Pourquoi Dieu distribue des dons? – Éphésiens 4.7

« Ça signifie que chacun de nous, chrétiens, non seulement, a reçu un don, mais qu’il est appelé à le mettre au service du corps. Ça signifie aussi que mes dons ne m’ont pas été accordés pour moi mais pour l’Église. Ça signifie aussi que le Corps a besoin de la contribution de chaque membre qui exerce son don. Réfléchissons à ce point : si nous lisons bien les Écritures, nous pouvons conclure que nous devrions tous exercer au moins un don, être actif dans l’Église pour l’édification de celle-ci. »

 

Introduction

Jusqu’à maintenant, nous avons vu dans l’épître aux Éphésiens la question de l’unité et de la disposition que nous devons prendre pour vivre cette unité. La dernière fois, nous avons vu que l’unité est en Dieu et c’est l’unité en Dieu qui est déversée sur l’Église, mais il y a la pluralité en Dieu qui est déversée aussi sur l’Église. La pluralité en Dieu est le fait qu’il y a trois personnes en Dieu : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Le Seigneur déverse cette pluralité dans l’Église en nous donnant des dons différents.

Les premiers versets du chapitre nous interpellent sur les vertus, la disposition de nos cœurs nécessaire à l’unité.

Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience. Supportez-vous les uns les autres avec amour, en vous efforçant de conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix. (Éphésiens 4.1-3)

Les versets suivants, c’est-à-dire les versets 4 à 6, présentent la base de l’unité. Sa base est Dieu lui-même, les trois personnes de la trinité sont mentionnées et ce que Dieu institue, le baptême, le corps qui est l’Église, le contenu de la foi et l’espérance.

Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance, celle de votre vocation ; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, parmi tous et en tous. (Éphésiens 4.4-6)

Maintenant que les vertus et la base de l’unité sont présentées, Paul va passer au fonctionnement de l’Église : comment cela doit interagir. Autrement dit, qu’est-ce que Dieu a donné afin de rendre possible cette vie d’Église dans l’unité ?

Mais à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ. (Éphésiens 4.7)

Exposé

Ce matin, nous allons nous intéresser au fait que Dieu fait des dons.

La diversité

Ce texte nous parle donc de diversité dans les dons. Je ne sais pas si vous avez considéré la diversité des dons, des aptitudes dans l’Église. Quand je suis arrivé ici il y a trois ans, ceux qui ont contribué à la construction du bâtiment m’ont tous parlé de leur participation : Jean-Pierre m’a parlé de la croix sur le bâtiment; il m’a aussi parlé du réfrigérateur dans la cuisine; Jacques m’a parlé du coulis de la céramique; Jonathan m’a parlé de plusieurs trucs, puisqu’il a touché à beaucoup; Gérard m’a raconté son aventure dans les hauteurs et j’en passe. Ce qui m’a frappé, c’est de constater la diversité des dons dans ce domaine précis de la construction, mais il y avait certainement plus : il y a sûrement des personnes qui n’étaient pas spécialisées dans un domaine, mais qui ont participé dans des travaux sous la supervision des hommes de métiers. Il y a peut-être eu des sœurs qui ont préparé des repas pour ces travailleurs. C’est phénoménal et nous devons louer le Seigneur pour la diversité des dons. Si tous les hommes avaient été des poseurs de céramique, ils n’auraient pas pu construire le bâtiment. Lorsque le Seigneur a donné les consignes pour la construction du tabernacle, nous lisons ceci :

L’Éternel parla à Moïse et dit : Vois : j’ai appelé par son nom Betsaleél, fils d’Ouri, fils de Hour, de la tribu de Juda. Je l’ai rempli de l’Esprit de Dieu, de sagesse, d’intelligence et de compétence pour toutes sortes d’ouvrages, pour concevoir des plans, pour travailler l’or, l’argent et le bronze, pour graver les pierres à enchâsser, pour tailler le bois et pour exécuter toutes sortes d’ouvrages. Je lui ai donné pour aide Oholiab, fils d’Ahisamak, de la tribu de Dan. J’ai mis de la sagesse dans le cœur de tous les gens habiles, pour qu’ils fassent tout ce que je t’ai ordonné […] (Exode 31.1-6)

C’est phénoménal de constater que le Seigneur donne à l’un une compétence, à l’autre une autre compétence, tout ça pour accomplir son plan. Le Seigneur nous fait le grand privilège de participer à ses projets et, pour ce faire, il donne à chacun des dons différents. Pour la construction du tabernacle, le Seigneur avait donné la sagesse, l’intelligence pour chaque domaine nécessaire. Il y avait des travaux de construction du tabernacle.

