Ma colère et mon prochain, Éphésiens 4.25-27

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« Frères et sœurs, veillons sur nous-mêmes. Si nous sommes en colère, assurons-nous que ce soit pour une raison que Dieu approuve. Si c’est le cas, veillons à nos réactions. Évitons la médisance, la calomnie, le rejet, les soupçons. Demandons au Seigneur de nous donner de veiller sur nous. En nous plaçant en Église, le Seigneur nous confie nos frères et sœurs pour que nous en prenions soin. Que ça puisse être notre désir comme Église. »

 

Introduction

La semaine passée, j’ai prêché sur l’importance de veiller sur notre langue, sur nos paroles. Depuis mon arrivée ici, je n’ai jamais reçu autant de commentaires encourageants que la semaine passée suite à la prédication et ça m’a vraiment encouragé. C’est le but des commentaires encourageants. Ce qui m’a encouragé le plus, c’est de constater que beaucoup parmi nous désirons cette vie d’Église saine qui glorifie le Seigneur. Nous allons poursuivre ce matin avec les mêmes versets.

Texte biblique

C’est pourquoi, rejetez le mensonge et que chacun de vous parle avec vérité à son prochain ; car nous sommes membres les uns des autres. Si vous vous mettez en colère, ne péchez pas ; que le soleil ne se couche pas sur votre irritation ; ne donnez pas accès au diable. (Éphésiens 4.25-27)

Que le Seigneur bénisse sa Parole.

Exposé

Depuis le début du chapitre 4, Paul exhorte les chrétiens à porter attention à leur conduite. L’être humain a surtout tendance à examiner la conduite des autres, mais ce n’est pas ce que le Seigneur demande. Il y a le principe de la poutre et de la paille : nous devons vraiment commencer par nous examiner, examiner notre conduite. De plus, les exhortations pratiques que Paul adresse aux chrétiens reposent sur la doctrine qu’il a d’abord exposée, principalement dans les trois premiers chapitres de son épître. Paul a débuté par l’élection : Dieu nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes et l’Église en fait partie. Il nous a élus pour que nous soyons saints et sans défaut devant lui. Paul poursuit en rappelant la richesse du salut en Jésus-Christ. Suite à cela, Paul mentionne aux Éphésiens qu’il ne cesse de rendre grâce au Seigneur pour eux, qu’il fait mention d’eux dans ses prières, afin qu’ils aient un esprit de sagesse et de révélation qui leur fassent connaître et afin qu’il illumine les yeux de leur cœur pour qu’ils sachent quelle est l’espérance qui s’attache à son appel. Frères et sœurs, notre conduite doit refléter notre appel et notre espérance. Autrement dit, notre appel et notre espérance doivent déterminer nos agissements. Je dois aussi considérer l’appel et l’espérance de mon frère, de ma sœur dans mes rapports.

Parler contre

La semaine passée, nous avons parlé des paroles malsaines et j’ai mentionné que nous ne devrions pas parler contre quelqu’un dans son dos, mais plutôt faire courageusement ce que la Parole de Dieu dit et aller voir directement la personne concernée. Quand on dit qu’il ne faut pas parler contre quelqu’un dans son dos, le mot « contre » est très important. Parler contre quelqu’un, ça ne signifie pas qu’il n’est jamais approprié de dire quelque chose de quelqu’un en son absence, même si c’est négatif. Je vous donne quelques exemples. Nous cherchons un responsable pour un ministère à l’Église : Sylvain et moi, nous nous consultons. Un de nous propose quelqu’un; l’autre expose un bémol. Ce n’est pas parler contre la personne que d’exprimer un bémol : ce n’est pas pour le détruire. Au contraire, c’est aimer la personne de ne pas la placer dans un ministère si nous savons qu’elle ne pourra pas le remplir. Un autre exemple : une jeune chrétienne s’intéresse à un jeune garçon qui a fait profession de foi, mais dont la consécration semble légère. La jeune fille demande à son père ce qu’il en pense. Si son père lui fait une mise en garde, ce n’est pas de la critique : le but est de protéger sa fille. Ça devient de la critique si le père se met à discréditer le jeune homme en répandant ce qu’il pense de ce jeune homme à tous les frères et sœurs. Un autre exemple : on veut proposer à l’assemblée un candidat au rôle d’ancien et on vous demande de prier sur cela et de réfléchir. Un couple discute pour réfléchir ensemble. Si un dans le couple émet des bémols, ce n’est pas de la critique. Le but est de protéger l’Église et le candidat. Ça devient de la critique si le couple se met à discréditer le candidat et fait une campagne de salissage dans toute l’Église. Ça devient négatif si on rejette l’autre ou si on développe tout sentiment négatif, parce qu’un sentiment négatif va entraîner une attitude négative face à l’autre. Jésus a dénoncé les Pharisiens dans leur dos. Il voulait protéger ses disciples. Paul a fait une mise en garde contre un homme :

