Message spécial pour Pâques, Ésaïe 52.13-15

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« Nous croyons au message de la croix parce que, du fait qu’elle condamne le péché tel que défini par Dieu et non par les hommes, nous qui croyons sommes assurés que Dieu est pleinement satisfait de l’œuvre de son Fils à la croix. Puisque c’est Dieu qui devait être apaisé, c’est sa loi qui devait être rencontrée. Nous croyons au message de la croix parce qu’elle ne signifie pas seulement la mort de Jésus-Christ. Elle signifie aussi la mort de tout ce qui est opposé à Dieu. Je m’explique : c’est suite à son œuvre à la croix que le Fils est ressuscité et a accédé à la royauté et c’est en tant que Roi des rois que le Fils va juger toutes les puissances, les dominations, les autorités. C’est par la croix que Satan est écrasé et cette défaite définitive, ce jugement éternel sur Satan et tous ceux qui le suivent, démons et hommes rebelles, ouvre la porte au royaume de paix éternel. Nous croyons au message de la croix parce que c’est par elle que notre avenir éternel est assuré : un avenir de bonheur sans fin où le Seigneur aura essuyé toute larme de nos yeux, où la mort ne sera plus, et où il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. La croix fait mourir ce qui doit mourir et ouvre la vie à ceux à qui Dieu la donne. »

 

Nous allons nous arrêter sur certains aspects de la croix, en particulier, en quoi elle est un scandale.

Paul affirme que la croix est un scandale pour les Juifs, mais les non-Juifs achoppent également sur la croix. Nous allons d’abord lire Ésaïe 41.8-9, où c’est la nation juive qui est appelée serviteur de l’Éternel :

Mais toi, Israël, mon serviteur, Jacob, que j’ai choisi, race d’Abraham, mon ami ! Toi, que j’ai saisi des extrémités de la terre et que j’ai appelé de ses confins, à qui j’ai dit : Tu es mon serviteur, je te choisis et ne te rejette pas ! (Ésaïe 41.8-9)

Puis, Ésaïe 52.13 :

Voici mon serviteur, il prospérera ; il montera, il s’élèvera, il sera très haut placé. (Ésaïe 52.13)

Ce verset débute un chant qui se prolonge au chapitre 53, bien connu en raison de la description qu’il fait des souffrances du Christ. Le serviteur en question est le messie lui-même. Le texte ne présente pas la nation juive comme un des serviteurs de l’Éternel mais comme son serviteur. Or, comment se fait-il qu’au chapitre 41, c’est la nation qui est présentée comme le serviteur de l’Éternel et, aux chapitres 52 et 53, ce n’est pas la nation mais le messie qui ait ce titre ? Deux raisons expliquent cela. La première, c’est que seul Jésus s’est montré qualifié pour remplir ce rôle. Les Juifs sont tous pécheurs comme vous et moi. Aucun n’était en position pour sauver le peuple, aucun, sauf Jésus-Christ. La deuxième, c’est que Jésus s’unit à son peuple : son peuple devient ainsi le serviteur de l’Éternel. C’est parce que nous sommes unis à lui que nous sommes associés à son ministère. Jésus seul est la lumière du monde, mais parce que nous sommes unis à lui, il dit que nous sommes la lumière du monde. Ésaïe 52.13 donne le dénouement final à ce qui suit et, en particulier, le chapitre 53 qui est plutôt connu. Le serviteur de Dieu, c’est-à-dire le Fils de Dieu, prospérera, il sera élevé très haut placé, mais avant cela, il doit accomplir une œuvre horrible, et c’est là où les prochains versets nous conduisent :

De même que tu as été pour beaucoup un sujet d’effroi, de même son aspect n’était plus celui de l’homme, son apparence n’était plus celle des fils d’Adam, De même il purifiera par l’aspersion beaucoup de nations, devant lui des rois fermeront la bouche ; car ils verront ce qui ne leur avait pas été raconté, ils comprendront ce qu’ils n’avaient pas entendu. (Ésaïe 52.14-15)

