Le rôle des Anciens, partie 2 – Éphésiens 4.11

« Un défi pour plusieurs brebis est de laisser les anciens veiller sur leur âme. Les chrétiens doivent obéir et être soumis, parce que les anciens doivent veiller sur les âmes.  Un chrétien insoumis est un chrétien qui refuse que ses anciens jouent leur rôle sur lui. »

 

Introduction

Ce matin, nous poursuivons dans l’épître aux Éphésiens.

C’est lui qui a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, (Éphésiens 4.11)

Questions posées

Évangélistes et évangélisation

La semaine passée, nous avons vu qu’il y a trois ministères qui, selon ma compréhension, sont terminés. Il s’agit des apôtres, des prophètes et des évangélistes. Cette affirmation a suscité une question chez une sœur : « Qu’en est-il de l’évangélisation ? »

L’évangélisation se poursuit toujours. J’espère que nous évangélisons. Le point concernant les évangélistes est que nous ne savons pas trop quel était leur ministère. Dire qu’ils évangélisaient, c’est simple et c’est probable, mais c’est loin d’être certain que ça résume tout le ministère qu’ils avaient. Est-ce qu’ils ont servi à appuyer les apôtres dans leur ministère d’implantation d’églises ? On ne le sait pas. Est-ce qu’ils étaient responsables de stratégie d’évangélisation qui pouvaient parfois impliquer des groupes de chrétiens qui évangélisaient ? On ne le sait pas.

Nous devons tous évangéliser, mais nous ne sommes pas tous évangélistes au sens technique où Paul l’emploie. Ceci dit, le devoir d’évangélisation demeure pour nous. Dès que nous vivons l’évangile, les valeurs du royaume (puisque l’évangile, c’est l’évangile du royaume, la bonne nouvelle du royaume), dès que nous vivons ces valeurs, nous propageons cet évangile. C’est pourquoi je pense que nous devons éviter d’utiliser le titre « évangéliste », tout en continuant d’évangéliser. Dimanche dernier, nous avions aussi vu le ministère des anciens qui sont appelés aussi pasteurs, évêques et dirigeants.

1 Pierre 5.1-5

J’ai reçu une autre question à ce sujet, concernant le texte de l’apôtre Pierre qui vaut la peine de regarder.

J’exhorte donc les anciens qui sont parmi vous, moi, ancien comme eux, témoin des souffrances du Christ et participant à la gloire qui doit être révélée : […] (1 Pierre 5.1)

Dans les 2 prochains versets, Pierre y va d’un mouvement qui va de ce qui ne doit pas être vers ce qui doit être.

Faites paître le troupeau de Dieu qui est avec vous, non par contrainte, mais volontairement selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais de bon cœur ; non en tyrannisant ceux qui vous sont confiés, mais en devenant les modèles du troupeau ; et, lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous remporterez la couronne incorruptible de la gloire. (1 Pierre 5.2-4)

Par voie de contrastes, Pierre fait ressortir la bonne attitude que doivent avoir les anciens dans l’exercice de leur pastorat.

Premier contraste : « […] non par contrainte, » / « […], mais volontairement selon Dieu; »

Les anciens ne doivent jamais exercer leur ministère dans la contrainte. Ils ne doivent pas être réticents. Ils ne doivent pas le faire par obligation. La version Parole Vivante traduit : « non par devoir et à contrecœur ». La version Semeur traduit : « non comme si vous y étiez forcés ». Au contraire, les anciens doivent exercer leur ministère volontairement, de plein gré.

Deuxième contraste : « […]; non pour un gain sordide, […] » / « […] mais de bon cœur; »

Il arrive que des pasteurs utilisent leur ministère pour s’enrichir. Ils ont le nez dans les livres, ils manipulent les livres. Il y a longtemps, j’ai connu un pasteur qui vérifiait à chaque semaine ce que chacun avait donné. Il y a des scandales qui font les manchettes à l’occasion et qui impliquent des évangéliques. Il y a des pasteurs qui volent l’Église ou qui manipulent les membres pour avoir plus d’argent. Ces pratiques n’ont vraiment pas leur place dans l’Église du Seigneur et les anciens doivent se tenir éloignés de ces choses. Par extension, même si ce contraste parle surtout d’argent, je pense que ceux qui vont dans le pastorat pour acquérir du prestige doivent vraiment s’abstenir et rester en dehors de ce ministère.

