Le sens des actions de grâce, Éphésiens 5.3-4

« Frères et sœurs, posons-nous la question : que suis-je en train de faire de la vie que Dieu me donne ? Des ressources qu’il me donne ? Du temps qu’il me donne ? De l’énergie qu’il me donne ? Il nous demande de déjà vivre selon notre identité en Jésus-Christ. Nous devons vivre dans la sainteté comme notre Père céleste est saint. Nous devons utiliser toutes les choses de la création avec actions de grâces, ce qui signifie que nous les utilisons selon Dieu, dans le but pour lequel il nous les a donnés. Nous sommes en contraste avec les païens. Notre manière de vivre n’est plus la même. Les choses ont changé. Depuis notre régénération, il y a un être merveilleux qui nous habite et c’est la personne de Dieu, le Juste, le Saint. Honorons-le, ne tombons pas dans ce qui le déshonore, mais consacrons-nous plutôt à lui, à ses œuvres, et sachons utiliser tout ce qu’il nous donne pour la gloire de son nom. Ce n’est que là que nous pourrons ajouter des actions de grâces pour tout ce qu’il nous donne. »

 

Introduction

Nous poursuivons cet avant-midi dans l’épître de Paul aux Éphésiens. Nous lirons, au chapitre 5, les versets 3 et 4 :

Texte biblique

Que l’inconduite, toute forme d’impureté, ou la cupidité ne soient pas même mentionnées parmi vous, comme il convient à des saints ; pas de grossièretés, pas de propos insensés, pas de bouffonneries, cela est malséant ; mais plutôt des actions de grâces. (Éphésiens 5.3-4)

Que le Seigneur bénisse sa Parole. Nous allons prier.

Exposé

Aux États-Unis, pendant longtemps, il était courant que des politiciens de haut niveau demandent des conseils à des pasteurs ou à des théologiens. Je ne sais pas si cette pratique est encore présente, mais elle a déjà été très forte. Un jour, un politicien discutait avec un pasteur et le politicien lui exprime sa totale désillusion. Il affirme que ceux qui s’impliquent en politique le font très souvent pour de bonnes intentions, en particulier celle d’améliorer le quotidien du pays. Quand un politicien se hisse dans les hautes sphères de la vie politique américaine, peu importe le parti dans lequel il sert, peu importent ses couleurs politiques, peu importe le programme du parti, c’est la désillusion. Personne n’est capable de résoudre les problèmes de la population. Un sénateur a même affirmé que, non seulement ils ne peuvent résoudre les problèmes, mais la législation actuelle est le principal problème. Pourquoi est-ce que les problèmes ne peuvent se résoudre ? C’est parce que les problèmes viennent de la nature humaine. Un parti pourrait avoir le programme le mieux réfléchi, le personnel le mieux intentionné, on ne peut régler les problèmes des humains. Plus près de nous, nos concitoyens voient bien des problèmes, mais ciblent très mal les solutions. Pour les uns, c’est le gouvernement qui doit régler tous les problèmes. Cette pensée est très répandue. Dès qu’il y a un problème, on tape sur le gouvernement. Un dénommé John Kenneth Galbraith était cynique envers ceux qui voyaient la solution dans la politique. On lui doit la fameuse phrase suivante :

« Le communisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme; et le capitalisme, c’est le contraire. »

Pour d’autres, c’est la science qui a la compétence de tout régler : la santé physique, la santé mentale, la technologie; bref, la science va nous sortir des problèmes que nous vivons. Pour d’autres encore, ce sont des thérapies qui vont amener les dysfonctionnels à mieux vivre et, ainsi, les problèmes se règleront : la zoothérapie, la musicothérapie et toutes les autres. Pour d’autres encore, c’est du chacun pour soi : on se fiche des problèmes que les autres vivent. On n’a qu’à prendre chacun soin de soi et tout va bien se passer. Les Écritures nous amènent sur un tout autre terrain. D’abord, l’homme pécheur n’est même pas en mesure de comprendre son problème. Surtout de nos jours, tout est la faute d’une maladie, la faute du gouvernement, la faute de nos parents ou de la société. Sans insinuer que les maladies, les gouvernements, nos parents et notre société n’y sont pour rien, ce n’est pas là la cause de nos problèmes.

