Le ministère apostolique, partie 3

« Les apôtres ont communiqué le sensus plenior, le sens accompli des textes, de sorte que nous pouvons dire que c’est le Nouveau Testament qui interprète l’Ancien Testament. Je sais qu’il y a quelques écoles de pensée sur le sujet, quelques approches d’interprétation différentes, mais il me semble que, pour arriver à une conclusion, nous devons regarder comment Jésus et les apôtres ont interprété l’Ancien Testament et nous devons nous mettre à leur école. Les apôtres ont donc jeté les bases doctrinales pour l’Église. C’est fait, nous avons tout cela dans les Écritures, mais surtout, les apôtres, en donnant le sensus plenior de l’Ancien Testament, ont donné à ces textes leur portée messianique, c’est-à-dire qu’ils ont compris comment les textes de l’Ancien Testament annonçaient Jésus-Christ. »

Dans cette vidéo, nous poursuivons avec la troisième partie de la question du ministère apostolique. Dans la vidéo précédente, nous avions commencé à voir la question de la fonction des apôtres, c’est-à-dire ce en quoi consistait leur ministère. Nous allons poursuivre, mais avant nous allons remettre ce temps au Seigneur.

Sensus plenior

Ce fondement consistait à expliquer tout l’Ancien Testament en lui donnant toute la lumière messianique. Je vous donne deux exemples. Le premier exemple se trouve en Matthieu 2.15, mais avant de lire, voici le contexte : Hérode a appris que le messie juif est né. Le messie est destiné à devenir roi des Juifs. Hérode craint donc de perdre sa couronne. Il décide de tuer tous les mâles de deux ans et moins. Un ange apparaît en songe à Joseph pour lui dire de fuir en Égypte avec Marie et Jésus :

Joseph y resta jusqu’à la mort d’Hérode, afin que s’accomplisse ce que le Seigneur avait déclaré par le prophète : J’ai appelé mon fils hors d’Égypte. (Matthieu 2.15)

Alors, de quel prophète s’agit-il?

Quand Israël était jeune, je l’aimais, et j’ai appelé mon fils hors d’Égypte. (Osée 11.1)

Si nous avions le temps de lire la suite du chapitre 11 d’Osée, nous verrions qu’il parle du peuple juif, Israël. La suite nous montre que Dieu l’a appelé hors d’Égypte, mais Israël s’est maintenu dans une désobéissance chronique. Lorsqu’Osée a écrit son livre, cette parole que nous avons lue regardait vers un évènement passé. Autrement dit, Osée fait un compte-rendu, un peu comme un historien le ferait, du passé du peuple juif, mais voilà que Matthieu voit dans ces mêmes versets non seulement un compte rendu qui appartenait au passé d’Osée, mais aussi et surtout une prophétie dont l’accomplissement restait à venir. Une autre surprise, c’est que Matthieu applique ce texte qui nous parle de la nation juive à Jésus. Autrement dit, Jésus devient l’Israël. C’est donc que les apôtres ont compris que Jésus a accompli toute la destinée d’Israël. Israël avait échoué quant aux exigences de l’alliance et Jésus a réussi tous les tests. C’est un exemple du sensus plenior, c’est-à-dire que les apôtres, ayant été conduits dans toute la vérité selon la promesse de Jésus, ont relu tout l’Ancien Testament pour l’interpréter dans sa portée messianique.

Le deuxième exemple de sensus plenior se trouve en 2 Corinthiens 6.16 :

Quel contrat d’alliance entre le temple de Dieu et les idoles ? Car nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit : J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux ; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. (2 Corinthiens 6.16)

Ici, Paul enseigne que ce sont les chrétiens qui sont le temple du Dieu vivant. Le segment clé pour notre étude est : « comme Dieu l’a dit ». Semeur traduit par « Dieu lui-même l’a dit » et ce qui suit nous permet d’aller plus loin. Qu’est-ce que Dieu avait dit?

