Les attributs de Dieu, partie 2

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« Ma pensée est que Dieu ne change pas, même dans ses sentiments. Il est constamment en colère contre le péché. Il est constamment attristé par ce qui l’attriste. Il se réjouit constamment dans ses œuvres. Sinon, je pourrais croire que je pourrais rendre Dieu de bonne humeur le matin. C’est l’homme qui contrôlerait Dieu. Comme Dieu agit toujours en fonction de son sentiment, ce serait dangereux que nous puissions changer les sentiments de Dieu. […] Dieu travaille dans le temps. Il travaille dans sa création et le temps fait partie de sa création. Il travaille dans le temps, mais lui-même est hors du temps. Frères et sœurs, notre Dieu nous dépasse. Il est Dieu, nous sommes des créatures finies, limitées. Le fait qu’il nous dépasse doit nous conduire dans une adoration sans borne de son être. »

 

Introduction

La semaine passée, nous avons regardé la question de l’immuabilité de Dieu, c’est-à-dire le fait que Dieu ne change pas. Nous avons aussi regardé l’immuabilité du plan de Dieu : son plan ne change pas.

Impassibilité

En lien avec l’immuabilité, nous allons maintenant regarder la question de l’impassibilité de Dieu. « Impassibilité » signifie « qui est sans passion », c’est-à-dire que Dieu n’a pas de sentiments changeants, il n’a pas d’émotions changeantes. Dieu a des émotions, il a des sentiments, mais ils ne sont pas changeants. Le fait que nous pouvons attrister le Saint-Esprit, est-ce que ça signifie que Dieu est passible? Certains pensent que Dieu est passible, c’est-à-dire qu’il aurait des sentiments changeants : tantôt, il est en colère; tantôt, il est triste; tantôt, il est heureux. Personnellement, j’ai des difficultés avec cette pensée. D’abord, comme nous l’avons vu la semaine passée, il y a plusieurs textes qui nous disent que Dieu ne change pas. Il n’y a même pas une ombre de variation en lui. Ensuite, si je peux attrister le Saint-Esprit, est-ce que ça signifie que je peux rendre Dieu plus triste qu’il ne l’était? Ma pensée est que Dieu ne change pas, même dans ses sentiments. Il est constamment en colère contre le péché. Il est constamment attristé par ce qui l’attriste. Il se réjouit constamment dans ses œuvres. Sinon, je pourrais croire que je pourrais rendre Dieu de bonne humeur le matin. C’est l’homme qui contrôlerait Dieu. Comme Dieu agit toujours en fonction de son sentiment, ce serait dangereux que nous puissions changer les sentiments de Dieu. Il y a trois éléments à considérer lorsque nous abordons un sujet comme celui-ci.

Analogie

La grande difficulté pour nous est que nous sommes portés à oublier que nous vivons en analogie à Dieu, mais pas en équivalence : nous sommes créés à l’image de Dieu, mais l’image n’est jamais l’original. Nous commettons parfois l’erreur de transposer sur Dieu ce que nous vivons. C’est vrai que Dieu a des sentiments et c’est vrai que nous avons des sentiments, mais nous les vivons à titre de créatures changeantes, alors que Dieu a des sentiments non changeants. C’est un danger de superposer sur Dieu nos expériences, nos manières d’être et d’agir.

Tout ce que nous faisons est en analogie à Dieu. Nous connaissons et Dieu connaît, mais Dieu connaît en tant que Dieu. Il n’acquiert aucune connaissance. Il connaît tout, parce qu’il est Dieu. Nous connaissons en fonction de ce que nous acquérons. Dieu a tout créé à partir de rien, ex nihilo. L’homme ne peut créer. Il peut pro-créer, avec un trait d’union, c’est-à-dire qu’il doit travailler dans le prolongement de la création. Dieu a créé les végétaux; l’homme doit cultiver. Tout ce que l’homme fait est en analogie à Dieu. Dieu est Dieu et nous sommes créatures. Nous devons nous garder de définir Dieu en fonction de nous comme si c’était identique. Dieu a des sentiments et des émotions, mais pas comme nous.

