Que signifie le Cep et les sarments? – Jean 15.1-6

« Pour nous qui appartenons au Seigneur, l’application principale de ces versets est de nourrir notre attachement au Seigneur, parce que nous ne pouvons porter du fruit que dans la mesure où nous sommes attachés à lui. Nous devons accepter le travail du Seigneur dans nos vies, puisque nous sommes dans sa vigne. Nous sommes attachés au Dieu trois fois saint, au Seigneur ressuscité, à celui qui a tout créé et qui nous recrée en Jésus-Christ. »

 

Introduction

Nous poursuivons cet avant-midi dans l’évangile de Jean, avec le début du chapitre 15. Nous lirons les six premiers versets.

Texte biblique

Moi, je suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche; et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde afin qu’il porte encore plus de fruit. Déjà, vous êtes émondés, à cause de la parole que je vous ai annoncée. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure sur le cep, de même vous non plus, si vous ne demeurez en moi. Moi, je suis le cep; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, comme moi en lui, porte beaucoup de fruit, car sans moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté́ dehors comme le sarment, et il sèche; puis l’on ramasse les sarments, on les jette au feu et ils brûlent. (Jean 15.1-6)

Que le Seigneur bénisse sa Parole. Nous allons prier.

Exposé

Le vrai cep

Le premier point à élucider pour bien comprendre le texte est la question du vrai cep au verset 1 (Jean 15.1). Lorsque nous avions commencé la série sur l’évangile de Jean, nous avions vu un thème important du quatrième évangile : c’est celui de la vérité, du vrai.

Contrairement à ce que nous pourrions penser, Jean ne met pas ce thème en opposition au mensonge des païens. Jean présente Jésus comme le vrai, comme la vérité, en opposition aux ombres du judaïsme. Voici quelques exemples : Jean présente Jésus comme la véritable lumière. Il dit de Jésus :

C’était la véritable lumière qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme. (Jean 1.9)

Jésus n’est pas opposé aux nations païennes qui sont dans les ténèbres, mais au judaïsme qui était l’ombre des choses à venir. En Ésaïe 60.1, c’est la nation juive qui est appelée à être la lumière des nations. La nation juive n’a pu remplir ce rôle à cause du péché. Jésus est le seul qui pouvait le remplir. Jésus annonce le vrai culte par opposition au culte à Jérusalem.

Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne, ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient — et c’est maintenant — où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car ce sont de tels adorateurs que le Père recherche. Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité. (Jean 4.21-24)

Jésus oppose l’adoration en esprit et en vérité à celui qui se faisait en Samarie et à Jérusalem. Il n’oppose pas la vraie adoration aux cultes païens. Ensuite, Jésus se présente comme le vrai pain descendu du ciel :

Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel, mais mon Père vous donne le vrai pain venu du ciel; car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. (Jean 6.32-33)

Ici, Jésus rappelle que Dieu a donné la manne à son peuple au désert. Si on se le rappelle bien, le peuple au désert a murmuré contre Moïse en lui disant qu’il va mourir de faim. Le Seigneur leur envoie la manne et Jésus rappelle que ces personnes sont quand même mortes.

Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts. (Jean 6.49)

Autrement dit, la manne n’a fait que prolonger leur séjour terrestre, mais elles sont mortes. Jésus est le vrai pain qui donne la vie au monde. Dans le texte de ce matin, Jésus se présente comme le vrai cep. Dans l’Ancien Testament, c’était la nation juive qui était considérée comme le cep ou la vigne (c’est le même mot).

Or donc, je chanterai à mon ami le chant de mon bien-aimé sur sa vigne. Mon ami avait une vigne sur un coteau fertile. Il la défonça, ôta les pierres et y planta un cépage délicieux, il bâtit une tour au milieu d’elle, il y creusa aussi une cuve. Puis il espéra qu’elle produirait des raisins, mais elle a produit des fruits infects! Or donc, maintenant habitant de Jérusalem et homme de Juda, soyez juges entre moi et ma vigne! Qu’y avait-il encore à faire à ma vigne que je n’aie pas fait pour elle? Pourquoi, quand j’ai espéré qu’elle produirait des raisins, a-t-elle produit des fruits infects? Or donc, je vous ferai maintenant connaître ce que je vais faire à ma vigne. J’en arracherai la haie, pour qu’elle soit broutée; je ferai des brèches dans sa clôture, pour qu’elle soit foulée aux pieds. Je la réduirai en ruine; elle ne sera plus taillée, ni cultivée; les ronces et les épines y croîtront; et je donnerai mes ordres aux nuées, afin qu’elles ne laissent plus tomber la pluie sur elle. Or, la vigne de l’Éternel des armées, c’est la maison d’Israël, et les hommes de Juda, c’est le plant qu’il chérissait. Il avait espéré la droiture, et voici la forfaiture! la justice, et voici le cri du vice! (Ésaïe 5.1-7)