Ça prenait aussi toute une organisation structurée et supervisée et ce n’est que lorsque chacun remplissait humblement son rôle que le projet pouvait avancer, mais il y avait plus encore : il y avait à la base un désir de bâtir le tabernacle. Il y avait un projet commun. Tous travaillaient dans la même direction. Si toutes ces compétences n’étaient pas mises en commun pour un même projet, rien ne se serait fait.

Il y avait un plan unique. Ce n’est pas chacun qui décidait des plans. C’est Dieu et lui seul et le rôle de Moïse était de communiquer ce plan. Tout devait passer par l’enseignement, la transmission de ce que Dieu avait révélé. Paul insiste sur cette caractéristique de l’Église, du peuple de Dieu :

Il y a diversité de dons, mais le même Esprit ; diversité de services, mais le même Seigneur ; diversité d’opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous. Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune. (1 Corinthiens 12.4-7)

En Romains 12.4-6, il écrit :

En effet, comme nous avons plusieurs membres dans un seul corps, et que tous les membres n’ont pas la même fonction, ainsi, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps en Christ et nous sommes tous membres les uns des autres. Mais nous avons des dons différents, selon la grâce qui nous a été accordée. (Romains 12.4-6)

La complémentarité

On le constate, l’unité nécessite la diversité et non l’uniformité. Si tous avaient le même don, ce serait l’uniformité, mais rien ne pourrait se faire. En même temps, pour que la diversité mène à l’unité, il faut que cette diversité se passe dans la complémentarité. La diversité en elle-même ne donne pas grand-chose.

Si, dans une équipe de hockey, un est bon en attaque, et l’autre est un excellent cuisinier, il y aura diversité, mais ça ne mène pas à l’unité. Il faut que cette diversité se passe dans une complémentarité, c’est-à-dire que le don de mon frère ou de ma sœur est probablement un don que je n’ai pas, mais dont le corps a besoin. Concernant les dons que le Seigneur accorde, nous ne devons jamais les voir en compétition mais plutôt en complémentarité. Si mon frère a un don que je n’ai pas, je dois m’en réjouir, parce que, même si je n’ai pas ce don, il ne me manque rien, puisque mon frère l’a et qu’il le met au service du corps auquel j’appartiens. Mon sang a besoin d’oxygène, sauf que mon sang n’a pas le don de respirer. Mon sang ne doit pas envier mes poumons : il doit plutôt se réjouir à la pensée que les poumons complètent et fournissent l’oxygène. À l’inverse, mes poumons ne peuvent s’enorgueillir de leur fonction, parce qu’ils ont besoin du sang. En fait, mes poumons et mon sang devraient célébrer la complémentarité dans la diversité : mon sang a l’oxygène dont il a besoin et mes poumons sont alimentés par mon sang. Il ne manque rien. Frères et sœurs, regardons chacun de nos frères et sœurs comme une bénédiction que le Seigneur place dans nos vies.

L’efficacité

Le but de tout cela est de créer l’unité, de prendre tous les membres du corps, dans leur diversité et de les faire fonctionner en complémentarité afin de vivre l’unité. Éphésiens 4.12-13 :

Cela en vue de l’œuvre du service et de l’édification du corps du Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite du Christ. (Éphésiens 4.12-13)

Et le verset 16 :

De lui, le corps tout entier bien ordonné et cohérent, grâce à toutes les jointures qui le soutiennent fortement, tire son accroissement dans la mesure qui convient à chaque partie, et s’édifie lui-même dans l’amour. (Éphésiens 4.16)

Nous verrons plus en profondeur une autre fois, mais pour l’instant, retenons surtout que la diversité dans la complémentarité permet l’efficacité en vue de l’unité. Le verset 7 nous dit :

Mais à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ. (Éphésiens 4.7)

Ici, Paul n’utilise pas le mot habituel pour don, le mot charismata, mot qui est à l’origine de l’adjectif « charismatique », mais il utilise un mot de même famille,charis, qui signifie « grâce ». Le mot « grâce » ici ne réfère pas à la grâce qui nous sauve, mais comme tout ce que Dieu nous donne est par pure grâce, ici, c’est la grâce que Dieu nous fait en accordant les dons. La grâce nous donne ce dont nous avons besoin pour servir le Seigneur, mais dans cette idée de diversité et de complémentarité, la grâce de Dieu accorde des dons différents à chacun.

