Notre Dieu, le seul que nous devons craindre – Jean 19.12

« Nous craignons soit Dieu, soit les hommes. Craindre les hommes, c’est courir à sa perte. Craindre Dieu, c’est s’assurer d’œuvrer avec Dieu et d’avoir les résultats de Dieu. Si nous craignons les hommes, confessons-le au Seigneur et demandons-lui qu’il change notre cœur et notre perspective. Notre modèle le plus puissant demeure Jésus-Christ : il était devant l’homme le plus puissant de la Judée et il ne l’a pas craint. Il savait qu’il allait à la mort et il n’a même pas craint la mort. Pourquoi? Parce qu’il avait cette conviction que Dieu est plus puissant que tout et que servir le Seigneur sans la crainte des hommes est la seule chose qui soit valable. »

Nous poursuivons aujourd’hui dans l’évangile de Jean, au chapitre 19 et nous lirons le verset 12, mais avant, quelques mots de mise en contexte. Jésus comparaît devant Pilate, qui est troublé et ne sait pas trop quoi faire avec Jésus. Il l’avait remis entre les mains d’Hérode, qui l’avait retourné rapidement à Pilate. L’épouse de Pilate avait fait un songe qui l’a troublée et elle en a parlé à son mari quelques instants avant ce que nous venons de lire. Pilate remet le sort de Jésus à la foule. C’est un homme qui a perdu toute capacité de réfléchir et de prendre des décisions. On le voit dans le verset que nous allons lire :

Dès ce moment, Pilate cherchait à le relâcher. Mais les Juifs crièrent : Si tu le relâches, tu n’es pas ami de César. Quiconque se fait roi, se déclare contre César. (Jean 19.12)

Que le Seigneur bénisse sa Parole. Nous allons prier.

La semaine passée, nous avions vu la question des autorités gouvernementales et la consigne biblique de leur être soumis et de les honorer. Nous avions aussi vu que c’est Dieu qui leur confie un mandat et que ce mandat est balisé, encadré. Les gouvernements n’ont jamais la liberté et la légitimité d’étendre leurs champs de juridiction en dehors du mandat qui leur est confié. Dès qu’ils le font, ils retirent aux citoyens la liberté civile et sociale que Dieu a voulue. Peut-être qu’ils ne le font pas par la contrainte, de manière coercitive, c’est-à-dire par la force physique, mais c’est souvent par des leviers économiques que les choses se passent. Nous avions vu que les chrétiens doivent résister au point de ne pas obéir aux gouvernements lorsqu’ils nous empêchent de remplir notre mission comme Église. Nous avions vu dans le livre des Actes que les dirigeants juifs ont interdit aux apôtres de continuer d’évangéliser et les apôtres leurs ont répondu qu’il valait mieux obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes.

Si les gouvernements veulent nous amener à commettre des choses immorales, contraires à la loi de Dieu, nous devons aussi leur désobéir. Dans le livre d’Esther, le Juif Mardochée a refusé de se prosterner devant Haman. Dans le livre de Daniel, le prophète refuse les mets du roi pour ne pas se souiller. Lui et ses trois amis ont risqué leur vie, parce qu’ils n’ont jamais voulu obéir aux ordres de ne pas adorer d’autres dieux que le roi lui-même, qui se croyait dieu. Chers frères et sœurs, la loyauté à Dieu, la persévérance dans les voies de Dieu et l’intégrité de notre identité chrétienne ne peuvent se passer que dans l’obéissance totale à Dieu et, parfois, ça implique la résistance et la désobéissance aux autorités gouvernementales.