Depuis longtemps j’avais brisé ton joug, rompu tes liens, et tu as dit : Je ne serai plus infidèle mais sur toute colline élevée et sous tout arbre verdoyant tu te courbes, prostituée! Je t’avais plantée comme une vigne excellente d’un plant d’une qualité tout à fait sûre; comment as-tu changé à mon égard? Vous n’êtes que les boutures d’une vigne étrangère. (Jérémie 2.20-21)

Vous avez peut-être remarqué que, dans les deux textes, Israël est appelé la vigne de l’Éternel; dans les deux textes, il y a le rappel que l’Éternel avait tout fait pour sa vigne; dans les deux textes, Israël s’est égaré dans son péché. Israël a échoué. C’est dans ce contexte que le messie arrive et reprend les épreuves là où Israël a échoué. Durant la traversée du désert, toute la génération qui était sortie d’Égypte est morte au désert à cause de son incrédulité. La traversée du désert a duré 40 ans. Jésus a passé 40 jours dans le désert, mais sans recevoir de manne : il a jeûné. Il a réussi là où Israël a échoué et dans des conditions bien pires. Pour démontrer que Jésus a vraiment repris l’épreuve qui avait été proposée à Israël, les trois textes que Jésus cite pour répondre à Satan lors de la tentation au désert sont tirés de Deutéronome 6-8. Or, ces chapitres constituent une rétrospective de la traversée du désert par les Israélites.

Nous avons déjà vu qu’il n’y a qu’un seul Israélite qui a rempli toutes les conditions de l’alliance : c’est le Christ. Lui seul est véritablement Juif au sens où lui seul appartient à Dieu selon Exode 19.5.

Tu diras au Pharaon : Ainsi parle l’Éternel : Israël est mon fils, mon premier-né. (Exode 4.22)

Or, dans Colossiens 1.15, Paul présente le Christ :

Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. (Colossiens 1.15)

En Exode 4.22, Israël est appelé le premier-né de Dieu. Dans Colossiens 1.15, c’est le Christ qui porte le titre. Or, un père n’a jamais deux premiers-nés. Dans la Bible, le premier-né était celui qui recevait une double part de l’héritage et qui devait perpétuer l’œuvre du père. C’était surtout lui qui voyait à l’honneur de la famille. Naturellement, c’était le plus âgé, mais souvent, le plus âgé perdait son titre et c’est un plus jeune qui le recevait.

Israël a perdu ce titre et c’est le Christ qui le reçoit. Oui, c’était prévu comme cela, mais c’était pour démontrer l’incapacité de l’homme d’honorer un tel titre et de remplir les exigences qui lui sont rattachées. Donc, plusieurs textes nous montrent par différentes images que seul le Christ pouvait accomplir l’alliance. Lui seul est la vigne ou le cep de l’Éternel. Il est le vrai. Il est la réalité. Jean fait clairement ressortir que Jésus est le vrai, alors que la nation juive et les institutions du judaïsme étaient des ombres, des préfigurations. À partir du Christ, tous ceux qui sont en lui reçoivent les mêmes avantages. Les chrétiens sont les vrais Israélites. Par lui s’opère une séparation. Nous revenons à notre texte. Alors qu’Israël était appelé la vigne de l’Éternel, ou le cep, et qu’Israël a échoué dans son mandat, le Christ se présente comme le vrai cep. La venue du messie marque l’arrivée de ce qui est vrai et, par conséquent, la fin de ce qui était temporaire, de ce qui était ombre.

