Méditation quotidienne – Jean 19.28

Afin que l’Écriture soit accomplie Jésus dit : J’ai soif. (Jean 19.28)

Un seul mot dans l’original, « J’ai soif », nous donne un aperçu de la situation. La respiration des crucifiés était des plus pénibles. Ils devaient se soulever par les pieds à chaque respiration. La respiration par la bouche s’imposait pour écourter le temps des inspirations. La conséquence était l’assèchement de la bouche et de la gorge.

Jésus, le Fils de Dieu par qui tout a été créé (Jean 1.3; Colossiens 1.16), a vraiment pris la condition humaine, toute la condition humaine, sauf qu’il n’a jamais péché. Pour le reste, il a tout assumé. Nos limitations, nos douleurs, nos pleurs, l’angoisse, rien n’y échappe. Lui qui avait tout pouvoir a délibérément souffert pour sauver son peuple.

Il y a plus : Jésus accomplit les Écritures : « Afin que l’Écriture soit accomplie… ». Il s’agit du psaume 69, au verset 22. Jésus avait une glorieuse fixation d’accomplir les Écritures, parce que celles-ci expriment la volonté de son Père. Les Écritures exposent le plan parfait de Dieu et Jésus est venu l’accomplir.

La lecture de ce psaume révèle cependant une facette de la soif qui dépasse le besoin physique. Le verset 4 du psaume dit ceci :

Je m’épuise à crier, mon gosier se dessèche, mes yeux défaillent dans l’attente de mon Dieu. (Psaume 69.4)

Des théologiens comme Paul Wells et James Montgomery Boice ont bien vu que la soif physique de Jésus illustre aussi une soif spirituelle. Spurgeon a dit concernant ce « J’ai soif » : « Ici, vous voyez comment la chair mortelle a dû partager l’agonie de l’esprit intérieur ».

Cette soif intérieure s’explique très bien. Jésus vient de connaître l’abandon par son Père, ce que nous avons vu dans la méditation d’hier.

Aussi, cette soif vient de toute l’opposition subie (Psaume 69.5; Psaume 69.8; Psaume 69.12; Psaume 69.15), du fait que la nation déshonore Dieu (Psaume 69.10). Bref, Jésus a souffert de tout ce qui est contre Dieu et sa loi. Jésus avait soif, soif de justice, soif de son Père. Jésus désirait la délivrance plus que jamais (Psaume 69.19). Ce n’est que suite à cette exposition de son état d’âme que le psalmiste écrit :

[…] pour apaiser ma soif, ils m’abreuvent de vinaigre. (Psaume 69.22)

Frères et sœurs, Jésus a connu le déshonneur de la part des hommes. Il a été humilié, méprisé. Jésus n’a pas été indifférent à cette opprobe. Ça aussi fait partie de sa souffrance. C’est même par cette souffrance qu’il a appris l’obéissance à son Père (Hébreux 5.7-8), c’est-à-dire que Jésus a expérimenté le prix de l’obéissance, la soumission à Dieu, alors que le monde s’opposait à lui.

Frères et sœurs, cette soif physique et spirituelle nous enseigne plusieurs vérités :

  • Nous ne devrions pas dissocier les besoins physiques et les besoins de notre âme. Ceux qui souffrent physiquement souffrent très souvent dans leur âme. Nous pouvons les distinguer sans les dissocier. Les anciens qui sont appelés auprès des malades doivent prodiguer les soins physiques (l’huile étant probablement un générique pour parler de l’ensemble des soins physiques) et les soins spirituels (Jacques 5.14-16);
  • Les souffrances de Jésus-Christ n’ont pas été que physiques. Ces dernières ont été atroces, horribles, mais il y a aussi les souffrances morales et spirituelles qui ont été encore plus pénibles (Ésaïe 53.3);
  • Les souffrances que Jésus a subies pour nous ont duré au moins trois années, celles de son ministère public, mais possiblement toute sa vie. Le Dieu fait homme sans péché a dû marcher sur le sol maudit toute sa vie. Il a habité parmi un peuple dont les lèvres sont impures, alors que lui était pur. Nous ne pouvons imaginer cette souffrance parce que nous sommes impurs;
  • Quand nous considérons que Jésus a porté nos souffrances (Ésaïe 53.4), ce sont autant nos souffrances physiques que nos souffrances intérieures. Il n’y a aucune souffrance que le Christ n’a pas portée. Ceci dit, nous souffrons encore présentement, mais ces souffrances s’inscrivent dans notre union à Jésus-Christ et elles ont maintenant un sens (Jacques 1.2-4). Par elles, le Seigneur nous forme, nous transforme;
  • Nous devons avoir soif non seulement de voir nos besoins physiques être rencontrés, mais surtout soif de justice, soif de paix, soif de communion avec notre Père céleste.

Prière : Seigneur, en méditant sur cette parole du Christ en croix, je réalise encore plus combien tu as souffert pour moi, pour mes frères et sœurs. En venant accomplir les Écritures, je réalise que tu savais ce dans quoi tu t’engageais en t’incarnant et tu l’as fait en connaissance de cause. Merci pour ce cadeau. Merci parce qu’un jour, il n’y aura plus aucune souffrance. Pour l’éternité, nous allons te regarder et te dire que c’est grâce à toi, à tout ce que tu as souffert pour nous.

Donne-nous d’accepter joyeusement de souffrir pour notre prochain, souffrir l’injustice, subir le mépris. Donne-nous cette même disposition que tu as eue durant tout ton ministère terrestre. Amen !

  1. Rendons grâce au Seigneur pour son sacrifice parfait. Nous ne cessons jamais de découvrir ses facettes;
  2. Demandons au Seigneur de nous donner un cœur pour le servir dans la souffrance, sachant que celle-ci s’inscrit dans notre union à Jésus-Christ et qu’elle a un but dans notre vie.

Prédicateur invité

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