Que signifie « connaître Dieu »? – Jean 14.19-26

« Jésus nous enseigne que cette vie par l’Esprit ne peut se passer de la connaissance des choses révélées par ce même Esprit et notre marche ne peut se faire en dehors des commandements de Dieu, dans un esprit d’obéissance à la loi de Dieu. Considérons l’importance de les vivre. C’est là que nous démontrerons tout notre amour pour le Christ. »

 

Introduction

Nous continuons dans l’évangile de Jean avec les versets 19 à 26 du chapitre 14.

Texte biblique

Encore un peu de temps, et le monde ne me verra plus, mais vous vous me verrez parce que moi je vis, et que, vous aussi, vous vivrez. En ce jour-là, vous connaîtrez que moi, je suis en mon Père, vous en moi, et moi en vous. Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui qui m’aime. Celui qui m’aime sera aimé de mon Père, moi aussi je l’aimerai et je me manifesterai à lui. Jude, non pas l’Iscariot, lui dit : Seigneur, comment se fait-il que tu doives te manifester à nous et non au monde? Jésus lui répondit : Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera; nous viendrons vers lui et nous ferons notre demeure chez lui. Celui qui ne m’aime pas, ne garde pas mes paroles. Et la parole que vous entendez n’est pas de moi, mais du Père qui m’a envoyé. Je vous ai parlé de cela pendant que je demeure auprès de vous. Mais le Consolateur, le Saint-Esprit que le Père enverra en mon nom, c’est lui qui vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que moi je vous ai dit. (Jean 14.19-26)

Que le Seigneur bénisse sa Parole en nous. Prions…

Exposé

Nous avions vu dans les dernières semaines que Jésus promet les plus grandes bénédictions à ses disciples. On se rappelle que les disciples étaient troublés, en particulier parce que Jésus leur avait annoncé son départ. Jésus leur dit de cesser d’être troublés. Il les rassure en leur promettant de leur préparer une place et de venir les chercher afin que, là où le Seigneur sera, les disciples y soient également. Il leur annoncera donc sa propre résurrection et aussi celle de tous les élus puisqu’il promet de venir les chercher. Jésus leur a aussi promis qu’il ne les laissera pas orphelins. Jésus voit la misère de ceux qui lui appartiennent : il les sauve, il leur donne une patrie céleste, une maison céleste, un Père céleste. Le texte que nous avons lu poursuit sur les promesses.

La connaissance

La connaissance est au cœur des promesses. Cette promesse découle de la résurrection du Christ. C’est la connaissance que nous pouvons avoir du Christ et du Père.

En ce jour-là, vous connaîtrez que moi, je suis en mon Père, vous en moi, et moi en vous. (Jean 14.20)

L’expression, en ce jour-là, réfère à la Pentecôte, ce que nous confirme le verset 16 :

[…] et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Consolateur qui soit éternellement avec vous. (Jean 14.16)

La présence du Saint-Esprit est intime.

[…] mais vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure près de vous et qu’il sera en vous. (Jean 14.17)

Notre Dieu a choisi de faire sa demeure en ses enfants. On s’offusque parfois lorsque nous lisons que le Christ est né dans une étable. En fait, je me demande ce qui est le pire : passer une nuit dans une étable aux odeurs assorties ou demeurer dans des personnes dont le péché sera présent jusqu’à leur mort (Romains 7)? Il y a de quoi méditer sur le fait que le Seigneur a décidé d’habiter en nous, de faire de nous son temple, un temple à son honneur, un temple dans des vases bien misérables, bien pauvres. On comprend bien que ce n’est pas le temple qui fait le privilège au Dieu qui l’habite, mais le Dieu qui l’habite qui fait le privilège au temple qui l’accueille. La présence du Saint-Esprit est aussi active et c’est ce que Jésus enseigne au verset 20 :

En ce jour-là, vous connaîtrez que moi, je suis en mon Père, vous en moi, et moi en vous. (Jean 14.20)

Jésus annonce la Pentecôte et une des conséquences, c’est la connaissance communiquée à ceux qui reçoivent le Saint-Esprit. Cette connaissance communiquée avait été annoncée. Le prophète Daniel prophétise que la connaissance sera augmentée. Jérémie affirme au chapitre 31 de son livre que tous les membres de la nouvelle alliance sont enseignés de Dieu.

