Les fruits d’une grande amitié, Jean 15.13-17

« [L]e Seigneur a fait de nous ses amis, sans que ce soit d’égal à égal. On ne fait pas de top-là au Seigneur ni de give me five. Il demeure le Seigneur, mais il a fait de nous ses amis. Il nous a fait connaître ses voies. Il nous greffe au Fils, sa Vigne. Il nous fait porter du fruit, plus de fruits, beaucoup de fruits, un fruit qui demeure et ce fruit nous permet d’être une bénédiction pour les autres. Nous pouvons les présenter au trône de la grâce et il répondra. Il l’a promis. »

 

Introduction

Dans les derniers mois, nous sommes entrés dans les derniers moments de Jésus avec ses disciples. Au début du chapitre 13 (Jean 13), il y a le lavement des pieds. Ensuite, Jésus débusque Judas, qui quitte le cercle apostolique. Son départ ouvre la porte à une discussion que Jésus voulait avoir en privé avec ses vrais disciples. Au chapitre 15 (Jean 15), Jésus traite de la nécessité d’être uni à lui, le seul vrai cep, afin de porter du fruit.

Texte biblique

Nous lirons, au chapitre 15, les versets 13 à 17 :

Il n’y a pour personne de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître. Je vous ai appelés amis, parce que tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi, je vous ai choisis et je vous ai établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, pour que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres. (Jean 15.13-17)

Exposé

La semaine passée, nous avons vu avec le verset 13 (Jean 15.13) que l’amitié que Jésus a démontrée est à un niveau infiniment plus élevé que les amitiés que nous pouvons avoir dans nos relations humaines. Dans les versets 15 à 17 (Jean 15.15-17), Jésus continue son exposé sur l’amitié. C’est plutôt exceptionnel que le Seigneur se présente en déclarant son amitié. La plupart du temps, dans les Écritures, le Seigneur se présente comme le Créateur de toutes choses, comme le juge, comme le Dieu de l’alliance, comme un Père, comme un berger. Ces titres sont courants : qu’il se présente comme ami, c’est plutôt rare. En fait, nous retrouvons cela avec Abraham :

N’est-ce pas toi, notre Dieu, qui as dépossédé les habitants de ce pays devant ton peuple d’Israël, et qui l’as donné pour toujours à la descendance d’Abraham, ton ami ? (2 Chroniques 20.7)

Le prophète Ésaïe souligne cette amitié entre Dieu et Abraham.

Mais toi, Israël, mon serviteur, Jacob, que j’ai choisi, race d’Abraham, mon ami ! (Ésaïe 41.8)

L’apôtre Jacques explique cette amitié ainsi :

Ainsi s’accomplit ce que dit l’Écriture : Abraham crut à Dieu, et cela lui fut compté comme justice ; et il fut appelé ami de Dieu. (Jacques 2.23)

Cette amitié se voyait de plusieurs façons, évidemment toutes les réalités du salut sont concernées, et l’une d’elles, c’est que Dieu communiquait avec Abraham :

Or l’Éternel avait dit : Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire ? (Genèse 18.17)

Le contexte de ce verset est lorsque le Seigneur a décidé de juger les villes de Sodome et Gomorrhe. Par amitié pour Abraham, le Seigneur l’a informé de son intention de condamner ces deux villes dont le péché était manifeste. Par amitié pour Abraham, le Seigneur lui a donné l’occasion d’intercéder pour ces villes et de voir son neveu Lot échapper au jugement de Dieu. Dans l’amitié, la communication est essentielle. On ne concevrait pas deux amis qui ne se parlent pas. Si un chrétien dit aimer son frère, mais ne veut pas lui parler ou se limite à le saluer, ce n’est pas l’amour de Dieu. Ce n’est qu’une convention sociale. Nous devons nous aimer les uns les autres. Nous devons nous parler, nous exhorter, s’enquérir de comment va l’autre. C’est mon frère, c’est ma sœur.

