Regard biblique sur nos états d’âme, partie 10

« Chers frères et sœurs, chers amis, notre seule assurance se trouve dans la personne et l’œuvre de Jésus-Christ. Toute recherche de réconfort, d’assurance en dehors de la personne et de l’œuvre de Jésus-Christ constitue une idolâtrie : c’est se faire un autre dieu. C’est se faire Dieu. »

Nous avons débuté le 2 octobre dernier une série sur nos états d’âme. J’avais alors mentionné que je m’inspirais du livre de mon bon ami Pascal Denault, Le côté obscur de la vie chrétienne, en précisant que je ne fais qu’emprunter certaines pistes de son livre. Je développe des éléments qui ne figurent pas dans le livre. Dans les dernières études, que vous pouvez rattraper sur notre site Internet, nous avons vu la question des doutes. J’avais exposé le fait que les doutes peuvent être alimentés simplement par une mauvaise compréhension de ce que la Bible dit. Par exemple, celui qui croit que le salut peut se perdre risque de douter beaucoup plus que celui qui a compris que le salut ne se perd pas. Nous avons survolé les principaux textes qui sont sollicités par ceux qui croient à la perte du salut pour voir qu’ils ne disent pas nécessairement ça et nous avons vu ensuite d’autres textes où l’assurance du salut est clairement affirmée. Ce soir, nous allons examiner un autre facteur sur les doutes.

Croire

Parce que ce n’est pas tout de prendre acte de ce que la Bible enseigne sur l’assurance du salut : encore faut-il croire ce qu’elle enseigne. Combien de fois ai-je entendu un chrétien dire qu’il lit des choses dans la Bible, mais qu’il a l’impression que ce n’est pas pour lui. Si nous sommes croyants, nous devons faire nôtre tout ce que Dieu dit à son peuple dans la Bible.

Car il est notre Dieu, et nous sommes le peuple de son pâturage, le troupeau que sa main conduit. Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, N’endurcissez pas votre cœur, comme à Meriba, comme à la journée de Massa, dans le désert, Où vos pères me tentèrent, m’éprouvèrent, bien qu’ils aient vu mon action. (Psaumes 95.7-9)

Ce psaume est anonyme et il est difficile d’en situer l’époque. Il semble que ce psaume ait été écrit en Terre Promise. Quoi qu’il en soit, il a été écrit bien avant la venue du messie. Or, ce texte est cité en Hébreux 3.7-9 :

C’est pourquoi, selon ce que dit le Saint-Esprit : Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, N’endurcissez pas vos cœurs, comme lors de la révolte, au jour de la tentation dans le désert, Où vos pères me tentèrent pour m’éprouver et virent mes œuvres pendant quarante ans. (Hébreux 3.7-9)

L’intérêt de cette citation pour notre étude se trouve au verset 7. Le texte écrit des siècles avant la rédaction de l’épître aux Hébreux est introduit par « selon ce que dit le Saint-Esprit ». En français, « il dit » peut être à l’indicatif présent tout comme au passé simple, mais dans le texte grec, c’est clairement à l’indicatif présent. Imaginez le père de famille qui a dit à ses enfants, la semaine passée, de ne pas manger les champignons qui poussent sur le terrain parce que certains pourraient être toxiques. Ce matin, le père voit un de ses enfants tendre vers sa bouche un champignon pris sur le terrain. Le père reprend son fils ainsi : « Mon enfant, je te dis de ne pas manger des champignons qui sont sur le terrain. ». Si le père avait formulé au passé (« Je t’ai dit la semaine passée de ne pas en manger. »), le père insisterait sur le fait qu’il a donné sa consigne la semaine passée, mais si le père formule au présent (« Je te dis de ne pas en manger. »), le père insiste sur le fait que la parole prononcée la semaine passée conserve une valeur présente dans le temps. La parole prononcée la semaine passée continue de retentir et demeure en force. C’est la même idée dans le verset que nous avons lu : le Saint-Esprit continue de parler aujourd’hui par la parole inspirée il y a des siècles.

