Le monde selon Dieu, Éphésiens 4.17-19

Share on facebook
Share on twitter
Share on google
Share on email

« L’homme sait qu’il a été créé. Juste ce point est suffisant. Si j’ai été créé, c’est que je n’ai pas décidé d’exister. Quelqu’un a décidé que j’allais exister et il m’a créé. C’est donc qu’il est tout-puissant. Et c’est donc que je ne m’appartiens pas. Je lui appartiens. »

 

Introduction

Dans les derniers mois, nous nous sommes arrêtés parfois sur la lettre de Paul aux Éphésiens. Et dans cette épître, nous avions vu que le thème principal est l’unité qui est en Dieu, 3 personnes parfaitement unies en un seul Dieu, et ayant des rôles différents dans le salut. Et au chapitre 4, Paul exhorte les chrétiens à vivre cette unité. Et une des conditions pour vivre cette unité est d’avoir un même regard sur le monde, le regard de Dieu.

 

Nous allons lire Éphésiens 4.17-19 :

 

17 Voici donc ce que je dis et ce que je déclare dans le Seigneur: Vous ne devez plus marcher comme les païens, qui marchent selon la vanité de leurs pensées. 18 Ils ont l’intelligence obscurcie, ils sont étrangers à la vie de Dieu, à cause de l’ignorance qui est en eux, à cause de l’endurcissement de leur cœur. 19 Ayant perdu tout sentiment, ils se sont livrés au dérèglement, pour commettre toute espèce d’impureté jointe à la cupidité.

 

Exposé

Une des pensées courantes est que nous devons nous comporter différemment en fonction de l’endroit où nous nous trouvons. En fait, cette pensée était populaire dans l’Antiquité. Il y avait le proverbe : « Quand tu es à Rome, fais comme les Romains ». C’était un encouragement à se conformer au monde où l’on se trouve. Celui qui se trouve avec des personnes qui mangent santé, qu’il mange aussi santé. Celui qui se trouve avec des personnes qui aiment philosopher doit aussi philosopher. Le conformisme a sa place dans certains cas. Si vous allez passer une entrevue pour un emploi et que vous savez que la personne que vous allez rencontrer n’aime pas entendre la vie personnelle des gens, vous allez vous conformer. Mais là où le conformisme n’a vraiment pas sa place, c’est le chrétien avec le monde. Le chrétien ne doit jamais se conformer au monde duquel il a été délivré. Si le conformisme peut avoir certains avantages dans la vie sociale, en matière de morale et de pratique chrétiennes, c’est de la folie. C’est pourquoi Paul dit aux Éphésiens :

 

Vous ne devez plus marcher comme les païens.

 

Le texte grec affirme que les Éphésiens marchaient autrefois comme les païens. En fait, avant leur conversion, ils étaient païens. Nous aussi, les chrétiens, avons déjà été païens, c’est-à-dire non chrétiens. Il y a une période pré-conversion et une période post-conversion. La période pré-conversion était caractérisée par une marche prétentieuse. Comme le dit Paul, selon la vanité de nos pensées. La période post-conversion doit être radicalement différente. Ce que nous verrons une autre fois avec les versets 20 et suivants. Nous avons été appelés par Dieu, nous avons été unis par le St-Esprit, nous appartenons à un seul Corps, l’Église. Dieu a fait des dons de proclamation de sa Parole. Il a aussi fait des dons à l’ensemble des membres de son Corps. Et Paul arrive au verset 17 avec une application qui découle de ce qu’il avait dit dans les versets précédents. Éphésiens 4.17 :

 

Voici donc ce que je dis et ce que je déclare dans le Seigneur: Vous ne devez plus marcher comme les païens, qui marchent selon la vanité de leurs pensées.