Troisième contraste : « […] non en tyrannisant ceux qui vous sont confiés, […] » / « […], mais en devenant les modèles du troupeau »

Ici, Pierre rappelle ce que Jésus avait dit en Marc 10.42-45 :

Jésus les appela et leur dit : Vous savez que ceux qu’on regarde comme les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands abusent de leur pouvoir sur elles. Il n’en est pas de même parmi vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, sera votre serviteur ; et quiconque veut être le premier parmi vous, sera l’esclave de tous. Car le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup.

Ici, il est question de la manière d’appliquer l’autorité. Pierre reprend le même mot que Jésus a utilisé pour les chefs des nations qui tyrannisent le peuple. Samuel Bénétreau fait ressortir que ce qui ajoute en gravité à la tyrannie des mauvais pasteurs est qu’ils tyrannisent un troupeau qui a déjà un Berger, c’est-à-dire le Christ. J’ajouterais que ces mauvais pasteurs, que le prophète Ézékiel dénonce au chapitre 34 de son livre, en viennent à ternir l’image que les brebis ont du Seigneur Jésus. Le modèle des pasteurs doit être Jésus-Christ, le souverain Berger. Si des pasteurs se comportent mal, les brebis risquent d’avoir une mauvaise conception du modèle parfait. Par conséquent, notre modèle d’autorité est le Seigneur Jésus et non les hommes. Les anciens doivent le faire dans un esprit de service. Ils ne sont pas là pour se servir, mais pour servir l’Église. Ça ne signifie pas que ce sont les brebis qui dictent aux anciens ce qu’ils doivent dire et faire. Le modèle par excellence est Jésus.  Le verset 45 le rappelle bien : Jésus a servi les disciples en les traitant selon ce que le Seigneur disait. Il ne les a jamais servis en leur était soumis. Pierre exhorte les anciens à ne pas tyranniser ceux qui leur sont confiés et, comme je l’ai dit plus tôt, qui est intéressant, c’est que Pierre termine ce propos en rappelant qu’il y a un Berger au-dessus des anciens.

[…] et, lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous remporterez la couronne incorruptible de la gloire. (1 Pierre 5.4)

Les pasteurs comme Sylvain et moi ne sont en fait que des sous-pasteurs. Le souverain pasteur est Jésus-Christ lui-même et il a établi des anciens, des pasteurs pour paître à travers eux. Pour nous, anciens, c’est une responsabilité qui doit nous garder dans ce que le Seigneur nous demande. Voilà pour les questions que vous m’avez soumises. Si vous avez d’autres questions, sur ce texte ou sur d’autres, n’hésitez surtout pas : appelez-moi, écrivez-moi, et ça me fera plaisir de faire les recherches et de revenir sur ces points. Pour moi, c’est très important que nous avancions ensemble dans la compréhension de ces choses.

Éphésiens 4.11

Nous allons maintenant poursuivre dans l’épître de Paul aux Éphésiens, au chapitre 4, et nous lirons le verset 11.

 

Exposé

Jusqu’à maintenant, l’étude de cette épître nous a donné l’occasion de voir que :

  • L’unité harmonise les membres;
  • L’orgueil paralyse le corps;
  • L’humilité neutralise les égos;
  • La complémentarité organise le corps;
  • La sainteté tranquillise le péché;
  • La charité amenuise les difficultés;
  • La vérité vitalise l’Église.