L’initiative de Dieu

Ce que Jésus dit sur l’amitié à ses disciples est tout de même surprenant. Lorsque deux personnes se rencontrent, il y a trois possibilités : soit que chacun soit complètement indifférent à l’autre; soit qu’un est intéressé par l’autre sans que ce soit réciproque. Dans ces deux premiers cas, il ne peut y avoir d’amitié. C’est la troisième possibilité qui permet l’amitié, c’est-à-dire lorsque que chacun est intéressé par l’autre. Dans les relations humaines, l’amitié ne peut être le choix d’un seul. Mais avec le Seigneur, les choses sont différentes. L’histoire d’Abraham nous montre que l’amitié avec Dieu est l’initiative de Dieu. Dans Genèse 12, nous voyons que c’est Dieu qui a appelé Abraham à quitter son pays pour lui donner en héritage la terre promise. Ne pensons pas que c’est parce qu’Abraham s’était montré sympathique au Seigneur. Abraham était un païen lorsque Dieu l’a appelé.

Josué dit à tout le peuple : Ainsi parle l’Éternel, le Dieu d’Israël : Vos pères, Térah, père d’Abraham et père de Nahor, habitaient depuis toujours de l’autre coté du fleuve et ils rendaient un culte à d’autres dieux. (Josué 24.2)

C’est Dieu qui a pris l’initiative pour que la relation d’amitié avec Abraham s’établisse. C’est exactement ce que Jésus dit à ses disciples dans le texte que nous avons lu.

Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi, je vous ai choisis […] (Jean 15.16)

Jésus avait dit quelque chose de semblable au chapitre 6 :

Jésus leur répondit : N’est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les douze ? Et l’un de vous est un démon ! (Jean 6.70)

Ici, il est clair que Jésus ne parle pas du choix pour le salut, mais du choix pour faire partie du cercle apostolique. Judas en faisait partie, mais dans Jean 15, alors que Jésus avait débusqué Judas et que celui-ci avait quitté, ce n’est qu’à ce moment-là que Jésus dit aux onze apôtres :

Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi, je vous ai choisis […] (Jean 15.16)

Ici, il est clair que Jésus parle de l’élection, à cause de la suite du verset 16 :

Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi, je vous ai choisis et je vous ai établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, pour que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. (Jean 15.16)

Cela, Jésus ne l’avait pas dit à Judas : ce dernier n’a jamais porté de fruit, encore moins un fruit qui demeure. Les onze apôtres, comme tous les vrais chrétiens, portent un fruit qui demeure. Dans le cas d’Abraham, c’est Dieu qui a pris l’initiative pour établir l’amitié. Dans le cas des apôtres, c’est aussi Dieu qui a pris l’initiative et, dans notre cas, c’est encore Dieu.  La Bible dit que nous étions ennemis de Dieu. Nous n’étions pas des amis. Nous n’étions pas non plus des personnes sans aucun rapport avec Dieu : nous étions ses ennemis. Le Seigneur a pris l’initiative afin d’établir avec nous une relation d’amitié éternelle.  Comme le Seigneur a appelé Abraham à quitter son pays païen pour se rendre en Terre Promise et comme le Christ a appelé ses disciples afin qu’ils portent du fruit, le Seigneur nous a appelés, il nous a sortis de notre vie païenne et il nous a greffés à sa vigne pour que nous portions du fruit. J’ai la forte impression que si Jésus dit à ses disciples que ce n’est pas eux qui l’ont choisi, mais lui qui les a choisis, c’est parce que les disciples avaient l’impression que c’était vraiment eux qui avaient choisi le Christ. Après tout, dans Jean 1, on voit que ce sont les disciples qui se sont dirigés vers le Chris et, pourtant, Jésus leur dit que ce n’est pas eux qui ont choisi le Christ, mais le Christ qui les a choisis. Dans notre expérience, il se peut que nous ayons la même impression :

  • « J’ai cherché le Seigneur moi-même »;
  • « J’ai décidé de croire »;
  • « J’ai ouvert ma Bible moi-même »;
  • « J’ai décidé d’aller à l’Église, de me faire baptiser »;
  • Etc.

Le Seigneur nous dit pourtant que c’est lui qui nous a choisis et non le contraire : il nous a donné la foi; il nous a donné la soif des Écritures; il nous a conduits vers sa famille, une Église locale; il nous a convaincus de se faire baptiser, etc. Si nous doutons de cette vérité, c’est peut-être parce que nous ne sommes pas assez conscients de notre dépravation. Notre péché ne consistait pas seulement à aimer des choses mauvaises : notre péché consistait à détester les choses de Dieu, à les rejeter. Nous n’avions pas l’amour de la vérité, mais l’amour du mensonge. Nous préférions les ténèbres à la lumière, parce que nos œuvres étaient mauvaises. Nous ne recherchions pas Dieu, puisque la Bible nous dit que nul ne cherche Dieu.