Frères et sœurs, le problème de l’homme, c’est l’homme. Si, par magie, nous pouvions changer tout l’environnement de l’homme, redonner une bonne santé à tous, des gouvernements honnêtes et compétents, ça ne changerait pas grand-chose. Le problème de l’homme, c’est l’homme. C’est le péché. Il n’y a pas de vice capitaliste et de vice communiste : alors que, dans le capitalisme tel que nous le voyons en Occident, il y a un monopole des grosses entreprises; dans le communisme, le monopole est politique. La domination malsaine s’exerce mais dans une structure différente, mais c’est le même vice. Le seul renversement possible à la situation, c’est le christianisme biblique.

Confesser

Ceci doit nous amener à ne jamais justifier notre péché par notre entourage. Je sais très bien que certains ont vécu une enfance destructrice, une enfance qui ne leur a fourni aucun repère, une enfance qui n’a pas permis d’acquérir des valeurs permettant de devenir fonctionnel dans la vie, mais quand nous parlons du péché, nous devons confesser que c’est notre péché. Par exemple, un père incite son jeune fils à voler : « Vole le ballon du gamin au parc. Vole la bicyclette dans une ruelle. Vole la calculatrice à l’école. » Quand ce jeune aura grandi, s’il est arrêté pour vol, il ne pourra jamais justifier devant le juge son vol. Le juge répondra certainement : « Tu connais la loi. Tu savais que ce que ton père t’a montré est illégal. Tu es coupable. » Quand Dieu parle à Caïn, il lui dit :

L’Éternel dit à Caïn : Pourquoi es-tu irrité, et pourquoi ton visage est-il abattu ? Si tu agis bien tu relèveras la tête, mais si tu n’agis pas bien, le péché est tapi à ta porte, et ses désirs se portent vers toi : mais toi, domine sur lui. (Genèse 4.6-7)

Dieu n’a pas dit à Caïn : « Je te comprends. Tes parents m’ont désobéi et ton père t’a entraîné dans le péché. » Frères et sœurs, mon péché est mon péché. Ce ne sont pas mes parents qui pèchent à ma place. Ce n’est pas le gouvernement, ni la société. Lorsque je pèche, c’est moi qui pèche et je suis totalement coupable de mon péché, parce que la loi de Dieu me le dit. Le problème dans ma vie, c’est moi et jamais les autres. Quand je confesse mon péché à Dieu et à quelqu’un d’autre si mon péché a été commis envers quelqu’un d’autre, je dois confesser mon péché sans le justifier. Le verbe grec pour confesser, c’est ομολογεω et signifie « dire tel quel ». Une confession, c’est-à-dire une déclaration de notre repentance, doit comporter les éléments suivants :

  • La reconnaissance des péchés commis;
  • Le regret des torts commis;
  • L’engagement à s’éloigner du péché;
  • Le désir de restaurer la relation.

L’Église est une communauté de personnes régénérées, c’est-à-dire de pécheurs graciés dont Dieu renouvelle complètement la vie. Pour ce faire, le Seigneur donne un nouveau cœur, un nouvel esprit. Chez les Juifs, le cœur représentait toute l’intériorité et non seulement les émotions et les sentiments. Dieu nous donne une intériorité en faisant de nous le temple de son Saint-Esprit et cette vie nouvelle vient évidemment avec une nouvelle manière de vivre. La vie nouvelle à laquelle nous sommes appelés n’est pas un nouveau programme, mais une vie dirigée par le Saint-Esprit. Paul nous donne une liste de vices et nous dit que ces choses n’ont pas leur place chez les chrétiens. Ma pensée est que, puisque Paul mentionne ces choses aux chrétiens, c’est que nous sommes parfois portés à retourner aux vices qui caractérisent les non-chrétiens. La régénération amène une nouvelle manière de penser et d’agir. Ce n’est pas que la moralité, c’est-à-dire ce n’est pas qu’une réforme des mœurs sans passer par une transformation intérieure. Ce n’est pas non plus du légalisme qui ne s’intéresse qu’aux actions. C’est la vie de l’Esprit de Dieu qui agit en nous.

Parce que l’Esprit de Dieu habite en nous, il n’y a pas de place en nous pour la vie de péché.