Depuis le verset 7, nous voyons comment le Seigneur rend possible ces choses dans son Église. La dernière fois, nous avions regardé les différents titres des pasteurs. Ce titre indique que le peuple de Dieu est considéré comme un troupeau de brebis et que les bergers doivent nourrir, protéger, conduire, soigner les brebis. C’est toujours par la Parole de Dieu que les bergers doivent exercer leur ministère. La Parole de Dieu est la nourriture : elle nous dit de quoi nous devons être protégés, elle nous conduit dans les voies de Dieu, et elle nous soigne, elle nous restaure. En plus du titre de pasteurs, il y a aussi les titres d’évêques, d’anciens, et d’enseignants ou docteurs, docteurs au sens de ceux qui enseignent la doctrine. Nous avions aussi vu que tous les anciens d’une Église locale forment le conseil et que c’est le conseil qui a l’autorité. J’avais aussi parlé qu’au sein du conseil d’anciens, il y en a qui sont particulièrement appelés au ministère de prédication et d’enseignement. Il restait un titre propre aux anciens à regarder, et c’est celui de dirigeant.

Dirigeants

Nous vous demandons, frères, d’avoir de la considération pour ceux qui travaillent parmi vous, qui vous dirigent dans le Seigneur et qui vous avertissent. (1 Thessaloniciens 5.12)

Le Nouveau Testament nous dit que ce sont les pasteurs, les anciens qui dirigent les brebis et l’assemblée. Ça va de soi lorsqu’on désigne les anciens comme les bergers et l’ensemble des chrétiens comme les brebis. Les bergers doivent diriger leurs brebis. Ce ne sont pas les brebis qui dirigent les anciens. D’ailleurs, la capacité à diriger est un critère pour être ancien.

Il faut que l’évêque dirige bien sa propre maison et qu’il tienne ses enfants dans la soumission, avec une parfaite dignité. Car si quelqu’un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l’Église de Dieu ? (1 Timothée 3.4-5)

Le théologien Samuel Bénétreau, qui a écrit d’excellents commentaires bibliques dans la série Édifac, dit ceci concernant le verbe « diriger » : « Ce verbe exprime une autorité réelle et une direction effective, un « gouvernement », mais dans l’esprit de l’Évangile, c’est-à-dire en portant le souci des personnes et en recherchant le bien de l’ensemble et non des avantages personnels ou de parti. Les Anciens sont mentionnés au pluriel […] : leur autorité est collégiale et elle s’étend, apparemment, à tous les aspects de la vie communautaire. »

