L’unité dans la patience, le soutien mutuel et l’amour, Éphésiens 4.2-3

« Ce que je souhaite pour cette personne va déterminer mes actions envers lui. Si je ne souhaite rien de bon pour cette personne, je ne vais pas me préoccuper de sa difficulté. Je risque de la critiquer par en arrière. Je risque de la considérer comme un élément négatif, sans aucun intérêt dans ma vie. Toutefois, si je comprends que le Seigneur nous a placés ensemble pour que nous puissions grandir ensemble, je vais aider mon frère ou ma sœur. Je vais prier pour elle. Toutes mes interventions vont viser son édification. Se supporter, se soutenir implique le renoncement de soi et l’acceptation de certaines douleurs. […] Nous devons nous soutenir les uns les autres, c’est-à-dire aider l’autre à poursuivre la marche lorsqu’il a besoin. Il y a des circonstances que nous traversons et qui exigent du renoncement de notre part. »

 

Introduction

Il y a quelques semaines, nous avons vu que l’unité de l’Église requiert l’humilité et la douceur. Sans humilité et sans douceur, il ne peut y avoir d’unité. Ce matin, nous allons poursuivre dans l’épître de Paul aux Éphésiens.

Texte biblique

Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience. Supportez-vous les uns les autres avec amour, en vous efforçant de conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix. (Éphésiens 4.1-3)

Que le Seigneur bénisse sa Parole.

Exposé

Jusqu’à maintenant, dans cette épître, nous avons vu au chapitre 1 (Éphésiens 1) que l’unité caractérise tout le plan de Dieu et que cette unité découle de Dieu lui-même. Le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont parfaitement unis. D’ailleurs, le mot « trinité » vient des racines « trois » et « unité ». Cette unité de Dieu est appliquée dans les œuvres de Dieu : le Père a élu ceux qu’il allait sauver, le Fils a accompli le salut pour les élus et le Saint-Esprit applique aux élus les réalités du salut. Nous avions aussi vu dans les trois premiers chapitres que l’Église est l’union de tous les croyants, qu’ils soient d’origine juive ou grecque. Nous avions également vu que ce même Dieu établit l’unité cosmique, c’est-à-dire dans toute sa création. Il réunit sous un seul chef, le Christ, tout ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre. Au chapitre 4 (Éphésiens 4), Paul nous exhorte, comme Église, à vivre cette unité. C’est au point où si nous agissons contre l’unité de l’Église, nous œuvrons contre Dieu.

Nous avions aussi vu que l’épître aux Éphésiens comporte deux parties. La première couvre les chapitres 1 à 3 (Éphésiens 1-3) et constitue la section doctrinale. La fin de cette section introduit la deuxième section, constituée des chapitres 4 à 6 (Éphésiens 4-6). La fin de la section 1 dit :

[…] à Dieu la gloire dans l’Église et en Christ-Jésus, dans toutes les générations, aux siècles des siècles. Amen. (Éphésiens 3.21)

Ce verset sert de conclusion après avoir démontré que l’unité n’existe qu’en Dieu et que cette unité se reflète sur tout ce que Dieu fait. Nous avons déjà survolé les trois premiers chapitres où l’unité est dans tout et c’est à la fin de cette section que Paul dit le verset que nous venons de lire. Ce verset, s’il conclut toute la section doctrinale, introduit la section pratique, éthique et exhortative, c’est-à-dire les chapitres 4 à 6 (Éphésiens 4-6) :

Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée. (Éphésiens 4.1)

Le « donc » indique que ce qui suit est la conséquence logique, la conséquence qui repose sur la doctrine qui précède. Le commentateur James Montgomery Boice dit dans son livre sur Éphésiens qu’il y a des chrétiens qui ne s’intéressent qu’à la doctrine. Lorsqu’ils tombent sur ces textes, ils font des liens avec d’autres textes, ils se forgent une doctrine en voulant tenir compte de ce que les Écritures disent ailleurs et c’est très bien.