 

Frères et sœurs. Notre Dieu est saint. Il est parfait. Ce monde-ci est pécheur. Nous ne devons plus marcher comme les païens. Nous devons rechercher la pureté, la sanctification et la consécration. Nous devons marcher non plus selon nos pensées mais selon les pensées de Dieu. Nous devons vivre dans la sainteté et la consécration. Pas juste parce que la bonne morale est bonne en soi, bien qu’elle le soit. Ni en raison de ce qu’elle nous apporte comme l’épanouissement, bien que ce soit vrai. Nous devons vivre dans la sainteté en raison de ce que Dieu a fait. Parce que le Seigneur nous a rachetés de ce monde perdu, ce serait une folie d’y retourner. Le grand théologien Martyn Lloyd-Jones a dit que notre conduite devrait toujours exprimer ce que nous professons.

 

Le monde perdu

Paul rappelle aux chrétiens d’Éphèse le problème du monde. Ça fait 2000 ans, et la situation est exactement la même. Elle est la même parce que ce n’est pas un problème de culture, ni un problème de connaissance scientifique. Ce n’est ni un problème pour lequel l’expérience humaine peut réussir à tirer les bonnes conclusions pour le régler. Le problème du monde vient de la nature de l’homme. Non pas de sa nature telle que Dieu l’a créée. Lorsque Dieu a créé l’homme, il n’y avait pas ce problème. Ecclésiaste 7.29 :

 

Seulement, voici ce que j’ai trouvé, c’est que Dieu a fait les hommes droits…

 

Mais le problème est en raison de la nature pécheresse de l’homme. Paul exhorte les chrétiens à ne plus marcher comme les païens. Mais immédiatement, il va cibler la cause du problème. La marche n’est pas la cause du problème. La marche pécheresse est l’expression, la manifestation du problème. Le problème, Paul va l’exposer en 3 affirmations :

 

1.      La vanité, ou la futilité de leurs pensées

2.      L’intelligence obscurcie

3.      L’endurcissement de leurs cœurs

 

Certains ont l’idée que ce que les gens pensent n’est pas important. L’important, c’est leur conduite. Il y a une approche que l’on appelle le béhaviorisme et qui cherche des comportements sans s’intéresser à l’intériorité de l’être humain. La Bible nous apprend que tout part de l’intériorité de l’homme. Si l’homme pèche, c’est parce qu’il est pécheur. L’homme agit, se comporte en fonction de sa nature. Lorsque le Seigneur nous sauve, il ne nous donne pas de nouveaux comportements. Voici ce qu’il nous donne. Ézéchiel 36.25-27 :

 

25 Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés; je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles. 26 Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau; j’ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair.

 

Le Seigneur ne donne pas de nouveaux comportements. Il donne une nouvelle intériorité. Verset 27 :

 

27 Je mettrai mon Esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances, et que vous observiez et pratiquiez mes lois.

 

