L’incrédulité des uns, la foi solide des autres, Jean 18.19-24

Nous revenons ce matin à l’évangile de Jean et nous allons lire au chapitre 18, les versets 19 à 24 qui apparaîtront à l’écran. Ce texte se passe alors que Jésus subit son procès.

Texte biblique

Le souverain sacrificateur interrogea Jésus sur ses disciples et sur son enseignement. Jésus lui répondit : J’ai parlé ouvertement au monde ; j’ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le temple, où tous les Juifs s’assemblent, et je n’ai parlé de rien en secret. Pourquoi m’interroges-tu ? Demande à ceux qui m’ont entendu de quoi je leur ai parlé ; voici qu’ils savent, eux, ce que moi j’ai dit. À ces mots, un des gardes qui se trouvaient là donna une gifle à Jésus, en disant : Est-ce ainsi que tu réponds au souverain sacrificateur ? Jésus lui répondit : Si j’ai mal parlé, prouve ce qu’il y a de mal ; et si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? Alors Anne l’envoya lié à Caïphe, le souverain sacrificateur. (Jean 18.19-24)

Que le Seigneur bénisse sa Parole. Nous allons prier.

Procès injuste

La dernière fois que nous avions vu ces versets, j’avais souligné que le procès de Jésus s’est déroulé dans la plus grande injustice. Les dirigeants religieux ont transgressé à peu près toutes les règles en force à l’époque. Ces règles visaient à assurer des procès les plus équitables possibles. Nous avions lu en Matthieu 26.59 que ces dirigeants ont cherché des faux témoignages contre Jésus, piétinant ainsi et sans aucun scrupule le neuvième commandement de Dieu. De plus, on a mal rapporté les paroles de Jésus. Des faux témoins ont affirmé que Jésus avait menacé de détruire le temple pour le reconstruire en trois jours. Or, Jésus n’avait jamais menacé de détruire le temple. Il avait plutôt dit : « Détruisez ce temple et moi je le rebâtirai en trois jours. »

Les dirigeants ont amené Jésus en procès, ce qui allait à l’encontre des règles à l’époque. Toujours pour assurer des procès les plus équitables possibles, la règle visait à ce que les participants soient le plus en forme possible. Faire durer un procès en pleine nuit n’offre pas la meilleure disposition. Aussi, le procès en plein jour exprimait également qu’on voulait que la vérité paraisse à la lumière. Il y avait du symbolisme, mais c’était une règle en force que les dirigeants ont bafouée. De nos jours, ceux qui attaquent le christianisme ne peuvent présenter que de faux témoignages. Ils peuvent critiquer l’Église, elle est imparfaite; mais le christianisme, la Bible, ça, c’est inattaquable. Caïphe, le souverain sacrificateur à l’époque, c’est-à-dire le plus haut serviteur du temple de Jérusalem, pose une question à Jésus :

Le souverain sacrificateur lui dit : Je t’adjure par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. (Matthieu 26.63)

Caïphe va utiliser la forme la plus solennelle de serment en Israël : « Je t’adjure par le Dieu vivant […] » Le gars vient de bafouer toutes les règles judiciaires en force, il vient de transgresser la loi éternelle de Dieu, il rejette toutes les évidences de la messianité de Jésus, principalement les miracles, et là, il veut prendre Dieu à témoin. Comment un homme peut-il agir ainsi ? Frères et sœurs, ne sous-estimons jamais ce qu’un cœur pécheur peut faire. Le cœur de l’homme est tordu par-dessus tout. Chaque jour, son cœur ne conçoit que de mauvaises pensées. Jésus n’était pas obligé de répondre. Comme je vous l’avais dit dans une prédication précédente, un accusé n’était pas obligé de témoigner contre lui, mais Jésus répond. Il va même beaucoup plus loin qu’un oui :

Jésus lui répondit : Tu l’as dit. De plus je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l’homme assis à la droite du Tout-Puissant et venant sur les nuées du ciel. (Matthieu 26.64)

Ce que Jésus dit vient en fait du prophète Daniel qui annonce la venue du Fils de l’homme. L’expression renferme les notions de messie, de Fils de Dieu, de Roi sur tout l’univers, de Dieu lui-même. Ce titre, Fils de l’homme, est très chargé théologiquement. Ceux qui veulent voir davantage, c’est dans Daniel 7 que ça se trouve. La question de Caïphe est pensée. Si Caïphe avait simplement demandé à Jésus s’il était le messie, la réponse affirmative de Jésus ne lui aurait pas valu la peine de mort.