Ces versets annoncent que le messie sera un sujet d’effroi. Le mot est très fort. Le messie, non seulement, avait une apparence humble durant tout son ministère. Il n’avait pas d’habits royaux, mais après son arrestation, les choses se sont aggravées. Jésus fut défiguré sous les coups. Nous savons que la foi chrétienne inclut les miracles de Dieu décrits dans la Bible. Nous recevons comme des faits réels le récit du déluge, la traversée à sec de la Mer Rouge par le peuple de Dieu, le fait que Jésus est né d’une vierge et combien d’autres miracles.

Ceux qui rejettent la Bible le font parfois par refus de croire aux miracles qu’elle raconte, mais il y a dans la Bible un miracle qu’un commentateur qualifie de scandaleux : c’est le fait que Dieu justifie l’impie. Ce miracle est au centre de l’évangile, et l’évangile est la puissance de Dieu pour sauver. Ça nous amène sur le fait que la croix est un scandale. C’est vrai qu’il y a quelque chose de scandaleux dans la croix, mais ce n’est pas ce qui est vraiment un scandale qui fait que c’est scandaleux pour les hommes. Autrement dit, les hommes voient la croix comme un scandale mais pour les mauvaises raisons. En fait, tous les hommes voient la croix comme un scandale tant que Dieu ne les a pas éclairés. C’est vrai que Paul dit en 1 Corinthiens 1.23 :

[…] nous, nous prêchons Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens, (1 Corinthiens 1.23)

Au final, c’est vu comme scandaleux de vouloir que les hommes croient en ce qui est vu comme une folie, mais qu’est-ce qui peut bien être scandaleux dans la croix ? Nous verrons six raisons qui font que les Juifs et les non-Juifs achoppent sur la croix et nous apprécierons ensuite la gloire de la croix. 

Le poteau

Pour les Juifs, je dirais qu’il y a plusieurs raisons. La première vient de Deutéronome 21.23 :

[…] celui qui est pendu est un objet de malédiction auprès de Dieu et tu ne souilleras pas le territoire que l’Éternel, ton Dieu, te donne pour héritage. (Deutéronome 21.23)

Comment peut-on honorer un homme que Dieu a maudit ? Comment peut-on affirmer que celui que Dieu a maudit sauve de la colère de Dieu ceux qui croient en lui ? Comment croire que la bénédiction passe par celui qui a reçu la malédiction ? Pourtant, leur prophète Ésaïe avait dit :

Alors il sera un sanctuaire, mais aussi une pierre de malheur, un rocher qui fait trébucher pour les deux maisons d’Israël, un filet et un piège pour les habitants de Jérusalem. Beaucoup d’hommes y trébucheront ; ils tomberont et se briseront, ils seront pris au piège et capturés. (Ésaïe 8.14-15)

Ces versets apprenaient aux Juifs que le messie allait être une pierre d’achoppement, un rocher qui fait trébucher. Autrement dit, soyez prudents, ne vous fiez pas à ce que vous pensez ! L’évangile demande de croire en celui qui a été maudit. La croix est un scandale et, pourtant, elle accomplit l’œuvre de Dieu, puisque si le Christ a été maudit, c’est parce qu’il a pris notre malédiction afin que nous recevions la bénédiction.

La loi

La deuxième raison qui fait que la croix est un scandale pour les Juifs : comment Dieu peut-il sauver des personnes qui ont transgressé sa loi sur le simple fait qu’elles croient en celui qui est mort sur la croix ? Autrement dit, en sauvant sur la base de la foi, Dieu n’est-il pas en train de renier sa propre loi ? C’est ce que développe Paul en Romains 9.30-33 :

