Le ministère apostolique, partie 2

« Après les qualifications, nous arrivons aux fonctions de l’apostolat que nous apprécierons en trois sous-points : témoigner; prophétiser pour terminer le canon biblique; jeter les bases de l’Église. »

Fonctions

Après les qualifications, nous arrivons aux fonctions de l’apostolat que nous apprécierons en trois sous-points :

  • Témoigner;
  • Prophétiser pour terminer le canon biblique;
  • Jeter les bases de l’Église.

Témoins

La première fonction était de témoigner de ce qu’ils avaient vu. Remarquez la force des verbes :

Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant la parole de la vie, — et la vie a été manifestée, nous l’avons vue, nous en rendons témoignage, et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était auprès du Père et qui nous a été manifestée, — ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi, vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils, Jésus-Christ. (1 Jean 1.1-3)

C’est ce qui explique que, lorsqu’il a fallu remplacer Judas, nous lisons :

Ainsi, parmi ceux qui nous ont accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus allait et venait avec nous, depuis le baptême de Jean, jusqu’au jour où il a été enlevé du milieu de nous, il faut qu’il y en ait un qui soit avec nous témoin de sa résurrection. (Actes 1.21-22)

En tant que témoins, les apôtres avaient une mission très particulière : celle de communiquer le Saint-Esprit là où ils passaient. Nous avons lu en Actes 8 lorsque Philippe évangélisa la Samarie. Philippe n’avait pas imposé les mains aux Samaritains. Je vous relis les versets 14 à 17 :

Quand les apôtres, qui étaient à Jérusalem, apprirent que (les habitants de) la Samarie avaient reçu la parole de Dieu, ils leur envoyèrent Pierre et Jean. Ceux-ci, descendus chez eux, prièrent pour eux, afin qu’ils reçoivent l’Esprit Saint. Car il n’était encore descendu sur aucun d’eux ; ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent l’Esprit Saint. (Actes 8.14-17)

Paul leur imposa les mains, et le Saint-Esprit vint sur eux ; ils se mirent à parler en langues et à prophétiser. (Actes 19.6)

La seule exception est suite à la conversion de Paul. C’est un dénommé Ananias qui a accueilli Paul comme chrétien :

Ananias partit et, lorsqu’il fut arrivé dans la maison, il imposa les mains à Saul et dit : Saul, mon frère, le Seigneur Jésus, qui t’est apparu sur le chemin par lequel tu venais, m’a envoyé pour que tu recouvres la vue et que tu sois rempli d’Esprit Saint. (Actes 9.17)

Je présente cela comme une exception, mais en fait, c’est plutôt un texte incertain, dans le sens que nous ne connaissons pas Ananias. Nous ne retrouvons jamais ce personnage dans le reste des Écritures sinon en Actes 22.12 où Paul raconte sa conversion.Dans toutes ses lettres, Paul ne le mentionne jamais. Il est donc difficile de tirer une pratique à partir de cet événement unique. De toute façon, Paul se présente comme une exception, l’avorton. Sa situation était très particulière, parce qu’il est le seul à s’attribuer le titre d’apôtre au même rang que les douze apôtres, mais tout en étant distinct ne serait-ce que par son champ missionnaire. Les douze apôtres ont été appelés à œuvrer au sein de la nation juive, alors que Paul était l’apôtre des païens.

Prophétiser pour terminer le canon biblique

Donc, la première fonction de l’apostolat que nous avons vue est qu’ils sont témoins de la résurrection du Christ. Ça nous amène à la deuxième fonction : rédiger les derniers écrits qui manquaient à la révélation, ce que nous avons dans le Nouveau Testament. Frères et sœurs, tout ce que nous croyons de Jésus vient de ce que les apôtres ont rapporté et mis par écrit dans le Nouveau Testament. Il y a bien certains livres qui n’ont pas été écrits par un apôtre. Il y a les évangiles de Marc et de Luc, les Actes des apôtres, encore Luc. L’épître aux Hébreux est disputée : certains l’attribuent à Paul, mais je suis d’avis que ça ne peut être ni Paul ni un autre apôtre en raison de ce que l’auteur a écrit au chapitre 2, versets 3 et 4 (Hébreux 2.3-4), mais même ces livres ont été écrits par des personnes qui ont été supervisées par un apôtre. Marc a œuvré avec Pierre; Luc avec Paul. Pour l’auteur aux Hébreux, on ne sait pas. Donc, les apôtres ont écrit la plupart des livres du Nouveau Testament. Ils ont été les témoins oculaires et auditifs du ministère de Jésus. Lorsque nous lisons le Nouveau Testament, nous sommes en face d’écrits rédigés par ceux qui ont vu et entendu le Seigneur. Paul est une exception que nous verrons plus tard, mais pour l’instant, je dirais que le Seigneur a pallié à ce critère.