De même, si Caïphe avait simplement demandé à Jésus s’il est fils de Dieu, la réponse affirmative de Jésus ne lui aurait pas valu la peine de mort, parce que l’expression dans l’Ancien Testament peut avoir un sens plus faible. Elle est utilisée pour des anges (Job 1.6) ou encore pour des hommes (Psaumes 29.1). Là, Caïphe combine les deux expressions et, en associant les expressions « Christ », ce qui signifie « messie », et « Fils de Dieu », les deux ensemble ne peuvent se comprendre que dans la divinité de Jésus. Dans certains passages prophétiques de l’Ancien Testament, il est clair que le messie qui allait venir était de nature divine :

Les rois de la terre se dressent et les princes se liguent ensemble contre l’Éternel et contre son messie : (Psaumes 2.2)

C’est moi qui ai sacré mon roi sur Sion, ma montagne sainte ! (Psaumes 2.6)

Là, la deuxième expression utilisée par Caïphe, c’est « Fils de Dieu ». Juste cette expression ne dirait pas tellement sur la nature de Jésus. La raison est que cette expression était utilisée dans un sens plus large. Par exemple, dans Genèse 6.2 :

[…] les fils de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles, et ils en prirent pour femmes parmi toutes celles qu’ils choisirent. (Genèse 6.2)

Il y a des débats sur qui sont ces fils de Dieu, mais ce qui est certain, c’est que ce titre n’a pas du tout la même signification que pour Jésus qui est le Fils de Dieu. Quand Satan a voulu s’en prendre à Job, il est dit en Job 1.6 :

[…] les fils de Dieu vinrent un jour se présenter devant l’Eternel, et Satan vint aussi au milieu d’eux. (Job 1.6)

Ici, les commentateurs sont unanimes pour voir des anges derrière ce titre. Ici, ce sont des anges déchus, c’est-à-dire des démons. Donc, juste le titre « Fils de Dieu », il n’y avait rien que Caïphe aurait pu exploiter contre Jésus, mais ce titre associé à celui de Christ, c’est-à-dire celui qui a reçu l’onction, n’a plus d’hésitation. La question de Caïphe lui permet de vraiment cerner la pensée de Jésus.

Jésus ne se dit pas un messie humain, ni fils de Dieu au sens général chez les Juifs. Jésus est Dieu, envoyé comme le messie. D’ailleurs, c’est ce que nous voyons dans la suite du psaume 2, dont nous avons lu le verset 6 tantôt :

Je publierai le décret de l’Éternel ; il m’a dit : Tu es mon fils ! C’est moi qui t’ai engendré aujourd’hui. (Psaumes 2.7)