Frères et sœurs, la Parole de Dieu est la Parole qui vient de Dieu. Elle demeure éternellement. Ses vérités demeurent vraies pour l’éternité et nous devrions toujours la lire comme si Dieu s’adresse à nous aujourd’hui. Évidemment, nous devons tenir compte que, dans certains cas, Dieu a parlé pour une époque donnée. Je ne pense pas que la loi du lévirat, qu’on retrouve en Deutéronome 25, s’applique aujourd’hui. Cependant, les principes demeurent. Là, ça nous enseigne quelque chose de grand. La parole inspirée par le Saint-Esprit il y a des siècles continue d’être dite par le Saint-Esprit : il continue à dire au peuple de Dieu ce qu’il avait dit dans le passé. La Parole de Dieu s’adresse au peuple de Dieu et nous devons croire qu’elle s’adresse à nous. Ça semble simple, mais le remède contre le doute, c’est de croire. Dit autrement, le remède contre le doute, c’est de ne pas douter. C’est de croire que Dieu est fidèle et qu’il va accomplir toutes ses promesses. Si je manque de foi, si je me sens vaciller, faisons cette prière qu’un homme a adressée à Jésus en Marc 9.24 :

Aussitôt le père de l’enfant s’écria : Je crois ! viens au secours de mon incrédulité ! (Marc 9.24)

Cette autre prière que les disciples ont exprimée à Jésus en Luc 17.4 :

Les apôtres dirent au Seigneur : Augmente-nous la foi. (Luc 17.4)

J’aimerais vous rapporter un point que j’ai déjà lu, mais je ne me souviens pas de qui. Il dit que notre foi ne doit pas être dans notre foi, mais en Jésus-Christ. Il arrive que des chrétiens mettent leur confiance dans leur foi : ils s’appuient sur leur foi. Il y a des chrétiens qui se réconfortent dans ce qu’ils ressentent. Ce n’est pas mieux : ils vont ressentir quelque chose d’agréable et ils concluent que c’est Dieu qui les rassure. Jamais la Bible nous demande de rechercher ni de croire ce genre de sensation. Nous devons croire ce qui est écrit, peu importent nos sensations, peu importe notre ressenti. Il y a, à l’inverse, des personnes qui doutent parce qu’ils regardent à la faiblesse de leur foi. La foi est justement de ne plus regarder à soi-même, mais de regarder à Jésus-Christ. Ta foi est faible : c’est parce que tu en as une. Le pasteur Mark Jones, l’auteur du livre Connaître Christ, un livre que je recommande chaudement, a écrit ce qui suit :

Les chrétiens qui luttent avec leur manque de foi devraient également se rappeler que leur lutte avec l’incrédulité est un signe de foi (Mc 9.24). Peut-être cela est-il évident pour la plupart, mais les non-croyants ne luttent pas avec l’incrédulité ; les chrétiens le font, cependant, parce qu’ils sont inquiets que leur foi vacille.

Mark Jones cite Marc 9.24, que nous allons lire :

Aussitôt le père de l’enfant s’écria : Je crois ! viens au secours de mon incrédulité ! (Marc 9.24)

Si vous trouvez que votre foi est faible, c’est parce que vous en avez une. On ne craint pas de tomber du bateau si on n’est pas sur le bateau. Je vous ai dit il y a quelques semaines que les doutes sur le salut, c’est-à-dire la crainte de perdre son salut, peuvent venir d’un manque de connaissance biblique. Nous avons regardé plusieurs textes sollicités par ceux qui croient que le salut se perd, mais il y a aussi une autre source de doutes. Celle-là est plus difficile. C’est le chrétien qui se demande si sa conversion passée était authentique. « Est-ce que j’étais pleinement sincère quand je me suis converti? Est-ce que je me suis leurré? » Là, on tombe dans une introspection presque maladive : on tente de s’accrocher à des expériences passées pour trouver une assurance. En fait, nous ne devrions jamais regarder à notre conversion passée pour avoir une juste idée de notre foi. Nous devrions regarder à maintenant : « Est-ce que, présentement, je reconnais mon péché? Est-ce que je me détourne de mon péché? Quand je tombe, est-ce que je reviens à Jésus-Christ pour me repentir et trouver sa grâce? Est-ce que je suis maintenant, présentement, tourné vers Jésus-Christ? » Si je m’accroche au passé, ça ne me dira rien, parce que la valeur d’une expérience passée se voit dans la persévérance d’aujourd’hui.

