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« La réponse, c’est que la croix fait ressortir la méchanceté de l’homme dans son péché. […] La croix est violente, parce que les hommes sont violents. La violence que le Christ a subie est le reflet direct de la haine des hommes envers Dieu. Dieu aurait pu choisir de punir son Fils directement. Il a voulu que cette punition soit infligée par l’homme méchant. »

 

Introduction

Nous poursuivons, ce soir, l’étude sur la croix et nous verrons certaines métaphores utilisées pour décrire certains aspects du sacrifice du Christ.

Métaphores

Les Écritures présentent la croix sous diverses métaphores : il y a le langage rituel, celui du sacrifice; il y a celui du paiement de la rançon; il y a celui du châtiment et de l’acquittement; et il y a celui de la victoire.

Rituel

Le langage rituel est celui qui est le plus connu et le plus dominant dans les Écritures. Jésus est l’Agneau de Dieu. Il s’est offert en sacrifice. Toute la Bible maintient cette notion rituelle. L’Ancien Testament revient constamment sur la notion de sacrifices et le cœur du culte du judaïsme concernait les sacrifices d’animaux. Le Nouveau Testament présente Jésus comme :

  • l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde;
  • la victime expiatoire pour nos péchés;
  • l’offrande pour le péché;
  • le sang qui purifie.

Rançon

Toutefois, lorsque Jésus annonce sa mort, c’est sous la notion de rançon qu’il le fait et c’est une autre métaphore.

C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de beaucoup. (Matthieu 20.28)

D’après vous, quelle est la difficulté qui vient avec l’idée de la rançon? La difficulté, c’est qu’une rançon est payée à quelqu’un, à celui qui la demande. Or, à qui profite la rançon? Dans l’histoire de l’Église, certains ont proposé que la rançon ait été versée à Satan. Nous devons rejeter cela : le Seigneur ne doit rien à Satan. Il arrive que des groupes terroristes kidnappent un journaliste étranger et demande à son gouvernement une rançon. Souvent, le gouvernement refuse de négocier avec des terroristes. Évidemment, si un gouvernement paie la rançon, les terroristes vont en kidnapper davantage. On ne négocie pas avec des terroristes, avec des criminels. Le Seigneur ne négocie rien avec Satan et il ne lui doit absolument rien. L’idée de rançon ici est simplement le paiement de la dette à laquelle s’ajoute l’idée de libération. Elle met l’accent sur le prix à payer. Elle vient avec l’idée du rachat. Dans l’Antiquité, il y avait la vente d’esclaves : un esclave était vendu et celui qui l’achetait devenait son maître. Or, si quelqu’un d’autre voulait devenir le maître d’un esclave, il devait acheter l’esclave. L’esclave était donc racheté pour passer à un nouveau maître. C’est ce qui s’est passé avec nous : le Seigneur a payé afin que nous soyons rachetés, c’est-à-dire pour que nous soyons non seulement délivrés du mauvais maître qui nous asservissait, mais aussi pour que nous lui appartenions à toujours.

Châtiment et acquittement

L’œuvre de la croix est aussi présentée sous la notion de châtiment et d’acquittement. C’est un registre légal. Ce registre est en lien avec la notion sacrificielle. On parle de substitution pénale. Autrement dit, le sacrifice à la croix a une valeur légale pour Dieu : c’est selon sa loi que la croix du Christ nous libère du péché. L’aspect légal est un thème qui parcourt toutes les Écritures, parce que la loi de Dieu est permanente. C’est selon la loi de Dieu que l’homme est condamné, qu’il est racheté, qu’il est justifié. L’idée du châtiment heurte plusieurs personnes. Pourquoi un Dieu si bon a-t-il voulu un châtiment aussi violent que celui de la croix?

