Quel est l’enfant qui est né ce soir? Matthieu 16.15

« Des milliards d’enfants sont nés depuis la création du monde. Noël ne souligne pas la naissance d’un enfant comme tous les autres : il est le Christ, le Fils du Dieu vivant. Sa naissance marque l’entrée de Dieu dans l’humanité. Noël, c’est Dieu qui devient membre de l’humanité. C’est Dieu qui vient accomplir lui-même les conditions de la nouvelle alliance afin que nous puissions être sauvés. Noël, c’est Dieu qui s’incarne pour unir à lui tous ses élus, et ce, pour l’éternité. Noël, c’est Dieu qui vient accomplir au sein de l’humanité les offices de prophète, de sacrificateur et de roi. »

 

Ce matin, en lien avec la fête de Noël, nous allons regarder la question de l’identité de Jésus. Nous allons lire Matthieu 16.15-16. Alors que Jésus parle à ses disciples, nous lisons :

Texte biblique

Et vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis ? Simon Pierre répondit: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. (Matthieu 16.15-16)

Que le Seigneur bénisse sa Parole. Nous allons prier.

Exposé

Une chanson de Noël plutôt populaire s’intitule Quel est l’enfant qui est né ce soir? La prédication de ce matin ne portera pas sur un texte de la nativité, mais sur un texte qui nous parle de l’identité de Jésus. Si nous voulons que Noël ait tout son sens, il est important de connaître l’identité de celui qui s’est incarné.

La réponse de Pierre, que Jésus a reconnue comme venant du Père, comporte de grandes vérités. Qui est cet enfant qui est né? Parce que la réponse que nous donnons à cette question est vitale. La réponse de Pierre comporte deux expressions : Jésus est le Christ et il est le Fils de Dieu.

Christ

Le mot « Christ » signifie « celui qui est oint ». Peut-être avez-vous déjà remarqué que les Catholiques disent « le Christ » et les protestants disent simplement « Christ ». Personnellement, je préfère dire « le Christ », parce que le mot n’est pas un nom de personne : c’est une fonction, mais bon, c’est une préférence qui n’a pas d’impact. Le mot grec signifie « oint », c’est-à-dire celui qui a reçu l’onction de Dieu.

Dans l’Ancien Testament, il y a trois offices pour lesquels on procédait à l’onction.

Rois

On versait de l’huile sur la tête des rois. Par exemple, pour David, nous lisons :

Samuel prit la corne d’huile et oignit David au milieu de ses frères. L’Esprit de l’Éternel s’empara de David, à partir de ce jour et après. (1 Samuel 16.13) 

Sacrificateurs

Pour les sacrificateurs :

Tu oindras Aaron et ses fils ; tu les consacreras afin qu’ils exercent pour moi le sacerdoce. (Exode 30.30)

Prophètes

Pour les prophètes, nous avons un exemple en 1 Rois 19.16, alors que le Seigneur parle au prophète Élie :

tu oindras Élisée, fils de Schaphath, d’Abel-Mehola, pour prophète à ta place. (1 Rois 19.16)

Pourquoi l’onction

Pourquoi cette onction? D’abord, il s’agissait d’un rite où on versait de l’huile sur la tête du roi, du prophète ou du sacrificateur. C’était symbolique et ça avait trois buts.

Mandat

Le premier était d’attester publiquement du mandat de la personne dans l’office en question. Ce mandat venait avec l’autorité pour cette fonction. Souvent, l’onction était faite par un prophète : Samuel pour David; Élie pour Élisée; Moïse pour les sacrificateurs.  Salomon a reçu l’onction de deux personnes : d’un sacrificateur et d’un prophète. C’était donc un rite public qui devait être fait par une personne déjà en fonction. Autrement dit, pour oindre, il fallait avoir été oint. Le seul qui échappa à cela est Moïse : il en fallait bien un premier. Par contre, nous voyons que Dieu a donné un témoignage public du mandat confié à Moïse en lui donnant trois signes miraculeux : le bâton qui se change en serpent, puis qui redevient un bâton; sa main qui devient lépreuse pour redevenir normale; l’eau du Nil qui devient du sang.

Compétence

La deuxième raison, c’est que, par l’onction, le Seigneur donnait la compétence pour exercer la fonction. Le Seigneur ne donne pas un mandat sans la compétence pour l’accomplir :

Jéhu se leva pour entrer dans la maison, et le jeune homme répandit l’huile sur sa tête, en lui disant : Ainsi parle l’Éternel, le Dieu d’Israël : Je te donne l’onction comme roi sur Israël, le peuple de l’Éternel. Tu frapperas le maison d’Achab, ton seigneur, et je vengerai sur Jézabel le sang de mes serviteurs les prophètes et le sang de tous les serviteurs de l’Éternel. (2 Rois 9.6-7)

Nous voyons ici que l’onction du roi est suivie de la compétence donnée par Dieu pour accomplir son rôle.