Et en changeant complètement notre intériorité, le comportement suit. L’homme agit en fonction de son intériorité, de sa nature propre. C’est la régénération. Dieu nous donne son Esprit, ce qui fait en sorte que nous obéissons. Mais les païens n’ont pas ce privilège. Ils vivent avec leur nature propre. Ce n’est pas le temps ce matin de développer, mais je vais donner juste un mot sur leur situation. Ça ne signifie pas qu’ils ne sont pas responsables de leur situation. Lorsqu’ils pèchent, ce sont eux qui pèchent. Personne ne les force. De plus, ils savent que c’est péché lorsqu’ils pèchent. Donc, Paul cible la source du problème de l’homme. Son intériorité. Et il ne s’agit pas d’une partie de son intériorité mais de toute son intériorité. Personnellement, je n’adhère pas à la pensée de certains chrétiens qui veut que l’homme a la capacité de se tourner par lui-même vers Dieu. Derrière cette pensée, il y a l’idée qu’il ne manque que l’information pour que l’homme puisse faire le choix de se tourner vers Dieu. Autrement dit, le problème de l’homme c’est qu’il n’a pas reçu l’information; présentons le message de l’évangile, et ceux qui le désirent se tourneront par eux-mêmes vers Dieu. Ils en ont la capacité. Ce n’est pas ma compréhension des textes. Ce que je lis, c’est que les hommes sont incapables de recevoir les choses de l’Esprit. Tous les hommes préfèrent les ténèbres à la lumière. Dire que l’homme a la capacité de se tourner vers Dieu par lui-même, c’est dire que sa volonté n’a pas été affectée par le péché. Qu’il y a des aspects de son intériorité qui sont tordus, mais pas sa volonté. Je répondrais à cela que si la volonté de l’homme était intacte, Dieu n’aurait pas besoin de donner aux élus le vouloir et le faire. Dieu ne répare pas notre intériorité. Il la change complètement. Le monde grec au temps de Paul accordait une très grande valeur à l’intelligence. Les philosophes étaient parmi les plus considérés dans la société. L’instruction chez les Grecs était très avancée. Après l’empire grec, il y a eu l’empire romain. Les Romains ont conquis les Grecs, de sorte que plusieurs grecs sont devenus les esclaves des citoyens romains. Et les Romains ont tellement apprécié la culture grecque qu’ils ont confié aux Grecs l’éducation des enfants. Même la mythologie romaine a été copiée sur la mythologie grecque. Seuls les noms ont été changés. On citait les philosophes comme autant de références. La philosophie n’était pas seulement vue comme une manière de penser. Le mot philosophie vient de deux racines qui signifient amour de la sagesse. En fait, les Grecs faisaient une division marquée entre le corps et la raison. Ce qu’on appelle le gnosticisme. Les écrits du Nouveau Testament ont dénoncé cette pensée sans la nommer. Cette philosophie enseignait que l’esprit de l’homme lui permettait d’être en communion avec Dieu, mais que le corps garde l’homme collé aux réalités terrestres et mauvaises. L’homme devait se libérer de son corps afin de s’élever vers le divin. La philosophie était vue comme le moyen de salut pour échapper aux problèmes terrestres. Alors que les païens croyaient que leur esprit, leur intelligence était leur bouée de sauvetage, Paul affirme que c’est plutôt la pierre qui les coule au fond de l’eau. Le verdict de Dieu sur toute l’intériorité de l’homme en est un d’incompétence et de prétention. Au lieu d’être la solution, l’intériorité de l’homme est le problème. Et la situation est telle que l’homme ne reconnaît pas sa situation. De nos jours, les choses n’ont pas vraiment changé. L’homme a toujours cet orgueil qu’il est compétent pour penser, qu’il est une lumière pour sa propre vie. Alors que l’homme est complètement mort spirituellement.

 

L’endurcissement du cœur

Paul parle aussi de l’endurcissement du cœur au verset 18 :

 

Ils ont l’intelligence obscurcie, ils sont étrangers à la vie de Dieu, à cause de l’ignorance qui est en eux due à l’endurcissement de leur cœur.

 