En Luc 8.13, dans la parabole du semeur, nous lisons ceci :

Ceux qui sont sur le roc, ce sont ceux qui, lorsqu’ils entendent la parole, la reçoivent avec joie ; mais ils n’ont pas de racine, ils croient pour un temps et au moment de l’épreuve ils se retirent. (Luc 8.13)

Ceux qui croient pour un temps et qui regarderaient à ce moment se leurrent. Ils se trompent. La question est de savoir si je regarde à Jésus-Christ aujourd’hui. L’assurance se trouve sur le sentier de l’obéissance et pas ailleurs.

Une autre erreur qu’on rencontre en lien avec les doutes, c’est de se rassurer en faisant des œuvres. Certains qui doutent de leur salut commettent l’erreur de se tourner vers leurs actions pour se réconforter. Si jamais vous doutez de votre salut, ne tentez jamais de compenser par vos œuvres. Ce serait une grave erreur. Faites comme ce père qui a demandé à Jésus de venir au secours de son incrédulité. Se réfugier dans nos œuvres équivaut à trouver son confort en soi-même au lieu de le trouver en Jésus-Christ. Celui qui tente de se conforter dans ses propres œuvres ressemble au passager dans l’avion qui, craignant que l’avion s’écroule, se met à faire aller les bras comme un oiseau le fait avec ses ailes, pensant trouver là sa sécurité ou pensant contribuer ainsi à son salut.

Suis-je vraiment sauvé

Nous avons vu les sources des doutes que les chrétiens peuvent avoir sur leur salut, mais ce sont des chrétiens. Il est cependant possible que des gens se croient sauvés, mais sans l’être véritablement.

Au début de mon ministère à Montréal, je suis allé prendre un café avec un jeune homme. Il se disait chrétien. Il me partage certaines choses, des difficultés. Quand il me demandait comment je voyais cela, je lui répondais par les Écritures. Alors, il rejetait ce que je lui disais qui venait pourtant des Écritures. J’ai constaté qu’il n’avait pas compris l’évangile. Frères et sœurs, nous n’éviterons pas toutes les fausses conversions, mais nous devons tout faire pour que l’évangile que nous annonçons le soit dans toute sa pureté. Rapidement, j’ai mis de côté les problèmes du jeune homme pour lui demander de me raconter sa conversion et ce qu’il m’a dit n’avait rien à voir avec l’évangile. C’était l’évangile de prospérité, centré sur ses désirs. Quand je lui ai expliqué le vrai évangile, je voyais sur son visage une réticence grandissante. Je lui ai ensuite dit que se convertir ne consiste pas seulement à vouloir échapper aux conséquences éternelles de notre péché : c’est aussi confesser notre incompétence à diriger notre propre vie. Nous ne voulons plus la diriger nous-mêmes. Nous voulons suivre le bon Berger. Là, je lui ai posé la question à savoir s’il voulait suivre le bon Berger, Jésus-Christ, ou s’il voulait diriger sa vie lui-même. Il m’a répondu : « Finalement, je pense que je ne suis pas chrétien. », puis il est parti, comme le jeune homme riche. Chers frères et sœurs, chers amis, notre seule assurance se trouve dans la personne et l’œuvre de Jésus-Christ. Toute recherche de réconfort, d’assurance en dehors de la personne et de l’œuvre de Jésus-Christ constitue une idolâtrie : c’est se faire un autre dieu. C’est se faire Dieu. Prions.

Prédicateur invité

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