Le royaume : à comprendre et à vivre, Jean 18.36

« Frères et sœurs, le royaume de Dieu est un royaume cosmique, sans aucune frontière. La foi n’est pas d’avoir reçu le petit Jésus dans son petit cœur : la foi est la confiance en Jésus-Christ, Roi des rois sur tout l’univers. Son œuvre dépasse ma personne, mon Église. Son œuvre est cosmique. De plus, le royaume de Dieu est un royaume éternel. Il ne fait pas partie de cette création-ci. Il a commencé ici au sens où les puissances du royaume avancent. »

 

Ce matin, nous revenons sur la question du royaume que Jésus-Christ a inauguré dans sa personne.

Texte biblique

Nous lirons Jean 18.36 :

Jésus répondit : Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi, afin que je ne sois pas livré aux Juifs ; mais maintenant, mon royaume n’est pas d’ici-bas. (Jean 18.36)

Que le Seigneur bénisse sa Parole. Nous allons prier.

Exposé

Ce matin, nous allons regarder ce que signifie le royaume de Jésus-Christ, puisque Jésus parle de son royaume. Nous verrons d’abord le développement biblique du royaume, ce qui explique l’abondance de versets dans lesquels je vous amènerai, puis des considérations éthiques du royaume. Les versets vont apparaître à l’écran et, si vous désirez y revenir, la prédication sera mise sur notre site Internet.

Développement biblique

De Dieu et/ou des cieux

Avant de regarder ce que c’est, nous allons voir s’il y a une distinction entre ce que Matthieu appelle « le royaume des cieux » et ce que Marc et Luc désignent comme « le royaume de Dieu ». J’en parle parce qu’il y a une certaine confusion qui règne parmi les chrétiens. Y a-t-il un ou deux royaumes? En réalité, les deux expressions, « royaume des cieux » et « royaume de Dieu », réfèrent à la même réalité.

Les mêmes paraboles sont introduites par chacune des expressions, dépendant de l’évangile qui la rapporte. Par exemple, la parabole du grain de sénevé est introduite ainsi :

[…] Jésus dit : Le royaume des cieux est semblable à un grain de moutarde […] (Matthieu 13.31)

Le royaume de Dieu est semblable à un grain de moutarde qui […] (Marc 4.31)

Les deux expressions décrivent le même royaume. Ce royaume s’établit progressivement et, comme un grain de moutarde est très petit mais donne un arbre très grand, ainsi en est-il du royaume que Dieu établi. Il a débuté des plus modestement. Jésus, Dieu fait homme, vivant dans la plus grande simplicité, ralliant à lui des personnes très simples, une poignée d’hommes, ce Jésus meurt sur la croix et les disciples s’enfuient. Le royaume est en fait tout le plan de Dieu dans sa création.

Éden

Nous devons reculer jusque dans le jardin d’Éden pour voir les débuts du royaume :

Dieu dit : Faisons l’homme à notre image selon notre ressemblance, pour qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. (Genèse 1.26)

Dieu les bénit et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui rampe sur la terre. (Genèse 1.28)

Nous savons que Dieu est souverain sur tout ce qui existe. Il est Seigneur. Son règne est éternel. En même temps, le Seigneur a voulu que ce règne, cette domination, soit exercé par l’homme. Ce n’est pas que le Seigneur cesse de régner pour remettre son sceptre à des créatures. Il ne s’agit pas d’une passation des pouvoirs. : c’est plutôt que notre Dieu veut nous associer à sa royauté. Il veut l’exercer avec nous.

La chute

La chute a tout saboté. Depuis la chute, voici une des caractéristiques du monde :

Nous savons que nous sommes de Dieu, et que le monde entier est sous la puissance du malin. (1 Jean 5.19)

Ce verset ne signifie pas que Satan règne à la place de Dieu dans le monde. En fait, le texte original dit simplement que le monde est sous le malin. Darby traduit ainsi :

Nous savons que nous sommes de Dieu, et que le monde entier gît dans le méchant. (1 Jean 5.19, version Darby)

Ce monde est influencé par Satan depuis la chute. Qu’arrive-t-il du royaume de Dieu? Il se poursuit : le Seigneur le fait advenir progressivement. L’homme a perdu sa communion avec Dieu, il n’est donc plus en mesure de régner avec Dieu. Il va chercher à dominer encore, mais il ne le fera pas avec Dieu ni pour Dieu.