Paul annonce dans 1 Corinthiens 13 la fin des dons révélationnels et il dit qu’alors, nous connaîtrons comme nous avons été connus. Nous avions vu ces choses dans l’étude des dons apostoliques il y a plusieurs mois et je vous avais suggéré que Paul parlait de la complétion du canon biblique, c’est-à-dire le fait que les Écritures soient complètes. Nous n’avons pas à attendre d’autres livres pour compléter la Bible. Donc, la connaissance de Dieu est caractéristique du peuple de Dieu. Jésus dit la même chose en d’autres mots :

En ce jour-là, vous connaîtrez que moi, je suis en mon Père, vous en moi, et moi en vous. (Jean 14.20)

Jésus annonce que l’envoi du Saint-Esprit sera marqué par cette connaissance. Cette connaissance ne peut se résumer à ce que nous pouvons apprendre sur les bancs d’école, sur les bancs d’Église et, aujourd’hui, sur Internet. Cette connaissance est impossible sans la présence et l’œuvre du Saint-Esprit en nous.

Il y a des théologiens qui ne sont pas chrétiens. Ils passent leur vie à étudier la Bible, mais toutes leurs recherches demeurent totalement stériles et mortes. Le Saint-Esprit agit de façon déterminante dans la connaissance que nous sommes appelés à avoir et à acquérir. Cette connaissance inclut les Écritures. En attendant que celles-ci soient complétées, le Saint-Esprit faisait des dons révélationnels comme nous l’avons déjà vu, par exemple, la prophétie, les langues, l’interprétation des langues, le don de connaissance, de sagesse, etc.

Toutefois, maintenant que ce qui devait être complété est arrivé, c’est-à-dire le canon biblique, le même Esprit applique à nos cœurs et à nos pensées les vérités des Écritures. Cette connaissance implique beaucoup plus que ce qui peut paraître dans une lecture rapide. Connaître, c’est plus qu’avoir une connaissance intellectuelle.

Il y a une grande différence entre connaître des choses sur le Seigneur et connaître le Seigneur. Bien sûr, nous devons connaître des choses sur le Seigneur pour connaître le Seigneur. Si je ne connais rien sur le Seigneur, je ne peux pas connaître le Seigneur. Je ne saurai même pas qu’il est Seigneur. Le Seigneur s’est révélé et c’est pour que nous puissions connaître des choses sur lui. S’il veut que nous connaissions des choses sur lui, c’est dans le but que nous le connaissions, lui, personnellement, relationnellement. C’est pourquoi il est important de méditer les Écritures, d’être exposés à celles-ci en Église, afin que nous apprenions des choses sur Dieu. Parfois, on est réfractaire à la théologie. On pense que ce sont des constructions humaines qui ramassent des versets ici et là. Certains ont même l’impression qu’une théologie est biaisée. On veut démontrer un point et on trouve ensuite des versets pour l’appuyer. Autrement dit, la conclusion est écrite avant le développement. Ce genre de positions théologiques est rapidement débusqué et rejeté. Ceux qui écrivent ce genre de position théologique se font littéralement ramasser par d’autres théologiens. La réalité est tout autre. Le mot « théologie » signifie « l’étude de Dieu ». Tous les chrétiens font de la théologie. Dès qu’ils réfléchissent sur un sujet, ils font de la théologie. Comment puis-je comprendre le mariage? C’est en étudiant le texte fondateur en Genèse 1-2, mais ça prend plus. J’apprends plus loin que le mari doit aimer sa femme comme le Christ a aimé l’Église. Alors, je dois étudier comment le Christ a aimé son Église pour pouvoir comprendre. L’étude du mariage est de la théologie, parce que, même si ça ne porte pas directement sur la personne de Dieu, on s’intéresse au mariage selon la pensée de Dieu. On s’intéresse à ce que Dieu dit sur le mariage.