Nous étions très loin de tenter de tisser une relation amicale avec le Seigneur. Il a fallu que le Seigneur fasse tout pour établir cette relation : il a traité lui-même notre péché; il nous a donné son Esprit; il nous sanctifie; il nous fait les plus grandes promesses. En fait, si le Seigneur n’avait pas pris l’initiative afin que nous soyons ses amis, nous ne l’aurions jamais choisi comme ami. Nous découvrons avec les Écritures que les démarches que nous avons faites qui nous ont conduits dans la vie chrétienne étaient, en fait, une œuvre du Saint-Esprit en nous. Si j’ai cherché Dieu, c’est parce que le Seigneur opérait déjà une œuvre en moi pour m’attirer à Jésus-Christ. Ce qui m’impressionne dans tout cela, c’est que le Seigneur a établi une amitié avec moi alors que je m’opposais à lui. J’étais son ennemi. Imaginez la personne qui vous a fait les pires choses, une personne qui a agi envers vous comme un véritable ennemi, qui a cherché à vous détruire.

Imaginez maintenant que cette même personne ait besoin d’un rein et que vous lui offriez un de vos deux reins afin qu’elle vive. En plus, vous payez pour son intervention chirurgicale, vous payez pour sa convalescence. Ce que Jésus a fait pour nous ressemble à ça : nous étions ses ennemis et il a donné sa vie pour nous :

Car, lorsque nous étions encore sans force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies. (Romains 5.6)

Jésus n’est pas mort pour des personnes sympathiques : il est mort pour nous, ses ennemis, pas appelés « serviteurs ».

Au verset 15, Jésus oppose la relation d’amitié à celle de serviteur, non pas que nous ne sommes pas appelés à servir le Christ. C’est plutôt que notre relation à Dieu ne se résume pas à celle de serviteur, comme un diacre dans une Église est appelé à servir, mais il n’est pas qu’un simple serviteur. Il est un frère bien-aimé, une colonne dans l’Église.

Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître. Je vous ai appelés amis, parce que tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître. (Jean 15.15)

Nous retrouvons ici la même idée qu’avec Abraham de qui le Seigneur avait dit :

Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire ? (Genèse 18.17)

Nous ne sommes pas que des serviteurs : nous sommes les amis du Seigneur, comme le Seigneur avait informé Abraham, comme Jésus dit à ses disciples :

Je vous ai appelé amis, parce que tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître. (Jean 15.15)

De la même façon, le Seigneur nous appelle ses amis, parce qu’il nous informe de son plan. Par la Parole de Dieu, nous recevons la même instruction que les apôtres. Il n’est pas question ici d’une simple information ou d’un ensemble de notions. C’est beaucoup plus que cela. Jésus dit que tout ce qu’il a appris de son Père, il leur a fait connaître. Cette connaissance passe par l’action du Saint-Esprit. Un homme avec une Bible, c’est insuffisant.

Il faut l’action du Saint-Esprit afin que cette Parole prenne place dans les pensées et les cœurs. C’est le Saint-Esprit qui écrit sa loi dans nos cœurs. C’est l’Esprit qui a rappelé aux apôtres tout ce qu’ils avaient entendu du Christ et qui le leur a fait comprendre ces vérités. La Bible seule, c’est un livre entre nos mains, un livre unique, mais un livre impuissant en lui-même. Toutefois, lorsque l’Esprit applique sa Parole à nos cœurs et à nos pensées, c’est la vie qui s’installe. C’est la lumière qui jaillit. Je peux vous dire que lorsque je comprends une vérité de l’Écriture que je n’avais pas saisie, que ce soit en lisant un livre ou en écoutant un enseignement, je sais que c’est l’œuvre de l’Esprit. Sans tomber dans le mysticisme, il y a quelque chose qui se passe. Le Saint-Esprit œuvre par sa Parole, de sorte que, même si Jésus s’est adressé d’abord aux onze apôtres en leur communiquant ce que son Père lui avait appris, nous devons croire que nous bénéficions de la même amitié qu’eux.

La raison est que l’Esprit nous communique ces mêmes vérités que nous avons dans la Parole de Dieu. Nous ne sommes pas de simples serviteurs : nous sommes informés, instruits par le Seigneur. Nous sommes ses amis et nous devons voir cette œuvre de Dieu en nous, c’est-à-dire celle qui consiste à nous éclairer sur la vérité, à ouvrir nos intelligences afin que nous comprenions la révélation, cette œuvre du Saint-Esprit en nous qui est faite par profonde amitié de Dieu pour nous.