Crainte de César

Concernant Pilate, il ne voulait pas tuer Jésus. Le verset 12 dit bien :

Dès ce moment, Pilate cherchait à [relâcher Jésus]. (Jean 19.12)

Je l’ai dit à plusieurs reprises : Pilate est un homme troublé et incohérent à ce moment-là. Ce n’est pas dit que Pilate relâcha Jésus, mais qu’il cherchait à le relâcher. Ce n’était pas compliqué de relâcher Jésus : il suffisait de dire aux gardes de le relâcher et de dire aux dirigeants juifs que leurs accusations sont rejetées, mais ce n’est pas ce qui se passe. Le texte fait ressortir un profond malaise chez Pilate.

Lui qui vient de dire à Jésus au verset 10 :

Ne sais-tu pas que j’ai le pouvoir de te relâcher, et que j’ai le pouvoir de te crucifier ? (Jean 19.10)

Celui-là même cherche maintenant à relâcher Jésus. Alors, si Pilate a le pouvoir de le relâcher, pourquoi ne l’a-t-il tout simplement pas relâché? En disant qu’il cherchait à le relâcher, c’est pour faire ressortir qu’il cherchait une façon de se sortir de la situation. Pilate était pris entre ce que sa femme lui avait dit le matin même. Je vous avais lu dans une prédication précédente :

Pendant que Pilate siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire : Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste, car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. (Matthieu 27.19)

Son épouse a eu un songe qui l’a troublée et fait souffrir. Elle demande à son mari de ne pas se mêler de l’affaire de ce juste. Elle désigne Jésus comme un juste. Pilate a voulu se débarrasser de la situation en conduisant Jésus devant Hérode afin que ce soit lui qui prenne la décision, mais Hérode l’a retourné rapidement à Pilate.

D’un autre côté, Pilate voit les dirigeants juifs qui mettent une pression énorme pour que Pilate condamne Jésus à la mort. C’est dans cette tension que Pilate cherche un moyen de relâcher Jésus et les dirigeants juifs s’en rendent bien compte, puisqu’il est écrit au verset 12 :

[…] Mais les Juifs crièrent : Si tu le relâches, tu n’es pas ami de César. Quiconque se fait roi, se déclare contre César. (Jean 19.12)

C’était possiblement une menace à peine voilée de dénoncer Pilate à Rome. Ça expliquerait le revirement immédiat de Pilate. Ce qu’il redoutait le plus était de perdre son poste. Lui qui occupait un poste très prestigieux, un poste de très haute autorité, on le voit dans une position pitoyable. Il avait les légions de soldats sous ses ordres. Il donnait des ordres au nom de César. Je présume que Pilate avait été nommé pour des qualités de courage, de capacité à prendre des décisions. César tenait tellement à l’intégrité du territoire de tout son empire qu’il serait surprenant qu’il ait nommé n’importe qui. On le découvre ici angoissé, troublé, incapable de prendre une décision. De quoi le gouverneur avait-il peur? Il avait peur de trois choses. Premièrement, il avait peur du Christ. Nous le voyons au verset 8. Je vais lire les versets 7 et 8 :

Les Juifs lui répondirent : Nous avons une loi, et selon la loi, il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. Quand Pilate entendit cette parole, sa crainte augmenta. (Jean 19.7-8)

Ce verset nous apprend que Pilate était déjà craintif de la situation. Nous avons vu certaines raisons. Il était partagé. Lorsqu’il entend que Jésus s’est fait Fils de Dieu, sa crainte augmenta. Dans l’Antiquité gréco-romaine, les rois se croyaient d’essence divine : ils croyaient qu’ils avaient une nature différente des autres. Dans ces mythologies, il y avait cette idée qu’un dieu serait allé vers une femme et qu’elle enfanterait un demi-dieu. Entendre que Jésus se présente comme le Fils de Dieu le place immédiatement sur le registre de la rivalité. Si Jésus est Dieu, c’est un concurrent. Deuxièmement, Pilate avait peur des gens. Il ne les aimait pas, bien sûr. Ses nombreux rapports avec les Juifs montraient son mépris absolu et même sa haine à leur égard. Pourtant, il connaissait leur pouvoir et craignait de les voir s’unir contre lui. S’il n’avait pas eu peur du peuple, il aurait rapidement libéré Jésus et n’aurait pas cherché à le pacifier.