Le problème arrive lorsqu’ils tombent sur des textes plus pratiques. Sur ces textes, ils passent rapidement, pensant que ce n’est pas nécessaire. À l’inverse, Boice mentionne qu’il y a aussi des chrétiens qui se désintéressent de la doctrine biblique : ce qu’ils recherchent, c’est l’expérience. Ces personnes vont passer rapidement sur les textes plus doctrinaux.

Ces deux catégories sont en danger. La doctrine sans la pratique accouche d’une orthodoxie intellectuelle. La pratique sans la doctrine conduit à des aberrations, toujours selon Boice. Les émotions et les expériences ne sont plus en harmonie avec les Écritures. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une solide doctrine biblique suivie d’une mise en pratique qui démontre notre consécration. Nous avions vu que le passage des trois premiers chapitres (Éphésiens 1-3) aux trois suivants (Éphésiens 4-6) conduit le lecteur de la doctrine à la conduite, de l’indicatif à l’impératif. Nous avions vu, avec le verset 2 (Éphésiens 4.2) l’importance de l’humilité et de la douceur dans l’unité. Sans humilité et sans douceur, c’est-à-dire sans docilité, il n’y a pas d’unité. Afin de réaliser la force des mots, il est bon de s’arrêter sur leurs contraires. Le contraire de l’humilité, c’est l’orgueil, l’arrogance, la prétention. Le contraire de l’unité, c’est la division, le chacun-pour-soi. Le contraire de la douceur, et nous avions vu que ce mot signifie « docilité », c’est la résistance, l’insoumission. L’exhortation de Paul dans l’épître aux Éphésiens est que l’unité que Dieu crée, cette unité qui existe d’abord en Dieu, Père, Fils et Esprit, caractérise tout le plan de Dieu. Cette unité que Dieu établit est intimement liée à la vocation qui nous a été adressée et qui doit déterminer notre marche. Autrement dit, la vocation qui nous est adressée n’est pas simplement quelque chose pour notre avancement personnel, un idéal visant mon épanouissement.

Ce n’est pas non plus un idéal juste pour que l’Église puisse mieux progresser. C’est aussi, surtout et d’abord un élément du grand projet de Dieu d’appliquer l’unité dans tout son plan. Autrement dit, nous devons vivre dans l’Église la réalité que le Seigneur établit dans toute sa création. Si Paul insiste sur l’unité, c’est probablement parce qu’il sait qu’elle est constamment menacée. Avez-vous remarqué que l’apôtre Paul a dû se battre surtout contre des chrétiens? Ses grandes difficultés venaient des chrétiens qui rejetaient son ministère, comme en Corinthe; d’autres qui remettaient en question des doctrines essentielles, comme en Galatie. Frères et sœurs, prenons au sérieux ce que la Parole de Dieu nous dit sur l’unité. Prenons au sérieux cette glorieuse vocation. La racine du mot grec traduit par « vocation » se retrouve dans le mot « Église ». « Église » signifie « appelé hors de ». La vocation, c’est notre appel. La vocation est intimement liée à notre vie d’Église. Notre vocation se vit en Église. Habituons-nous à bien vivre ensemble, parce que nous allons passer l’éternité ensemble.

La patience

Nous avions vu la dernière fois les vertus d’humilité et de douceur. Ce matin, nous allons poursuivre notre étude. Nous verrons la patience à l’œuvre, la solidarité. La patience ne doit pas être comprise comme de la tolérance passive. Par exemple, la patience qui est demandée des parents n’est pas celle où les parents ne reprennent pas leurs enfants. Cette attitude n’est pas de la patience, mais du laxisme, du laisser-aller, de l’irresponsabilité. La patience selon la Bible est plutôt le fait de persévérer dans nos responsabilités, sachant que les résultats ne seront pas instantanés. Les parents doivent ainsi reprendre leurs enfants patiemment, avec persévérance, en sachant que les résultats ne seront pas instantanés. C’est cette attitude dont il est question dans notre texte :

[…] en toute humilité et douceur, avec patience. (Éphésiens 4.2)

Le mot grec comporte même l’idée de persévérer en dépit de la souffrance. Encore une fois, nous pouvons mieux comprendre le mot en nous arrêtant sur son contraire. Le contraire de patience est le laisser-aller, la désolidarisation, le je-m’en-foutisme et le laxisme. La patience est le fait d’endurer une situation en intervenant dans les moyens que Dieu donne.