Que dirons-nous donc ? Les païens, qui ne recherchaient pas la justice, ont obtenu la justice — la justice qui vient de la foi — tandis qu’Israël, qui recherchait une loi qui donne la justice, n’est pas parvenu à cette loi. Pourquoi ? Parce qu’Israël l’a cherchée, non par la foi, mais comme provenant des œuvres. Ils se sont heurtés à la pierre d’achoppement, selon qu’il est écrit : Voici, je mets en Sion une pierre d’achoppement et un rocher de scandale, et celui qui croit en lui ne sera pas confus. (Romains 9.30-33)

Israël, en général, ne croyait pas que Dieu allait sauver sur la simple base de la foi des individus. La majorité des Juifs croyaient que Dieu ne sauve que ceux qui sont en règle avec sa loi. Pourtant, dans les livres bibliques qu’ils possédaient, ils avaient déjà des indications du salut par la foi seule :

Abram crut en l’Éternel qui le lui compta comme justice. (Genèse 15.6)

Abraham n’a pas été sauvé en raison de sa justice propre, mais sur la base de sa foi en Dieu, parce qu’Abraham était un pécheur et un idolâtre avant d’être appelé, ce que nous voyons en Josué 24.2. Abraham a grandi parmi un peuple païen, idolâtre. Il est né dans une fausse religion et c’est celle qu’il a reçue dès sa naissance, mais Dieu l’a appelé, il a cru et il fut justifié. La croix un scandale et, pourtant, elle accomplit le plan de Dieu, parce que si ce n’est pas par notre obéissance que nous sommes sauvés, c’est par l’obéissance du Christ. Il a pris dans sa personne qui a été condamnée toutes les conséquences de mes désobéissances et je suis traité comme si j’avais toujours obéi parfaitement au Seigneur.

La grâce à de grands pécheurs

La troisième raison qui fait que les Juifs se scandalisaient de la croix, c’est qu’elle procure le pardon à de grands pécheurs. Rappelez-vous que, dans l’ancienne alliance, il y avait des sacrifices pour plusieurs péchés. Lisons Lévitique 5.21 à 26 (dans certaines versions, c’est Lévitique 6.2 et suivants) :

Lorsque quelqu’un péchera et commettra une infidélité envers l’Éternel, en mentant à son prochain au sujet d’un dépôt, d’un objet confié à sa garde, d’une chose volée ou soustraite par fraude, en niant d’avoir trouvé une chose perdue, ou en faisant un faux serment sur une chose quelconque de nature à constituer un péché ; lorsqu’il péchera ainsi et se rendra coupable, il restituera la chose qu’il a volée ou soustraite par fraude, la chose qui lui avait été confiée en dépôt, la chose perdue qu’il a trouvée, ou la chose quelconque sur laquelle il a fait un faux serment. Il la restituera en son entier, y ajoutera un cinquième, et la remettra à son propriétaire, le jour même où il offrira son sacrifice de culpabilité. Il présentera au sacrificateur en sacrifice de culpabilité à l’Éternel pour son péché un bélier sans défaut, pris du troupeau d’après ton estimation. Et le sacrificateur fera pour lui l’expiation devant l’Éternel, et il lui sera pardonné, quelle que soit la faute dont il se sera rendu coupable. (Lévitique 5.21-26)

Ces versets, parmi tant d’autres, nous montrent que certains péchés étaient pardonnés chez ceux qui exprimaient leur repentance en offrant un sacrifice de culpabilité à l’Éternel. Le verset 26 termine par : « il lui sera pardonné, quelle que soit la faute dont il se sera rendu coupable. » Ce ne sont pas toutes les fautes qui sont concernées. Le « quelle que soit la faute » doit être compris en lien avec la faute dénoncée aux versets 21 et 22, et concerne diverses formes de vol, mais il y a des fautes, des péchés pour lesquels il n’y avait aucun sacrifice qui pouvait être présenté devant Dieu. Le meurtre, le blasphème, l’adultère, toute autre forme d’immoralité, la profanation du sabbat, tous ces péchés étaient punis de mort. La loi juive ne prévoyait pas d’expiation pour les péchés graves. Jésus arrive et prend sur lui tous les péchés de son peuple…