Annoncer le Christ

Donc, le mandat, la compétence et la troisième raison pour oindre, c’était pour annoncer le Christ, celui qui est oint. Ceux qui ont été oints avant Jésus-Christ l’ont été réellement, mais ils préfiguraient le messie qui devait venir. Leur onction pointait vers la personne et l’œuvre de Jésus-Christ.

Nous avons vu que les trois offices pour lesquels on appliquait l’onction d’huile étaient prophète, sacrificateur et roi. Nous retrouvons ces offices appliqués à Jésus-Christ :

Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu nous a parlé par le Fils [prophète] en ces jours qui sont les derniers. Il l’a établi héritier de toutes choses, et c’est par lui qu’il a fait les mondes.Ce Fils, qui est le rayonnement de sa gloire et l’expression de son être, soutient toutes choses par sa parole puissante ; après avoir accompli la purification des péchés [sacrificateur], il s’est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très-hauts [roi]. (Hébreux 1.1-3)

Prophète

Jésus est le prophète attendu. Récemment, j’ai prêché sur Deutéronome 18 et j’avais mentionné que Dieu promet un prophète particulier :

L’Éternel, ton Dieu, te suscitera du milieu de toi, d’entre tes frères, un prophète comme moi : vous l’écouterez ! (Deutéronome 18.15)

Je leur susciterai du milieu de leurs frères un prophète comme toi, je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui commanderai. (Deutéronome 18.18)

Frères et sœurs, Jésus est le prophète de Dieu. Les autres prophètes ont annoncé la venue du messie, mais c’est vraiment le messie, Jésus-Christ, qui révèle pleinement qui est Dieu. Les autres prophètes avaient trois éléments dans leurs messages : ils ramenaient le peuple face à la loi de Dieu révélée sous Moïse; ils dénonçaient le péché du peuple et la condamnation qu’il encourait; ils annonçaient la venue du messie et l’accomplissement de toutes les promesses de l’alliance.

Par contre, l’office prophétique de Jésus-Christ est d’un niveau nettement supérieur, pas seulement quantitativement, mais qualitativement. Autrement dit, ce n’est pas juste que Jésus a prophétisé sur plus de choses que tous les autres prophètes qui l’ont précédé. C’est aussi que l’office prophétique de Jésus était de nature différente. Hébreux 1.1 et 2, que nous avons lu, va dans ce sens :

Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu nous a parlé par le Fils en ces jours qui sont les derniers. (Hébreux 1.1-2)

Dans nos versions, nous retrouvons le Fils, ou encore son Fils, mais dans le texte original, il n’y a pas l’article défini ni possessif. Certains expliquent cela en proposant que l’intention de l’auteur soit de mettre l’accent sur le statut de Fils. Autrement dit, Dieu nous a parlé par celui qui a le statut de Fils. Lorsque Jésus fut transfiguré, le Père a dit ceci aux personnes présentes :

Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection. Écoutez-le ! (Matthieu 17.5)

Voyez le lien entre le statut de Fils et l’importance de l’écouter : nous devons l’écouter parce qu’il est le Fils. Son ministère prophétique va au-delà de tout ce que les prophètes ont dit, mais il y a plus. Son message ne consistait pas seulement en des mots. Toutes ces actions révélaient le Père.

Sacrificateur

Le deuxième office est celui de sacrificateur. Comme nous l’avons vu, dans l’ancienne alliance, les sacrificateurs recevaient aussi l’onction et ça annonçait aussi le sacerdoce de Jésus-Christ. Toutefois, le sacerdoce de Jésus-Christ dépassait le sacerdoce lévitique, c’est-à-dire de la tribu de Lévi, sacerdoce qui était en force sous l’alliance mosaïque. L’épître aux Hébreux nous dit pourquoi le sacerdoce de Jésus-Christ est supérieur à l’ancien sacerdoce.