Genèse 11 et 12

Nous voyons, en Genèse 11, avec le projet de la tour de Babel, que les hommes veulent régner sans Dieu de façon arrogante. Ils ne veulent pas se multiplier sur la terre, alors que nous avons lu qu’en Genèse 1, la multiplication de la race humaine est une condition à la domination. Autrement dit, pour dominer sur la terre, l’homme doit se multiplier. À Babel, les hommes rejettent cela et se font un projet. Pour apprécier le texte, nous devons le mettre en parallèle avec le chapitre suivant où Dieu parle à Abraham :

Les hommes dirent : Allons ! bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas disséminés à la surface de toute la terre. (Genèse 11.4)

Les hommes veulent se faire un nom, c’est-à-dire qu’ils veulent définir eux-mêmes leur identité. Ils veulent établir eux-mêmes leur raison d’être et ils le font en rejetant Dieu et son plan. Ils ne veulent pas être disséminés à la surface de toute la terre, alors que Dieu avait demandé de remplir la terre. Dieu va fragmenter l’humanité en races, en langues et en nations pour forcer l’homme à se multiplier.

Au chapitre suivant de Genèse apparaît Abraham. Nous voyons que Dieu va réaliser son plan avec Abraham et ses descendants. La suite des Écritures nous apprendra que ce sera les descendants spirituels et non généalogiques qui sont visés. Voici ce que Dieu a dit à Abraham :

Je ferai de toi une grande nation et je te bénirai ; je rendrai ton nom grand […] (Genèse 12.2)

Alors que les rebelles voulaient se faire un nom sans Dieu à Babel, le Seigneur dit à Abraham qu’il rendra son nom grand. Le changement de nom qui viendra plus tard, c’est-à-dire qu’avant que Dieu lui donne le nom d’Abraham, son nom était Abram. Abram signifie « père élevé »; Abraham, « père d’une multitude ». Certains proposent de voir, dans ce changement de nom, le fait que l’intérêt va se déplacer de la descendance biologique d’Abraham à la descendance spirituelle. « Père élevé » réfèrerait à Abraham, père de la nation juive; « père d’une multitude », au fait qu’Abraham est le père dans la foi, donc de tous les élus de toutes les nations. C’est donc par voie d’alliance que le Seigneur va réaliser son plan de royaume. Nous avons lu qu’à Babel, les hommes ne voulaient pas se disséminer sur la surface de la terre. Dieu ajoute à Abraham :

[…] Toutes les familles de la terre seront bénies en toi. (Genèse 12.3)

Dieu annonce que c’est à travers Abraham que son plan va se réaliser, par voie d’alliance. D’ailleurs, dans ce déploiement de l’alliance, le Seigneur va dire à Abraham :

Je te rendrai extrêmement fécond, je ferai naître de toi des nations, et des rois sortiront de toi. (Genèse 17.6)

Quant à la promesse du pays, la domination est implicite :

En ce jour-là, l’Éternel conclut une alliance avec Abram en disant : Je donne ce pays à ta descendance ; depuis le fleuve d’Égypte jusqu’au grand fleuve, à savoir l’Euphrate, le pays des Qéniens, des Qeniziens, des Qadmonéens, des Hittites, des Phéréziens, des Rephaïm, des Amoréens, des Cananéens, des Guirgasiens et des Yebousiens. (Genèse 15.18-21)

En disant à Abraham qu’il lui donne ce pays, à lui et à ses descendants, un pays déjà habité, ça implique que le peuple qui sera formé des descendants d’Abraham vont dominer sur ceux qui habitaient le pays. Pour marquer cela, Abraham est parti en guerre et a conquis plusieurs villes en Canaan. Ceci dit, le peuple n’a jamais possédé le pays jusqu’aux frontières promises.

La ligne rouge est approximativement le territoire promis. Le Seigneur avait mentionné qu’une des frontières étaient le grand fleuve d’Égypte, c’est-à-dire le Nil, ce que nous voyons à l’Ouest de la carte. La frontière à l’Est est l’Euphrate. Jamais les Israélites n’ont possédé ce pays jusqu’à ces frontières. De plus, jamais les Israélites n’ont entièrement dépossédé les nations païennes. Il y a toujours eu des païens dans le pays. La raison est la suivante : ce pays était une ombre et non la réalité. Deux textes du Nouveau Testament nous dirigent vers cette conclusion :

En effet, ce n’est point par la loi que l’héritage du monde a été promis à Abraham ou à sa descendance, c’est par la justice de la foi. (Romains 4.13)

Nous apprenons dans ce verset que l’héritage promis n’était pas le pays délimité d’Israël, mais le monde. En grec, c’est le cosmos, l’univers. Le deuxième texte se trouve en Hébreux 11.8-10 :