En vérité, je vous le dis, tous les péchés seront pardonnés aux fils des hommes, ainsi que les blasphèmes qu’ils auront proférés ; (Marc 3.28)

… alors que Lévitique 24.14 dit que les blasphémateurs devaient être lapidés publiquement. Pour les Juifs, pardonner de tels péchés était scandaleux. Pardonner de petits péchés, ça va, mais pas les péchés graves. Frères et sœurs, le sang de Jésus-Christ nous purifie de tout péché. La compassion de Dieu est telle qu’il a effacé tous nos péchés. Parfois, nous nous battons contre cette idée. Il y a des chrétiens qui remettent en question leur salut, parce qu’ils sont tombés dans un péché grave. Nous allons tourner dans Luc 7.37-48 :

Et voici qu’une femme pécheresse, qui était dans la ville, sut qu’il était à table dans la maison du Pharisien ; elle apporta un vase d’albâtre plein de parfum et se tint derrière à ses pieds. Elle pleurait et se mit à mouiller de ses larmes les pieds de Jésus, puis elle les essuyait avec ses cheveux, les embrassait et répandait sur eux du parfum. À cette vue, le Pharisien qui l’avait invité dit en lui-même : Si cet homme était prophète, il saurait qui est la femme qui le touche et ce qu’elle est : une pécheresse. (Luc 7.37-39)

Le texte ne précise pas la nature du péché de cette femme. Ce qui ressort, c’est qu’il s’agissait d’un péché notoire. Le pharisien connaissait la nature du péché de cette femme et il se disait que si Jésus savait, il ne l’aurait pas laissé répandre son parfum sur ses pieds. Le Pharisien conclut que Jésus n’est donc pas prophète, mais Jésus va lui démontrer qu’il l’est en révélant à ce pharisien sa pensée :

Jésus prit la parole et lui dit : Simon, j’ai quelque chose à te dire. — Maître, parle, répondit-il. —  Un créancier avait deux débiteurs ; l’un devait cinq cents deniers et l’autre cinquante. Comme ils n’avaient pas de quoi payer, il leur fit grâce de leur dette à tous deux. Lequel l’aimera le plus ? Simon répondit : Celui, je suppose, auquel il a fait grâce de la plus grosse somme. Jésus lui dit : Tu as bien jugé. Puis il se tourna vers la femme et dit à Simon : Vois-tu cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas donné d’eau pour mes pieds ; mais elle, elle a mouillé mes pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas donné de baiser, mais elle, depuis que je suis entré, elle n’a pas cessé de me baiser les pieds. Tu n’as pas répandu d’huile sur ma tête ; mais elle, elle a répandu du parfum sur mes pieds. C’est pourquoi, je te le dis, ses nombreux péchés sont pardonnés, puisqu’elle a beaucoup aimé. Mais celui a qui l’on pardonne peu aime peu. (Luc 7.40-47)

Jésus confirme que les péchés de cette femme sont très nombreux et il l’a pardonnée. Elle entend ce que tout pécheur repentant veut entendre :

Et il dit à la femme : Tes péchés sont pardonnés. (Luc 7.48)

Frères et sœurs, nos péchés ne sont pas trop grands pour le sang de Jésus-Christ.

Croire en un homme faible

La quatrième raison qui fait que la croix est un scandale, et là, ça concerne les Juifs comme les non-Juifs, c’est qu’elle demande de croire en un homme qui s’est présenté dans un tel état de faiblesse. Pensons-y : est-ce logique que je suive un homme qui a eu tellement d’opposition durant sa vie et qui est mort alors que ses 12 amis se sont poussés chacun de son côté ? Est-ce vraiment en une telle personne que nous voulons confier nos vies ? Est-ce logique que je confie ma destinée éternelle à un homme dépouillé, sans défense, comme Jésus l’a été ? Est-ce logique que je prenne un vieux livre comme la Bible et que j’accepte tout ce qu’elle dit ? Voici ce que dit la Bible, d’abord sur Jésus :