Mortels versus immortel

De plus, ces sacrificateurs ont existé en grand nombre, parce que la mort les empêchait d’être permanents ; (Hébreux 7.23)

Le fait que les sacrificateurs étaient mortels démontrait l’inefficacité du sacerdoce. Au cœur du rôle sacerdotal, il y avait l’expiation des péchés. L’expiation, c’est le fait de couvrir la faute, de l’effacer, afin que la personne ne subisse pas les conséquences de son péché. La conséquence du péché, c’est la mort : à commencer par la mort spirituelle, c’est-à-dire le fait d’être séparé de Dieu, privé de tout ce qu’il est; ensuite, la mort physique, c’est-à-dire la séparation du corps et de l’âme; puis, à partir de la résurrection finale, les réprouvés vont entrer dans ce qui est appelé la seconde mort, c’est-à-dire la mort éternelle subie dans la personne tout entière, corps et âme. Le sacerdoce visait donc à traiter les péchés. Ils œuvraient dans une alliance des ombres. Les sacrifices qu’ils faisaient n’étaient qu’une préparation, une préfiguration du sacrifice de Jésus-Christ, mais le sens était de montrer que Dieu agrée la substitution, c’est-à-dire le fait que le pécheur repentant ne soit pas condamné, son péché étant retombé sur un autre.

Un des problèmes en ce qui concerne les sacrificateurs, c’est qu’ils étaient mortels. Ceux qui subissent la mort ne peuvent pas donner la vie. Comment se fier sur des mortels pour avoir la vie? C’est l’argument de l’auteur de l’épître aux Hébreux, le verset qui suit celui que nous venons de lire dit :

mais lui, Jésus parce qu’il demeure éternellement, possède le sacerdoce non transmissible. (Hébreux 7.24)

Frères et sœurs, notre souverain sacrificateur est vivant. Il demeure éternellement dans ses fonctions. Il est ressuscité et la mort n’a plus d’emprise sur lui.

Pécheurs versus impeccable

La deuxième raison pour laquelle le sacerdoce lévitique, c’est-à-dire le sacerdoce de l’ancienne alliance, n’était pas efficace, c’est en raison du péché des sacrificateurs :

Or, ces choses étant ainsi disposées, les sacrificateurs qui font le service entrent en tout temps dans la première partie du tabernacle ; et dans la seconde le souverain sacrificateur seul entre une fois par an, non sans y porter du sang qu’il offre pour lui-même et pour les péchés du peuple. (Hébreux 9.6-7)

Hébreux 7.26-28 dit :

Il nous convenait, en effet, d’avoir un souverain sacrificateur comme lui, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux, qui n’a pas besoin, comme les souverains sacrificateurs, d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple, — car ceci, il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même. En effet, la loi établit souverains sacrificateurs des hommes sujets à la faiblesse ; mais la parole du serment qui a été fait après la loi établit le Fils, qui est parfait pour l’éternité. (Hébreux 7.26-28)

Frères et sœurs, notre souverain sacrificateur est sans péché. Les autres sacrificateurs étaient tous des pécheurs. Nous ne pouvons pas compter sur des pécheurs pour régler notre problème du péché. Heureusement, le Fils de Dieu est sans péché. Il a pu traiter notre péché dans sa personne. Mon péché a été traité dans la personne de celui qui est sans péché. Il a pris mon péché et ses conséquences sur lui, ceci, afin que je reçoive sa justice, c’est-à-dire qu’il a été traité selon ce que je mérite afin que je sois traité selon ce que lui mérite.

Animaux versus le Fils de Dieu

La troisième raison qui fait que le ministère sacerdotal de Jésus est supérieur au sacerdoce lévitique, c’est la nature de ce qui est sacrifié. Les sacrificateurs égorgeaient des animaux. Ils les sacrifiaient. La symbolique était que le péché de l’Israélite retombait sur l’animal et l’Israélite repartait sans subir les conséquences de ses péchés.

Ces sacrifices

Hébreux 9.13 nous dit :

Car si le sang des taureaux et des boucs, et la cendre d’une vache, répandue sur ceux qui sont souillés, sanctifient et procurent la pureté de la chair […] (Hébreux 9.13)

Que signifient ces versets? Est-ce que l’auteur est en train de dire que les sacrifices d’animaux avaient une efficacité? Les mots sont forts. Il est question de sanctification et de purification, mais l’application est très limitée. Il s’agit de la sanctification et de la purification de la chair. J’apprécie beaucoup le commentaire de Samuel Bénétreau sur ce verset. Il dit qu’il s’agissait d’une sanctification et d’une purification extérieure et non de l’être entier. L’ancienne alliance comportait des éléments terrestres. La personne qui se soumettait extérieurement aux consignes de cette alliance, par la circoncision, par la soumission aux règles extérieures, par la vie religieuse au temple qui comprenait les sacrifices d’animaux, pouvait demeurer dans l’alliance, mais les sacrifices d’animaux n’avaient aucune efficacité pour purifier les personnes intérieurement. Leur cœur, leur pensée, leur conscience demeuraient complètement souillés. Maintenant, ces sacrifices disaient quelque chose :