Ce qui s’est passé au procès de Jésus devient en quelque sorte un modèle réduit de tout ce qui se passe dans ce monde-ci. Les gens se permettent de juger Dieu. Comme je l’ai dit plus tôt, les gens jugent le christianisme, mais pour le juger, ils ont recours à de faux témoins : ils vont tordre les paroles de la Bible. Il y a quelques années, j’ai entendu un chroniqueur à la radio de Radio-Canada. Il disait que les chrétiens qui dénoncent l’homosexualité se trouvent à rejeter la Bible, puisque la Bible nous dit de nous aimer les uns les autres. Il a commencé par tordre ce qu’est l’amour que Dieu demande et il a porté ensuite son jugement contre les chrétiens. Frères et sœurs, ne nous laissons pas ébranler par les jugements gratuits des non chrétiens. Ils jugent sans reconnaître de normes pour juger. Ils rejettent ce qu’ils ne connaissent pas. Remarquez le nombre de non chrétiens qui condamnent la Bible sans l’avoir lue. Tout comme ce qui s’est passé au procès de Jésus, la justice des hommes est un cirque où l’injustice règne. Je ne dis pas qu’il n’y a plus aucune trace de la justice de Dieu dans ce monde. Il y a des criminels qui sont condamnés et c’est bien ainsi, mais globalement, les lois sont de plus en plus tordues. On emprisonne des meurtriers et on subventionne les avortements. On condamne ceux qui vendent de la drogue et le gouvernement en vend depuis un an. Globalement, la justice ne règne pas dans ce monde, parce que l’homme est foncièrement injuste : il rejette Dieu, il rejette sa loi, il rejette sa justice. Le péché de l’homme fait qu’il n’y a aucune justice en lui, ce qui a fait dire à quelqu’un que crier pour la justice dans ce monde, c’est aussi fou que d’espérer trouver de la glace au Sahara.

Dans le cas de ce qui a mené au procès de Jésus, nous avions vu que les dirigeants ont bafoué pratiquement toutes les règles en vigueur. Ces règles visaient à ce que les procès soient les plus équitables, les plus justes possibles. Les dirigeants ont arrêté Jésus en pleine nuit : c’était illégal. Les dirigeants ont arrêté Jésus par l’intermédiaire d’un traitre : c’était illégal.

Les dirigeants ont arrêté Jésus sans avoir d’accusations déposées contre Jésus : c’était illégal. Les autres membres du Sanhédrin, en prenant connaissance de ces choses, auraient dû acquitter Jésus et entreprendre des mesures disciplinaires contre Caïphe et ses complices. Au contraire, les autres membres du Sanhédrin sont devenus les complices. Ils semblent avoir agi unanimement, puisque nous n’entendons pas parler de dissension au sein du groupe. Nous avons ici un principe important : la majorité n’a pas toujours raison, même chez ceux qui disent servir le Seigneur. Lorsque Moïse a envoyé douze espions en Canaan pour voir comment était le pays, seul Josué et Caleb ont vu les choses avec foi. Sur douze hommes, dix sont revenus en annonçant la destruction du peuple de Dieu en raison de la stature et de l’expérience militaire des Cananéens. 83% des espions n’ont pas considéré les événements selon la pensée de Dieu. Ils n’ont regardé que d’un point de vue humain. En fait, la vérité se trouve toujours dans la Parole de Dieu : marcher dans la vérité, c’est marcher en conformité avec la Parole de Dieu.

Monde injuste

En ce qui concerne le monde, la pensée du monde, ce que la Bible désigne aussi comme le siècle présent, il n’y a aucune justice profonde. Ce que Jésus a subi, nous le subissons comme chrétiens. Certes dans une mesure différente, mais c’est dans la même foulée. Il est impossible que des hommes injustes agissent parfaitement selon la justice de Dieu. La société peut évidemment rendre des jugements légitimes. Quand un juge condamne un meurtrier, il a raison. Cependant, ce même juge, à moins qu’il soit chrétien, n’accordera pas la valeur que l’être humain a devant Dieu. Le meurtre est très grave, parce qu’on a ôté la vie à un être humain créé à l’image de Dieu. C’est bien connu : les peines sont de plus en plus légères.

L’arrestation

Le procès de Jésus est comme un échantillon de tout ce qui se passe dans ce monde, en particulier de la manière dont on traite la personne et l’œuvre de Jésus. Autrement dit, le christianisme biblique subit les mêmes injustices que celles que Jésus a subies. Nous avions vu quelques éléments où les dirigeants juifs ont transgressé la loi qui était en force à l’époque. L’arrestation a eu lieu en pleine nuit alors que c’était illégal.