Dans ce verset, il y a des liens de cause à effet. Si les hommes ont l’intelligence obscurcie et sont étrangers à la vie de Dieu, c’est en raison de l’ignorance qui est en eux. Et si les hommes sont ignorants, c’est en raison de l’endurcissement de leur cœur. L’ignorance des païens n’est pas victime, mais coupable. Elle est là en raison de l’endurcissement du cœur humain. Imaginez que je sois malade. Un ami me demande comment mon médecin traite cette maladie. Je lui réponds que je l’ignore complètement parce que je ne suis pas allé voir mon médecin. J’ignore le traitement prévu pour cette maladie. Mais cette ignorance est coupable. Une autre façon de vérifier le problème de l’endurcissement du cœur, c’est lorsque nous présentons l’évangile. Les réactions se manifestent différemment d’une personne à l’autre. Certains vont fuir, ne veulent pas en entendre parler. D’autres vont argumenter, et même lorsqu’on leur démontre leur incohérence, ils demeurent campés dans leur position. Mais ces réactions sont autant de manifestations de l’endurcissement du cœur. Dans la Bible, il y a deux grands exemples d’endurcissement. Il y a le pharaon qui est devenu l’emblème de l’endurcissement du cœur. Paul en parle en Romains 9. Et il y a les dirigeants juifs qui se sont endurcis. Et si l’on remarque bien, dans les deux cas, l’endurcissement est la réaction de rejet des personnes à mesure que les manifestations de Dieu s’intensifient. Le pharaon s’endurcissait de plus en plus d’une plaie à l’autre. Et cet endurcissement l’a conduit à perdre son propre fils. Les dirigeants juifs, au temps de Jésus, se sont endurcis à mesure que Jésus leur manifestait sa messianité. L’endurcissement du cœur est la source du problème. Contrairement à la conception moderne du cœur qui le voit comme le siège des sentiments et des émotions, chez les Hébreux, le cœur désignait toute l’intériorité. L’endurcissement du cœur, c’est l’homme qui mobilise toutes les facettes de son intériorité, sa volonté, son intelligence, sa raison, ses émotions, pour les opposer à la vérité. C’est exactement ce que nous voyons dans notre monde, frères et sœurs. Dès que nous parlons du christianisme, les gens repoussent. Nous ne devons pas critiquer l’islam, nous ne pouvons pas faire de blague sur les Musulmans. Mais notre monde se donne toute la permission de critiquer le christianisme et de faire des blagues méprisantes sur notre Seigneur. Nos gouvernements ont coupé toutes les bourses universitaires pour les étudiants en théologie biblique. Mais ceux qui étudient en théologie coranique, c’est-à-dire ceux qui étudient le Coran, reçoivent encore des bourses. J’aimerais vous faire remarquer que la radicalisation ne touche pas un seul groupe. Notre monde se radicalise contre le christianisme. Il y a un intégrisme contre le christianisme. Nous allons regarder quelques versets de Romains 1 qui vont nous éclairer. Romains 1.18-20 :

 

18 La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui retiennent injustement la vérité captive, 19 car ce qu’on peut connaître de Dieu est manifeste pour eux, Dieu le leur ayant fait connaître. 20 En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil nu, à partir de la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages.

 

Ces versets nous rappellent que le Dieu créateur s’est révélé à tous les hommes par la création. La création révèle Dieu, révèle plusieurs attributs de Dieu. Sa puissance, ses perfections, ses bontés. L’homme constate rapidement qu’il a des besoins comme la nourriture, le sommeil, et que tout a été placé dans la création pour prendre soin de lui. C’est pourquoi Paul affirme au verset 20 :

 

Ils sont donc inexcusables,

 

Le mot inexcusable en grec appartient au monde juridique et signifie sans plaidoyer, sans défense. Dieu s’est suffisamment révélé dans la création pour rendre l’homme inexcusable. En fait, ce que l’homme apprend à travers la création est suffisant pour que l’homme conclue qu’il doit adorer le créateur. L’homme sait qu’il a été créé. Juste ce point est suffisant. Si j’ai été créé, c’est que je n’ai pas décidé d’exister. Quelqu’un a décidé que j’allais exister et il m’a créé. C’est donc qu’il est tout-puissant. Et c’est donc que je ne m’appartiens pas. Je lui appartiens. La seule réponse logique est de fléchir les genoux et l’adorer, le servir humblement en lui rendant grâce. Personne ne pourra dire au jugement dernier qu’il lui manquait d’information. Tous les hommes ont accès à la révélation générale. Cette révélation générale amène Paul à dire au verset 18 :

 

La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui retiennent injustement la vérité captive,

 

L’homme prend la révélation générale, et au lieu de la bien recevoir et d’agir en conséquence, l’homme retient injustement la vérité captive. L’homme supprime cette vérité. Sa disposition fait qu’il a un phénomène de rejet aux choses de Dieu. Ils font tout pour la renier. Au lieu de reconnaître les évidences qui sont devant leurs yeux, ils s’acharnent à les rejeter. Paul continue aux versets 21 et 22 en ciblant les reproches.