Cette venue du messie signifie un tournant majeur, puisque c’est par le messie, par le Christ, que Dieu accomplit son plan. Ce tournant majeur se voit dans la constitution du peuple de Dieu. Jésus seul est la vigne de l’Éternel. Israël n’était que l’ombre. Israël ne pouvait réussir à cause de son péché. Le Christ a réussi parce qu’il est le Saint et le Juste. Ce que Jésus annonce ici, c’est qu’il y a des personnes qui étaient dans la vigne selon la définition de l’Ancienne Alliance, et maintenant, les choses ont changé. Sous l’Ancienne Alliance, une personne pouvait se conformer extérieurement à la loi de Dieu et demeurer dans le peuple de Dieu. Dans la Nouvelle Alliance, il y a une réalité intérieure, puisque Dieu transforme l’intérieur des gens. Il leur donne un nouveau cœur, un nouvel Esprit. Il met sa loi dans leurs cœurs. C’est comme si le Christ, en recevant le titre de cep, regarde la vigne et constate qu’il y a des inconvertis. Il les retranche.

Les clauses de l’Ancienne Alliance faisaient en sorte que le peuple de Dieu était mixte, c’est-à-dire qu’il y avait des élus et des réprouvés dans le peuple. Jésus vient, établit la Nouvelle Alliance et fait le ménage. Les membres de la Nouvelle Alliance sont tous des enfants de Dieu.

Le vigneron

Le deuxième point de ce texte, qui sera très bref, concerne le vigneron. Jésus dit au verset 1 :

Moi, je suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron. (Jean 15.1)

Cette affirmation concernant le fait que le Père est le vigneron indique que le peuple de Dieu appartient à Dieu. C’est sa vigne. C’est un peuple qui appartient à Dieu avec tout ce que cela comporte. Le Père a préparé sa vigne, il en a pris soin, il lui a démontré tout son amour dans le passé. Là, il a mis le comble à son amour en envoyant son Fils unique. C’est par le Fils que sa vigne va porter du fruit. Là, les informations sont très importantes.

Les branches

Nous arrivons au troisième point qui concerne les branches. Il y a deux catégories de branches : celles qui demeurent sur le cep et celles qui ne sont pas attachées au cep. Ce texte ne parle pas de la perte du salut. Les branches coupées ne sont pas des chrétiens qui seraient arrachés ou retranchés, ce que démontre le verset 3 :

Déjà̀, vous êtes émondés, à cause de la parole que je vous ai annoncée. (Jean 15.3)

Jésus prend l’expression « en moi » au verset 2 (Jean 15.2). Cette expression n’a pas le même sens que chez Paul qui dit que si nous sommes en Jésus-Christ, nous sommes une nouvelle créature. Dans la Bible, les expressions peuvent être utilisées dans des sens différents et seul le contexte nous permet de faire les bonnes nuances.

Le même apôtre Jean nous dit que Dieu a tant aimé le monde, et dans une de ses épîtres, il nous dit de ne pas aimer le monde. Les mots grecs pour « monde » et « aimer » sont les mêmes dans les deux textes. C’est clair qu’il ne donne pas le même sens au mot « monde ». Chez Jean, la chair n’a pas le même sens que chez Paul. Chez Paul, la chair est le lieu du péché : la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit.

Chez Jean, la chair n’a rien de péjoratif : la Parole s’est faite chair et elle a habité parmi nous. Jean n’insinue pas que la Parole, c’est-à-dire le Fils de Dieu, a eu des désirs contraires à ceux de l’Esprit. Il faut faire attention aux associations que nous pouvons faire entre différents textes bibliques. Jésus dit que celui qui est en lui et qui ne porte pas de fruit sera retranché. Un commentateur que j’ai consulté propose l’idée suivante : lorsque des vignes sont proches les unes des autres, les branches d’une s’entremêlent avec les branches des autres vignes autour d’elle. La formulation grecque permet ce sens. Le « en moi » peut être traduit par « parmi moi ». Avec l’image de la vigne, les branches mortes seraient parmi la vraie vigne, entremêlée aux branches de la vraie vigne, mais ce sont des branches étrangères à la vigne, de sorte qu’il y a des branches qui semblent être attachées à une vigne, mais qui ne le sont pas.