Anthropomorphisme

Le deuxième élément, c’est qu’il y a des anthropomorphismes dans la Bible, c’est-à-dire que Dieu se présente parfois comme s’il était une créature limitée. Au récit de Babel, Dieu dit :

Allons! descendons : et là confondons leur langage, afin qu’ils n’entendent plus le langage les uns des autres. (Genèse 11.7)

Dieu n’est pas descendu littéralement : c’est un anthropomorphisme. Quand la Bible dit que Dieu a des yeux, des oreilles, une bouche, un bras, un visage qu’il cache, des pieds sous lesquels la terre se trouve, un doigt avec lequel il a écrit les dix commandements, une main de laquelle personne ne pourra nous ravir, ce sont autant d’anthropomorphismes.

Il est très possible que les sentiments et les émotions qui sont rencontrés chez Dieu soient aussi des anthropomorphismes. Nous verrons dans quelques secondes l’intemporalité de Dieu. Si Dieu change de sentiments, c’est qu’il devient soumis au temps. Nous temporalisons Dieu si nous disons qu’il a des sentiments changeants. Si Dieu est plus en colère aujourd’hui qu’il ne l’était hier, c’est que Dieu change.

Intemporel

Le troisième élément, c’est que Dieu est intemporel, c’est-à-dire qu’il n’est pas dans le temps. Il est hors du temps. Il n’est pas marqué par le temps.

Éternité

L’éternité de Dieu ne consiste pas à parler d’un Dieu qui existerait depuis un temps infini et pour un temps infini : l’éternité de Dieu est synonyme d’intemporalité de Dieu, c’est-à-dire que Dieu est hors du temps.

Le temps fait partie de ce qui a été créé. Dieu est hors du temps. Dieu est intemporel. Il n’est pas soumis au temps. Dieu n’a ni commencement ni fin. Il n’a pas été créé. Il est ce qu’il est.

Dieu dit à Moïse : Je suis celui qui suis. Et il ajouta : c’est ainsi que tu répondras aux Israélites : Celui qui s’appelle « Je suis » m’a envoyé vers vous. (Exode 3.14)

Comme je vous l’ai déjà dit, en hébreu, « je suis » et « je serai » se disent et s’écrivent de la même manière. C’est comme en français : « je dis » se prononce de la même manière à l’indicatif présent et au passé simple de l’indicatif. « Présentement, je dis ce que je pense. » (indicatif présent) « Hier, je dis à mon épouse telle chose. » (passé simple de l’indicatif) Ce que Dieu est présentement, il le sera de la même manière demain et pour l’éternité.

Dieu n’a pas de succession de moments dans son être. Nous, comme êtres humains, disons des choses comme « Hier, j’ai eu telle idée. » ou « Demain, je me pencherai sur tel problème. » Nous avons une succession de moments dans nos vies. Nous sommes soumis au temps. Nous faisons les choses dans le temps. Présentement, vous êtes enseignés sur Dieu. Vous ne planifiez pas votre prochaine liste d’épicerie, du moins, je l’espère. Nous faisons les choses dans le temps parce que nous sommes des créatures, mais Dieu est hors du temps : son être n’est pas soumis au temps. Donc, Dieu est éternel dans son être, mais « éternel » qui signifie « hors du temps ». Cela ressort de la parole de Jésus :

Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, moi, je suis. (Jean 8.58)

Les Témoins de Jéhovah ont falsifié leur Bible et disent : « Avant qu’Abraham vienne à l’existence, j’ai été » (Traduction du Monde Nouveau, Watchtower Bible and Track Society of New York, New York, 1995, p. 1327.)