Fin du canon biblique

Puisque plus personne ne peut être témoin de la vie du Christ sur terre, il n’y a plus d’apôtre pour rédiger un écrit ou, du moins, pour superviser, pour encadrer la rédaction comme nous l’avons vu. C’est un point majeur en faveur de la fin du canon biblique, c’est-à-dire que nous ne devons pas attendre d’autres livres pour compléter la Bible. Ceux qui sont tombés dans ce panneau sont tombés de haut. Tous ceux qui ont voulu ajouter à la révélation s’en sont distanciés, que ce soit les Témoins de Jéhovah qui ont affirmé dans une de leur revue que les écrits venant de la maison-mère de leur mouvement sont à considérer au même niveau que les écrits des apôtres. Les Adventistes du septième jour affirment que les écrits d’Ellen White doivent être reçus comme venant d’une prophétesse. Un prophète est quelqu’un choisi par Dieu pour parler en son nom et ce que le prophète dit est donc inspiré, exempt d’erreur. Dire que les écrits d’Ellen White sont des écrits prophétiques la place au même niveau que les apôtres même si l’organisation dit le contraire. Si c’est prophétique, c’est que ça vient de Dieu. Si ça vient de Dieu, ça ne peut pas être mis plus bas que les écrits apostoliques. Les Catholiques sont aussi piégés avec les dogmes ex cathedra. C’est ainsi que la tradition catholique se place au même niveau que les Écritures, mais en réalité, s’il y a divergence, on va justifier le propos du pape en réinterprétant les Écritures. Je pourrais parler des Mormons appelés aussi les Saints des derniers jours avec le livre de Mormon. Ce que nous devons retenir, c’est que le canon biblique est terminé :

Bien-aimés, comme je désirais vivement vous écrire au sujet de notre salut commun, je me suis senti obligé de le faire, afin de vous exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes. (Jude 1.3)

La pensée la plus fréquente lorsqu’on voit le mot « foi » est de le définir comme le fait de croire, mais ce n’est pas le seul sens du mot. Le mot « foi » signifie parfois dans la Bible le contenu de la foi, c’est-à-dire ce qui doit être cru. C’est ce sens que nous trouvons dans l’épître de Jude. Nous retrouvons ce sens dans Galates 1.23 où il est question des débuts de Paul en tant que chrétien :

Elles avaient seulement entendu dire : Celui qui autrefois nous persécutait, annonce maintenant la foi qu’il voulait alors détruire. (Galates 1.23)

Quelle est cette foi qu’il voulait jadis détruire sinon que le contenu, le credo de la foi chrétienne? Revenons au texte de Jude. La foi transmise aux saints une fois pour toutes n’est pas le fait de croire. Ça, c’était présent bien avant eux. La foi, c’est le contenu, l’héritage apostolique que les apôtres nous ont légué et c’est pourquoi l’Église, selon Actes 2.42, persévère dans l’enseignement des apôtres. Les chrétiens doivent recevoir comme Parole de Dieu, inspirée et inerrante, cet enseignement des apôtres.

Jeter les bases de l’Église

La troisième fonction des apôtres était d’établir le fondement :

Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre de l’angle. (Éphésiens 2.20)

D’abord, dans le texte original, apôtres et prophètes désignent les mêmes personnes. Semeur traduit ainsi :

Dieu vous a intégrés à l’édifice qu’il construit sur le fondement que sont les apôtres, ses prophètes, et dont Jésus-Christ lui-même est la pierre principale. (Éphésiens 2.20, version Semeur)

Ce texte milite en faveur de la cessation du ministère apostolique, puisque le fondement est déjà établi. L’Église est comparée à un édifice et les apôtres ont eu comme fonction d’établir le fondement. L’image est instructive. Le fondement est ce qui est mis au début. Après, c’est fait, on passe à la suite de la construction.

Prédicateur invité

Partagez cet enseignement :

Share on facebook
Share on twitter
Share on print
Share on email