Méditation quotidienne – Psaumes 79

Je vous invite à faire la lecture du psaume 79 :

Psaume d’Asaph. O Dieu ! les nations ont envahi ton héritage, Elles ont rendu impur ton saint temple, Elles ont fait de Jérusalem un monceau de pierres. Elles ont livré les cadavres de tes serviteurs En pâture aux oiseaux du ciel, La chair de tes fidèles aux animaux de la terre ; Elles ont répandu leur sang comme de l’eau Aux alentours de Jérusalem, Sans personne pour les ensevelir. Nous sommes devenus l’opprobre de nos voisins, La moquerie et la risée de ceux qui nous entourent. Jusques à quand, Éternel ! t’irriteras-tu sans cesse, Ta jalousie s’embrasera-t-elle comme le feu ? Répands ta fureur sur les nations Qui ne te connaissent pas, Et sur les royaumes Qui n’invoquent pas ton nom ! Car on a dévoré Jacob Et désolé sa demeure. Ne te souviens plus de nos premières fautes ! Que tes compassions viennent en hâte au-devant de nous ! Car nous sommes bien affaiblis. Secours-nous, Dieu de notre salut, En raison de la gloire de ton nom ! Délivre-nous et fais l’expiation de nos péchés, A cause de ton nom ! Pourquoi les nations diraient-elles : Où est leur Dieu ? Qu’elle soit reconnue, à nos yeux, parmi les nations, La vengeance du sang de tes serviteurs, qui a été répandu ! Que les soupirs du prisonnier parviennent jusqu’à toi ! Par ton bras puissant Sauve ceux qui sont en danger de mort ! Rends à nos voisins sept fois dans leur sein Le déshonneur qu’ils t’ont infligé, Seigneur ! Et nous, ton peuple, le troupeau de ton pâturage, Nous te célébrerons éternellement ; De génération en génération nous redirons ta louange. (Psaumes 79.1-13)

Ce psaume a comme contexte la destruction du temple (Psaumes 79.1) et le massacre du peuple (Psaumes 79.2) au 6e siècle avant Jésus-Christ. Ces deux éléments constituaient des malédictions de l’alliance (Deutéronome 28). De plus, la mort aux rapaces et aux bêtes féroces étaient un jugement de Dieu pour ceux qui vivaient dans la rébellion (1 Samuel 17.46).

Dès l’ouverture, le ton est à l’indignation, non pas en raison des calamités, mais parce que c’est l’honneur de Dieu qui a été atteint. Les possessifs insistent sur ce point. C’est son héritage, son temple (Psaumes 79.1), ses serviteurs, ses fidèles (Psaumes 79.2). « Ce qui est arrivé est pire qu’une tragédie. C’est une profanation » (Kidner).

Dieu juge son peuple en utilisant la méchanceté des ennemis (Ésaïe 10), mais au sein de son peuple, il y avait de vrais croyants qui constatent les dégâts (Psaumes 79.3-4) et qui crient à Dieu face à cette désolation (Psaumes 79.5), mais le vrai croyant comprend aussi que, derrière toute cette méchanceté des païens (Psaumes 79.1), c’est la main de Dieu qui a décrété tout cela (Psaumes 79.5). C’est le Saint d’Israël qui est irrité et qui manifeste sa jalousie.

Le psalmiste demande le jugement de Dieu sur les nations (Psaumes 79.6-7), mais implore la grâce de Dieu sur son peuple (Psaumes 79.8-9). Nous, sous la nouvelle alliance, sommes souvent surpris par ces prières. Nous serions portés à prier pour nos ennemis, comme Jésus le demande.

Dans l’ancienne alliance, on n’imaginait pas qu’une nation ennemie puisse se convertir. Dieu s’adressait aux Juifs seulement. Il y a bien eu les Ninivites sous le ministère de Jonas, mais tout ça demeurait nébuleux pour les Juifs. En effet, les Ninivites se sont repentis (Matthieu 12.41), mais sans jamais pratiquer la loi juive, ce qui était inconcevable pour un Juif. De plus, le réveil n’a pas duré longtemps, puisque Ninive fut jugée et détruite peu de temps après la visite de Jonas (Nahum).

Pour le psalmiste, la réputation de Dieu est importante (Psaumes 79.10). Dans ses promesses, le Seigneur s’est engagé à délivrer les captifs (Psaumes 79.11).

La punition méritée est évaluée à sept fois l’offense (Psaumes 79.12). Le nombre 7 a une valeur symbolique de la perfection de Dieu et de sa plénitude. Remarquez que le psalmiste ne considère pas l’offense en fonction de ce que le peuple a enduré, mais en fonction du déshonneur infligé à Dieu. Comme notre Dieu est infini et parfait, sept fois signifie une punition parfaite, tout à fait appropriée pour venger un Dieu parfait.

Le peuple de Dieu peut se réconforter, lui qui reçoit les pâturages de Dieu (Psaumes 79.13) et qui, en réponse aux bénédictions reçues, le loue et le célèbre.

Les possessifs démontrent à nouveau la considération du psalmiste pour le Seigneur : « […] jusqu’à toi, ton bras » (Psaumes 79.11), « […] qu’ils T’ont infligé » (Psaumes 79.12), « […] ton peuple […] ton pâturage […] te célébrerons […] ta louange » (Psaumes 79.13). Seigneur Dieu, je reconnais que je mérite le même jugement que les non croyants, mais il t’a plu de me sauver par grâce et pour l’éternité. Avec mes frères et sœurs, je te louerai pour ton salut.

Prédicateur invité

Partagez cet enseignement :

Share on facebook
Share on twitter
Share on print
Share on email