 

21 car ayant connu Dieu, ils ne l’ont point glorifié comme Dieu, et ne lui ont point rendu grâces; mais ils se sont égarés dans leurs pensées, et leur cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres. 22 Se vantant d’être sages, ils sont devenus fous;

 

Au lieu de répondre de façon cohérente à la révélation générale, l’homme s’est égaré. Ces versets comportent des éléments aussi présents en Éphésiens 4.17 à 19. Ils se sont égarés dans leurs pensées, leur cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres. Comme je l’ai mentionné plus tôt, l’ignorance est fautive et répréhensible. Il ne s’agit pas d’une carence dans leur constitution créée, mais d’une mauvaise disposition. Le théologien Samuel Waldron donne l’illustration suivante. L’incapacité de l’homme de se tourner vers Dieu n’est pas une incapacité victime comme celle d’un enfant de 7 ans à qui l’on demanderait de sauter une clôture de 7 pieds. L’incapacité de l’homme de se tourner vers Dieu est plutôt comme un homme à qui l’on demande de faire du bien à son pire ennemi. Il répond qu’il en est incapable. Dans ce cas, l’incapacité, loin de disculper l’homme, révèle sa méchanceté. La suite de l’exposé de Paul nous apprend que Dieu, en guise de jugement, a livré les hommes à eux-mêmes, aux penchants de leur cœur. Romains 1.23 :

 

et ils ont changé la gloire du Dieu incorruptible en images représentant l’homme corruptible, des oiseaux, des quadrupèdes, et des reptiles.

 

Nous ne lirons pas la suite. Le verset 23 parle de l’idolâtrie qui découle du rejet de la vérité. Et la suite nous parle de l’immoralité sexuelle qui en découle. J’aimerais vous dire que l’idolâtrie conduit toujours à l’immoralité. Et c’est logique. Quand on rejette Dieu qui est le législateur, on rejette sa loi. Si les gens ne suivent pas Dieu, ils vont suivre les penchants de leur cœur. Et Paul présente ces choses comme un jugement de Dieu. Augustin disait que la punition pour le péché, c’est le péché. Ce que Paul décrit en Romains 1, nous l’avons en pleine figure dans notre société. L’immoralité sexuelle n’a pratiquement plus de limite. Sans parler des autres immoralités comme le vol, comme ceux qui abandonnent leurs enfants, ou ceux qui ne prennent pas soin de leurs parents âgés. Peut-être que l’on se demande pourquoi Paul insiste tant sur la réalité du monde. C’est parce que nous devons savoir ce qui en est. C’est un des moyens pour ne pas retourner en arrière. Paul dit bien en Éphésiens 4.17 :

 

Voici donc ce que je dis et ce que je déclare dans le Seigneur: Vous ne devez plus marcher comme les païens, qui marchent selon la vanité de leurs pensées.

 

Il est probable que Paul dise cela aux Éphésiens parce que certains marchaient comme les païens, ou étaient tentés d’adopter certaines pratiques païennes. Il est important pour nous d’avoir le regard de Dieu sur le monde. C’est important aussi pour savoir que le jugement de Dieu est juste. L’homme n’est pas victime de sa situation. Il est coupable et c’est lui qui en porte le blâme. C’est important dans notre évangélisation. Nous parlons à des personnes qui retiennent injustement la vérité captive. Lorsque nous annonçons l’évangile, nous devons nous attendre à cette opposition. Et nous devons compter sur Dieu seul qui sauve ceux qu’il a choisis. La connaissance que nous avons du cœur humain fait que, lorsque quelqu’un viendra à l’évangile, nous allons donner toute la gloire à Dieu. Nous ne nous accorderons aucune gloire d’avoir bien présenté l’évangile. Parce que la meilleure présentation de l’évangile n’améliore jamais la possibilité de conversion. Le seul espoir de conversion est en Dieu. 2 Timothée 2.25-26 :

 

25 il doit redresser avec douceur les adversaires, dans l’espérance que Dieu leur donnera la repentance pour arriver à la connaissance de la vérité, 26 et que, revenus à leur bon sens, ils se dégageront des pièges du diable, qui s’est emparé d’eux pour les soumettre à sa volonté.