Car il a été crucifié en raison de (sa) faiblesse, mais il vit en raison de la puissance de Dieu ; nous aussi, nous sommes faibles en lui, mais nous vivrons avec lui, pour vous, en raison de la puissance de Dieu. (2 Corinthiens 13.4)

Et concernant les chrétiens :

Considérez, frères, comment vous avez été appelés : il n’y a parmi vous ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages ; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes ; Dieu a choisi les choses viles du monde, celles qu’on méprise, celles qui ne sont pas, pour réduire à rien celles qui sont, afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu. (1 Corinthiens 1.26-29)

Les humbles auront de plus en plus de joie en l’Éternel, et les pauvres parmi les humains feront du Saint d’Israël leur allégresse. (Ésaïe 29.19)

Frères et sœurs, nous avons mis notre espérance non pas dans ce qui est puissant aux yeux du monde, mais dans le Fils de Dieu qui s’est abaissé, qui a pris un état de faiblesse pour nous enrichir.

Punir ce que les hommes trouvent honorable

La cinquième raison pour laquelle la croix est un scandale, c’est qu’elle se trouve à dénoncer le péché, alors que les hommes appellent le mal « bien ». Pour plusieurs, que Jésus ait marché sur les eaux, qu’il ait nourri la foule, ça ne les heurte pas vraiment, mais de savoir que des pécheurs sont justifiés, c’est scandaleux. Ça va contre les conventions morales du monde. Nous savons que Dieu punit ceux qui désobéissent mais accueille ceux qui obéissent. C’est la règle, mais aucun homme n’a obéi parfaitement à Dieu selon ses standards parfaits, mais là, l’évangile présente une autre réalité. Dieu accueille des hommes et des femmes qui ont désobéi. Dieu justifie l’impie. Mais comment est-ce possible ? Dieu a déclaré coupable un innocent, c’est-à-dire son propre Fils, et déclare justes des personnes coupables. Ça dépasse toute logique, toute convention sociale. Sur toute la planète, jamais un tribunal n’a eu cette manière de faire, mais en déclarant justes des coupables, le message de la croix est en train de dire que des actions comme l’immoralité sexuelle, le vol, le mensonge, etc. sont coupables devant Dieu, et ça, les hommes n’apprécient pas. Voler, c’est mal quand c’est l’autre qui le vole, mais des personnes se permettent de voler sans scrupule. On vole le gouvernement en ne déclarant pas tous nos revenus ou en exagérant les déductions, tout ça, parce que nous jugeons que le gouvernement nous en prend trop. On vole un commerçant s’il oublie de nous charger quelque chose et qu’on fait semblant qu’on n’a rien vu. On vole son employeur en prenant plus de temps de pause que ce qui est donné ou en ne donnant pas un plein rendement en son absence. Les hommes justifient leurs actions. Ils ne les considèrent pas comme des péchés.

Malheur à ceux qui appellent le mal bien et le bien mal, qui changent les ténèbres en lumière et la lumière en ténèbres, qui changent l’amertume en douceur et la douceur en amertume ! (Ésaïe 5.20)

Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine ; mais au gré de leurs propres désirs, avec la démangeaison d’écouter, ils se donneront maîtres sur maîtres ; (2 Timothée 4.3)

Frères et sœurs, nous vivons dans un monde qui définit tellement mal ce qui est mal et ce qui est bien. Les pires immoralités sont présentées comme de bonnes pratiques, alors que plusieurs vertus, comme la soumission de la femme, sont vues comme scandaleuses. La croix affirme haut et fort que Jésus est mort pour prendre sur lui toutes ses actions contre la loi de Dieu. La croix affirme donc que ces actions sont condamnables devant Dieu. La croix met les projecteurs sur la loi de Dieu puisque Jésus accomplit la loi, non pas la loi des hommes, mais la loi de Dieu. La croix dénonce ce que les hommes approuvent.