Alexandre, le forgeron, m’a fait beaucoup de mal. Le Seigneur lui rendra selon ses œuvres. Garde-toi aussi de lui, car il s’est fortement opposé à nos paroles. (2 Timothée 4.14-15)

Paul fait une mise en garde concernant un dénommé Alexandre. Il dit à Timothée au verset 15 : « Garde-toi aussi de lui ». Le but n’est pas de discréditer les individus, mais de protéger l’Église. Autant Jésus que Paul ont adressé les mises en garde aux bonnes personnes. Ce principe doit être manipulé avec grand soin. Si on a besoin d’un conseil sur une situation qui implique quelqu’un d’autre, d’abord, la plupart du temps, il n’est pas nécessaire de nommer cette personne. De plus, il faut être très sélectif lorsque nous choisissons de parler à quelqu’un sur une autre personne. Nous avons tendance à parler aux personnes avec lesquelles nous sommes le plus proches, mais ce n’est pas un bon critère. Nous devons parler aux personnes qui vont nous placer dans la perspective biblique, qui vont nous aider. Je ne dois pas chercher quelqu’un qui va nécessairement m’approuver, mais quelqu’un qui va m’aider à mieux voir.

La colère

Dans notre texte, Paul fait une mise en garde sur la colère :

Si vous vous mettez en colère, ne péchez pas ; que le soleil ne se couche pas sur votre irritation. (Éphésiens 4.26)

Bonne et mauvaise

La Bible nous dit qu’il y a une bonne et une mauvaise colère.

Bonne

Il est possible d’avoir une colère qui n’est pas péché. Le théologien Boice suggère qu’une bonne colère est celle qui est sainte et contrôlée. La colère est dirigée par un bon motif. Elle vient d’une juste prise de position contre le péché, non pas contre quelque chose qui me dérange, mais quelque chose que Dieu dénonce. Un péché se définit par rapport à la loi de Dieu et non pas à partir de mes propres critères. Par exemple, ça me met en colère lorsque j’entends que des Églises ont abandonné le Sola Scriptura, c’est-à-dire l’Écriture seule. Ça me met en colère lorsque j’entends que des pasteurs abusent de leur autorité. Ça me met en colère, parce que derrière ces pratiques, il y a des brebis qui souffrent et qui sont écrasées au lieu d’être édifiées. Il existe une sainte colère, mais encore faut-il qu’elle soit bien gérée.

Mauvaise

Alors qu’une mauvaise colère est celle qui est incontrôlée, centrée sur soi ou les deux. Comme la colère mal gérée est ce qui arrive le plus souvent, c’est sur cette colère que nous allons nous concentrer. Une colère mal gérée, même si la raison est louable, est une mauvaise colère. Laissons à Dieu la vengeance et la rétribution. Si vous vous mettez en colère, ne péchez point. Certains conseillers recommandent aux gens de laisser aller leur colère. Ils disent que si quelqu’un n’exprime pas sa colère, il va vivre un blocage. « Videz votre sac », disent-ils. Cette approche ne considère pas que la personne qui vit une frustration n’a aucune considération pour l’autre. La Bible nous demande de bien traiter l’autre et même de la traiter au-dessus de nous-mêmes. D’autres conseillers privilégient des moyens de se calmer comme la psychothérapie, les médicaments, les exercices physiques, la méditation, le divertissement. Le Seigneur enseigne autre chose dans sa Parole. Dieu est un Dieu de colère contre le pécheur qui ne se repent pas, mais remarquez que Dieu est lent à la colère. Cette colère est mesurée et ne vient qu’après un long temps de patience. La colère qui devient péché n’a rien à voir avec celle qui est approuvée par Dieu. La sainte colère est contre le péché; la mauvaise colère est accompagnée du péché.