Donc, la connaissance théologique est nécessaire. Je dois connaître. Je dois comprendre pour apprendre et apprendre pour comprendre. Je dois assimiler par l’intelligence, parce que Dieu s’est fait connaître par des notions intelligibles. Ce que le Seigneur renouvelle, c’est notre intelligence.

Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence […] (Romains 12.2)

Un verset très intéressant! Paul dit : « Soyez transformés ». Ça, c’est la prière de Paul. Le verbe est à la forme passive. Nous pourrions paraphraser par : « Puissiez-vous être transformés ». Ce n’est pas le croyant qui se transforme lui-même. Nous devons nous laisser transformer par le Seigneur. Ensuite, Paul nous parle du moyen.

Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence […] (Romains 12.2)

C’est par une intelligence renouvelée que nous pouvons être transformés. Sans cette intelligence renouvelée qui permet de connaître les choses de Dieu, il n’y a aucune transformation possible. Frères et sœurs, l’œuvre du Saint-Esprit en nous ne consiste pas à supprimer, à étouffer notre intelligence, mais à la renouveler. La vérité est qu’il n’existe pas de réelle connaissance de Dieu sans une appropriation intellectuelle de qui est Dieu et qui nous est révélé dans les Écritures.

Je répète que la connaissance intellectuelle est insuffisante, mais elle est nécessaire. Ce n’est pas vrai que, lorsqu’on arrive à l’Église, on doit laisser au vestiaire son manteau, son chapeau et son cerveau. Là ne s’arrête pas la connaissance : connaître dans la Bible, c’est aussi avoir une connaissance qui inclut l’expérience. C’est une connaissance qui est aussi vécue.

Donc, elle est à la fois une connaissance qui passe par l’expérience et une expérience qui passe par l’intelligence. Cette connaissance est expérimentale et relationnelle, puisqu’elle concerne notre être.

[…] vous connaîtrez que moi, je suis en mon Père, vous en moi, et moi en vous. (Jean 14.19)

Plusieurs personnes peuvent dire qu’elles connaissent Jules César. Cependant, il y a une différence entre moi qui dis connaître Jules César, un historien qui dit connaître Jules César et Cléopâtre qui dit connaître Jules César. Dans mon cas, j’ai des connaissances tellement limitées de qui est Jules César. Je sais qu’il fut empereur sur l’Empire romain, mais je ne pense même pas pouvoir écrire un paragraphe sur lui.

Toutefois, l’historien connaît Jules César bien plus que moi. Il a certainement étudié le personnage. Il a des connaissances beaucoup plus grandes que moi de sorte qu’il peut sûrement brosser un portrait du personnage. Il va connaître ses conquêtes militaires, ses échecs et ses victoires, sa manière d’exercer son autorité. Il va connaître des évènements précis de sa vie : son ascension, ses défis, les tensions auxquelles il a dû faire face, etc. Ça demeure tout de même des connaissances intellectuelles. Cléopâtre connaissait Jules César autrement. Elle lui parlait. Elle a connu personnellement le personnage. Elle peut en parler différemment. Même si ça dépasse le niveau intellectuel, connaître le Seigneur implique la connaissance intellectuelle et sollicite la raison, mais ça doit s’inscrire dans une connaissance relationnelle et expérimentale. On se rappellera que l’apôtre Pierre a eu bien des difficultés à accepter que le Seigneur sauvait des non-Juifs.

Il a fallu que le Seigneur lui fasse vivre une extase et qu’il fasse descendre une nappe sur laquelle il y avait des animaux classés comme impurs dans la loi mosaïque. Le Seigneur a commandé à Pierre de tuer et de manger ces animaux. Le Seigneur a fait vivre une expérience à Pierre pour le convaincre d’une doctrine. Remarquez que les autres apôtres, y compris Paul, n’ont pas eu besoin de vivre cette expérience pour être convaincus de cette doctrine. Cette doctrine est la suivante :

Alors Pierre ouvrit la bouche et dit : En vérité, je le comprends, pour Dieu il n’y a pas de considération de personnes, mais en toute nation celui qui le craint et qui pratique la justice lui est agréable. (Actes 10.34-35)