Par exemple, un frère a une attitude désagréable. Au lieu de l’invectiver, je vais patiemment l’encourager, l’exhorter humblement. Ensuite, je vais prier pour lui. Je vais prendre les moyens spirituels que Dieu me donne pour relever ce frère. Je vais endurer au sens où je vais accepter ce côté désagréable et mon souci sera l’édification de mon frère. C’est la seule façon de l’amener à réaliser son péché et à susciter la repentance. Mon but sera de vivre l’unité avec lui.

Mes interventions vont chercher, non pas à démontrer que j’ai raison, non pas à lui dire ma façon de penser, mais plutôt de chercher à l’aider pour qu’il puisse progresser. Si c’est un frère ou une sœur qui me reprend, je vais aussi être patient. Peut-être ne prendra-t-il pas les meilleurs mots. Nous devons accepter que l’autre ne s’exprime pas toujours de la meilleure façon. Je devrai, patiemment, passer par-dessus ses maladresses et m’intéresser au cœur de son propos. Un autre mot contraire à la patience est évidemment l’impatience. Au lieu de tomber dans le laisser-aller, l’impatience fait qu’on tombe dans la frustration et on réagit durement, avec insensibilité. Au lieu de chercher à aider notre frère ou notre sœur dans sa prise de conscience, on prend une situation et on l’érige en conflit. Chers frères et sœurs, avons-nous considéré combien le Seigneur est patient dans nos vies, combien sa patience fait qu’il ne nous rejette pas malgré nos manquements? Au contraire, le Seigneur est patient, il nous édifie progressivement. La patience du Seigneur fait qu’il nous corrige patiemment, c’est-à-dire sans s’impatienter envers nous. Il sait doser la correction. Son but est de nous redresser et non pas de déverser sa colère. La vérité est que toutes les interventions que le Seigneur fait dans nos vies visent notre sanctification. Frères et sœurs, quelle est notre attitude lorsque quelque chose nous déplaît chez l’autre? Alors que la première question que nous devrions nous poser est : qu’est-ce que nous voulons pour notre frère chez qui quelque chose nous déplaît? Nous devons d’abord nous rappeler que nous sommes tous le déplaisant de quelqu’un d’autre. Il y a probablement quelque chose en chacun de nous qui déplaît à d’autres. Il y a des irritants chez l’autre et il y a des irritants chez moi que les autres endurent patiemment, en réalisant que nous sommes toujours en lutte, en régime d’incarnation. Nous ne sommes pas encore glorifiés et c’est ensemble, dans une sensibilité les uns pour les autres, avec cet objectif d’unité, que nous devons établir nos rapports. La meilleure chose lorsque j’interviens, c’est de me poser la question à savoir ce que le Seigneur veut pour mon frère et pour ma sœur. La réponse est qu’il veut la sanctification et l’édification de mon frère et de ma sœur autant qu’il veut ma sanctification et mon édification. La beauté de la chose, c’est que, non seulement le Seigneur veut la sanctification et l’édification de mon frère et de ma sœur, mais il a voulu que j’aie un rôle dans ce processus. Le Seigneur veut que je participe à la sanctification et à l’édification des autres.

Le Seigneur nous rend participants dans l’œuvre qu’il accomplit dans nos frères et sœurs :

Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience. Supportez-vous les uns les autres avec amour […] (Éphésiens 4.1-2)

Si je me comporte envers mes frères et sœurs avec humilité et douceur, en toute patience, je travaille dans le même sens que le Seigneur travaille. Je participe à l’œuvre du Seigneur. Dit autrement, le Seigneur œuvre dans la vie de mon frère et de ma sœur en m’utilisant, mais si je ne suis pas doux et humble et que je suis impatient, je travaille dans le sens opposé à l’œuvre du Seigneur. Quelle horreur de prendre conscience de cela!