Ce que nous sommes

Donc, tout repose sur ce que nous sommes. Comment je vous l’ai dit à quelques reprises, l’indicatif précède l’impératif. L’indicatif, c’est ce que nous sommes. Nous voyons cela au verset 8 :

Autrefois, en effet, vous étiez ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. (Éphésiens 5.8)

Si nous prenions réellement conscience de ce que nous sommes, ça changerait nos vies radicalement.

Saints

La Bible dit à plusieurs reprises que nous sommes des saints. Je ne serais pas surpris que ce soit la désignation la plus fréquente des Écritures pour parler de nous. Ce n’est pas « disciple » bien que nous le sommes. Du livre des Actes à l’Apocalypse, nous retrouvons le mot « disciples » à 27 reprises. La désignation « saints » est présente à 66 reprises et c’est normal, parce que tout le reste découle de ce que nous sommes. Quand Paul exhorte les chrétiens, il leur rappelle constamment qu’ils sont saints. Il ouvre ses épîtres avec cette désignation : « Aux saints qui sont à Éphèse », « Aux saints qui sont à Rome », etc. Lorsque nous lisons « appelés à être saints », nous devons savoir qu’il ne s’agit pas de quelque chose qui doit venir dans le futur. En fait, une traduction plus juste serait « saints par appel » ou « saints par vocation », comme l’a traduit la version Genèse. Nous avons été sanctifiés, de sorte que tout notre être, corps et âme, appartient à Dieu et c’est pourquoi Paul nous avertit de ne pas pratiquer les vices que les non-croyants commettent.

Vices

Immoralité sexuelle

Il va parler de l’immoralité sexuelle. La Colombe traduit par « inconduite », mais ça ne rend pas justice à l’original. Le mot grec est porneia qui est à l’origine du mot « pornographie ». Ce mot désigne d’abord des relations extraconjugales, c’est-à-dire en dehors du mariage. Il y eut un temps où la société avait un scrupule et un préjugé très défavorable à l’immoralité sexuelle.

Impuretés

Ensuite, Paul parle des impuretés. Ce mot inclut l’immoralité sexuelle qui vient d’être mentionnée, mais a un sens plus large. Dans l’empire romain, les religions païennes avaient comme pratique la prostitution sacrée. Par exemple, à Éphèse, il y avait le temple voué à Aphrodite, la déesse de l’amour, dont la construction a été payée par les profits de bordels. Dans toutes les religions païennes, il y avait des prêtresses au temple et ces prêtresses étaient des prostituées vouées au culte des divinités. De plus, il y avait aussi la pédérastie, c’est-à-dire que les hommes initiaient les jeunes garçons à la sexualité en ayant des rapports avec eux. Parfois, nous avons l’impression que c’est plus difficile à notre époque, mais c’était très difficile au temps de l’apôtre Paul, mais pour des raisons différentes. À l’époque, toute la société tournait autour de la religion et celui qui se convertissait était vu comme une menace. Les dieux étaient considérés comme ayant un territoire. Sur le territoire, si des personnes adoraient d’autres divinités, les dieux du pays, croyait-on, allaient se mettre en colère. Les chrétiens ont subi des persécutions pour ces raisons. De plus, leur conversion représentait beaucoup plus que de passer du temple païen à des réunions d’Église. Ils perdaient leur emploi, ils étaient chassés de la famille. Ils perdaient tout. Nous ne vivons pas cette même situation. Ceci dit, de nos jours, l’immoralité sexuelle est un péché très difficile à combattre pour plusieurs raisons. Notre société prône une sexualité débridée. On ne peut plus rien encadrer sans être rejeté. Les institutions et les commerces ne savent plus quoi écrire sur les portes des toilettes. Notre société prône une émancipation de l’engagement du mariage. D’ailleurs, engagement et mariage sont rarement prononcés dans la même phrase. On passe n’importe quoi à la télévision ou au cinéma sous prétexte que c’est de l’art. Les émissions radiophoniques sont de plus en plus immorales. Ce qui ajoute à notre combat, c’est l’exposition quasi permanente aux choses immorales et l’accessibilité en particulier avec Internet. C’est un fléau même chez les chrétiens. Presque tout le monde a accès à un écran dans des endroits clos. J’aimerais vous dire qu’il existe des outils pour nous aider à combattre. Si jamais vous êtes concernés et désirez de l’aide, nous allons vous aider sans aucun jugement ni condamnation. Quelqu’un qui demande de l’aide a droit à de l’aide. Certains l’ont fait et ne l’ont pas regretté. Le remède à l’immoralité sexuelle demeure les moyens de grâce que sont la prière, la vie d’Église et la Parole de Dieu. Si je m’isole avec mon péché, je peux tenter de le combattre, mais je risque d’échouer, mais si je demande de l’aide dans la prière et les actions, les probabilités sont nettement meilleures.