Remarquez que la connaissance expérimentée a fourni à Pierre une connaissance doctrinale. Le témoignage du Saint-Esprit en nous permet que la connaissance intellectuelle s’incarne dans nos vies. Ce témoignage se constate d’abord dans le fait que notre conscience est aiguisée face à la loi de Dieu. Une personne pourrait connaître par cœur les commandements de Dieu, mais sans l’œuvre de l’Esprit de Dieu, cette connaissance demeure pauvre. Celui qui a l’Esprit de Dieu en lui va connaître autrement la loi de Dieu. Il va comprendre la gravité de la transgression de la loi. Il va voir le bien-fondé de la loi de Dieu. Il va prendre plaisir dans la loi de l’Éternel. Avant, nous suivions nos propres voies. Nous vivions comme si Dieu n’existe pas. Nous mangions, nous buvions, sachant que demain, nous mourrons, mais lorsque le Seigneur est entré en nous, notre perception a totalement changé. Ce phénomène est commun à tous les chrétiens, non pas à tous ceux qui se disent chrétiens, mais à tous les vrais chrétiens. Cette réalité est un élément de la connaissance que Dieu habite en nous. Ce témoignage se constate aussi du fait que nous nous savons en sécurité. Nous pouvons avoir des craintes, mais en même temps, nous savons que notre Dieu est là, tout près de nous. En fait, il est en nous. Jésus dit :

[…] je suis en mon Père, vous en moi, et moi en vous. (Jean 14.20)

La relation dans laquelle le Seigneur nous a fait entrer est la même relation qui existe entre le Père et le Fils. Le Fils est dans le Père. Cette relation ne peut pas être plus intime et parfaite. C’est dans cette relation que le Seigneur nous fait entrer. Je me rappelle lorsque j’étais jeune, il y avait une famille d’accueil, c’est-à-dire une famille qui accueillait des enfants que la DPJ cherchait à placer. Dans la famille d’accueil que j’ai connue, les enfants placés étaient défavorisés par rapport aux enfants de la famille. Lors des repas, les enfants de la famille mangeaient bien mieux que les enfants placés. Imaginez, à la même table : les enfants placés ne jouissaient pas des mêmes privilèges, mais avec le Seigneur, les choses sont vraiment meilleures. Nous sommes aimés du même amour que l’amour qui caractérise la relation entre le Père et le Fils.

Comme le Père m’a aimé, moi aussi, je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. (Jean 15.9)

Les commandements

Maintenant, pourquoi est-ce que Jésus nous parle des commandements à ce point-ci?

Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui qui m’aime. Celui qui m’aime sera aimé de mon Père, moi aussi je l’aimerai et je me manifesterai à lui. (Jean 14.21)

Jésus fait passer de la connaissance à l’amour et à l’obéissance à ses commandements. Les trois sont reliés. Comme je l’ai déjà dit, et c’est toujours bon de se le rappeler, la loi de Dieu ne tombe pas pour le chrétien. Nous avions déjà vu que le même Paul, qui a dit que les chrétiens ne sont plus sous la loi, exhorte les chrétiens à vivre en conformité à la même loi.

Le péché ne dominera pas sur vous, car vous n’êtes pas sous la loi, mais sous la grâce. Quoi donc! Pécherions-nous, parce que nous ne sommes pas sous la loi, mais sous la grâce? Certes non! (Romains 6.14-15)

Est-ce à dire que nous ne devons plus nous conformer à la loi? Ce n’est certainement pas la pensée de Paul puisqu’au chapitre 13 de la même épître, il affirme ceci :

Ne devez rien à personne, si ce n’est de vous aimer les uns les autres; car celui qui aime les autres a accompli la loi. En effet les commandements : Tu ne commettras pas d’adultère, tu ne commettras pas de meurtre, tu ne commettras pas de vol, tu ne rendras pas de faux témoignage, tu ne convoiteras pas, et tout autre commandement se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. L’amour ne fait pas de mal au prochain : l’amour est donc l’accomplissement de la loi. (Romains 13.8-10)

L’amour ne remplace pas la loi selon ce que plusieurs pensent. L’amour accomplit la loi. La seule chose qui a changé concernant la loi de Dieu, c’est tout ce qui constituait l’ombre de l’œuvre du Christ, tout ce qui était rituel dans l’Ancienne Alliance. Nous n’avons plus à sacrifier des animaux, puisque le Christ, l’Agneau de Dieu, a définitivement ôté le péché du monde.