Si l’œuvre du Seigneur est sainte et que je travaille contre l’œuvre du Seigneur, qu’est-ce que je devrais penser de ce que je fais? Le Seigneur nous demande d’être patients, c’est-à-dire persévérants malgré les difficultés, patients envers les autres sachant que nous sommes tous en croissance progressive. La patience vient avec le temps et elle s’apprend par les épreuves.

Un jour, un jeune homme va trouver son pasteur pour lui demander de prier pour lui afin que le Seigneur lui donne la patience. Le pasteur le prend donc dans un coin pour prendre un temps avec lui et prier en fonction de sa requête. Le pasteur dit : « Seigneur, je te prie d’envoyer des épreuves dans la vie de mon frère ». Le jeune homme prend immédiatement le bras de son pasteur pour tenter d’arrêter sa prière et lui dit : « Pasteur, je pense que vous avez mal compris ma requête. Je ne vous ai pas demandé de prier afin que j’aie des épreuves, mais pour que le Seigneur me donne la patience ». Le pasteur lui répond : « Je t’ai bien compris, mais n’as-tu jamais lu Romains 5.3? »

[…] nous nous glorifions dans les tribulations, sachant que la tribulation produit la patience […] (Romains 5.3) (Darby)

Non seulement les épreuves, les tribulations, produisent la patience, mais nous sommes appelés à nous glorifier dans les tribulations. Se glorifier ne signifie pas développer un orgueil malin : il s’agit d’exulter devant l’avantage que nous avons comme chrétiens. Frères et sœurs, nous sommes appelés à marcher d’une manière digne de la vocation qui nous est adressée. Cette vocation inclut la patience. La patience exige l’épreuve pour qu’elle s’installe en nous. C’est au point où nous ne pouvons avoir la patience sans les épreuves qui nous rendent patients. Nous ne pouvons avoir l’opération sans les outils pour la réaliser. Parfois, nous sommes comme celui qui va chez le dentiste et qui veut que le dentiste lui ôte la douleur d’une dent, mais qui dit au dentiste qu’il n’est pas question qu’il joue dans sa bouche. On veut la fin sans les moyens. La patience, frères et sœurs, n’est pas un produit qu’on prend sur une tablette. C’est une œuvre qui demande un travail pénible et éprouvant, mais combien il est bienfaisant!

Cette œuvre, Dieu la fait dans chacun de ses enfants et elle est nécessaire à l’unité.

Se supporter

Paul poursuit son exhortation :

Supportez-vous les uns les autres avec amour, (Éphésiens 4.2)

Se supporter est plus que s’endurer. Se supporter, c’est être un support pour l’autre. Dans notre première Église à Châteauguay, un frère partage un mercredi soir sa difficulté à prier et à lire sa Bible. Un autre frère, Sylvain, va le trouver après la réunion et lui offre de devenir partenaire avec lui dans la prière. Tous les matins, Sylvain téléphonait à ce frère, ils lisaient la Bible ensemble au téléphone et priaient ensemble.

Sylvain a été un support pour son frère : il l’a soutenu, il l’a aidé à se relever, il s’est investi pour édifier son frère. Qu’est-ce qui a amené Sylvain à faire cela? Sylvain a aimé son frère et son amour pour lui faisait en sorte que Sylvain ne pouvait laisser son frère seul dans sa difficulté. Sylvain a supporté son frère avec amour. Frères et sœurs, quelle est notre attitude lorsque nous voyons notre frère ou notre sœur dans ses combats? C’est vrai qu’il a tel défaut, mais moi aussi j’ai mes défauts. Je dois savoir que les défauts de mon frère ou de ma sœur sont probablement aussi ses combats. Si son principal défaut est l’orgueil, probablement qu’il se bat contre l’orgueil. La question que je dois me poser n’est pas si ça me dérange, mais plutôt comment je peux l’aider, l’édifier, participer à sa sanctification.