Méprisé et abandonné des hommes, homme de douleur et habitué à la souffrance, semblable à celui devant qui l’on se voile la face, il était méprisé, nous ne l’avons pas considéré. Certes, ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé; et nous, nous l’avons considéré comme atteint d’une plaie; comme frappé par Dieu et humilié. Mais il était transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie; et l’Éternel a fait retomber sur lui la faute de nous tous. Il a été maltraité, il s’est humilié et n’a pas ouvert la bouche, semblable à l’agneau qu’on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent; il n’a pas ouvert la bouche. Il a été emporté par la violence et le jugement; dans sa génération qui s’est soucié de ce qu’il était retranché de la terre des vivants, à cause des crimes de mon peuple, de la plaie qui les avait atteints? On a mis sa tombe parmi les méchants. Son sépulcre avec le riche, quoiqu’il n’ait pas commis de violence et qu’il n’y ait pas eu de fraude dans sa bouche. Il a plu l’Éternel de le briser par la souffrance; après s’être livré en sacrifice de culpabilité, il verra une descendance et prolongera ses jours, et la volonté de l’Éternel s’effectuera par lui. (Ésaïe 53.3-10)

Ces versets tentent de décrire les souffrances du Christ. Le verset 8 (Ésaïe 53.8) nous dit qu’il a été emporté par la violence et le jugement et le verset 10 (Ésaïe 53.10) surprend : « Il a plu l’Éternel de le briser par la souffrance. »

Pourquoi la souffrance et la violence pour nous sauver? Le Christ n’aurait-il pas pu mourir d’une mort paisible, sans douleur, pour nous sauver? Imaginez que nous désirions offrir des sacrifices d’animaux dans un endroit public. On égorgerait ainsi des moutons, des boucs, etc. Quand on nous demanderait pourquoi nous sacrifions des animaux, nous répondrions que c’est notre Dieu qui nous a commandé cela, parce que son pardon exige l’effusion du sang d’un innocent. Comment serions-nous perçus par la population? Probablement comme des sanguinaires, des cruels, des morbides. Imaginez maintenant comment est perçue la mort du Christ. Pourquoi une telle violence? Surtout, pourquoi Dieu a-t-il décrété que son pardon devait passer par cette violence? Vous avez pratiquement tous entendu un jour ou l’autre un non-chrétien dire que si Dieu existait, il n’y aurait pas de souffrance sur la terre, il n’y aurait pas de violence. Là, nous leur annonçons le message de la croix où le Christ est emporté par la violence, où le Christ a souffert. D’autres feront ressortir le paradoxe : en quoi la croix et la violence qui lui est rattachée peuvent-elles procurer la paix?

Violence des hommes

La réponse, c’est que la croix fait ressortir la méchanceté de l’homme dans son péché.

Jésus se mit ensuite à leur parler en paraboles : Un homme planta une vigne. Il l’entoura d’une haie, creusa un pressoir et bâtit une tour; puis il la loua à des vignerons et partit en voyage. La saison venue, il envoya un serviteur vers les vignerons pour recevoir de leur part des fruits de la vigne. Ils le prirent, le frappèrent et le renvoyèrent les mains vides. Il envoya de nouveau vers eux un autre serviteur; ils le frappèrent à la tête et l’outragèrent. Il en envoya un troisième qu’ils tuèrent; puis plusieurs autres qu’ils battirent ou tuèrent. Seul son fils bien-aimé lui restait; il l’envoya vers eux le dernier en disant : Ils respecteront mon fils. Mais ces vignerons se dirent entre eux : C’est lui l’héritier, venez, tuons-le, et l’héritage sera à nous. Ils le prirent, le tuèrent et le jetèrent hors de la vigne. (Marc 12.1-8)

La croix est violente, parce que les hommes sont violents. La violence que le Christ a subie est le reflet direct de la haine des hommes envers Dieu. Dieu aurait pu choisir de punir son Fils directement. Il a voulu que cette punition soit infligée par l’homme méchant.

Cet homme [en parlant de Jésus], livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu, vous l’avez fait mourir en le clouant à la croix par la main des impies. (Actes 2.23)

Daniel Durand, pasteur
8 février 2017

Prédicateur invité

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