[…] J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux ; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. (2 Corinthiens 6.16)

Là, Paul cite en fait deux textes que je vais vous lire :

Ils me feront un sanctuaire, et je demeurerai au milieu d’eux. (Exode 25.8)

J’établirai ma demeure au milieu de vous, et mon âme n’aura pas d’aversion pour vous. Je marcherai au milieu de vous, pour être votre Dieu, et pour que vous soyez mon peuple. (Lévitique 26.11-12)

Ces deux textes que Paul cite en 2 Corinthiens 6.16 sont en lien avec le tabernacle. Alors, le tabernacle, c’est la construction portative, c’est-à-dire démontable, un peu comme si c’était Ikea qui l’avait conçue, et cette construction était faite essentiellement de toile. Dans certaines versions, on parle d’une tente. Cette construction servait de lieu de culte au peuple juif durant la traversée du désert. C’est là que se faisaient les sacrifices et tout le service sacerdotal. Lorsque le peuple est arrivé en Terre Promise, et jusqu’au moment où Salomon fit construire le temple de Jérusalem, c’était le tabernacle qui servait de lieu de culte au peuple.

Car je n’ai pas habité dans une maison depuis le jour où j’ai fait monter les Israélites hors d’Égypte jusqu’à aujourd’hui mais je me suis déplacé sous une tente et dans un tabernacle. (2 Samuel 7.6)

Tout ça pour vous dire que le temple de Jérusalem est la même chose que le tabernacle. Le tabernacle était le lieu de culte mobile pour la traversée du désert et, rendu en terre promise, le peuple a continué de l’utiliser tant que le temple n’a pas été construit. En fait, c’est la même chose : l’intérêt du sujet pour notre étude, c’est que Paul reprend ce que Dieu dit, c’est-à-dire :

[…] J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux ; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. (2 Corinthiens 6.16)

Des promesses liées au tabernacle. Il affirme que c’est accompli dans le fait que nous, les chrétiens, sommes le temple du Dieu vivant. Les apôtres ont communiqué le sensus plenior, le sens accompli des textes, de sorte que nous pouvons dire que c’est le Nouveau Testament qui interprète l’Ancien Testament. Je sais qu’il y a quelques écoles de pensée sur le sujet, quelques approches d’interprétation différentes, mais il me semble que, pour arriver à une conclusion, nous devons regarder comment Jésus et les apôtres ont interprété l’Ancien Testament et nous devons nous mettre à leur école. Les apôtres ont donc jeté les bases doctrinales pour l’Église. C’est fait, nous avons tout cela dans les Écritures, mais surtout, les apôtres, en donnant le sensus plenior de l’Ancien Testament, ont donné à ces textes leur portée messianique, c’est-à-dire qu’ils ont compris comment les textes de l’Ancien Testament annonçaient Jésus-Christ. Paul parle de cette responsabilité apostolique en Éphésiens 3.4-5 :

En les lisant, vous pouvez vous représenter l’intelligence que j’ai du mystère de Christ. Il n’a pas été manifesté aux fils des hommes dans les autres générations, comme il a été révélé maintenant par l’Esprit aux saints apôtres et prophètes de Christ. (Éphésiens 3.4-5)

Encore ici, les mots « apôtres » et « prophètes » désignent les mêmes individus. On voit cela du fait que l’article ne se trouve que devant « apôtres ». Nous recevons cet héritage apostolique par les écrits qu’ils nous ont laissés.

« Lancer » l’Église

Le dernier aspect que j’aimerais vous proposer sur les fonctions des apôtres, c’est qu’ils ont « lancé » l’Église, c’est-à-dire qu’ils ont évangélisé l’empire romain, à commencer par Jérusalem, la Judée, la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre.

Paul a mandaté des personnes précises, c’est-à-dire Timothée et Tite. À Timothée, il lui donne les qualifications requises pour nommer des pasteurs, appelés aussi évêques ou anciens, ainsi que des diacres. À Tite, Paul avait demandé d’établir des anciens dans chaque ville. La structure d’Église locale consiste à des anciens, appelés aussi pasteurs, évêques ou dirigeants, ainsi que des diacres. Ce point milite aussi pour la fin du ministère apostolique, puisqu’il n’y a aucune consigne d’en établir.

Autorité sur toutes les Églises

Un autre point qui milite en faveur de l’idée qu’il n’y a plus d’apôtre est que les apôtres avaient une autorité sur l’ensemble des Églises. Puisque ce sont les apôtres qui avaient la charge de compléter le canon biblique en reprenant l’Ancien Testament mais en l’interprétant avec le sensus plenior, leurs écrits avaient une autorité sur l’ensemble des Églises. Aujourd’hui, ceux qui se disent apôtres n’ont aucune autorité sur les Églises locales. Au plus, une personne qui est reconnue comme apôtre dans une Église n’a d’autorité que dans cette Église.