Analyser sa colère

Lorsqu’on est en colère, nous devons analyser notre colère. Quel est le motif? Est-ce une colère que Dieu approuve? Est-ce une frustration parce que quelque chose ne fait pas mon affaire ou si c’est parce que Dieu est déshonoré? Suis-je centré sur moi ou sur Dieu? Cette étape est très importante, parce que si ma colère n’est pas justifiée, je dois demander au Seigneur de changer ma disposition.

Bien réagir

Si ma colère est justifiée, ça ne signifie pas que tout est réglé. Il est possible que ma colère soit justifiée, mais que je canalise mal cette colère. À cet égard, voici ce que dit le Psaume 4, verset 5 :

Mettez-vous en colère mais n’allez pas jusqu’à pécher ! Réfléchissez, sur votre lit, puis taisez-vous ! (Psaume 4.5)

Quelle belle exhortation : si quelque chose me met en colère, je ne dois pas pécher. Je dois réfléchir sur mon lit et me taire. Se taire, c’est ne pas utiliser notre langue pour détruire. Certaines traductions ont « demeurez tranquilles ». Il est possible, à ce stade-ci, que certains croient ne pas être concernés par ce sujet, parce qu’elles ne s’enflamment jamais dans une colère où on crie et où on doit renouveler le set de vaisselle. La colère ne s’exprime pas nécessairement par des paroles criées. Ce n’est pas toujours le nombre de décibels qui révèle la colère. La colère peut s’exprimer par la vengeance, par le rejet de l’autre, la calomnie, la médisance, le fait de ne plus parler à l’autre et, probablement, d’autres mauvaises attitudes. Ça, ce sont les conséquences, les expressions d’une colère mal gérée, d’une colère incontrôlée. D’où vient cette colère mal gérée? J’aimerais vous dire qu’elle ne vient pas de l’autre personne : si je me mets en colère, c’est moi qui réagis. La colère est la réaction que je choisis de prendre face à une circonstance.

La plupart du temps, la colère mal gérée a deux sources. La première, c’est un traumatisme. Par exemple, il arrive qu’une fille qui a vu son père tromper sa mère ait un traumatisme qui fait que, lorsqu’elle se marie, elle soupçonnera constamment son mari de la tromper. Si son mari n’est pas à la maison à l’heure normale, elle ne se demandera pas quel pneu crever, mais avec quelle femme son mari se trouve. Quelqu’un qui aurait vécu du rejet dans sa famille devient très susceptible. Si on cherche quelqu’un pour un ministère, cette personne pourrait très mal réagir si on ne la choisit pas. Elle va interpréter cela comme du rejet. Ce qui aide à ne pas se mettre en colère, c’est de comprendre ce qui est derrière celle-ci. Si j’ai vécu du rejet ou tout autre traumatisme, je n’ai pas à juger les autres sur la base de ma mauvaise expérience. Je dois me ressaisir, d’autant plus que la personne devant moi n’y est pour rien dans ma mauvaise expérience. Une autre source de colère, c’est mon orgueil : très souvent, une personne qui se met en colère, c’est qu’elle a déterminé comment les choses devraient se passer selon elle et, parce que les choses ne se passent pas comme elle le veut, elle se met en colère. C’est très orgueilleux de penser que les choses doivent se passer comme moi je le veux. Qui suis-je pour exiger? Qui suis-je pour imposer ma volonté aux autres?