Et presque tout, d’après la loi, est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n’y a pas de pardon. (Hébreux 9.22)

Ces sacrifices inefficaces informaient que le pardon n’est possible que par l’effusion du sang. Jésus, le souverain sacrificateur ne s’est pas présenté devant Dieu avec le sang d’un animal : il est arrivé les mains vides, mais percées. Il est non seulement le souverain sacrificateur, mais le sacrifice. C’est ce que nous rappelle Hébreux 9.12 :

Le Christ est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle. (Hébreux 9.12)

C’est pourquoi Jean-Baptiste a présenté Jésus en disant :

Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. (Jean 1.29)

Nous avons vu que la confession de Pierre, à savoir que Jésus est le Christ, signifie que Jésus est le prophète, le souverain sacrificateur et nous allons maintenant voir qu’il est aussi le roi. Encore une fois, ce sont les trois ministères de l’ancienne alliance pour lesquels il y avait l’onction d’huile et le mot « Christ », qui vient du grec, ou « messie », qui vient de l’hébreu (il s’agit du même mot, mais dans deux langues : l’hébreu et le grec), ce mot signifie « celui qui a reçu l’onction ».

Roi

Nous avons lu plus tôt Hébreux 1.1-3.  Nous allons relire le verset 3 :

[…] après avoir accompli la purification des péchés [sacrificateur], il s’est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très-hauts [roi]. (Hébreux 1.1-3)

Dès la création, le Seigneur a confié à l’homme l’office royal :

Dieu dit : Faisons l’homme à notre image selon notre ressemblance, pour qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. (Genèse 1.26)

Par son péché, l’homme a continué à dominer, mais il ne l’a pas fait pour servir son créateur : il l’a fait pour se servir. Il a complètement détourné le sens de son mandat et c’est par voie d’alliance que Dieu va rétablir l’office royal au sein de l’humanité :

On ne t’appellera plus Abram ; mais ton nom sera Abraham, car je te rends père d’une multitude de nations. Je te rendrai fécond à l’infini, je ferai de toi des nations ; et des rois sortiront de toi. J’établirai mon alliance entre moi et toi, et tes descendants après toi, selon leurs générations: ce sera une alliance perpétuelle, en vertu de laquelle je serai ton Dieu et celui de ta postérité après toi. (Genèse 17.5-7)

Voici comment Dieu va restaurer, rétablir la royauté au sein de l’humanité :

Quand je regarde tes cieux, ouvrage de tes mains, La lune et les étoiles que tu as établies : Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui ? Et le fils de l’homme, pour que tu prennes garde à lui ? Tu l’as fait de peu inférieur à Dieu, Et tu l’as couronné de gloire et de splendeur. Tu lui as donné la domination sur les œuvres de tes mains, Tu as tout mis sous ses pieds, Les brebis comme les bœufs tous ensemble, Et même les bêtes des champs, Les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, Tout ce qui parcourt les courants marins. (Psaumes 8.4-9)

Le psaume est clairement adamique : il rappelle la domination qu’Adam devait exercer sur tous les animaux. Comme nous l’avons vu, Adam a échoué dans son mandat. Le dernier Adam, Jésus-Christ, le Fils de Dieu, va rétablir l’office royal. Hébreux cite le psaume 8 en l’appliquant à Jésus-Christ :

Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui, Le fils de l’homme, pour que tu prennes soin de lui ? Tu l’as fait pour un peu de temps inférieur aux anges, Tu l’as couronné de gloire et d’honneur, Tu l’as établi sur les œuvres de tes mains ; Tu as mis toutes choses sous ses pieds. En lui soumettant ainsi toutes choses, Dieu n’a rien laissé qui reste insoumis. Cependant, nous ne voyons pas encore maintenant que toutes choses lui soient soumises. Mais celui qui a été fait pour un peu de temps inférieur aux anges, Jésus, nous le contemplons, couronné de gloire et d’honneur, à cause de la mort qu’il a soufferte ; ainsi, par la grâce de Dieu, il a goûté la mort pour tous. (Hébreux 2.6-9)

Jésus a dû s’incarner, se faire homme, afin d’assumer la royauté. Il est le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs. C’est donc par le dernier Adam que la royauté reprend sa place dans l’humanité. Nous qui sommes en Jésus-Christ exerceront la royauté du Christ :