C’est par la foi qu’Abraham, obéit à l’appel de Dieu en partant vers un pays qu’il devait recevoir en héritage ; et il partit sans savoir où il allait. C’est par la foi qu’il vint s’établir dans la terre promise comme en un pays étranger, habitant sous des tentes, ainsi qu’Isaac et Jacob, héritiers avec lui de la même promesse. Car il attendait la cité qui a de solides fondations, celle dont Dieu est l’architecte et le constructeur. (Hébreux 11.8-10)

Le texte dit qu’Abraham est venu s’établir dans la terre promise, mais comme dans un pays étranger. Il savait qu’il n’était pas encore rendu à la maison et il l’a démontré en vivant sous des tentes. Au lieu de se construire un bungalow, il a fait du camping. Quelle était sa disposition alors qu’il vivait en Canaan?

Car il attendait la cité qui a de solides fondations, celle dont Dieu est l’architecte et le constructeur. (Hébreux 11.10)

L’auteur poursuit dans la même veine au verset 13. Hébreux 11.13-16 nous parle, à mon avis, de Jacob et de ses douze fils à l’origine des douze tribus d’Israël :

C’est dans la foi qu’ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises, mais ils les ont vues et saluées de loin, en confessant qu’ ils étaient étrangers et résidents temporaires sur la terre. Ceux qui parlent ainsi montrent clairement qu’ils cherchent une patrie. Et s’ils avaient eu la nostalgie de celle qu’ils avaient quittée, ils auraient eu l’occasion d’y retourner. Mais en réalité ils aspirent à une patrie meilleure, c’est-à-dire céleste. C’est pourquoi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu ; car il leur a préparé une cité. (Hébreux 11.13-16)

Les patriarches étaient en terre promise et, pourtant, l’auteur dit qu’ils sont tous morts sans avoir obtenu les choses promises. Tout comme Abraham, ils ont confessé qu’ils étaient étrangers et résidents temporaires sur la terre. Le verset 14 ajoute que ceux qui parlent ainsi montrent clairement qu’ils cherchent une patrie, c’est-à-dire un pays. Pourtant, ils avaient le pays de Canaan. Au verset 15, l’auteur rappelle que ces patriarches ont eu la possibilité de retourner dans le pays promis. Ils avaient l’occasion d’y retourner. Quand Joseph a géré la sécheresse et que toute sa famille s’est retrouvée en Égypte, ils sont tous remontés en Canaan pour enterrer leur père Jacob. Puis, surprise : ils sont retournés en Égypte. Pourquoi y retourner si le pays promis était Canaan? Le verset 16 répond :

Mais en réalité ils aspirent à une patrie meilleure, c’est-à-dire céleste. C’est pourquoi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu ; car il leur a préparé une cité. (Hébreux 11.16)

Ombre et réalité

Ceci s’inscrit dans le passage de l’ombre à la réalité et ce n’est pas surprenant. Une ombre est ce qui prépare, ce qui annonce en pointant vers la réalité. Les sacrifices d’animaux n’étaient que l’ombre : la réalité est le sacrifice parfait de Jésus-Christ, l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. Le temple de Jérusalem n’était qu’une ombre. La réalité est l’Église, temple du Saint-Esprit et, par extension, la nouvelle création que nous n’avons pas le temps de voir ce matin. Si vous êtes intéressés à en savoir davantage sur le lien entre le temple et la nouvelle création, venez me voir, ça me fera plaisir de vous en informer. La royauté de David était une ombre. La réalité est la royauté de Jésus-Christ. Bref, sous l’ancienne alliance, il y avait beaucoup d’ombres qui pointaient vers la réalité qui est Jésus-Christ, mais ces ombres n’étaient que des ombres. Une ombre pointe vers la réalité de Jésus-Christ. Par conséquent, une ombre ne répond jamais à tous les critères de la réalité. David a été roi, mais il est mort. Son corps a vu la corruption. Le temple a bien servi de lieu de culte, mais la réalité est un culte non plus à Jérusalem, mais en esprit et en vérité. Dans le temple de Jérusalem, Dieu a bien manifesté sa présence, mais la réalité est que c’est d’abord Jésus-Christ qui est le temple de Dieu et, par extension, l’Église et, par extension encore, la nouvelle création. Le pays promis sous l’ancienne alliance, incluant la royauté, était une ombre. La réalité est tellement plus grande. Comme nous l’avons lu en Romains 4.13, c’est le cosmos, l’univers, qui a été promis à Abraham et non un territoire délimité au Moyen-Orient. En Hébreux 11, les patriarches voyaient bien que le territoire d’Israël n’était pas leur vraie patrie : ils attendaient la cité céleste. Tout cela nous montre que le développement biblique du royaume est passé par l’ombre, c’est-à-dire le territoire d’Israël. Cette promesse pointait inévitablement vers l’éternité. En Genèse 13.15, Dieu s’adresse à Abraham :

[…] car tout le pays que tu vois, je te le donnerai, à toi et à ta descendance, pour toujours. (Genèse 13.15)

Cette promesse ne peut pleinement se réaliser que dans la nouvelle création, puisque celle-ci connaîtra une fin.