L’arrestation s’est faite en utilisant un traitre alors que c’était illégal. Ce principe venait de Lévitique 19.16 :

Tu n’iras pas calomnier ceux de ton peuple. Tu ne réclameras pas injustement la mort de ton prochain. Je suis l’Éternel. (Lévitique 19.16)

Cette loi était peut-être pour éviter les vengeances personnelles. De plus, puisque Judas a suivi Jésus durant trois ans, qu’il a œuvré comme les autres apôtres, évangélisant et guérissant les malades, si Judas dénonce Jésus, Judas se dénonce lui-même, puisqu’il a participé à tout. De nos jours, dans plusieurs pays, un délateur peut témoigner contre ces anciens complices. La délation peut aider dans une enquête. Un délateur peut témoigner contre ces anciens complices.

Dans plusieurs pays, son témoignage ne sera retenu que s’il est corroboré par d’autres témoins ou des faits qui viennent appuyer. À l’époque, au sein de la nation juive, ce genre de témoignage était irrecevable. Troisièmement, l’arrestation s’est faite sans que des accusations formelles n’aient été déposées à ce moment-là, ce qui était illégal. Judas a livré Jésus et est parti. On ne le voit jamais au cours du procès. Judas n’a jamais pris le rôle de témoin. Ce ne fut qu’un traître. Le non respect de ces règles auraient dû mener immédiatement à l’acquittement de Jésus.

Défense du prisonnier

En plus, il y a tout l’aspect de la défense de Jésus qui n’a jamais été pris en considération. Admettons, pour un instant, que tout ce qui a été fait jusqu’à maintenant avait été légal, c’est-à-dire :

  • L’arrestation en pleine nuit;
  • La trahison par un délateur;
  • Une accusation portée avant l’arrestation.

Imaginons que tout cela ait été légal à l’époque. Est-ce que le procès aurait été juste? La réponse est non, parce qu’on n’a pas posé des questions qui auraient dû être posées. Nous avions vu que Jésus a dit :

Jésus garda le silence. Et le souverain sacrificateur lui dit : Je t’adjure par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus lui répondit : Tu l’as dit. De plus je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l’homme assis à la droite du Tout-Puissant et venant sur les nuées du ciel. (Matthieu 26.63-64)

Ce qui est dit ici vient du livre de Daniel qui, dans un texte prophétique, annonce la venue du messie. De deux choses, l’une : soit que Jésus mente, soit qu’il dise la vérité. Quelle aurait dû être la réaction des dirigeants juifs? Les dirigeants juifs ont rejeté du revers de la main ce que Jésus leur a dit. La bonne réaction aurait été de développer, d’aller plus loin, d’examiner davantage, de questionner. Quelles sont les questions que les dirigeants juifs auraient dû poser s’ils avaient été bien intentionnés et s’ils avaient eu le souci de la vérité? Je pense que ces dirigeants auraient dû demander à Jésus d’appuyer son propos par les Écritures. Rappelons-nous que ces dirigeants étaient des dirigeants religieux, membres du peuple juif, peuple de l’ancienne alliance. Quand on y pense, notre Dieu a tout préparé afin que nous puissions reconnaître en Jésus-Christ le messie. D’autres sont venus avec des prétentions. Ceux qui ont fondé des religions comme le mormonisme ou l’islam font reposer toutes leurs prétentions sur leur seule parole, mais pour Jésus, ce n’est pas ce qui s’est passé.

Les prophéties

Pensons à toutes les prophéties messianiques qui correspondent parfaitement au ministère de Jésus.

C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, voici que la jeune fille est enceinte, elle enfantera un fils et lui donnera le nom d’Emmanuel. (Ésaïe 7.14)

Le mot original, traduit par « jeune fille », peut signifier « vierge ». À l’époque, une jeune fille était vierge. Les dirigeants juifs n’ont jamais questionné les parents de Jésus pour s’enquérir de ce point. Ils auraient pu également questionner les parents de Jean-Baptiste, c’est-à-dire Zacharie et Élisabeth. Zacharie était lui-même sacrificateur au temple de Jérusalem. Un ange lui est apparu pour lui annoncer que sa femme, jusque là stérile, allait enfanter. Cet ange avait annoncé à Zacharie, et nous lisons en Luc 1.17, en parlant du fils que Zacharie allait avoir, c’est-à-dire Jean-Baptiste :