Ce que je souhaite pour cette personne va déterminer mes actions envers lui. Si je ne souhaite rien de bon pour cette personne, je ne vais pas me préoccuper de sa difficulté. Je risque de la critiquer par en arrière. Je risque de la considérer comme un élément négatif, sans aucun intérêt dans ma vie. Toutefois, si je comprends que le Seigneur nous a placés ensemble pour que nous puissions grandir ensemble, je vais aider mon frère ou ma sœur. Je vais prier pour elle. Toutes mes interventions vont viser son édification. Se supporter, se soutenir implique le renoncement de soi et l’acceptation de certaines douleurs. On imagine le soldat qui aide son ami à marcher à la suite d’une blessure subie sur le champ de bataille. Ça marche difficilement dans la brousse avec un blessé sur l’épaule. Ça marcherait tellement mieux si je n’avais pas cet ami blessé à soutenir.

Je le soutiens parce que je ne veux pas l’abandonner. J’ai le choix de l’enguirlander et lui dire qu’il n’avait qu’à faire attention, qu’il aurait dû se cacher ou je ne sais quoi d’autre. Il est blessé : je le soutiens. Dans l’Église, c’est la même chose. Nous devons nous soutenir les uns les autres, c’est-à-dire aider l’autre à poursuivre la marche lorsqu’il a besoin. Il y a des circonstances que nous traversons et qui exige du renoncement de notre part. Paul prend la peine de préciser la circonstance dans laquelle il se trouvait lorsqu’il écrivit cette épître.

Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée […] (Éphésiens 4.1)

Paul était en prison à cause de l’évangile. La prison à l’époque n’était pas du tout ce que nos prisons modernes sont, surtout au Canada. C’est bien connu que les gens dans les prisons sont mieux traités que nos personnes âgées dans le CHSLD. Ils ont souvent un gymnase, une salle d’entraînement, une piscine, ils mangent très bien, ils ont plusieurs salles de télévision pour pouvoir choisir l’émission qu’ils veulent.

À l’époque, une prison était humide, avait quatre murs et un toit pour cellule. La vermine cohabitait avec les détenus. Même dans ces circonstances pénibles, le souci de Paul n’est pas son confort. Il ne se plaint pas : il est tourné vers les autres. Il veut soutenir ses frères et ses sœurs d’Éphèse. Se soutenir, ça demande du renoncement, de l’abnégation.

Avec amour

Nous ne serons pas surpris de la suite : Paul précise que nous devons nous supporter avec amour. L’amour est la disposition qui vient placer tout le reste sur le bon registre. L’amour est ce qui résume toute la loi de Dieu. L’amour est ce qui accomplit toute la loi de Dieu. Nous allons faire un détour par un texte bien connu. Portez attention aux deux points qui indiquent une énumération :

Mais le fruit de l’Esprit est : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, maîtrise de soi. (Galates 5.22)

Remarquez la ponctuation : « Mais le fruit de l’Esprit est [et là, il y a deux points marquant le début de l’énumération des vertus] ». Comme il n’y a pas de ponctuation dans le grec antique, celle que nous avons constitue le choix des traducteurs. Il y a cependant une autre possibilité qu’un théologien a proposé :

Mais le fruit de l’Esprit est l’amour : joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, maîtrise de soi. (Galates 5.22)

Dans ce sens, ce qui suit les deux points vient montrer comment l’amour s’exprime. Ce qui pousse le théologien à cette proposition, c’est vraiment le contexte.

Car, en Christ-Jésus, ce qui a de la valeur, ce n’est ni la circoncision ni l’incirconcision, mais la foi qui est agissante par l’amour. (Galates 5.6)

Frères, vous avez été appelés à la liberté; seulement ne faites pas de cette liberté un prétexte pour vivre selon la chair, mais par amour, soyez serviteurs les uns des autres. Car toute la loi est accomplie dans une seule parole, celle-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. (Galates 5.13-14)

Nous constatons que l’amour est vraiment ce qui doit motiver notre service, nos relations, nos interventions. C’est ce qui rend probable ce que ce théologien propose. Le fruit de l’Esprit est l’amour. L’amour se voit dans les facettes qui sont énumérées : « joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, maîtrise de soi ». Paul a écrit ce propos unique sur l’amour :