Cupidité

Paul dénonce ensuite la cupidité, ce désir insatiable d’avoir plus de biens et d’argent. Les gens trouvent leur confort dans l’argent. Ils peuvent acheter ce qu’ils désirent et ils trouvent leur sécurité dans l’argent. On ne vit plus au jour le jour et on ne reconnaît plus que c’est Dieu qui pourvoit. Le chrétien doit rejeter ces choses, non pas les biens ni l’argent, mais l’amour de l’argent. Jésus a dit :

Nul ne peut servir deux maîtres ; car ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. (Matthieu 6.24)

Mamon était le dieu de l’argent. Si le fait d’avoir de l’argent est plus important que l’avancement du royaume de Dieu, j’adore le dieu Mamon. Si je préfère garder mon argent au lieu d’aider mon frère qui en a vraiment besoin, j’adore le dieu Mamon.

Grossièretés

Paul mentionne ensuite les grossièretés, c’est-à-dire les obscénités. Il s’agit de gestes déplacés, honteux, obscènes, indécents. Ça n’a pas sa place parmi les chrétiens, nous dit Paul. Je pense que nous devrions considérer la tenue vestimentaire dans cette catégorie. Même si l’intention n’est pas la vulgarité, l’indécence n’a pas sa place.

Propos insensés

Ensuite, Paul dénonce les propos insensés. C’est le fait de dire des bêtises de toute sorte. Le mot grec est morologia. Le préfixe est à l’origine du mot « moron ». Le mot qualifie les propos de celui qui ne réfléchit pas, qui dit n’importe quoi.

Facéties

Le dernier péché en liste, ce sont les farces suggestives. Dans certaines versions, on a choisi « plaisanterie », mais ce n’est pas assez précis. Nous pouvons plaisanter, mais sans connotation sexuelle. Quelqu’un a dit que ce que Paul interdit, c’est le genre de plaisanterie qu’on trouve dans les revues pornographiques. Paul énumère donc des pratiques, des comportements qui ne conviennent pas aux chrétiens. Cette liste n’est pas exhaustive : il ne mentionne pas le vol. Il l’avait déjà fait au chapitre 4 verset 28 (Éphésiens 4.28) où il dit que celui qui dérobait ne dérobe plus mais qu’il prenne plutôt de la peine, en travaillant honnêtement de ses mains, pour avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin. Nous avions vu il y a quelques mois que dans les chapitres 4 à 6 de l’épître (Éphésiens 4-6), Paul sollicite les dix commandements sous forme d’allusions la plupart du temps, mais il va même à en citer deux. Les versets que nous avons lus s’inscrivent dans l’application des dix commandements.

Des actions des grâce

Aux mauvaises paroles que Paul dénonce, l’apôtre oppose les actions de grâce. Comment des actions de grâce peuvent contrer les mauvaises actions et les mauvaises paroles ? Est-ce qu’il suffit de dire « merci » ? Les actions de grâce, ça signifie être reconnaissant pour ce que Dieu nous donne. Nous ne pouvons être reconnaissants pour les choses que Dieu nous donne dans la mesure où nous les prenons et utilisons dans le sens que Dieu a établi. Le corps est donné par Dieu et pour l’utiliser avec actions de grâce, je dois l’utiliser selon Dieu, c’est-à-dire que je ne dois pas faire des abus de nourriture ni d’alcool. Je ne dois pas utiliser mon corps pour m’adonner à des pratiques sexuelles prohibées et surtout pas en dehors du mariage. En passant, mes yeux font partie de mon corps. Je dois dire avec Job :

J’avais conclu une alliance pour mes yeux ; comment aurais-je pu fixer mon attention sur une vierge ? (Job 31.1)