Voir un roi dans un crucifié

La sixième raison qui fait que la croix est un scandale, c’est qu’elle inclut que les promesses de Dieu passent par la mort et la résurrection. Jésus a eu un ministère public d’environ trois ans. Nous l’avons vu : il n’avait rien pour attirer, il s’est présenté dans un état de faiblesse. Il finit sur une croix parmi les malfaiteurs, les brigands, et son message est qu’il va revenir et établir une nouvelle création. Pour les non croyants, la croix est la fin de Jésus. La résurrection est un mythe, une histoire inventée. Les théologiens libéraux, c’est-à-dire ceux qui rejettent le fait que la Bible est inspirée de Dieu et exempte d’erreurs, disent que Jésus n’est pas vraiment ressuscité. Il a simplement repris vie dans la pensée de ses disciples et dans le message qu’il a laissé, un peu comme certains qui disent que tel chanteur décédé va continuer à vivre à travers ses chansons. Les hommes ne veulent pas adhérer à un message dont l’essentiel des bénédictions et le but final ne sont pas pour la vie présente. De plus, l’évangile annonce un royaume futur. Oui, celui qui est venu dans un état de faiblesse, celui qui est mort parmi les brigands, celui qui n’a laissé qu’une poignée de disciples qui ont fui, c’est le roi envoyé par Dieu. Quelle histoire! Qui peut croire cela ? Pour nous, chrétiens, c’est là toute notre espérance. Nous croyons au message de la croix. Celui qui est mort maudit sur la croix est notre bénédiction. Nous recevons toutes les bénédictions par lui. Celui qui a accompli la loi de Dieu l’a accomplie pour nous, de sorte que notre salut ne dépend pas de notre obéissance à cette loi mais de l’obéissance parfaite de Jésus-Christ à la loi de Dieu. Nous croyons au message de la croix, parce que c’est le moyen établi par Dieu pour pardonner aux grands pécheurs que nous sommes.

Car je n’ai pas honte de l’Évangile : c’est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec. (Romains 1.16)

Nous sommes rassurés de savoir que tous nos péchés, même ceux que nous allons commettre et que nous ne connaissons pas encore et qui pourraient être très graves, si nous sommes chrétiens, nous savons que tous nos péchés ont été expiés à la croix. Nous croyons au message de la croix, parce que c’est dans la faiblesse de Jésus-Christ que nous avons notre force.

Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ qui pour vous s’est fait pauvre de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous soyez enrichis. (2 Corinthiens 8.9)

Nous croyons au message de la croix parce que, du fait qu’elle condamne le péché tel que défini par Dieu et non par les hommes, nous qui croyons sommes assurés que Dieu est pleinement satisfait de l’œuvre de son Fils à la croix. Puisque c’est Dieu qui devait être apaisé, c’est sa loi qui devait être rencontrée. Nous croyons au message de la croix parce qu’elle ne signifie pas seulement la mort de Jésus-Christ. Elle signifie aussi la mort de tout ce qui est opposé à Dieu. Je m’explique : c’est suite à son œuvre à la croix que le Fils est ressuscité et a accédé à la royauté et c’est en tant que Roi des rois que le Fils va juger toutes les puissances, les dominations, les autorités. C’est par la croix que Satan est écrasé et cette défaite définitive, ce jugement éternel sur Satan et tous ceux qui le suivent, démons et hommes rebelles, ouvre la porte au royaume de paix éternel. Nous croyons au message de la croix parce que c’est par elle que notre avenir éternel est assuré : un avenir de bonheur sans fin où le Seigneur aura essuyé toute larme de nos yeux, où la mort ne sera plus, et où il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. La croix fait mourir ce qui doit mourir et ouvre la vie à ceux à qui Dieu la donne.

Daniel Durand, pasteur
19 avril 2019

Prédicateur invité

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