Dans les deux cas, que ce soit un traumatisme ou l’orgueil, il y a un dénominateur commun : je me mets en colère, parce que je suis centré sur moi. Celui qui a subi un traumatisme cherche à se protéger des autres pour ne pas revivre ce traumatisme, mais il est tellement centré sur lui-même qu’il se met à juger gratuitement les autres ou à émettre des soupçons injustifiés. Je vous ai déjà raconté qu’un jour, à la Faculté de théologie, j’avais un cours avec M. Djaballah. Alors, dans un cours, je lève la main pour poser une question. La consigne était que, lorsque M. Djaballah voyait notre main levée, il nous faisait signe de la tête pour nous dire qu’il nous avait vus. Il terminait le point qu’il enseigne, puis revenait à la personne qui avait levé sa main pour qu’il pose sa question. Alors, je lève la main : il me fait signe. Il termine son point et il passe au point suivant. Jamais il n’est revenu à moi. Comme j’avais déjà vécu du rejet qui m’avait traumatisé, je me suis mis à entretenir des pensées contre M. Djaballah : « Il trouve que mes questions ne sont pas pertinentes. Il se fout de moi. Il ne se soucie pas de mon apprentissage. » Puis, après avoir eu ces mauvaises pensées, je me suis ressaisi, tout ça en quelques minutes. Je me suis dit que je n’ai pas à juger M. Djaballah pour ce que d’autres m’ont fait subir. Je n’ai pas à prêter de mauvaises intentions à M. Djaballah. Je dois penser qu’il a simplement oublié. Voyez comme un traumatisme peut nous entraîner dans des dérapages. Une personne n’a peut-être rien fait pour vivre un traumatisme passé, mais elle gère mal cette situation et tombe dans le péché. Pour ne pas être blessée une deuxième fois, elle blesse les autres; et la personne qui se met en colère par orgueil se met aussi au centre. Dans les deux cas, c’est l’égoïsme qui est derrière la colère et, puisque c’est l’égoïsme qui agit dans la colère, ça signifie que je n’aime pas l’autre. Je ne veux pas considérer l’autre. Je ne considère que moi.

Il y a plusieurs années, je travaillais dans une imprimerie et il y avait une étiquette apposée sur l’extincteur d’incendie. Je remarque la consigne suivante : « Veuillez arroser la base de la flamme. » C’est bien évident : si on arrose le haut de la flamme, on n’éteindra jamais l’incendie. Dans nos attitudes mauvaises, nous devons faire la même chose : nous devons nous examiner et, souvent, nous devons demander à d’autres de nous aider et nous devons prendre conscience du péché à la base de notre mauvaise attitude. Nous devons confesser au Seigneur notre péché du cœur, ainsi que la mauvaise attitude qui en a résulté. La colère pécheresse est donc celle qui est incontrôlée et centrée sur soi. Quand on se met en colère, nos yeux sont fixés sur l’autre personne et c’est là la voie du péché. Je dois plutôt m’examiner. Il est même bon, si on a péché dans sa colère, d’en faire le post-mortem. Très souvent, la colère débute par une situation que nous voyons comme une menace contre nous. Que ce soit suite à un traumatisme ou par orgueil, on se sent menacé. C’est soit mon intégrité que je crois menacée, soit mon mariage, soit ma volonté. L’autre fait quelque chose qui me choque, l’irritation vient rapidement et on s’alimente de toutes sortes de pensées horribles. Dans nos pensées, on accuse l’autre, on lui prête de fausses intentions et on pense que le problème, c’est l’autre, alors que le problème, c’est nous-mêmes. Même si l’autre a péché envers nous, notre colère pécheresse n’est pas plus justifiée. Le Seigneur nous donne des consignes sur la manière avec laquelle nous devons aborder le péché de l’autre et, dans ces consignes, il n’y a jamais la colère. On n’y pense pas souvent, mais la plupart de nos colères révèlent un problème que nous avons non pas avec l’autre, mais avec Dieu : si je suis en colère suite à un traumatisme, ma colère visera à me protéger. Je révèle que je ne m’appuie pas sur Dieu pour me protéger. Je veux le faire moi-même et c’est ainsi que je commence à voir mon frère ou ma sœur comme un ennemi. Si je me mets en colère par orgueil, parce que les choses ne se passent pas selon mes critères, selon ce que j’ai établi, mon problème est aussi avec Dieu. Ce n’est plus Dieu qui est au centre de ma vie : c’est moi. Je ne recherche plus la volonté du Seigneur : je veux plutôt imposer ma volonté aux autres.