Les autres apôtres

Paul

Je vous avais dit que nous parlerons de la situation de Paul. Il n’a pas suivi Jésus durant ses trois années de ministère terrestre. Paul ne dit jamais qu’avant sa conversion, il a rencontré Jésus durant son ministère terrestre. La première fois qu’on entend parler de Paul, c’est en Actes 7. Nous le retrouvons sous son nom juif Saul, à ne pas confondre avec Saül, le premier roi d’Israël. La première mention de Saul est durant la lapidation d’Étienne. Alors, la meilleure chose est de reprendre les qualifications requises pour être apôtres, ce que nous avions vu lors de la première vidéo.

Choisi par Dieu

La première qualification est qu’il fallait avoir été choisi directement par Jésus-Christ. Nous avions vu cela avec le choix de Matthias en Actes 1 qui a remplacé Judas. Dans le cas de Paul, il a été désigné directement par Jésus et non par un processus d’Église :

Je vous déclare, frères, que l’Évangile qui a été annoncé par moi n’est pas de l’homme car moi-même je ne l’ai ni reçu ni appris d’un homme, mais par une révélation de Jésus-Christ. (Galates 1.11-12)

Ces versets nous informent qu’il a reçu l’évangile du Seigneur directement. Pour son appel, nous lirons en Actes 26, alors que Paul raconte l’apparition de Jésus, les versets 16 à 18 :

Mais lève-toi, et tiens-toi sur tes pieds ; car voici pourquoi je te suis apparu : je te destine à être serviteur et témoin des choses que tu as vues de moi et de celles pour lesquelles je t’apparaîtrai. Je t’ai pris du milieu de ce peuple et des païens, vers qui je t’envoie, pour leur ouvrir les yeux, afin qu’ils se tournent des ténèbres vers la lumière et du pouvoir de Satan vers Dieu, et qu’ils reçoivent le pardon des péchés et un héritage avec ceux qui sont sanctifiés par la foi en moi. (Actes 26.16-18)

Par conséquent, Paul a reçu l’évangile directement du Seigneur et il a été appelé directement par le Seigneur à l’office apostolique.

Témoin

La deuxième qualification requise pour être apôtre était d’avoir été témoin de la résurrection du Christ. C’est spécifié encore une fois lors de la désignation de Matthias en Actes 1. Paul va justement plaider qu’il rencontre ce critère.

Ne suis-je pas libre ? Ne suis-je pas apôtre ? N’ai-je pas vu Jésus notre Seigneur ? (1 Corinthiens 9.1)

Ensuite, il a été vu par Jacques, puis par tous les apôtres. Après eux tous, il s’est fait voir à moi comme à l’avorton ; car je suis, moi, le moindre des apôtres, je ne mérite pas d’être appelé apôtre, parce que j’ai persécuté l’Église de Dieu. (1 Corinthiens 15.7-9)

Paul affirme ici aussi que Jésus lui est apparu et, encore une fois, il le dit en lien avec les autres apôtres. Jésus est apparu aux apôtres et, après eux tous, à lui parce qu’il est le moindre des apôtres ayant persécuté l’Église. Donc, Paul remplit ce deuxième critère pour être apôtre, celui d’avoir été témoin de la résurrection de Jésus-Christ. Pourquoi est-ce que Paul se compare à un avorton? Henri Blocher propose d’y voir le fait que Paul n’a pas bénéficié des trois années de formation avec Jésus, mais le plus intéressant pour notre sujet est le début du verset 8 que certains traduisent par « Après eux tous ». En fait, littéralement, c’est « En dernier de tous ». Je vous lis ce qu’en dit le commentaire Bible Speaks Today :

La phrase la plus significative de ce récit des faits évangéliques se trouve peut-être au verset 8 : En tout dernier lieu, … il m’est apparu aussi. Par cette terminologie, Paul dit au moins deux choses : premièrement, sa propre rencontre avec Jésus ressuscité (après l’ascension) est d’égale validité et de nature identique aux autres apôtres qu’il vient de mentionner ; deuxièmement, une fois que Jésus ressuscité est apparu à Paul, il n’y a plus eu d’autres apparitions de cette nature (dernier de tous). (Traduit avec www.DeepL)

En fait, le mot grec traduit par « dernier » est au superlatif.

Prions.

Prédicateur invité

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