi est écrasé. C’est l’accomplissement de Genèse 3.15 qui dit :

Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui écraseras le talon. (Genèse 3.15)

Frères et sœurs, si ma notion de paix se centre sur mon ressenti, je risque de me demander si j’ai vraiment le Saint-Esprit lorsque je ne ressens pas la paix.

J’ai l’impression qu’une des plaies les plus destructrices chez les chrétiens est la recherche du ressenti, ce que je ne lis jamais dans les Écritures. Le pire dans la recherche du ressenti, c’est qu’on s’en sert parfois pour mesurer l’action et l’amour de Dieu pour nous. On détermine par le ressenti si Dieu est présent ou non. J’ai connu des chrétiens qui cessaient de prier parce qu’ils ne ressentaient plus la présence de Dieu.

J’aimerais dire que, lorsqu’un chrétien ressent une bonne sensation, rien ne dit que c’est Dieu qui manifeste sa présence. Je ne vois rien de ça dans toute la Bible. Il y a des chrétiens chez qui le ressenti fait autorité sur la Parole de Dieu. Vous avez sûrement déjà entendu un chrétien dire suite à une décision : « J’ai la paix avec ça. » J’ai déjà entendu cela même lorsque la personne prend une décision contraire aux Écritures : « Je n’ai pas de vie d’Église, mais j’ai la paix avec ça. » Ce sentiment est tout sauf la paix de Dieu. C’est le sentiment de quelqu’un qui ne veut pas s’examiner à partir des Écritures. Nous ne pouvons pas aller contre ce que Dieu dit dans sa Parole et dire qu’on a la paix de Dieu.

Joie

La notion de joie connaît parfois aussi le même sort, c’est-à-dire une mauvaise compréhension. La joie que le Seigneur donne ne doit pas être définie par ce que la société appelle la joie. Notre monde confond souvent la joie et le plaisir. Quand l’épreuve vient, cette joie disparaît. La joie que le Seigneur donne n’est pas une joie qui est incompatible avec la tristesse et les pleurs. Jésus avait une joie indicible et, pourtant, il a pleuré lorsque Lazare est mort. Il a aussi pleuré sur Jérusalem. La joie du Seigneur est une joie qui ne supprime pas les pleurs de ce monde-ci. Cependant, la joie du Seigneur transcende les pleurs. Dans les années 70, j’ai vu ma grand-même pleurer, parce que sa sœur venait de se faire amputer d’une jambe en raison de la gangraine causée par un diabète très sévère. J’ai demandé à ma grand-mère pourquoi elle pleurait et elle m’a dit qu’elle trouvait ça difficile pour sa sœur de voir qu’elle devra vivre dorénavant avec une jambe en moins, mais en même temps, elle était très heureuse de savoir que l’amputation est faite. La gangraine aurait gagné du terrain. Il fallait vraiment cette amputation. Pour nous, chrétiens, c’est la même chose : nous pouvons être tristes, nous pouvons pleurer en raison de la douleur dans ce monde-ci, tout en conservant notre joie en regardant plus loin, en levant les yeux vers le Seigneur. Frères et sœurs, appliquer les Écritures à nos vies demande de comprendre le sens de celles-ci. Recevoir les bénédictions de la Parole de Dieu nécessite de bien l’interpréter. Si nous comprenons mal ce qu’est l’amour selon Dieu et le réduisons à un sentiment, nous risquons d’être troublés dans nos pensées. Nous allons constater que nos sentiments ne sont pas toujours au rendez-vous, mais lorsque nous comprenons que l’amour est une décision qui nous pousse à l’action, nous pouvons aimer sans nous centrer sur nos sentiments.

Si nous croyons que la paix que Dieu donne doit absolument être ressentie, lorsque nous serons perturbés, nous allons penser que Dieu nous a retiré sa paix. Si nous définissons la joie comme le monde, nous serons déçus. Notre séjour ici-bas nous offre des difficultés, des épreuves. Notre joie doit reposer sur la perspective de Dieu. Cette joie transcende les pleurs.

Prions.

Prédicateur invité

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