Utiliser avec actions de grâce les choses que Dieu nous a données implique les utiliser selon Dieu. Du coup, je vais m’abstenir de toute inconduite, de toute cupidité. En fait, les exhortations de Paul se résument en ceci : bien utiliser ce que Dieu nous donne. Quand on y pense, Dieu nous a créés avec une sexualité. Le péché nous amène à utiliser la sexualité de manière perverse. Paul dénonce l’immoralité sexuelle, les impuretés sexuelles, les grossièretés. Dieu nous a créés avec des besoins auxquels il répond. Ces besoins sont la lumière, la nourriture, le repos, les animaux, parce que, même si l’homme ne mangeait que les végétaux jusqu’au déluge, il avait besoin des animaux pour travailler le sol Après la chute, il en avait besoin pour se vêtir. Donc, le Seigneur a prévu dans la création tout ce dont nos corps ont besoin. Paul dénonce la cupidité, c’est-à-dire le fait de désirer toujours plus de possession de biens. Nous pouvons dire que le péché consiste à prendre ce que Dieu nous donne et qui est bon et à le pervertir, c’est-à-dire en faire un usage vil, dégradant et déshonorant le créateur. Le péché consiste à détourner les bonnes choses que Dieu nous donne pour les utiliser dans un sens autre que celui pour lequel il nous les a données. Je pense que c’est ce que Paul veut dire à la fin du verset 4 :

[…] pas de grossièretés, pas de propos insensés, pas de bouffonneries, cela est malséant ; mais plutôt des actions de grâces. (Éphésiens 5.4)

Que signifient ces actions de grâces ? Suffit-il de dire « merci » au Seigneur pour que ce soient des actions de grâces ? Je ne le pense pas. Il ne suffit pas de dire « merci » pour dire que nous utilisons les choses que Dieu nous donne avec actions de grâces. Autrement dit, ce n’est pas parce que nous disons « merci » au Seigneur que nous utilisons ce qu’il nous donne avec actions de grâces. Imaginez que vous hébergiez quelqu’un qui a besoin d’aide. Vous lui dites qu’il peut fouiller dans le réfrigérateur et prendre ce qu’il veut. Lorsque vous vous absentez, il prend tout ce qui est dans votre réfrigérateur et le donne à manger au chien du voisin. Puis, lorsque vous revenez, il vous remercie pour la nourriture. Qu’allez-vous penser de ses remerciements ? Ou encore, vous donnez de l’argent à votre enfant pour qu’il puisse participer à une activité à l’école, votre enfant vous remercie, mais il va plutôt prendre cet argent pour s’acheter des cigarettes pour lui et pour ses copains. Qu’allez-vous faire de ses remerciements ? Vous risquez certainement d’être en colère. Frères et sœurs, nos actions de grâces ne peuvent pas se rapporter uniquement à ce que Dieu nous a donné, mais aussi et surtout au but pour lequel Dieu nous a donné toutes ces choses. Autrement dit, on ne doit pas remercier le Seigneur uniquement pour les choses qu’il nous a données mais aussi pour l’usage qu’il nous commande d’en faire.

La sexualité

La sexualité, c’est la même chose. La bénédiction n’est pas que la sexualité. C’est le but de la sexualité qui est d’offrir au couple un moyen d’intimité unique et la bénédiction d’avoir des enfants. Si j’ai des enfants pour un but autre que celui voulu par Dieu, je ne goûterai pas à la bénédiction. Si je les ai uniquement par instinct de multiplication, pour le désir d’assouvir mon instinct paternel, ou maternel pour les femmes, je ne goûterai pas à la bénédiction; mais si je les ai par obéissance à ce que Dieu demande, parce que Dieu demande aux couples de se multiplier, je goûterai à la bénédiction. Je ne veux surtout pas que les couples chez lesquels il y a stérilité se sentent mal. Si le Seigneur vous a placés dans cette situation, vous avez beaucoup d’autres moyens de le servir. Donc, le couple qui a des enfants par obéissance à ce que Dieu demande, c’est-à-dire se multiplier, c’est-à-dire avoir plusieurs enfants, je dois aussi utiliser cette belle institution qu’est la famille pour glorifier le Seigneur, c’est-à-dire que je dois instruire mes enfants dans les voies de Dieu, les parents doivent montrer à leurs enfants que le Seigneur passe avant toute chose dans la vie : avant le repos physique, avant les loisirs, avant les rencontres familiales, etc. Les parents doivent être des modèles d’hommes et de femmes de Dieu, qui vivent pour Dieu, qui se consacrent totalement à Dieu, qui font preuve d’humilité, qui se repentent lorsqu’ils pèchent. C’est en utilisant les choses de Dieu dans le sens pour lequel Dieu les a données que nous goûtons à la bénédiction de Dieu. Ce n’est que là que nous offrons à Dieu des actions de grâce. Si j’utilise la sexualité dans une perversité, je dévie ce que Dieu donne et j’en fais une malédiction, mais si je l’utilise dans le but pour lequel Dieu l’a donnée, c’est là que c’est une bénédiction dans ma vie, parce qu’en vérité, la bénédiction n’est pas dans les choses qu’il nous a données mais dans l’usage dont nous devons en faire.