De la même façon, il y a des personnes qui semblent appartenir au Seigneur, qui ont une proximité avec ses institutions, l’Église par exemple, mais qui, en réalité, sont complètement étrangères à Dieu. Ces personnes ne sont pas attachées au Seigneur. L’apôtre Jean dira qu’ils n’ont jamais été des nôtres et Jésus leur dira : « Je ne vous ai jamais connus. » Dans l’image de la vigne, le Seigneur indique que ceux qui prétendent appartenir au peuple de Dieu, mais qui ne sont pas attachés au Seigneur, sont retranchés. Dans le contexte, Judas est un exemple flagrant. Rappelons-nous que la conversation de Jésus avec ses disciples se passe dans la même nuit. À partir du début du chapitre 13 jusqu’à la fin du chapitre 17 (Jean 13-17), les choses se passent entre le souper, le dernier repas et les évènements dans le jardin de Gethsémané. Le départ de Judas vient tout juste de se faire lorsque Jésus dit que celui qui est en lui et qui ne porte pas de fruit sera retranché.

Comment s’opère l’arrachage ou le retrait? De plusieurs façons. Il y a des personnes qui peuvent joindre une Église locale et même se faire baptiser. Elles peuvent s’impliquer, mais un jour, elles quittent l’Église comme ça. J’en ai connu plusieurs de ces personnes. Évidemment, elles trouvent une excuse pour ne pas porter l’odieux, des excuses comme : « Il manque d’amour ici. », « Je me sens jugé. », « Je ne me sens pas chez moi. »

De belles phrases qui ne font que cacher un désintérêt pour les choses de Dieu. Nous aurions tous des raisons pour quitter l’Église. Nous avons des déceptions, des blessures, mais nous avons de meilleures raisons pour demeurer. Nous reconnaissons que c’est le milieu établi par le Seigneur pour notre croissance. Une autre façon par laquelle le Seigneur purifie son Église, c’est par la discipline dans l’Église. Bien que le but de la discipline soit de gagner le frère, elle permet parfois de reconnaître le faux frère. Une autre façon par laquelle le Seigneur purifie son Église, c’est que la personne ne supporte plus la saine doctrine. Bref, le Seigneur a plusieurs moyens pour arracher les branches mortes.

Les branches attachées

Heureusement, il y a des branches qui portent du fruit.

Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche; et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde afin qu’il porte encore plus de fruit. (Jean 15.2)

Premier point sur le fruit : c’est que le croyant le porte. Il ne le produit pas. Il y a une grande différence entre les deux. Je suis très capable de porter une chemise, mais je suis incapable d’en produire une. Le chrétien n’est pas celui qui produit le fruit, mais celui qui porte le fruit. Deuxième point : si le chrétien peut porter le fruit de la vigne, c’est uniquement dû au fait qu’il est attaché au cep. C’est en raison de son union au Christ et uniquement à cause de cela. Quel est le fruit? Trop souvent, nous confondons le fruit et ce qui en découle. Ce qui découle du fruit, ce sont des actions pour Dieu, mais si je me concentre sur les actions dans le but de me convaincre ou de convaincre les autres de mon appartenance à Dieu, je n’ai rien compris et je me leurre. Le pomiculteur aime bien que ses pommes soient en santé. Il doit donc premièrement veiller sur la santé des pommiers.

Il n’ira pas appliquer une peinture rouge vif sur les pommes pour qu’elles soient plus belles. Autrement dit, pour avoir un bon fruit, on ne travaille pas sur le fruit directement, mais sur la santé de l’arbre. C’est en prenant soin de nos âmes que nous aurons un fruit sain, en santé. Je dois être cet arbre planté près des courants d’eau. Je dois demeurer attaché au Christ, au cep. Ce n’est que là que je vais produire le fruit et c’est ce fruit qui va permettre la multiplication.

Comme le pommier qui produit des pommes et dont certaines d’entre elles vont donner d’autres pommiers en tombant et en mourant, de sorte que les œuvres préparées d’avance afin que nous les pratiquions sont en fait les fruits du fruit ou les résultats du fruit. À la base, le fruit du chrétien est défini en Galates 5.22 :

Mais le fruit de l’Esprit est : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, maîtrise de soi. (Galates 5.22)

Si vous remarquez bien, le texte ne parle pas de plusieurs fruits, mais d’un seul fruit. Ce n’est pas qu’un chrétien porte le fruit de l’amour; un autre, le fruit de la bonté; un autre, la bienveillance. Il est inconcevable de dire qu’un a l’amour s’il n’a pas la bonté, la bienveillance, la patience, etc. L’énumération qui est faite vise à cerner ce qu’est le fruit de l’Esprit.