La version Semeura traduit le verset 7 ainsi :

Cependant, chacun de nous a reçu la grâce de Dieu selon la part que le Christ lui donne dans son œuvre. (Éphésiens 4.7) (Semeur)

Frères et sœurs, chacun de nous doit savoir, doit être convaincu qu’il n’a pas été laissé pour compte : chacun des enfants de Dieu a reçu un ou des dons. Ça arrive que des chrétiens pensent qu’ils sont inutiles, que le Seigneur ne leur a rien donné. C’est une erreur biblique de penser cela.

Puisque chacun a reçu un don mettez-le au service des autres en bons intendants de la grâce si diverse de Dieu. (1 Pierre 4.10)

Ça signifie que chacun de nous, chrétiens, non seulement, a reçu un don, mais qu’il est appelé à le mettre au service du corps. Ça signifie aussi que mes dons ne m’ont pas été accordés pour moi mais pour l’Église. Ça signifie aussi que le Corps a besoin de la contribution de chaque membre qui exerce son don. Réfléchissons à ce point : si nous lisons bien les Écritures, nous pouvons conclure que nous devrions tous exercer au moins un don, être actif dans l’Église pour l’édification de celle-ci. Sur la question des dons, il y a des points à préciser.

Le don

Ce n’est pas parce que quelqu’un pense avoir un don qu’il a ce don. Ça arrive que des personnes sont convaincues d’avoir tel don, et même si le corps ne reconnaît pas, ces personnes persistent. Si vous remarquez bien dans la Bible, c’est le corps qui doit reconnaître et non l’individu :

Il y avait, dans l’Église qui était à Antioche, des prophètes et des docteurs : Barnabas, Siméon appelé Niger, Lucius de Cyrène, Manaën qui avait été élevé avec Hérode le tétrarque, et Saul. Pendant qu’ils célébraient le culte du Seigneur et qu’ils jeûnaient, le Saint-Esprit dit : Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés. (Actes 13.1-2)

Paul était apôtre. Le Seigneur lui avait déjà parlé sur le chemin de Damas et, pourtant, ce n’est pas à Paul que le Seigneur s’adresse pour l’envoyer : c’est à l’Église, probablement à travers les prophètes mentionnés au verset 1. Lorsque Paul donne les consignes pour établir des anciens et des diacres, il ne dit pas : « Si jamais quelqu’un se pense appelé, vous devez les reconnaître ». Paul donne des critères, les qualifications, et c’est aux autres à regarder si quelqu’un répond à ces critères. Dans le service, il n’y a aucune place à l’auto-proclamation. Nous devons toujours considérer la pensée des autres sur nous. Frères et sœurs, il n’y a aucun chrétien qui a avantage à occuper une fonction pour laquelle il n’a pas été appelé. Ce sera un problème pour la personne et pour l’Église. De plus, il est possible que quelqu’un soit appelé à un ministère, mais qu’il soit trop tôt encore.

Dans certaines Églises, il y a cette idée que si quelqu’un a à cœur de s’impliquer dans un ministère, ça doit être du Seigneur. Les dirigeants lancent un appel à tous pour répondre à un besoin et, on pense que les personnes qui se montrent intéressées sont envoyées du Seigneur. C’est possible que, parmi ces personnes, certaines soient vraiment appelées à ce ministère, mais il est très possible que d’autres personnes se montrent intéressées sans être appelées du Seigneur. Ce n’est pas la méthode enseignée par le Seigneur : le don doit être reconnu par l’Église.

La maturité

Si un ministère exige que la personne ait le don pour l’accomplir, ce n’est pas la seule condition : il faut aussi la maturité requise. Dans l’Église primitive, à Jérusalem, nous lisons que les veuves d’origine grecque étaient négligées par rapport aux veuves d’origine juive.

Les apôtres ont convenu qu’il fallait nommer des responsables pour prendre soin équitablement de toutes les veuves. Voici ce qui est dit :

C’est pourquoi, frères, choisissez parmi vous sept hommes, de qui l’on rende un bon témoignage, remplis de l’Esprit et de sagesse, et nous les chargerons de cet emploi. (Actes 6.3)

Ça m’a toujours impressionné de voir les qualifications requises pour distribuer la nourriture, mais c’est ce que nous lisons. Plusieurs ministères requièrent une maturité spirituelle, ou des connaissances bibliques suffisantes. Il y a plusieurs années, dans une Église sur la rive nord de Montréal, le pasteur a intégré des personnes dans l’équipe musicale, mais ces personnes voulaient simplement faire un spectacle.

