Regard biblique sur mes états d’âme, partie 9

« Les exhortations vont porter du fruit chez les élus, parce que les moyens donnés par Dieu vont produire les résultats voulus par Dieu. La remise en question de l’assurance du salut équivaut à dire deux choses en même temps : la première, c’est que le salut est par mes propres œuvres. Si je peux perdre mon salut en fonction de mes œuvres, c’est équivalent à dire que je garde mon salut par mes propres œuvres. C’est la conclusion logique. Si le Seigneur laisse la destinée finale aux chrétiens, à savoir s’ils veulent persévérer ou non, c’est donc que Dieu n’a élu personne au salut. C’est donc que le salut serait par grâce quant à l’obtention immédiate, et que ce même salut serait par mes œuvres quant à la suite des choses. La deuxième chose que la perte du salut affirme, c’est l’inefficacité de l’œuvre du Fils pour nous sauver. En fait, il ne sauverait que ceux qui se sauvent eux-mêmes par leurs œuvres. Le premier remède contre les doutes, c’est la Parole de Dieu. Pour dissiper les doutes, nous avons besoin de la seule référence qui est sûre et certaine, la Bible. »

 

Dans les dernières semaines, nous avons vu les principaux textes qui sont sollicités par ceux qui disent que le salut peut se perdre. Il y a deux semaines, nous avons parlé du livre de vie et de certains textes où il est dit qu’un nom peut être effacé de ce livre. Ceux qui n’ont pas pu être avec nous, vous pouvez écouter ces enseignements à partir de notre site Internet. Il nous reste deux notions à regarder en lien avec la question de savoir si le salut peut se perdre.

Péché contre le Saint-Esprit

Le péché contre le Saint-Esprit, appelé aussi « le blasphème contre le Saint-Esprit » ou encore « le péché impardonnable », a aussi suscité la peur de perdre son salut :

C’est pourquoi je vous dis : Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera point pardonné. Quiconque parlera contre le Fils de l’homme, il lui sera pardonné, mais quiconque parlera contre le Saint-Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle, ni dans le siècle à venir. (Matthieu 12.31-32)

Quand on étudie les textes qui en parlent, comme celui que nous venons de lire, nous découvrons les points suivants :

  • Jésus s’adresse à des non croyants. Cette menace ne pèse pas sur les chrétiens;
  • Les personnes en cause ont été exposées aux miracles de Jésus, à certains de ses enseignements. Bref, elles ont été témoins de la messianité de Jésus qui agissait par la puissance du Saint-Esprit;
  • Ces mêmes personnes ont rejeté, devant tant d’évidences, ce même Jésus qui agissait par le Saint-Esprit;
  • Ces mêmes personnes ont attribué à Satan les œuvres de Jésus au lieu de les attribuer au Saint-Esprit.

Le théologien Louis Berkhof dit ceci, et je vous lis la traduction que nous retrouvons dans le livre de théologie systématique de Wayne Grudem :

Ce péché consiste à rejeter et à calomnier de manière consciente, malveillante et délibérée le témoignage du Saint-Esprit concernant la grâce de Dieu en Christ, et à l’attribuer en raison de sa haine et de son hostilité envers lui au prince des ténèbres [ … ] en commettant ce péché l’homme attribue de manière délibérée, malveillante et intentionnelle ce qui est clairement reconnu comme l’œuvre de Dieu à l’influence et à l’opération de Satan.
(Louis Berkhof, cité par Wayne Grudem, Théologie systématique, p. 559.)

Ce péché n’a rien à voir avec une résistance que nous pouvons opposer parfois à Dieu. Par exemple, on a une conviction de présenter l’évangile à quelqu’un et on ne le fait pas par crainte. C’est une faiblesse comme l’apôtre Pierre en a eu une à Antioche. Pierre a été hypocrite et n’a pas voulu montrer aux chrétiens d’origine juive qu’il mangeait avec des chrétiens d’origine païenne. Pierre était apôtre. Le péché contre le Saint-Esprit ne peut être commis que par des non chrétiens et ceux qui le commettent n’ont pas du tout le souci à savoir s’ils l’ont commis ou non.

Apostasie

Et maintenant, l’apostasie. Le mot signifie « s’éloigner », « abandonner ». Il n’est utilisé que deux fois dans le Nouveau Testament : une fois qui ne concerne pas les chrétiens. On accuse Paul d’encourager aux Juifs de s’éloigner, d’abandonner la loi de Moïse. Paul va démontrer le contraire : on voit cela en Actes 21.21. La deuxième et dernière occurrence se trouve en 2 Thessaloniciens 2.3-4 :

Que personne ne vous séduise d’aucune manière ; car il faut qu’auparavant l’apostasie soit arrivée, et que se révèle l’homme impie, le fils de perdition, l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou qu’on adore, et qui va jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu et se faire passer lui-même pour Dieu. (2 Thessaloniciens 2.3-4)

Ici, l’apostasie concernant possiblement Israël. Ce qui est certain, c’est que Paul ne l’applique pas du tout aux chrétiens. La preuve est aux versets 13 à 17 :