Satan

Si vous vous mettez en colère, ne péchez pas ; que le soleil ne se couche pas sur votre irritation ; ne donnez pas accès au diable. (Éphésiens 4.26-27)

Certains ont compris qu’il fallait tout régler avant le coucher du soleil. Ce n’est pas ce que le verset affirme. Ce que Paul affirme, c’est que nous devons immédiatement gérer nos émotions et ne pas s’irriter. Nous devons nous ressaisir rapidement dès que la situation irritante survient, mais il se peut que nous ne puissions régler la même journée. L’important est de ne pas rester avec l’irritation. Ce verset est une citation du psaume 4, verset 5.

Mettez-vous en colère mais n’allez pas jusqu’à pécher ! Réfléchissez, sur votre lit, puis taisez-vous ! (Psaume 4.5 [Semeur])

Il y a des circonstances qui suscitent une sainte colère. Lorsque Dieu est déshonoré, la colère s’impose, mais la colère sans péché. Quand Jésus a chassé les vendeurs du temple, l’honneur de Dieu était méprisé. Jésus était en colère, mais il n’a pas péché. Frères et sœurs, Satan déteste Dieu ainsi que ses enfants. Se mettre en colère contre son frère ou contre sa sœur, c’est se faire complice de Satan. Nous aidons Satan. Nous travaillons dans le même sens que Satan. Paul va plus loin dans sa réflexion sur la colère. Il nous dit que, si on se met en colère, on ne doit pas donner accès au diable. Nous apprenons ici que le diable n’est pas loin de nos paroles malsaines, de nos colères injustifiées et des autres mauvaises attitudes que nous avons. Ne pensons pas que Satan ne rôde pas. Ne pensons pas que Satan ignore ce que nous faisons. Je ne pense pas que Satan rôde personnellement autour de chaque chrétien pour la simple raison que Satan ne peut pas être à plusieurs endroits en même temps. Satan n’est pas omniprésent, mais ça peut être Satan à travers ses démons. Il y a une armée maléfique, démoniaque, qui ne cherche qu’à nuire à l’Église du Seigneur Jésus et ce que Paul dit est très sérieux : Paul dit que par nos mauvaises actions, les chrétiens donnent accès au diable. On entend parfois, et avec raison, qu’il y a deux dangers concernant Satan. Le premier est d’exagérer sa puissance et de tout lui attribuer : « Si je pèche, c’est parce que Satan est puissant. » On se déresponsabilise de nos péchés, alors que Satan ne peut jamais forcer quelqu’un à pécher. Le deuxième danger, c’est de croire que Satan n’agit pas. « Il existe, mais il n’a aucun impact sur nos vies. Il agit parmi les non chrétiens, il agit dans le monde, mais il se tient loin des croyants. » Or, la Bible nous dit le contraire :

Soyez sobres. Veillez ! Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer. (1 Pierre 5.8)

Le diable rôde autour des chrétiens, ceux dont il est l’adversaire. Frères et sœurs, ce que Paul nous dit, c’est que nos mauvaises attitudes envers les frères et sœurs constituent une porte d’entrée au diable. C’est pratiquement lui souhaiter la bienvenue. Si nous ne réglons pas nos situations conflictuelles, Satan va utiliser ces choses pour ses propres fins. Paul a écrit aux Corinthiens concernant la présence dans l’Église d’un non croyant qui couchait avec la femme de son père, fort probablement la deuxième femme de son père (1 Corinthiens 5.1-13). Paul exhorte l’Église à expulser cet homme et de le livrer à Satan, c’est-à-dire de le retourner dans le monde. En 2 Corinthiens, Paul encourage à pardonner à celui qui a reçu le blâme du plus grand nombre. Fort probablement qu’il s’agit du même homme. Le blâme du plus grand nombre rappelle la dernière étape de la discipline, c’est-à-dire l’excommunication et cet homme s’est assurément repenti puisque Paul demande de l’accueillir, de le réintégrer dans l’Église :