Jésus-Christ

Ce développement du royaume passe inévitablement par Jésus-Christ. Nous avons vu que, dès la création, le Seigneur confie la domination à l’homme. Le psaume 8 rappelle ce mandat, aux versets 4 et suivants :

Quand je regarde tes cieux, ouvrage de tes mains, la lune et les étoiles que tu as établies : Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui ? Et le fils de l’homme, pour que tu prennes garde à lui ? Tu l’as fait de peu inférieur à Dieu, et tu l’as couronné de gloire et de splendeur. Tu lui as donné la domination sur les œuvres de tes mains, tu as tout mis sous ses pieds, Les brebis comme les bœufs tous ensemble, et même les bêtes des champs,  Les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, tout ce qui parcourt les courants marins. (Psaumes 8.4-9)

Le langage rappelle Genèse 1, où Dieu dit à l’homme de dominer sur tous les oiseaux, les animaux marins, le bétail, les reptiles, etc. Hébreux 2.6-9 applique ce psaume à Jésus-Christ :

Mais quelqu’un a rendu quelque part ce témoignage : Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui, Le fils de l’homme, pour que tu prennes soin de lui ? Tu l’as fait pour un peu de temps inférieur aux anges, Tu l’as couronné de gloire et d’honneur, Tu l’as établi sur les œuvres de tes mains ; Tu as mis toutes choses sous ses pieds. En lui soumettant ainsi toutes choses, Dieu n’a rien laissé qui reste insoumis. Cependant, nous ne voyons pas encore maintenant que toutes choses lui soient soumises. Mais celui qui a été fait pour un peu de temps inférieur aux anges, Jésus, nous le contemplons, couronné de gloire et d’honneur, à cause de la mort qu’il a soufferte ; ainsi, par la grâce de Dieu, il a goûté la mort pour tous. (Hébreux 2.6-9)

Ce point est très important : la domination confiée à l’homme a été détournée lors de la chute et c’est Jésus-Christ qui reprend le mandat et qui ramène les choses selon Dieu. Il accomplit le mandat où l’homme a échoué. Son règne dépasse ce qui était mentionné en Genèse 1. Jésus a dit en Matthieu 28.18 :

Jésus s’approcha et leur parla ainsi : Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. (Matthieu 28.18)

Cette domination du messie avait été prophétisée en Ésaïe 9.5-6 :

Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la souveraineté reposera sur son épaule ; on l’appellera admirable conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. Renforcer la souveraineté et donner une paix sans fin au trône de David et à son royaume, l’affermir et le soutenir par le droit et par la justice dès maintenant et à toujours. Voilà ce que fera le zèle de l’Éternel des armées. (Ésaïe 9.5-6)

Aussi, nous lisons ceci en Luc 1.32-33 :

Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il règnera sur la maison de Jacob éternellement et son règne n’aura pas de fin. (Luc 1.32-33)

Frères et sœurs, le royaume de Dieu est un royaume cosmique, sans aucune frontière. La foi n’est pas d’avoir reçu le petit Jésus dans son petit cœur : la foi est la confiance en Jésus-Christ, Roi des rois sur tout l’univers. Son œuvre dépasse ma personne, mon Église. Son œuvre est cosmique. De plus, le royaume de Dieu est un royaume éternel. Il ne fait pas partie de cette création-ci. Il a commencé ici au sens où les puissances du royaume avancent. C’est ce que nous lisons en Matthieu 12.28 :

Mais, si c’est par l’Esprit de Dieu, que moi, je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc parvenu jusqu’à vous. (Matthieu 12.28)

Spirituellement, le royaume est bien amorcé, il est bien inauguré et nous attendons la phase finale, la restauration de toute chose, en particulier la résurrection de nos corps où nous serons transformés à l’image parfaite de Jésus-Christ.