La première chose sur laquelle je dois me concentrer, c’est de demeurer attaché au Christ. Jésus est clair : sans cet attachement, pas de fruit.

De même que le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure sur le cep, de même vous non plus, si vous ne demeurez en moi. (Jean 15.4)

Le texte a tout pour nous encourager. Loin de vouloir faire peur aux disciples en parlant des branches mortes, Jésus les rassure au verset 3 :

Déjà, vous êtes émondés, à cause de la parole que je vous ai annoncée. (Jean 15.3)

Le mot « émondé » en grec est le même que « purifié ». Ce mot a donné en français le mot « catharsis ». Il y a une différence entre arracher des branches mortes et émonder les branches. Jésus émonde les branches qui lui sont attachées, non pas pour qu’elles sèchent et soient détruites, mais au contraire, pour qu’elles vivent mieux, pour qu’elles profitent mieux de la vie de la vigne et pour qu’elles puissent mieux porter le fruit.

C’est ce que le Seigneur fait avec tous ses enfants. Nous sommes émondés grâce à la Parole de Dieu. Jésus répète avec les mêmes mots ce qu’il avait dit à Pierre au chapitre 13 lors du lavement des pieds. Pierre demande à Jésus d’être lavé entièrement et Jésus répond qu’il n’a pas besoin.

Jésus lui dit : Celui qui s’est baigné n’a pas besoin de se laver sauf les pieds, mais il est entièrement pur; et vous êtes purs, mais non pas tous. (Jean 13.10)

Vous n’avez besoin que de vous laver les pieds, c’est-à-dire de vous débarrasser des souillures qu’on accumule dans ce monde. Les branches attachées sont celles qui ont été purifiées par la Parole de Dieu. Ce n’est que là que nous portons du fruit pour notre Dieu. La difficulté pour nous est que, parfois, nous désirons le résultat, mais rejetons les moyens.

Nous désirons tous, je pense, progresser dans la vie chrétienne, mais nous devons savoir que les moyens sont parfois douloureux. Ces moyens demandent du renoncement. J’ai lu récemment une pensée sur Facebook que je vous traduis :

« Un dimanche matin, dans une petite Église, le nouveau pasteur demande à un diacre plus âgé de conduire l’assemblée dans la prière d’ouverture.

Le diacre se lève, courbe sa tête et dit : “Seigneur, je déteste le babeurre”. Il s’agit d’un liquide extrait du lait et dont le goût est amer. Le pasteur ouvre un œil et se demande où cela mène. Le diacre continue et dit : “Seigneur, je déteste le saindoux (une graisse animale)”.

À ce moment, le pasteur est totalement perplexe. Le diacre continue : “Seigneur, je ne suis pas fou de la farine ordinaire, mais après que ces éléments ont été mélangés et que c’est cuit au four, finalement, j’aime les biscuits. Seigneur, aide-nous à réaliser quand la vie nous amène son lot de difficultés, quand il y a des choses que nous n’aimons pas, quand nous ne comprenons pas ce que tu es en train de faire, apprends-nous à réaliser que nous avons besoin d’attendre et de voir ce que tu es en train de faire. Lorsque tu auras terminé de mélanger toutes ces choses et les auras passées au four, ce sera meilleur que les biscuits. Amen. »

Frères et sœurs, le Seigneur nous émonde.

Si quelqu’un ici n’appartient pas au Christ, si quelqu’un n’est pas attaché, fixé au Christ, j’ai le regret de vous dire ce que la Bible dit : vous êtes morts et vous ne portez aucun bon fruit. Tout ce que vous faites est mort. La seule solution est de reconnaître que Jésus est le seul qui donne la vie. Le seul qui peut donner un sens à votre vie et même un sens éternel.

Pour nous qui appartenons au Seigneur, l’application principale de ces versets est de nourrir notre attachement au Seigneur, parce que nous ne pouvons porter du fruit que dans la mesure où nous sommes attachés à lui. Nous devons accepter le travail du Seigneur dans nos vies, puisque nous sommes dans sa vigne. Nous sommes attachés au Dieu trois fois saint, au Seigneur ressuscité, à celui qui a tout créé et qui nous recrée en Jésus-Christ. Que le Seigneur bénisse sa Parole. Amen!

Daniel Durand, pasteur
3 juin 2018

Prédicateur invité

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