Il commande

Une autre difficulté sur l’amitié, c’est que cette déclaration d’amitié est jointe à un commandement :

Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres. (Jean 15.17)

Dans nos relations humaines, nous n’accepterions pas que quelqu’un qui prétend être notre ami nous commande quelque chose. La réponse, c’est que nos amitiés sociales unissent des personnes égales. Cependant, avec le Seigneur, il s’agit d’une amitié entre des hommes pécheurs et un Dieu trois fois saint, entre des êtres créés et le grand Dieu créateur, entre des êtres d’une faiblesse évidente et le Tout-Puissant qui règne sur tout l’univers pour la durée des temps. Nous devons écarter toute comparaison de l’amitié du Christ avec celles que nous expérimentons dans la société. En se faisant notre ami, le Seigneur n’a pas déposé sa couronne. Il demeure Dieu et c’est à ce titre qu’il s’est fait notre ami. Un roi qui se fait ami avec un citoyen ordinaire ne renonce pas à son autorité pour autant. En même temps, son amitié peut être très sincère et très valable.

Les intentions de Dieu

Les versets que nous avons lus montrent l’intention de Dieu lorsqu’il fait de nous ses amis. C’est afin que nous portions du fruit et aussi que nous puissions lui demander ce dont nous avons besoin :

Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi, je vous ai choisis et je vous ai établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, pour que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. (Jean 15.16)

Porter du fruit

C’est par amitié que le Seigneur nous fait porter du fruit. Nous avions vu, il y a quelques semaines, que le fruit, c’est l’amour, l’amour qui se voit dans ses diverses facettes : la joie, la patience, la bonté, la fidélité, etc. Nous avions vu aussi qu’il y a les fruits du fruit, c’est-à-dire que le fruit que nous portons va produire du fruit, comme le pommier produit des pommes qui produiront d’autres pommiers qui, eux, donneront d’autres pommes. Le chapitre 15 développe cette notion :

[…] tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, [littéralement, il le purifie], afin qu’il porte encore plus de fruit. (Jean 15.2)

Ce fruit se développe par le ministère de la Parole.

Déjà, vous êtes émondés, à cause de la parole que je vous ai annoncée. (Jean 15.3)

Ce fruit nous amène donc au ministère du Saint-Esprit dans le croyant, mais on sent que le Seigneur veut davantage :

[…] Celui qui demeure en moi, comme moi en lui, porte beaucoup de fruit. (Jean 15.5)

On constate que le Seigneur a en tête une multiplication de fruits :

Mon Père est glorifié en ceci : que vous portiez beaucoup de fruit. (Jean 15.8)

Il y a un danger de se contenter de peu. « Je suis chrétien, ça me suffit. » Si je me justifie en disant que je lis ma Bible, que je prie, que je vais à l’Église de temps en temps et que je me contente de gestes religieux, il y a quelque chose que je n’ai peut-être pas comprise. Nous sommes appelés à progresser, à porter beaucoup de fruits. Paul exhorte les chrétiens à progresser. Il dit à Timothée :

Applique-toi et sois tout entier à cette tâche, afin que tes progrès soient évidents pour tous. (1 Tinothée 4.15)

Pierre exhorte les croyants à grandir dans la grâce et dans la connaissance :

Croissez dans la grâce et la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. À lui la gloire, maintenant et jusqu’au jour de l’éternité ! (2 Pierre 3.18)

Jésus dit bien que son Père est glorifié en ceci : que vous portiez beaucoup de fruit. Un pommier qui n’aurait qu’une pomme n’honora pas le pomiculteur :

Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi, je vous ai choisis et je vous ai établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, (Jean 15.16)

Le fruit que Dieu produit en nous et autour de nous par nous, c’est un fruit qui demeure. L’analogie avec la botanique s’arrête ici. Un fruit est soit mangé, soit appelé à pourrir. Un fruit qui demeure, c’est qu’on sort de la botanique. Le développement du chapitre 15 (Jean 15) doit nous convaincre de ceci : c’est que le but de Dieu pour chacun de nous est que nous portions du fruit, plus de fruits, beaucoup de fruits et que ce fruit demeure.