C’est plus qu’une simple influence auprès des membres. C’est plus que quelqu’un qui amène une lumière un peu plus éclairée de par sa formation et son appel. Il y a une autorité réelle et une direction effective, c’est-à-dire une direction qui a des effets. Un commentateur que je lis présentement déplore que, dans beaucoup d’Églises, l’autorité a été retirée aux anciens pour passer aux mains de 50% plus 1 des membres. Ma pensée est que la démocratie dans l’Église est une catastrophe : c’est la pensée du monde qui entre dans l’Église. Avec la démocratie vient une tentative d’uniformité. Dans certains milieux, pratiquement n’importe qui peut enseigner. N’importe qui peut faire à peu près n’importe quoi. Un des arguments qu’ils utilisent, c’est la question du sacerdoce universel. Cette doctrine signifie que tous les chrétiens prennent part à la mission de l’Église et non seulement les dirigeants. Nous sommes d’accord avec cette doctrine et nous la défendons. Par contre, elle ne signifie pas que tous les rôles sont uniformisés dans l’Église. Les apôtres, qui ont enseigné la doctrine du sacerdoce universel, ont aussi affirmé qu’ils avaient une autorité unique, et que leurs propos devaient être reçus avec cette autorité. Nombre de textes nous disent qu’il y a plusieurs membres qui ont des fonctions différentes. Notre société rejette l’autorité, méprise les gouvernements et est devenue cynique face aux institutions. Les enfants sont de plus en plus rebelles à leurs parents. La plupart des gens sont cyniques face à l’autorité. Il y a beaucoup de personnes qui se disent chrétiennes mais qui rejettent toute autorité, ils ne veulent pas d’autorité dans l’Église. J’ai connu quelques Églises qui se sont retrouvées sans pasteur, sans ancien dans l’Église et qui préféraient ne pas appeler un nouveau pasteur. Elles se trouvaient mieux servis sans autorité pastorale. Pour ma part, il est impossible de déstructurer l’Église sans affecter sérieusement la croissance spirituelle de celle-ci. Du côté des autorités dans plusieurs Églises, on assiste à une capitulation, une reddition de l’application de l’autorité au profit de la démocratie. On ne dirige plus : on négocie. Il y a une grande différence entre des parents qui sont à l’écoute, qui consultent, et des parents qui négocient. La psychologie moderne préconise souvent la négociation entre les parents et les enfants : ça fait des personnes qui arrivent à l’âge adulte et qui contestent toute autorité. Dans l’Église, les pasteurs doivent absolument être à l’écoute des brebis, ils doivent les entendre, les consulter. C’est nécessaire pour connaître leurs besoins. C’est aussi bénéfique, parce qu’il arrive souvent que des membres apportent une lumière, un point de vue différent que les anciens n’avaient pas, mais ce sont les pasteurs qui doivent diriger. J’ai déjà entendu que cette position équivaut à la dictature. Pour certains, c’est soit la démocratie, soit la dictature, mais on ne s’en sort pas. La démocratie, c’est la majorité qui dicte sa volonté à la minorité. Benjamin Franklin a déjà dit que la démocratie, c’est deux loups et un agneau qui se demandent ce qu’ils vont manger pour souper. On peut présumer du résultat du vote. L’Église n’est pas une démocratie, mais elle n’est pas non plus une dictature. Il y a trois différences majeures entre le gouvernement d’Église et la dictature. La première, c’est que dans une dictature, le dirigeant fait ce qui lui plaît. Dans l’Église, les anciens ne doivent pas faire ce qui leur plaît. Ils ont l’obligation d’appliquer ce que les Écritures disent.  Ils ne le feront pas parfaitement, ce sont des pécheurs comme tous les autres, des personnes limitées, mais ils ont cette obligation. La deuxième, c’est que dans l’Église, c’est un conseil d’anciens, de sorte qu’un ancien seul n’a aucune autorité. Personnellement, je n’ai aucune autorité pour changer quoi que ce soit à l’Église. Sylvain aussi n’a aucune autorité. C’est ensemble, en tant que conseil, que nous avons l’autorité. Je n’ai aucune possibilité d’amener quoi que ce soit sans en avoir parlé avec Sylvain et, ensemble, nous décidons en examinant ce que les Écritures disent. La troisième raison qui fait que le gouvernement d’Église est totalement différent d’une dictature, c’est que les anciens ont une autorité limitée. Une dictature se permet de décider de tout, même de ce qui revient aux parents. Les anciens dirigent l’Église, mais ils n’ont pas à diriger la vie privée des gens. Donc, en résumé, les anciens dirigent, mais en appliquant ce que les Écritures disent du mieux possible. Ils n’imposent pas leurs caprices, leurs goûts, mais ils doivent appliquer les Écritures. Ils doivent le faire en consultant les membres, mais aussi, dans certains cas, consulter des pasteurs de l’extérieur, des ouvrages, des théologiens. Les anciens ne doivent jamais être là pour eux-mêmes.

De la même façon que Jésus, le bon Berger, n’a jamais donné à ses brebis ce qu’elles auraient demandé, Jésus leur a plutôt donné ce que le Père lui a demandé de donner… de la même façon, les anciens ne donnent pas aux brebis ce qu’elles pourraient demander. Les anciens doivent donner aux brebis ce que le Seigneur leur demande de donner. J’aimerais ouvrir une parenthèse sur l’idée de diriger. Dans notre société, on parle de « leadership ».

Il y a une mode dans le monde protestant qui veut que chacun doit développer son leadership. Je ne vois jamais cela dans les Écritures. Ce que nous devons développer, c’est l’esprit de service dans l’humilité et si l’Église nous reconnaît des dons, elle appellera aux ministères qui sont associés aux dons. L’idée de développer son leadership m’apparaît absent des Écritures et je trouve qu’il y a des dangers dans cette approche.