 

Dans l’espoir que Dieu leur donne la repentance. Notre espoir n’est jamais dans l’homme. Il est en Dieu. Seul Dieu peut faire la différence. C’est lui qui donne la repentance à ses élus. Le cœur humain ne peut jamais produire la repentance. Il faut que Dieu mette en lumière notre péché, et qu’il dispose notre cœur pour que nous recevions la vérité. Ça prend une intervention divine déterminante pour que nous cessions de retenir la vérité captive.

 

Applications

Ne plus vivre comme les païens

Nous ne devons plus vivre comme les païens. Ici, Paul ne parle pas seulement des actions. Il nous dit de ne plus nous fier sur nos pensées, de ne pas endurcir nos cœurs. Si un frère m’exhorte, je ne dois pas m’endurcir, mais recevoir bien fraternellement. Je dois m’examiner sur ce point.  Je dois aussi examiner mes pratiques. Si mes pratiques, mes actions ne sont pas selon Dieu, c’est que j’ai un problème avec mes pensées, mon intelligence et mon cœur. C’est mon intériorité qui ne va pas. Je dois le confesser au Seigneur, le supplier de venir à mon secours, l’implorer de changer mon cœur. Comme David l’a prié. Psaume 51.12 :

 

12 O Dieu! crée en moi un cœur pur, renouvelle en moi un esprit bien disposé.

 

Avez-vous déjà fait cette prière au Seigneur? Avez-vous déjà crié à Dieu de changer votre cœur?

 

S’adresser à l’âme

La 2e application concerne tous ceux qui sont en position d’enseigner. Que ce soit les parents à leurs enfants, les moniteurs aux enfants qui viennent à l’Église, les pasteurs aux brebis. Et même entre chrétiens lorsque nous nous exhortons. Nous ne devons pas prêcher des comportements. Nous devons nous rappeler que tout mauvais comportement vient d’un problème plus profond. Nous devons saisir les occasions que nous offrent les mauvais comportements pour ramener à la personne son vrai problème. Si mon enfant n’obéit pas, je ne devrais pas me contenter de simplement lui répéter de ne pas faire telle chose. Je devrais prendre un temps avec lui pour lui parler du péché et le mettre face au problème de tous les hommes. Et ça devient en même temps une belle occasion de témoigner de la grâce de Dieu dans notre vie.

 

Nourrir son âme

La prochaine application est l’importance de nourrir nos âmes. C’est par la Parole de Dieu que notre intelligence se renouvelle. Ça ne se fait pas sans les moyens que Dieu donne. Quand Paul exhorte à ce que nous soyons transformés par le renouvellement de l’intelligence en Romains 12.2, dans nos Bibles, c’est un impératif passif. Mais en grec, c’est un impératif actif. Il ne s’agit pas d’attendre la transformation. Semeur traduit par : laissez-vous transformer. Je propose : voyez à être transformés ou faites en sorte d’être transformés. Il y a une responsabilité du chrétien dans cette transformation. Nous devons nourrir notre âme, voir au renouvellement de notre intelligence par la Parole de Dieu. Nous devons veiller sur nos pensées. Paul utilise aussi un impératif actif lorsqu’il nous dit : ayez en vous les pensées qui étaient en Jésus-Christ, Philippiens 2.15. Frères et sœurs. Ne marchons pas comme les païens. Constatons les dégâts de leur vie. Ne les imitons pas. Vivons la vie chrétienne en demandant au Seigneur de nous donner un esprit bien disposé. Nourrissons notre âme, ayons les pensées qui étaient en Jésus-Christ.

 

Que le Seigneur vous bénisse.

 

Daniel Durand, pasteur

 

10 février 2019

Prédicateur invité

Partagez cet enseignement :

Share on facebook
Share on twitter
Share on print
Share on email