Règne partagé

Non seulement nous appartenons au royaume de Dieu, mais aussi, le Seigneur Jésus partage sa royauté avec tous ses enfants, comme si Jésus se tassait sur son trône pour nous faire une place. En parlant des élus, Apocalypse 22.5 dit :

Ils règneront aux siècles des siècles. (Apocalypse 22.5)

Avant de parler de l’éthique du royaume, j’aimerais proposer deux applications majeures. La première est que nous devons toujours tenir compte du développement des notions bibliques. Sinon, nous allons faire des conclusions erratiques. Que ce soit la notion de peuple de Dieu, du temple, du pays promis, des sacrifices, du sacerdoce, chaque ombre doit diriger nos yeux vers la réalité qui est en Jésus-Christ.

Deuxièmement, nous devrions être impressionnés et tomber d’admiration sur nos genoux du fait que Jésus-Christ a un règne infini dans l’espace, absolu en puissance et éternel dans le temps. Frères et sœurs, notre adoration gagne à être alimentée par la grandeur de Jésus-Christ, de son œuvre et de sa personne. Notre espérance est aussi nourrie par la progression du royaume. Un jour, mon épouse et moi étions dans un restaurant à Montréal dans le haut d’une tour. Ce restaurant tournait pour que nous puissions voir le tour de la ville, mais il tournait tellement lentement qu’on ne s’en rendait pas compte. Frères et sœurs, le royaume de Dieu progresse à chaque jour. On ne s’en rend pas compte, mais c’est une vérité. Même si les actualités ne sont pas encourageantes, le royaume de Dieu avance. Même si je suis éprouvé, le royaume de Dieu avance : pas à pas, peu à peu, mais toujours et dans la bonne direction. C’est un fait irréversible.

Éthique

Maintenant, quelques mots sur l’éthique du royaume. Un point important pour nous est de prendre conscience que nous appartenons au royaume de Jésus-Christ. Jésus a dit à Nicodème en Jean 3.3 :

Jésus lui répondit : En vérité, en vérité je te le dis, si un homme ne naît de nouveau il ne peut voir le royaume de Dieu. (Jean 3.3)

C’est par la nouvelle naissance que nous entrons dans le royaume de Jésus-Christ : c’est là notre identité, c’est là notre appartenance. Nous ne sommes pas de ce monde-ci. Nous sommes des fils et des filles du royaume si nous sommes à Jésus-Christ. Nous sommes aussi appelés à vivre selon les valeurs du royaume. Il y a une valeur éthique qui est l’acceptation des persécutions :

Heureux ceux qui sont persécutés à cause de la justice, car le royaume des cieux est à eux ! (Matthieu 5.10)

Lorsque nous acceptons les persécutions, lorsque nous acceptons de subir les contre-coups de la vie chrétienne, nous démontrons notre appartenance au royaume de Jésus-Christ. Nous démontrons que cette appartenance est telle que nous sommes prêts à subir des injustices. La notion de justice revient souvent avec celle du royaume :

Car je vous le dis, si votre justice n’est pas supérieure à celle des scribes et des Pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. (Matthieu 5.20)

Cherchez premièrement son royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus. (Matthieu 6.33)

Ce verset nous dit qu’il y a une justice du royaume. Dans la Bible, la justice consiste toujours à vivre selon les instructions de Dieu, en particulier en soumission à la loi de Dieu. Il ne s’agit pas d’une justice propre, mais d’une vie de disciple qui cherche à suivre son Maître. Le contexte nous montre que nous devons vivre non pas en nous inquiétant du lendemain, non pas en amassant des trésors sur la terre, mais en vivant les valeurs du royaume :

Car le royaume de Dieu, c’est non pas le manger ni le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit. (Romains 14.17)

Frères et sœurs, nous sommes dans le royaume de Jésus-Christ, où doivent régner la justice, la paix et la joie. Les mauvaises valeurs du monde, du royaume des ténèbres, n’ont pas leur place parmi nous. L’Église de Jésus-Christ est la famille du royaume. Prenons un temps pour entrer en nous-mêmes et nous examiner. Recherchons-nous la justice entre nous? Recherchons-nous la paix entre nous? Vivons-nous la joie du Seigneur entre nous? Si ce n’est pas le cas, c’est que nos yeux ne sont plus sur le royaume que le Seigneur établit. Nos yeux sont ailleurs : ils sont au mauvais endroit. Prenons un temps pour nous examiner.

Prière

Pardonne nos péchés, notre égoïsme. Aide-nous à voir là où nous manquons. Secours-nous. Nous avons besoin de ton aide pour vivre les vertus du royaume.

Daniel Durand, pasteur
8 mars 2020

Prédicateur invité

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