Le danger est de penser qu’on peut prendre des initiatives sans fonctionner dans la structure du corps, c’est-à-dire que certains pourraient avoir cette idée de développer leur leadership et ne plus vraiment fonctionner en reconnaissant les ministères reconnus dans l’Église. Ils partent avec leur agenda dans une assurance qui pourrait dégénérer en arrogance, au nom du leadership. Soyons prudents sur les clichés qui circulent et revenons constamment aux Écritures. Comme nous l’avons déjà vu, les quatre ministères que Paul présente (apôtre, prophète, évangéliste et pasteur/docteur) sont des ministères de proclamation. Ça nous indique le cœur du ministère pastoral. Enseigner les Écritures ainsi qu’appliquer les Écritures dans l’Église et s’assurer que chacun les applique surtout dans la vie d’Église.

Les brebis

Ceci nous amène à la contrepartie, c’est-à-dire les responsabilités des brebis face aux anciens. Les versets qui enseignent sur le rôle et les responsabilités des anciens se trouvent, par ricochet, à enseigner à tous les chrétiens.

Choisir selon Dieu

Le premier point concernant les membres, c’est qu’ils doivent s’assurer en Église que les anciens qui sont nommés correspondent aux critères bibliques. C’est très important que les anciens ne soient pas nommés sur la base d’amitiés, d’affinités, de personnes qui pensent comme moi, ou de qualités qui peuvent être valables, mais qui ne sont pas les qualifications requises que l’on retrouve dans les Écritures. Les Écritures nous fournissent suffisamment d’éléments pour choisir selon Dieu.

Rapports brebis/anciens

Une autre implication des textes sur les anciens, c’est qu’ils comportent des responsabilités pour les membres.

Obéissez à vos conducteurs et soyez-leur soumis. Car ils veillent au bien de vos âmes, dont ils devront rendre compte. Faites en sorte qu’ils puissent le faire avec joie et non en gémissant, ce qui ne serait pas à votre avantage. (Hébreux 13.17)

Obéissance

Le verset débute par la consigne d’obéir aux anciens, appelés ici dirigeants. L’idée d’obéir n’est vraiment pas populaire et la raison, c’est notre péché : le péché est le fait de désobéir au Seigneur, de vouloir faire ce que l’on veut. Comme je l’ai mentionné plus tôt, l’Église n’est pas une démocratie.

Dans la Bible, nous ne voyons jamais une approche démocratique dans la gestion de l’Église. L’endroit qui s’en approche le plus est la nomination des diacres en Actes 6. Les apôtres disent à l’assemblée de choisir sept hommes, mais ce sont les apôtres qui ont décidé du nombre, des qualifications requises, du besoin, du fait que ce sont des hommes et non des femmes.

De plus, le fait que les apôtres leur ont imposé les mains nous indique qu’ils auraient pu ne pas les reconnaître, puisque Paul dit à Timothée de ne pas imposer les mains à personne avec précipitation. Donc, même dans ce texte, on ne parle pas de démocratie. Je suis persuadé que si les frères et sœurs avaient désigné des hommes qui n’auraient pas correspondu aux critères, les apôtres ne leur auraient pas imposé les mains. Un autre texte qui nous montre que l’Église est impliquée dans une décision :

Alors il parut bon aux apôtres et aux anciens, ainsi qu’à l’Église entière, de choisir parmi eux […] (Actes 15.22)

… et là, quelques personnes sont désignées pour se rendre à Antioche. La phrase est structurée de telle façon que c’est aux apôtres et aux anciens qu’il a paru bon d’envoyer ces personnes, mais il y a aussi un complément d’accompagnement. Les apôtres et les anciens ont probablement consulté l’Église entière pour pouvoir dire que les choses se sont faites avec l’Église.

En même temps, il n’est pas dit qu’il a paru bon aux apôtres, aux anciens et à l’Église. Autrement dit, l’Église ne fait pas partie de l’énumération, seulement les apôtres et les anciens, mais ils ont agi avec l’Église. Encore ici, on n’est pas dans une démocratie. Ce point est important parce qu’il y a une grande confusion dans le monde protestant. Il y a des excès de pasteurs qui dominent, qui imposent leur volonté, leurs caprices, etc.