Il marchera devant lui avec l’esprit et la puissance d’Élie pour ramener le cœur des pères vers les enfants, et les rebelles à la sagesse des justes, et pour préparer au Seigneur un peuple bien disposé. (Luc 1.17)

Quand Zacharie est sorti du temple, la foule a vite compris qu’il avait eu une vision et, comme Zacharie était sacrificateur, il jouissait certainement d’une crédibilité auprès de ses pairs. Pourtant, les autres sacrificateurs n’ont eu aucun intérêt pour la vérité. S’ils avaient écouté Zacharie, en particulier ce que l’ange lui avait dit, ils auraient compris que la venue du messie était imminente. Le verset 17 confirme des prophéties de l’Ancien Testament :

[…] pour ramener le cœur des pères vers les enfants […] (Luc 1.17)

C’est la prophétie que nous retrouvons en Malachie 3.24 :

Il ramènera le cœur des pères à leurs fils Et le cœur des fils à leurs pères […] (Malachie 3.24)

La fin de Luc 1.17 dit :

[…] pour préparer au Seigneur un peuple bien disposé. (Luc 1.17)

C’est la prophétie d’Ésaïe 40.3 :

Une voix crie dans le désert : Ouvrez le chemin de l’Éternel, nivelez dans la steppe une route pour notre Dieu. (Ésaïe 40.3)

Pendant très longtemps, quand un roi devait visiter une contrée lointaine, on envoyait des ouvriers pour ouvrir le chemin, pour préparer le chemin. Par exemple, s’il y avait des arbres tombés, on les retirait. On préparait le chemin du roi. Pour le messie, le chemin était celui du cœur : il y avait des obstacles et Jean-Baptiste fut envoyé pour préparer le chemin du Seigneur par son message de repentance.

Les dirigeants religieux, s’ils avaient été bien intentionnés et s’ils avaient recherché la vérité, se devaient de tenir compte de ce qui s’est passé au temple avec Zacharie, un des leurs, un sacrificateur. D’autant plus que la foule a reconnu que Zacharie avait eu une vision venant du Seigneur.

Hérode

Quelques mois plus tard, et c’est le comble, c’est Hérode. Rappelez-vous ce que Hérode fit lorsque les mages venus d’Orient sont entrés à Jérusalem :

Hérode assembla tous les principaux sacrificateurs et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui dirent : À Bethléhem en Judée, car voici ce qui a été écrit par le prophète : Et toi, Bethléhem, terre de Juda, tu n’es certes pas la moindre parmi les principales villes de Juda ; car de toi sortira un prince, qui fera paître Israël, mon peuple. (Matthieu 2.4-6)

C’est complètement fou : autant Hérode que les dirigeants juifs consultent les Écritures et ils croient ce qu’elles disent. La preuve :

Puis Hérode envoya les mages à Bethléhem, en disant : Allez, et prenez des informations précises sur le petit enfant ; quand vous l’aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que j’aille moi aussi l’adorer. (Matthieu 2.8)

Hérode apprend par les Écritures que le messie devait naître à Bethléem et il y croit tellement qu’il envoie les mages dans ce petit village. Comment un homme peut-il croire ce que disent les Écritures tout en rejetant celui que les Écritures annoncent? Ça prenait une dose de foi pour croire ce que disent les Écritures. En fait, les hommes sont supersticieux. Ils peuvent croire quelque chose tout en reniant la substance.

Dieu a créé l’homme avec une spiritualité. Ce n’est pas l’homme qui se crée une spiritualité : ça fait partie de sa nature. Par contre, les hommes déchus canalisent leur spiritualité ailleurs qu’en Dieu. Ils sont donc capables de croire à la fois des choses, sans que ce soit une foi à salut, et en même temps renier la vérité. L’homme sans Dieu est dans de grandes contradictions : Caïphe et presque tous les dirigeants religieux juifs de l’époque en sont autant d’exemples. J’aurais pu développer la prophétie que Jésus est entré à Jérusalem sur un ânon, ou encore les miracles impressionnants que Jésus a faits. Qu’on pense à tous ces infirmes que Jésus a guéris ou à la multiplication des pains et des poissons, qu’on pense à la tempête apaisée ou à la résurrection de Lazare, toutes ces choses ont été d’aucun intérêt pour ceux dont le cœur n’est pas transformé par Dieu.