Nous n’avons plus à nous présenter dans un temple fait de main d’hommes, mais dans le vrai temple de Dieu, c’est-à-dire l’Église, le corps du Christ. Nous n’avons plus à nous soumettre aux restrictions alimentaires de l’époque, puisque celles-ci représentaient la prérogative de Dieu de décider de ce qui est pur ou impur, mais pour le reste, tout ce qui vise le bon ordre dans la société, en fait l’application des dix commandements, tout cela demeure. Remarquez le parallèle entre les deux textes suivants :

Car, en Christ-Jésus, ce qui a de la valeur, ce n’est ni la circoncision ni l’incirconcision, mais la foi qui est agissante par l’amour. (Galates 5.6)

La circoncision n’est rien, et l’incirconcision n’est rien, mais c’est l’observation des commandements de Dieu qui compte. (1 Corinthiens 7.19)

La loi de Dieu demeure éternellement. Jésus dit :

Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui qui m’aime. (Jean 14.21)

Maintenant, comment le Seigneur s’y prend-il pour que nous lui obéissions?

Mais le Consolateur, le Saint-Esprit que le Père enverra en mon nom, c’est lui qui vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que moi je vous ai dit. (Jean 14.26)

Le Saint-Esprit enseigne aux élus. Il rappelle tout ce que le Christ a dit. En fait, le Saint-Esprit a rappelé ces choses aux apôtres, qui les ont mises par écrit, ces choses que nous avons dans le Nouveau Testament. Pour nous qui ne sommes pas apôtres, le même Esprit nous convainc de ce que les Écritures enseignent.

Je vous ai écrit ceci au sujet de ceux qui vous séduisent. Pour vous, l’onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n’avez pas besoin qu’on vous enseigne; mais comme son onction vous enseigne toutes choses, qu’elle est véritable et qu’elle n’est pas un mensonge, demeurez en lui comme elle vous l’a enseigné. (1 Jean 2.26-27)

Ces versets nous montrent que tous les chrétiens ont besoin d’être enseignés. Jean enseigne aux chrétiens et c’est le paradoxe : il enseigne aux chrétiens qu’ils n’ont pas besoin d’être enseignés. Ces versets nous disent simplement que les enseignants que Dieu appelle ne sont que des instruments et que l’Esprit de Dieu prend cet enseignement, qui doit être biblique, et l’applique à l’intelligence de ses enfants.

L’Esprit

Le fait que ce soit l’Esprit qui enseigne nous demande de ne pas prendre la place de l’Esprit dans la vie des gens. Parfois, nous sommes plus pressés que le Saint-Esprit. Nous devons parler, enseigner, mais il y a un temps pour laisser l’Esprit travailler dans la personne. On exhorte un frère sur un point. Nous n’avons pas à exiger qu’il comprenne immédiatement. Laissons à l’Esprit le temps de jouer son rôle.

Nous tous donc qui sommes des hommes faits ayons cette pensée, et si sur quelque point vous avez une pensée différente, Dieu vous révèlera aussi ce qu’il en est. (Philippiens 3.15)

C’est la prière de Paul :

[…] afin que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de gloire, vous donne un esprit de sagesse et de révélation qui vous le fasse connaître. (Éphésiens 1.17)

Cela dit, cette connaissance n’est pas parachutée de façon mystique. Elle est dans les Écritures. Jésus parle aux apôtres et il leur dit que le Saint-Esprit leur rappellera toutes ces choses. Ce qu’il leur a rappelé, les apôtres l’ont écrit, de sorte que l’Esprit qui a inspiré les apôtres est le même Esprit qui nous enseigne. La question qui se pose, c’est de savoir quelles sont les choses, quel est le contenu de l’enseignement de l’Esprit.