Or, à qui vous pardonnez, je pardonne aussi ; et pour ma part, ce que j’ai pardonné — si j’ai pardonné quelque chose — c’est à cause de vous en présence de Christ, afin de ne pas laisser à Satan l’avantage sur nous, car nous n’ignorons pas ses desseins. (2 Corinthiens 2.10-11)

Satan a des desseins. Il a de mauvaises intentions et il récupère tout ce qu’il peut pour détruire l’Église de Jésus-Christ. Nous devons en être conscients. Un coup que nous avons réalisé ce fait, si nous nous comportons mal envers un frère ou une sœur, c’est l’équivalent de laisser entrer Satan parmi nous et de le laisser faire son œuvre de destruction. Imaginez combien c’est gros. En Éphésiens 1.20-21, il est dit :

Dieu a mis sa puissance en action dans le Christ, en le ressuscitant d’entre les morts et en le faisant asseoir à sa droite dans les lieux célestes, au-dessus de toute principauté, autorité, puissance, souveraineté, au-dessus de tout nom qui peut se nommer, non seulement dans le siècle présent, mais encore dans le siècle à venir. (Éphésiens 1.20-21)

Jésus a été élevé et s’est assis dans les lieux célestes au-dessus de toute autre puissance, incluant les puissances démoniaques. Puis, au chapitre 2, verset 6, Paul ajoute :

[…] il nous a ressuscités ensemble et fait asseoir ensemble dans les lieux célestes en Christ-Jésus […] (Éphésiens 2.6)

Jésus est assis dans les lieux célestes; nous aussi, puisque nous sommes en Jésus-Christ, nous sommes assis dans les lieux célestes. Le Christ est assis dans les lieux célestes au-dessus de toutes les puissances, incluant les puissances démoniaques, et nous sommes assis avec lui. Nous sommes donc au-dessus de ces mêmes puissances. En Jésus-Christ, nous avons l’autorité de rejeter toutes les attaques démoniaques et quand nous nous comportons mal envers un frère ou une sœur, nous nous trouvons à accueillir les forces démoniaques. Indirectement, nous l’invitons à participer à la destruction que nous avons amorcées. Frères et sœurs, nos mauvaises paroles ne sont pas banales. Elles n’ont rien de comparables avec ce qui peut se dire dans une cour d’école, même si je ne banalise pas ce qui peut se dire là. Nos mauvaises paroles et nos mauvaises attitudes constituent des portes ouvertes à Satan. C’est comme une plaie où on laisse entrer les bactéries. Prenons conscience que laisser sortir nos mauvaises paroles et nos mauvaises pensées, c’est laisser entrer Satan dans la vie de notre Église. J’aimerais, avant de terminer, vous proposer la lecture du livre suivant. Il peut être commandé à Publications chrétiennes. Il suffit d’aller voir Véronique.

Le livre a pour titre Maîtriser sa colère – Comment réagir de manière constructive lorsque tout va mal? C’est David Powlison. Il est professeur à CCEF, là où notre frère Mathieu Caron a étudié la relation d’aide. Frères et sœurs, veillons sur nous-mêmes. Si nous sommes en colère, assurons-nous que ce soit pour une raison que Dieu approuve. Si c’est le cas, veillons à nos réactions. Évitons la médisance, la calomnie, le rejet, les soupçons. Demandons au Seigneur de nous donner de veiller sur nous. En nous plaçant en Église, le Seigneur nous confie nos frères et sœurs pour que nous en prenions soin. Que ça puisse être notre désir comme Église.

Que le Seigneur vous bénisse.

Daniel Durand, pasteur
7 avril 2019

Prédicateur invité

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