Jésus ne dit pas qu’il a été pour simplement dire qu’il existait avant qu’Abraham naisse. Il dit « Je suis ». C’est comme si toute l’histoire avec sa durée dans le temps était toujours au présent pour Dieu. Il y a une allusion directe à Exode 3.14 qui peut être traduit de quatre manières :

  • Je suis celui qui suis;
  • Je suis celui qui sera;
  • Je serai celui qui sera;
  • Je serai celui qui suis.

Plusieurs croient que le Seigneur a voulu ces sens pour montrer la richesse de son être. La parole de Jésus nous dit davantage. Lorsqu’il dit : « Avant qu’Abraham fût, je suis », il s’intéresse au temps, avec l’adverbe de temps « avant », mais le fait qu’il utilise « je suis » et non « j’étais », il va plus loin.

Il nous dit que si Abraham a eu un commencement, le Seigneur a toujours été là et qu’il est hors du temps. Cette vérité marque encore une fois la distinction entre le créateur et la créature. Nous, qui sommes créés, ne sommes pas capables de concevoir que Dieu est hors du temps. Nous le voyons plutôt comme celui qui existe depuis des temps infinis, mais en réalité, il n’existe pas dans le temps, contrairement à nous.

C’est pourquoi nous devons nous garder de dépeindre le Seigneur à partir de notre réalité et de nos expériences et nous devons accepter que la Bible utilise des anthropomorphismes pour nous parler de Dieu. La Bible utilise une belle expression pour nous parler de l’éternité, de l’intemporalité de Dieu.

Prière de Moïse, homme de Dieu. Seigneur! Toi, tu as été pour nous un refuge, de génération en génération. Avant que les montagnes soient nées, et que tu aies donné un commencement à la terre et au monde, d’éternité en éternité tu es Dieu. (Psaumes 90.1-2)

Le verset 1 (Psaumes 90.1) nous dit ce que Dieu fait pour son peuple. Il le fait de génération en génération. Parce que son peuple est soumis au temps, Dieu agit dans le temps. Toutefois, ce que Dieu est est différent : il est Dieu d’éternité en éternité, comme s’il y avait plusieurs éternités de temps. Une éternité, c’est éternel. L’expression nous informe que Dieu est intemporel, alors que l’homme est soumis au temps, de sorte que, pour Dieu, le temps qu’il a créé ne l’atteint pas.

Tu fais retourner l’homme à la poussière, et tu dis : Fils d’Adam, retournez! (Psaumes 90.3)

Ici, le psalmiste nous parle de la brièveté de l’homme et du fait que demain il ne sera plus comme aujourd’hui. Le verset suivant nous présente le contraste. Dieu est hors du temps.

Car mille ans sont, à tes yeux, comme le jour d’hier, quand il passe, et comme une veille de la nuit. Tu les emportes; ils sont comme un instant de sommeil, qui, le matin, passe comme l’herbe : Elle fleurit le matin et elle passe, on la coupe le soir, et elle sèche. (Psaumes 90.4-6)

Le temps, les jours, les années passent et, pour Dieu, un jour est comme mille ans. Dans la Bible, le nombre 1000 signifie une période très très longue. Il n’y a aucune différence pour lui parce qu’il ne subit pas le temps. Donc, Dieu agit dans le temps, mais il est hors du temps. Il agit dans le temps. Il a créé il y a environ 6000 ans. Il a envoyé le déluge il y a environ 4500 ans. Il a envoyé son fils il y a environ 2000 ans. Il reviendra dans le futur, on ne sait pas quand. Dieu travaille dans le temps. Il travaille dans sa création et le temps fait partie de sa création. Il travaille dans le temps, mais lui-même est hors du temps. Frères et sœurs, notre Dieu nous dépasse. Il est Dieu, nous sommes des créatures finies, limitées. Le fait qu’il nous dépasse doit nous conduire dans une adoration sans borne de son être.

Daniel Durand, pasteur
11 avril 2018

Prédicateur invité

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