La réponse à cet extrême ne doit pas être l’autre extrême, c’est-à-dire la démocratie, où les anciens sont dépourvus de l’autorité que la Bible leur reconnaît. Ça doit être la structure telle qu’établie par le Seigneur. Il n’a pas seulement fondé son Église : il la structure. Pour être certain de mettre suffisamment de poids sur l’idée, Hébreux 11.17 ajoute :

Obéissez à vos conducteurs et soyez-leur soumis.

Soumission

Encore là, l’homme n’apprécie pas la soumission. Le mot grec, traduit par « soumission », n’est pas le même qui est utilisé dans le cadre du mariage, même si ces mots ont des familiarités de sens.

Le mot grec signifie :

  • Ne pas résister
  • Laisser le chemin
  • Céder
  • Se soumettre aux autorités et aux avertissements

La version Louis Segond ainsi que la Genèse ont traduit par « déférence », ce qui signifie « grand respect ». Ce mot ne rend vraiment pas justice à l’original grec. S’il s’agit de respecter l’autorité, ça va, mais uniquement traduire par déférence est insuffisant. Toutes les autres versions que j’ai vérifiées ont traduit par « soumettez-vous ».

L’importance de cette obéissance dans la soumission nous est donnée dans la suite du verset.

Obéissez à vos conducteurs et soyez-leur soumis. Car ils veillent au bien de vos âmes, dont ils devront rendre compte. (Hébreux 13.17)

Comme anciens, Sylvain et moi avons la responsabilité de veiller au bien de vos âmes. Un théologien du nom de Ceslas Spicq a écrit dans son commentaire : « c’est plus que de la vigilance ordinaire, ils en perdent en quelque sorte le sommeil… Cet état de veille, jour et nuit – propre aux bergers – s’explique en raison du trésor confié ». C’est notre plus grand souci, notre plus grande préoccupation. C’est notre plus grande responsabilité. Un défi pour plusieurs brebis est de laisser les anciens veiller sur leur âme. Les chrétiens doivent obéir et être soumis, parce que les anciens doivent veiller sur les âmes.  Un chrétien insoumis est un chrétien qui refuse que ses anciens jouent leur rôle sur lui. Certains, peut-être par orgueil, pensent qu’ils n’en ont pas besoin.

D’autres, souvent, parce qu’ils ont des blessures dans leur vie, s’isolent et ne veulent pas entrer dans cette relation pasteur/brebis. D’autres, encore, ont peur d’être jugés ou condamnés. J’aimerais vous dire que ma théologie déteint sur mes interventions. Je crois que le chrétien n’est plus sous la condamnation, mais qu’il est sous la restauration. Nous ne sommes pas là pour condamner, mais pour veiller sur les âmes que le Seigneur nous confie.

En lien avec ce que nous avons vu, nous allons voir un autre texte.

Prenez donc garde à vous-mêmes et à tout le troupeau au sein duquel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour faire paître l’Église de Dieu qu’il s’est acquise par son propre sang. (Actes 20.28)

L’exhortation que Paul adresse aux anciens d’Éphèse se trouve également à exhorter tous les chrétiens. Si les anciens doivent paître les brebis, c’est donc dire que les brebis doivent se laisser paître par les anciens. Imaginez un troupeau de brebis dans un pré : là, une des brebis refuse les soins du berger, refuse la nourriture, refuse la direction. On se demande si elle veut vraiment faire partie du troupeau. Il me semble que les textes bibliques exhortent tous les chrétiens à avoir une bonne disposition envers les anciens.

 

Applications

Maintenant, quelques applications. J’ai déjà mentionné l’importance de suivre toutes les consignes bibliques pour désigner les anciens. Une autre application est que nous devons reconnaître non seulement leur titre mais leur rôle sur nos vies. Si un chrétien se dit : « Je ne veux pas que les anciens jouent leur rôle sur ma vie », il y a un problème sérieux. Si c’est le cas, nous devons nous examiner sérieusement. Frères et sœurs, je vous invite vraiment à réfléchir sur la question des anciens. Il y a tellement d’églises qui se sont affaiblies, qui se sont divisées, et une des raisons est que la structure biblique de l’Église n’est pas vraiment respectée. L’unité de l’Église en dépend.

 

Daniel Durand, pasteur
2 septembre 2018

Prédicateur invité

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