Quant à nous, frères bien-aimés par le Seigneur, nous devons continuellement rendre grâces à Dieu à votre sujet, car Dieu vous a choisis dès le commencement pour le salut, par la sanctification de l’Esprit et par la foi en la vérité. C’est à cela aussi qu’il vous a appelés par notre Évangile, pour que vous possédiez la gloire de notre Seigneur Jésus-Christ. Ainsi donc, frères, demeurez fermes et retenez les instructions que nous vous avons transmises, soit de vive voix, soit par lettre. Que notre Seigneur Jésus-Christ lui-même et Dieu notre Père, qui nous a aimés et nous a donné par sa grâce une consolation éternelle et une bonne espérance, consolent vos cœurs et vous affermissent en toute œuvre et parole qui soient bonnes. (2 Thessaloniciens 2.13-17)

Ce sont les deux seules occurrences de tout le Nouveau Testament où on parle d’apostasie.

Textes pro-assurance

Nous allons maintenant voir d’autres textes qui, cette fois, appuient l’assurance du salut. Comme je vous l’ai dit, l’épître aux Hébreux enseigne l’assurance du salut.

Quoique nous parlions ainsi, bien-aimés, nous sommes convaincus que vous êtes dans des conditions meilleures et favorables au salut. (Hébreux 6.9)

Le texte ne plaide pas pour un salut par les œuvres, mais pour un salut confirmé, attesté par les œuvres. Parce qu’un salut sans fruits, sans œuvres, ce n’est pas le salut que Dieu donne.

Car nous avons été rendus participants du Christ, si du moins nous retenons fermement, jusqu’à la fin, notre assurance première. (Hébreux 3.14)

Ce verset est parfois compris à l’envers pour lui faire dire le contraire de ce qu’il dit. Imaginez que je possède deux voitures électriques identiques et que j’en prête une à un ami. Une de ces deux voitures a été rechargée, mais pas l’autre.

Je pourrais dire à mon ami que la voiture qu’il prendra est celle qui a été rechargée si, du moins, il réussit à faire Drummondville-Québec aller-retour. Le verset dit simplement que ceux qui retiennent fermement leur assurance première sont ceux qui ont été rendus participants du Christ. Le texte ne dit jamais que certains qui ont été rendus participants du Christ pourraient tout perdre s’ils ne retiennent pas leur assurance première jusqu’à la fin. Ceux qui ne retiennent fermement et jusqu’à la fin sont ceux qui n’ont pas été rendus participants du Christ. Loin d’être un texte en faveur de la perte du salut, ce verset appuie la doctrine de l’assurance du salut.

À celui qui peut vous préserver de toute chute et vous faire paraître devant sa gloire, irréprochables dans l’allégresse, à Dieu seul, notre Sauveur, par Jésus-Christ notre Seigneur, (Jude 1.24-25)

Ainsi donc, il ne vous manque aucun don, dans l’attente où vous êtes de la révélation de notre Seigneur Jésus-Christ. Il vous affermira aussi jusqu’à la fin, pour que vous soyez irréprochables au jour de notre Seigneur Jésus-Christ. Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à la communion de son Fils, Jésus-Christ notre Seigneur. (1 Corinthiens 1.7-9)

Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers ; que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé sans reproche à l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ ! Celui qui vous a appelés est fidèle, et c’est lui qui le fera. (1 Thessaloniciens 5.23-24)

Il y a d’autres textes. Pourquoi est-ce qu’il y a des avertissements adressés aux Églises si le salut ne se perd pas? Ces avertissements sont des exhortations et le Seigneur, qui a élu ceux qui allaient être sauvés, fait en sorte que les élus persévèreront jusqu’à la fin. Aussi, il donne des moyens de persévérance. Les moyens de grâce que sont la prière, la Parole de Dieu et l’Église incluent les exhortations.

Les exhortations vont porter du fruit chez les élus, parce que les moyens donnés par Dieu vont produire les résultats voulus par Dieu. La remise en question de l’assurance du salut équivaut à dire deux choses en même temps : la première, c’est que le salut est par mes propres œuvres. Si je peux perdre mon salut en fonction de mes œuvres, c’est équivalent à dire que je garde mon salut par mes propres œuvres. C’est la conclusion logique. Si le Seigneur laisse la destinée finale aux chrétiens, à savoir s’ils veulent persévérer ou non, c’est donc que Dieu n’a élu personne au salut. C’est donc que le salut serait par grâce quant à l’obtention immédiate, et que ce même salut serait par mes œuvres quant à la suite des choses. La deuxième chose que la perte du salut affirme, c’est l’inefficacité de l’œuvre du Fils pour nous sauver. En fait, il ne sauverait que ceux qui se sauvent eux-mêmes par leurs œuvres. Le premier remède contre les doutes, c’est la Parole de Dieu. Pour dissiper les doutes, nous avons besoin de la seule référence qui est sûre et certaine, la Bible.

Daniel Durand, pasteur
19 février 2020

Prédicateur invité

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