La doctrine

Ajoutons à cela la doctrine dans l’Ancien Testament. Tout l’Ancien Testament annonçait la venue du messie. Dans ces annonces, il y avait l’incarnation du Fils de Dieu. En 2 Samuel 7, nous découvrons aux versets 11 à 13 :

Et comme à l’époque où j’avais établi des juges sur mon peuple d’Israël. Je t’ai accordé du repos en te délivrant de tous tes ennemis. L’Éternel t’annonce qu’il te fera une Maison. (2 Samuel 7.11)

Ici, le Seigneur annonce que c’est l’Éternel lui-même qui bâtira la maison, le temple. Ensuite, le Seigneur informe David que ce sera un de ses descendants qui bâtira la maison.

Quand tes jours seront accomplis et que tu seras couché avec tes pères, je maintiendrai ta descendance après toi, celui qui sera sorti de tes entrailles, et j’affermirai son règne. Ce sera lui qui bâtira une Maison à mon nom, et j’affermirai pour toujours son trône royal. (2 Samuel 7.11-13)

Comment ça peut être Dieu lui-même tout en étant un descendant de David? Seul l’incarnation du Fils de Dieu explique cela. Quand les dirigeants juifs se scandalisent que Jésus s’affiche comme étant Dieu, ils n’auraient pas dû être surpris : au contraire, ils auraient dû s’attendre à ce que le messie promis vienne, puisque son précurseur, Jean-Baptiste, est venu. Ils auraient dû s’attendre à ce que ce messie soit Dieu lui-même.

Applications

En conclusion, je vous propose les applications suivantes.

Toutes les preuves réunies ne convainquent pas

La première application, c’est que nous ne devons pas nous illusionner dans notre évangélisation. Toutes les preuves réunies ne convaincront jamais un cœur non régénéré. Il doit y avoir une œuvre déterminante faite par Dieu dans le cœur de l’homme et Dieu le fait dans le cœur de tous ceux qu’il s’est choisis.

S’instruire pour évangéliser

La deuxième application, c’est l’importance pour nous de s’instruire dans la Bible : si le Seigneur a mis toutes ces prophéties, s’il a tout préparé pour la venue du messie, c’est afin que notre foi ne soit pas sans assise. Joseph Smith a fondé le mormonisme, ce qu’on appelle « les saints des derniers jours ». Qu’est-ce qui nous dit que Joseph Smith n’est pas crédible? Le mot crédible signifie « ce qui est digne d’être cru ». La réalité, c’est que Dieu n’a jamais préparé la venue de Joseph Smith, aucune prophétie quant à sa naissance, son ministère, etc. Rien. Silence total. Même chose avec Mahomet, qui fonda la religion musulmane. Le Seigneur a voulu que notre foi en Jésus-Christ jouisse du solide fondement de la Parole de Dieu depuis la Genèse. Nous devons donc nous instruire de ces choses pour que notre foi soit affermie et pour que notre évangélisation soit plus solide, parce qu’il y a des gens qui vont nous demander pourquoi le christianisme et pas l’Islam. Frères et sœurs, notre foi a besoin d’être nourrie, d’être constamment solidifiée. Plus nous découvrirons la cohérence des Écritures qui pointent toutes vers Jésus-Christ, plus nous désirerons approfondir notre Bible. Nous avons dans ce livre les trésors les plus précieux, la nourriture la plus soutenante, la direction la plus sage. Nous avons en Jésus-Christ le seul Sauveur efficace, le Berger le plus attentionné.

Nous allons prier.

Daniel Durand, pasteur
1e décembre 2019

Prédicateur invité

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