La nourriture

Un autre exemple concret : les végétaux sont donnés comme nourriture, mais si j’utilise les végétaux uniquement pour me faire un aménagement paysager, sans me nourrir, c’est superficiel et ce qui devait être une bénédiction ne l’est plus. Ou encore, la nourriture est donnée comme moyen de subsistance afin que je puisse honorer le Seigneur dans toutes mes activités, mais si nous tirons notre subsistance du sol pour ensuite dépenser l’énergie accumulée à des choses qui n’honorent pas Dieu, la nourriture n’est plus une bénédiction. Je ne peux pas rendre grâce pour la nourriture dans ce cas. Remarquez que ce ne sont pas les choses qui sont mauvaises en soi, mais l’usage que l’homme pécheur en fait.

Car tout ce que Dieu a créé est bon, et rien ne doit être rejeté, pourvu qu’on le prenne avec actions de grâces, parce que tout est sanctifié par la parole de Dieu et par la prière. (1 Timothée 4.4-5) 

Contraste avec les non-chrétiens

Frères et sœurs, nous avions vu au chapitre 4, aux versets 17 à 19, que nous allons relire :

Voici donc ce que je dis et ce que j’atteste dans le Seigneur : c’est que vous ne devez plus marcher comme les païens, qui marchent selon la vanité de leur intelligence. Ils ont la pensée obscurcie, ils sont étrangers à la vie de Dieu, à cause de l’ignorance qui est en eux et de l’endurcissement de leur cœur. Ils ont perdu tout sens moral, ils se sont livrés au dérèglement, pour commettre toute espèce d’impureté jointe à la cupidité. (Éphésiens 4.17-19)

Le dernier verset nous montre que ce que Paul affirme au chapitre 5 (Éphésiens 5) fait partie du même raisonnement. Les païens commettent toute espèce d’impureté jointe à la cupidité. Au chapitre 5 (Éphésiens 5), Paul va reprendre les deux mots « impuretés » et « cupidité », qu’on ne doit pas trouver chez les chrétiens. La raison est que nous n’appartenons plus à ce monde qui vit pour lui-même, qui ne recherche que la satisfaction de la chair, qui ne pensent qu’aux choses d’en bas, mais nous, nous avons été rachetés. Le Seigneur nous fait échapper à ce monde perdu et il nous appelle à déjà vivre selon notre citoyenneté céleste. Frères et sœurs, posons-nous la question : que suis-je en train de faire de la vie que Dieu me donne ? Des ressources qu’il me donne ? Du temps qu’il me donne ? De l’énergie qu’il me donne ? Il nous demande de déjà vivre selon notre identité en Jésus-Christ. Nous devons vivre dans la sainteté comme notre Père céleste est saint. Nous devons utiliser toutes les choses de la création avec actions de grâces, ce qui signifie que nous les utilisons selon Dieu, dans le but pour lequel il nous les a donnés. Nous sommes en contraste avec les païens. Notre manière de vivre n’est plus la même. Les choses ont changé. Depuis notre régénération, il y a un être merveilleux qui nous habite et c’est la personne de Dieu, le Juste, le Saint. Honorons-le, ne tombons pas dans ce qui le déshonore, mais consacrons-nous plutôt à lui, à ses œuvres, et sachons utiliser tout ce qu’il nous donne pour la gloire de son nom. Ce n’est que là que nous pourrons ajouter des actions de grâces pour tout ce qu’il nous donne.

Prions.

Daniel Durand, pasteur
14 juillet 2019

Prédicateur invité

Partagez cet enseignement :

Share on facebook
Share on twitter
Share on print
Share on email