La discorde est arrivée. Chacun voulait faire son show et ces personnes ont toutes quitté l’Église. Pourquoi ? La maturité n’y était pas. Les motifs n’étaient pas les bons. Il y a des choses qui ne peuvent être faites par tous. Nous avons un bel exemple en Philippiens 4, versets 2 et 3.

J’exhorte Évodie et j’exhorte Syntyche à avoir une même pensée dans le Seigneur. Et toi aussi, fidèle collègue, oui, je te demande de les aider […] (Philippiens 4.2-3)

Ici, Paul mentionne un conflit entre deux sœurs, Évodie et Syntyche. Paul ne dit pas que n’importe quelle personne disponible peut prendre le dossier en main : il pointe un collègue en particulier et lui dit d’aider ces deux sœurs. Quand on touche à la relation d’aide ou à la résolution de conflit, idéalement ce doit être des personnes reconnues qui prennent ces choses en main.

Le besoin

Un autre élément concernant l’exercice des dons, c’est que ceux-ci doivent correspondre aux besoins de l’Église. Il arrive que des personnes tiennent réellement à exercer une passion, alors que ça ne correspond pas aux besoins de l’Église. Si un membre est un très bon organiste, qu’il peut jouer sur de grandes orgues à tuyaux, même s’il est doué, si l’Église n’a pas d’orgue, le don ne correspond pas à un besoin.

Parfois une situation plus délicate arrive. Une personne a à cœur de faire quelque chose, par exemple, une personne aime sculpter des arbustes pour leur donner des formes. On voit ça à l’occasion. On sculpte des conifères pour leur donner des formes d’animaux.

La personne aime beaucoup faire cela. Le problème, c’est que l’Église ne croit pas que ça devrait se faire sur le terrain de l’Église. Le besoin n’est pas là.

Le but

Ça nous amène au but de l’exercice des dons. Il y a parfois un certain dérapage sur ce sujet. Mais avant de regarder le but des dons, nous allons regarder trois motifs qui ne doivent pas servir à confier un ministère à quelqu’un.

Sentiment d’appartenance

Le premier motif est que nous ne devons pas confier un ministère à quelqu’un dans le but de lui donner un sentiment d’appartenance. Certaines Églises impliquent même des non chrétiens à la musique en espérant que la personne se sente accueillie et finisse par se convertir. D’abord, c’est très mal comprendre le processus de conversion : la conversion ne passe pas par un sentiment d’appartenance à l’Église; c’est le contraire.

La conversion passe par une compréhension non pas d’appartenance mais de non appartenance, une conviction de séparation d’avec Dieu en raison du péché. Ensuite, c’est envoyer un très mauvais message à l’inconverti que son appartenance repose sur ce qu’il fait, en dépit de ce qu’il croit. Finalement, une telle pratique est une perversion du service pour Dieu : un inconverti est, par définition, insoumis à Dieu et on demande à un insoumis d’être au service de Dieu, mais il reste un insoumis. On veut en faire un serviteur insoumis. Alors que le service est un lieu d’expression de notre soumission globale à Dieu.

Valorisation

Le deuxième motif pour lequel nous ne devons pas confier un ministère à quelqu’un est la valorisation de la personne. Impliquer une personne en se disant que ça va la valoriser n’est beau qu’en surface : ça semble bien, mais en réalité, on est en train de détruire la personne. C’est très nocif.

Ce qui donne la valeur à quelqu’un n’est pas du tout ce qu’elle fait et même plus. Paul dit :

Si quelqu’un pense être quelque chose, alors qu’il n’est rien, il s’illusionne lui-même. (Galates 6.3)

Sur la base de nous-mêmes, peu importe ce que nous faisons, nous ne sommes rien. Notre valeur n’est jamais dans ce que nous faisons. Notre valeur est celle que Dieu nous accorde en son Fils bien-aimé. Jésus n’a jamais dit de nous aimer les uns les autres en fonction de ce que chacun fait : il nous a dit de nous aimer les uns les autres comme lui nous a aimés. Impliquer un frère dans un ministère dans le but qu’il se sente valorisé est tellement nocif. C’est destructeur pour la personne. C’est la placer sur la voie de la performance et non du service dans une disposition d’action de grâce. Le jour où cette personne ne peut plus remplir son ministère pour diverses raisons, elle risque de penser qu’elle n’a plus de valeur. Frères et sœurs, ne pensons jamais que notre valeur dépend de ce que nous faisons. Notre valeur est tellement plus grande que ce que nous pouvons faire. Notre valeur est celle que Dieu nous a donnée en Jésus-Christ.