Ce n’est pas l’éducation, ni les aptitudes, ni les circonstances dans lesquelles nous avons grandi qui fait que nous pouvons porter du fruit : c’est le ministère de la Parole de Dieu en nous. Il y a le risque que des chrétiens aient connu du succès dans le monde, qu’ils aient beaucoup de contacts, de belles aptitudes et qui pensent que leur service pour le Seigneur va connaître du succès sur la base de leurs propres atouts. Le Seigneur peut utiliser ces choses, mais ce n’est pas du tout ce qui produit le fruit. À l’inverse, il y a des chrétiens qui disent qu’ils ne feront jamais rien de bon pour le Seigneur. C’est le cas de personnes qui ont été constamment dévalorisées dans le passé ou qui ont subi quelques échecs. Si on regarde à soi, à ses aptitudes, en principe, nous avons tout pour être découragés. Le fruit, nous sommes appelés à le porter et non à le produire. C’est le but de Dieu : « afin que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure ». C’est son but et il le fera. Ce but, il l’atteint. Il commence par nous choisir; ensuite, il nous greffe au cep, il nous émonde. Je vous rappelle que le verbe grec signifie également « purifie ». Le Seigneur le dit au verset 2 (Jean 15.2) : « Je vous émonde afin que vous portiez plus de fruit. » C’est l’œuvre de Dieu.

La prière

Nous arrivons au dernier point : la prière au verset 16 :

Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi, je vous ai choisis et je vous ai établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, pour que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. (Jean 15.16)

Jésus avait déjà mentionné cet accès au Père avant ce verset, en particulier, dans les derniers moments qu’il a passés avec ses disciples (Jean 14.13-14; Jean 15.7). Cela semble répétitif. Jésus revient sur le sujet, parce qu’il fait le lien avec ce qu’il vient de dire. Jésus vient de déclarer son amitié pour ses disciples. Au verset 12 (Jean 15.12), il commande de nous aimer les uns les autres.

Le fruit qu’il nous fait porter, c’est-à-dire l’amour, s’il est d’abord un changement de disposition intérieure, ce fruit s’incarne dans nos actions et à commencer par l’amour que nous devons avoir les uns pour les autres. C’est dans ce contexte que Jésus revient sur la prière, probablement avec l’intercession en tête. L’intercession, c’est le fait de prier les uns pour les autres. Cela débute par être sensibles à leurs besoins, à s’enquérir de l’état de nos frères et sœurs. Nous sommes certainement appelés à secourir, à aider nos frères et sœurs, mais aussi, dans nos rapports mutuels, dans cette mission communautaire, nous avons cette assurance que si nous prions pour nos frères et sœurs, le Seigneur va répondre.

[…] pour que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. (Jean 15.16)

Quel privilège et quel encouragement de savoir que, si le Seigneur me demande d’aimer mon prochain, il me donne cette possibilité de prier pour lui en sachant que le Seigneur accorde selon sa volonté. Je ne reviendrai pas sur le fait que demander au nom du Fils : c’est synonyme de demander selon sa volonté. Ce que je comprends, c’est que le Seigneur veut bénir mon frère et ma sœur et il veut que cette bénédiction passe par le secours et mon intercession, par votre intercession.

Lorsqu’on a des enfants, on peut comprendre la joie d’un tel spectacle. Un enfant joue dehors. Au bout d’un temps, il a soif. Son frère lui propose d’aller chercher un verre d’eau à l’intérieur. Il entre et demande à sa mère un verre d’eau, non pas pour lui, mais pour son frère. La mère aurait donné le verre d’eau à son autre enfant, mais là, elle voit l’amour d’un de ses enfants pour l’autre. C’est la même chose pour Dieu : lorsque nous intercédons les uns pour les autres, le Seigneur prend plaisir en cet acte d’amour entre chrétiens.

Conclusion

En conclusion, le Seigneur a fait de nous ses amis, sans que ce soit d’égal à égal. On ne fait pas de top-là au Seigneur ni de give me five. Il demeure le Seigneur, mais il a fait de nous ses amis. Il nous a fait connaître ses voies. Il nous greffe au Fils, sa Vigne. Il nous fait porter du fruit, plus de fruits, beaucoup de fruits, un fruit qui demeure et ce fruit nous permet d’être une bénédiction pour les autres. Nous pouvons les présenter au trône de la grâce et il répondra. Il l’a promis.

Que le Seigneur vous bénisse. Amen !

Daniel Durand, pasteur
24 juin 2018

Prédicateur invité

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