L’amour est patient, l’amour est serviable, il n’est pas envieux; l’amour ne se vante pas, il ne s’enfle pas d’orgueil, il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche pas son intérêt, il ne s’irrite pas, il ne médite pas le mal, il ne se réjouit pas de l’injustice, mais il se réjouit de la vérité; il pardonne tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout. L’amour ne succombe jamais. (1 Corinthiens 13.4-8)

Il y a 19 ans, mon épouse et moi avons vécu une circonstance très difficile et que nous avions trouvée très injuste de la part du pasteur de notre première Église. Cette circonstance nous a plongés dans un tel état que nous avions le goût de ne plus fréquenter d’Église, mais ce qui m’a le plus dégoûté dans tout cela n’a pas été ce que nous avons subi : ça a été de constater comment mon cœur était mauvais, capable d’amertume et même de haine.

J’ai vu mon incapacité à aimer mon frère. C’est comme si cette circonstance avait ouvert une fenêtre de mon cœur où toutes les mauvaises odeurs me révélaient la pourriture qui m’habitait. Ce n’est que là que j’ai compris ce qui se passait, comment j’étais et, surtout, pourquoi le Seigneur avait permis cette épreuve. L’amour est la couronne et la somme de toutes les autres vertus. L’amour est ce qui ne succombera jamais.

Définition

Combien nous devons apprendre à aimer! Avant d’apprendre, nous devons comprendre. Il est important de définir ce qu’est l’amour selon la Bible, parce que nous vivons à une époque où notre société ne comprend pas l’amour comme Dieu le définit. L’amour, s’il comporte un sentiment, n’est pas un sentiment à la base. Si le Seigneur n’avait eu qu’un bon sentiment à notre égard, ça ne nous aurait rien apporté. L’amour est tellement plus. L’amour fait d’abord appel à la volonté. Au point où le Seigneur le commande :

Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres. (Jean 15.17)

L’amour est une disposition favorable que je dois prendre à l’égard de tous mes frères et sœurs et qui me pousse à agir en recherchant constamment sa progression, sa sanctification. Comme je vous ai dit, si Paul exhorte les chrétiens à vivre l’unité et si Paul présente les vertus de l’humilité, la douceur, la patience et l’amour, c’est parce que ces choses ne sont pas naturelles. On ne s’exhorte pas à respirer, on le fait naturellement. On s’exhorte à vivre ce qui n’est pas naturel.

Applications

Maintenant, quelques applications :

Déjà là pas encore

Comme nous l’avons vu, l’unité est d’abord caractéristique de Dieu lui-même : trois personnes en un seul Dieu. Tout ce que Dieu fait est caractérisé par cette unité. Le Seigneur l’établit progressivement, mais c’est en marche. Pour nous, nous sommes déjà appelés à vivre cette réalité entre nous, même si la pleine réalisation sera à la glorification. Lorsque la NASA veut envoyer des astronautes dans un vaisseau, elle va les préparer avant. Ces astronautes vont vivre ensemble ici-bas, ils vont faire des exercices et on va tenter de créer les conditions semblables à celles qu’ils connaîtront dans le vaisseau. Ils devront apprendre à former une équipe ayant un but commun. Il n’y a pas de place pour le chacun-pour-soi. Le but, c’est la mission.

Frères et sœurs, nous sommes appelés à déjà vivre ensemble les réalités du royaume final. Nous sommes appelés à vivre cette unité avec douceur, humilité, patience, soutien mutuel et amour.

Exemple de Jésus

Nous avons en Jésus-Christ le plus bel exemple de ces vertus. Il ne lui en manque pas une.

Prenons exemple sur notre Sauveur. Combien il est patient envers nous! Il nous soutient jour après jour. Il nous aime d’un amour éternel. Il l’a démontré à la croix et il continue de démontrer son amour pour nous.

S’examiner

Finalement, je nous invite à un examen dans nos rapports les uns envers les autres. Lorsque je ne suis pas d’accord, comment je réagis? Le problème n’est pas le désaccord. Le problème, c’est ma réaction.

Comment devrais-je intervenir pour être une bénédiction pour mon frère ou ma sœur?

Daniel Durand, pasteur
18 février 2018

Prédicateur invité

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