Troisièmement, et c’est le plus important, Pilate craignait Rome et avec raison! La nature suspecte de Tibère était bien connue et Pilate avait déjà eu d’autres confrontations avec les Juifs qui avaient joué en sa défaveur devant l’empereur. Si Rome devait désapprouver sa façon de traiter cette affaire? Si les dirigeants de ce peuple envoyaient une autre délégation à l’empereur pour lui dire que Pilate avait refusé de traiter avec force un individu coupable de haute trahison? Si Pilate avait eu un casier judiciaire vierge, il aurait peut-être négligé une menace basée sur de telles fausses accusations, mais son casier judiciaire n’était pas vierge, il était tout à fait possible que Pilate perde son poste et même sa vie si une telle accusation était portée. En effet, nous savons que, des années plus tard, Pilate a été démis de ses fonctions par le proconsul de Syrie et banni en France, où il est mort. Pilate n’est pas bien. Tout son être est troublé. Ce que nous découvrons, c’est que Pilate avait la crainte des hommes, en particulier la crainte de l’empereur et ça affectait ses décisions. J’aimerais que nous réalisions qu’il n’est pas possible d’exercer une autorité selon Dieu si nous avons la crainte des hommes. Si des parents chrétiens font des compromis dans l’éducation des enfants par crainte de ce que les grands-parents diront, c’est la peur des hommes. Si des pasteurs n’appliquent pas les Écritures en raison de la crainte des hommes, de la peur de perdre du monde, de la crainte de déplaire, c’est la peur des hommes.

Paul a écrit dans Galates 1.10 :

Et maintenant, est-ce la faveur des hommes que je désire, ou celle de Dieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ. (Galates 1.10)

Il ajoute en 1 Thessaloniciens 2.4 :

[…] mais comme Dieu nous a mis à l’épreuve pour nous confier l’Évangile, ainsi nous parlons non comme pour plaire aux hommes mais à Dieu qui éprouve les cœurs. (1 Thessaloniciens 2.4)

Solutions

Maintenant, quelle est la solution contre la crainte des hommes ?

Appel de Dieu

Je dirais d’abord que nous devons avoir la conviction que c’est Dieu qui nous a appelés à la fonction que nous occupons, que ce soit comme pasteur, comme parent, comme patron, peu importe. Nous devons savoir que c’est Dieu qui nous a placés là où nous sommes.

Obéissance récompensée

Ensuite, nous devons être convaincus que Dieu bénit l’obéissance et punit les compromis. Il n’y a aucune récompense à chercher à plaire aux hommes. Celui qui fait cela ne fait qu’alimenter de mauvaises attentes qu’il ne pourra jamais rencontrer, mais surtout, les bénédictions ne se trouvent que sur le sentier de l’obéissance. Les parents qui éduquent leurs enfants dans la crainte de Dieu peuvent vraiment espérer que cette crainte sera transmise à leurs enfants, parce que Dieu nous place comme modèles et il utilise cette fonction. Les pasteurs qui dirigent le troupeau en cherchant à plaire à Dieu et non aux hommes sont en droit de s’attendre à une croissance spirituelle des brebis et probablement aussi une croissance numérique, mais si les pasteurs cherchent à plaire aux hommes, ils risquent fortement de perdre ceux qui cherchent à plaire à Dieu.

Crainte de Dieu

La seule crainte que nous devrions avoir est la crainte de Dieu. Je vous relis Galates 1.10 :

Et maintenant, est-ce la faveur des hommes que je désire, ou celle de Dieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ. (Galates 1.10)

Paul oppose dans ce verset la faveur des hommes et la faveur de Dieu : plaire aux hommes ou plaire à Dieu. Il est impossible de rechercher les deux. Soit qu’on cherche à plaire aux hommes et, dans ce cas, on ne plaît pas à Dieu, soit qu’on cherche à plaire à Dieu et on ne plaira pas aux hommes.