Tu as fait d’eux un royaume et des sacrificateurs pour notre Dieu, et ils régneront sur la terre. (Apocalypse 5.10)

C’est l’accomplissement de la prophétie de Daniel 7.27 :

Le règne, la domination, et la grandeur de tous les royaumes qui sont sous les cieux, seront donnés au peuple des saints du Très-Haut. (Daniel 7.27)

C’est ainsi que Dieu a restauré la royauté au sein de l’humanité : cette fois, la nouvelle humanité qui habitera la nouvelle terre. Tout passe par l’œuvre de Jésus-Christ. Je reviens à Hébreux 1.3 :

[…] après avoir accompli la purification des péchés, le Fils s’est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très-hauts […] (Hébreux 1.3)

La purification des péchés nous parle de l’office sacerdotal. La royauté se voit dans le fait que le Fils est maintenant assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très hauts. Le verset dit bien que la royauté est venue après la purification des péchés. Pourquoi est-ce que Jésus devait remplir l’office sacerdotal à la croix pour pouvoir devenir roi? La raison est celle-ci : l’office royal s’exerce dans la domination de tout ce qui existe, de tout ce qui a été créé, les choses visibles comme invisibles : les choses, les êtres vivants, les êtres angéliques. Or, pour vraiment dominer, il faut que tout ennemi soit vaincu.

Divinité

Il nous reste un point à regarder sur la confession de Pierre.

Simon Pierre répondit: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. (Matthieu 16.16)

C’est la divinité de Jésus-Christ. Jésus n’aurait jamais pu accomplir tout ce qu’il a fait sans être le Fils de Dieu, donc Dieu lui-même. Pour son office prophétique, Jésus n’aurait jamais pu révéler réellement le Père sans être son Fils :

La Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle du Fils unique venu du Père. (Jean 1.14)

Dans sa révélation du Père, Jésus a manifesté la gloire du Père dans toute sa vie, mais aussi, la gloire du Père inclut sa relation avec son Fils éternel. Pour connaître Dieu, nous avons besoin d’entrer dans l’intimité entre le Père et le Fils, de voir l’amour qui les caractérise. Aucun prophète humain n’aurait pu remplir la fonction prophétique comme Jésus l’a fait. L’office sacerdotal, c’est pareil : Dieu a voulu l’offrande qui ait le plus de valeur pour expier nos péchés. Il s’est offert lui-même.

Il n’a pas envoyé une créature, mais il est venu lui-même. Si ça avait été une créature qui ait été parfaite qui ait donné sa vie pour nous, nous devrions adorer cette créature. C’est à une créature que nous devrions la vie éternelle, mais ce n’est pas le cas. L’offrande que Dieu a agréée est celle de son Fils unique :

À ceci, nous avons connu l’amour : c’est qu’il a donné sa vie pour nous. (1 Jean 3.16)

Finalement, la royauté nécessitait la venue du Fils de Dieu, parce qu’en Jésus-Christ, nous avons l’union de Dieu avec l’homme. Dieu s’est fait homme et ceux qui croient en Jésus-Christ sont unis à lui pour l’éternité. Comme le plan de Dieu était que l’humanité exerce la domination, la royauté, celle-ci n’était possible que par Jésus-Christ. Frères et sœurs, la confession de Pierre n’était pas que des mots. Je pense que Pierre comprenait tout ce qui était rattaché à sa confession. Je le pense, parce que Jésus dit que c’est le Père qui lui a révélé ces choses et le Père ne révèle pas que des mots : il révèle le sens des choses.

Applications

Des milliards d’enfants sont nés depuis la création du monde. Noël ne souligne pas la naissance d’un enfant comme tous les autres : il est le Christ, le Fils du Dieu vivant. Sa naissance marque l’entrée de Dieu dans l’humanité. Noël, c’est Dieu qui devient membre de l’humanité. C’est Dieu qui vient accomplir lui-même les conditions de la nouvelle alliance afin que nous puissions être sauvés. Noël, c’est Dieu qui s’incarne pour unir à lui tous ses élus, et ce, pour l’éternité. Noël, c’est Dieu qui vient accomplir au sein de l’humanité les offices de prophète, de sacrificateur et de roi. Que nous puissions, en cette fête de Noël, pleinement réaliser ce qui s’est passé il y a plus de 2 000 ans. Je pense qu’un joyeux Noël est un Noël où nous entrons dans la joie de Jésus-Christ en raison de tout ce qu’il est et de tout ce qu’il a accompli. Prions.

Daniel Durand, pasteur
22 décembre 2019

Prédicateur invité

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