Bien sûr, il y a toutes les notions théologiques, que ce soit les questions sur la création, sur l’alliance, sur le Christ, sur la fin des temps, mais il y a un point plus central lorsque la Bible nous parle de l’enseignement de l’Esprit. Nous l’avons abordé : il s’agit de sa loi. L’Esprit nous inculque la loi de Dieu. Nous qui sommes sous la nouvelle alliance, loin d’être étrangers à la loi de Dieu, l’Esprit écrit sa loi dans nos cœurs. Jésus mentionne ce point dans son discours en Jean 14 :

Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui qui m’aime. (Jean 14.21)

Nous assistons depuis un siècle à une tendance qui comporte un paradoxe. D’un côté, les protestants et les catholiques parlent de plus en plus de l’Esprit. Combien de livres, de conférences sur le sujet, mais aussi combien d’erreurs! Plusieurs ont cette impression que marcher par l’Esprit consiste à demeurer vigilant au cas où le Seigneur leur communiquerait une direction, un message.

Jamais les apôtres n’ont enseigné une telle approche. Si nous voulons marcher par l’Esprit, c’est simple : il s’agit de marcher dans la loi de Dieu. C’est là, le paradoxe, parce qu’en même temps, combien de protestants affirment que nous n’avons plus à être soumis à la loi de Dieu, que ceci était pour la nation juive. Paul nous enseigne cela :

Il a dans sa chair annulé la loi avec ses commandements et leurs dispositions. (Éphésiens 2.15)

Est-ce que Paul enseigne l’abolition de la loi pour les chrétiens? Avant de répondre à cette question, lisons un autre texte d’Éphésiens :

Ne vous enivrez pas de vin : c’est de la débauche. Mais soyez remplis de l’Esprit. (Éphésiens 5.18)

Que veut dire Paul lorsqu’il nous dit : soyez remplis de l’Esprit? Le contexte nous montre que c’est dans l’obéissance aux commandements de Dieu. Les chapitres 4 à 6 de l’épître aux Éphésiens (Éphésiens 4-6) sont remplis d’impératifs. Nous verrons éventuellement, dans le cadre de la série sur Éphésiens, que Paul fait allusion aux dix commandements dans les chapitres 4 à 6 d’Éphésiens (Éphésiens 4-6), se permettant même d’en citer un textuellement au chapitre 6 (Éphésiens 6). Il démontre ainsi que les commandements sont encore en force pour les chrétiens. Frères et sœurs, si nous voulons marcher selon l’Esprit de Dieu, nous devons marcher selon la loi de Dieu, non pas les rites qui sont terminés, mais selon la morale divine, là où est l’Esprit est la liberté, nous dit Paul. Nous pouvons dire que la loi de la liberté est là où est l’Esprit, pour reprendre une expression de l’apôtre Jacques.

Non pas obéir pour être sauvés, mais obéir par reconnaissance pour notre Sauveur, par profession que sa loi est bonne pour nos vies et que nous voulons vivre pour plaire au Seigneur. Revenons à Jean.

Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui qui m’aime. Celui qui m’aime sera aimé de mon Père, moi aussi je l’aimerai et je me manifesterai à lui. (Jean 14.21)

Nous connaissons ses commandements. Honorer ses parents, ne pas commettre l’adultère même dans notre cœur, respecter le jour du Seigneur, être honnête, ne pas convoiter, ne pas faire de faux témoignage… nous les connaissons. Frères et sœurs, je pense que nous voulons tous vivre par l’Esprit de Dieu. Je pense que nous voulons tous être remplis de l’Esprit de Dieu. Nous voulons tous marcher par l’Esprit de Dieu.

Jésus nous enseigne que cette vie par l’Esprit ne peut se passer de la connaissance des choses révélées par ce même Esprit et notre marche ne peut se faire en dehors des commandements de Dieu, dans un esprit d’obéissance à la loi de Dieu. Considérons l’importance de les vivre. C’est là que nous démontrerons tout notre amour pour le Christ. Que le Seigneur vous bénisse.

Daniel Durand, pasteur
20 mai 2018

Prédicateur invité

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