Voyez, quel amour le Père nous a donné, puisque nous sommes appelés enfants de Dieu ! Et nous le sommes. (1 Jean 3.1)

Ambition personnelle

Le troisième mauvais motif dans l’exercice des dons est de s’approprier un ministère pour faire avancer son agenda. Par exemple, un frère croit absolument qu’une Église doit avoir un groupe musical pour les cantiques. L’Église croit qu’il faut demeurer sobre, mais lui croit qu’il faut un groupe musical et s’éclater. Ce frère se glisse dans l’équipe de louange pour en venir à gagner son point. Ce n’est pas pour ça qu’on devrait servir.

C’est en Église que les choses se passent et non pas dans l’imposition de préférences individuelles. Maintenant que nous avons vu les mauvais motifs pour exercer des dons, il convient surtout de nous arrêter sur le but visé.

Mais à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ. (Éphésiens 4.7)

 

Applications

Ça nous conduit aux applications.

Le but

La première application, c’est que, puisque c’est le Seigneur qui distribue les dons, il ne fait pas que distribuer des dons : il en donne le but.

Ce but est de rendre organique la vie d’Église : parce que j’ai un don que l’autre n’a pas et que l’autre a un don que je n’ai pas, le Seigneur nous place dans une relation obligée de fonctionner l’un avec l’autre. Je ne peux me satisfaire moi-même. J’ai besoin de tous mes frères et sœurs que le Seigneur place dans son Église. Le but est aussi de s’édifier ensemble. « S’édifier », mot de même famille qu’ « édifice », c’est progresser vers le haut.

C’est pourquoi, si je rabaisse mon frère ou ma sœur, je fais sur lui un mouvement vers le bas alors que le Seigneur veut le pousser vers le haut. Nous réalisons que, si le Seigneur nous accorde des dons, c’est pour nous rendre participants à son projet. L’intention de Dieu pour nous est de nous sanctifier, de nous purifier, de nous édifier. Le Seigneur pourrait le faire sans nous, mais il a décidé de le faire à travers nous et avec nous.

C’est donc que mon intention doit être de contribuer à la croissance de mes frères et sœurs, même quand ça va mal, même quand je ne suis pas d’accord, même quand l’autre ne se comporte pas de la meilleure façon.

L’humilité

La deuxième application, c’est l’humilité.

Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu, comme si tu ne l’avais pas reçu ? (1 Corinthiens 4.7)

Paul exhorte les chrétiens à ne pas regarder ce qu’ils ont comme s’ils ne l’avaient pas reçu, c’est-à-dire comme si les personnes avaient acquis ces choses d’elles-mêmes. Le fait que ce soit le Seigneur qui distribue les dons doit nous garder de tout orgueil. Si j’ai une facilité à exercer l’hospitalité, je ne dois pas en tirer une gloire. Si j’ai de la facilité à présenter l’évangile, je ne dois pas m’enorgueillir. Si j’ai un don musical, je dois reconnaître que c’est Dieu qui accorde ses dons. C’est comme ça pour tous les dons : je ne dois jamais en tirer une gloire, parce que, toute gloire que je prends, je l’ôte au Seigneur.

La gratitude

Finalement, puisque les dons sont distribués par le Seigneur, nous devons lui exprimer notre gratitude.

Pas seulement pour les dons qu’il m’a accordés personnellement, mais aussi pour les dons qu’il a accordés à mes frères et sœurs, parce qu’en faisant des dons à mes frères et sœurs, c’est au Corps que le Seigneur accorde les dons. Comme je suis membre du Corps, les dons qu’il accorde à mes frères et sœurs, c’est aussi à moi qu’il les accorde.

Que le Seigneur nous donne d’exercer chacun nos dons, dans l’humilité, dans cette compréhension de diversité, de complémentarité, dans le but de s’édifier ensemble.

Daniel Durand, pasteur
22 juillet 2018

Prédicateur invité

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