En fait, si on cherche à plaire à Dieu, les seules personnes à qui ça va plaire sont celles qui, elles aussi, cherchent à plaire à Dieu.

Souveraineté de Dieu

Ce qui fait une différence majeure sur ce point, c’est la connaissance de la souveraineté de Dieu. Pilate a cru que l’empereur était la plus grande puissance et il a oublié que c’est Dieu qui est souverain sur tout l’univers. Dieu gouverne les gouvernements.

Proverbes 21.1 dit :

Le cœur du roi est un courant d’eau dans la main de l’Éternel ; il l’incline partout où il veut. (Proverbes 21.1)

Dans l’Ancien Testament, alors que le peuple juif avait été déporté, que Jérusalem avait été détruite, nous voyons Néhémie qui désire profondément retourner dans la ville sainte pour reconstruire le temple, mais il est déporté et il ne peut le faire sans la permission du roi.

Alors il fait cette prière :

Ah ! Seigneur, que ton oreille soit donc attentive à la prière de ton serviteur et à la prière de tes serviteurs qui veulent craindre ton nom ! Donne aujourd’hui du succès à ton serviteur et fais-lui obtenir la faveur de cet homme. J’étais alors échanson du roi. (Néhémie 1.11)

La précision « J’étais alors échanson du roi » signifie que Néhémie était responsable des vins servis au roi, mais l’information nous est donnée pour que nous comprenions que Néhémie avait une proximité avec le roi. On n’approchait pas le roi, mais pour ceux qui servaient les mets ou les vins, ils avaient une proximité et Néhémie va en profiter, mais pas sans avoir prié le Seigneur. Quand Néhémie se présente devant le roi avec ce désir de lui demander la permission de se rendre à Jérusalem, nous lisons ceci au chapitre 2, aux versets 4 et 5 :

Le roi me dit : Au fait, que demandes-tu donc ? Je priai le Dieu des cieux et je répondis au roi : S’il plaît au roi, et si ton serviteur a sa faveur, envoie-moi en Juda, vers la ville des tombeaux de mes pères, pour que je la rebâtisse. (Néhémie 2.4-5)

La réponse du roi a été de demander à Néhémie ce dont il avait besoin et Néhémie lui fit sa liste. Nous lisons à la fin du verset 8 :

Le roi me l’accorda, car la bonne main de mon Dieu était sur moi. (Néhémie 2.8)

Qu’est-ce qui a fait que Néhémie a eu du courage devant ce roi païen? Ce n’était pas la gentillesse de ce roi : c’est parce que Néhémie connaissait Dieu. Il savait que Dieu est souverain sur toute la création, sur tous les humains et même sur les rois. Frères et sœurs, avons-nous la crainte des hommes? Avons-nous peur de notre patron si nous refusons de faire une chose qui est contraire au Seigneur? Avons-nous peur de notre conjoint non chrétien? Peur qu’il quitte? Nous craignons soit Dieu, soit les hommes. Craindre les hommes, c’est courir à sa perte. Craindre Dieu, c’est s’assurer d’œuvrer avec Dieu et d’avoir les résultats de Dieu. Si nous craignons les hommes, confessons-le au Seigneur et demandons-lui qu’il change notre cœur et notre perspective. Notre modèle le plus puissant demeure Jésus-Christ : il était devant l’homme le plus puissant de la Judée et il ne l’a pas craint. Il savait qu’il allait à la mort et il n’a même pas craint la mort. Pourquoi? Parce qu’il avait cette conviction que Dieu est plus puissant que tout et que servir le Seigneur sans la crainte des hommes est la seule chose qui soit valable. C’est ma prière pour nous tous. C’est ma prière d’abord pour moi comme époux ainsi que comme pasteur.

Prions.

Prédicateur invité

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