Le décret de Dieu, partie 3

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« De quelque manière que nous comprenions la relation entre Dieu et le mal, nous ne devons jamais pousser le raisonnement jusqu’à penser que nous ne sommes pas responsables du mal que nous faisons, ou que Dieu prend plaisir au mal ou doit en être en tenu pour responsable. »

 

Introduction

La semaine passée, nous avons vu, dans le cadre de l’étude sur le décret de Dieu, que l’homme demeure totalement responsable de son péché même si c’est Dieu qui a décrété la chute. Luc 22.22 :

Le Fils de l’homme s’en va, selon ce qui est déterminé ; mais malheur à cet homme-là par qui il est livré.

Nous allons lire un texte et je vais le commenter par la suite. Ésaïe 10.5-6 :

5 Malheur à l’Assyrien, bâton de ma colère ! La massue dans sa main, c’est l’instrument de ma fureur. 6 Je le lâche contre une nation impie, je le dirige contre le peuple qui m’irrite, pour qu’il se livre au pillage et fasse du butin, pour qu’il le foule aux pieds comme la boue des rues.

Ici, le Seigneur veut châtier son peuple désigné dans les versets comme la nation impie. Et Dieu le châtie en envoyant une nation ennemie, les Assyriens, pour que ceux-ci pillent le peuple juif en guise de châtiment. Relisons le verset 5.

Malheur à l’Assyrien, bâton de ma colère ! La massue dans sa main, c’est l’instrument de ma fureur.

L’expression « bâton de ma colère » signifie que c’est par les Assyriens que Dieu va déverser sa fureur sur les Israélites. « La massue dans sa main, c’est l’instrument de ma fureur » signifie que la méchanceté que les Assyriens démontrent face à Israël est l’instrument de Dieu pour déverser sa fureur. Est-ce que Dieu approuve pour autant ce que les Assyriens ont fait? La réponse est au verset 12.

Mais alors, quand le Seigneur aura accompli toute son œuvre sur la montagne de Sion et à Jérusalem,…

C’est-à-dire lorsque l’Assyrie aura déversé sa méchanceté sur Israël. Remarquez bien. L’Assyrie, une nation païenne, principale ennemie d’Israël. L’agression de l’Assyrie contre Israël est présentée comme l’œuvre que le Seigneur accomplit en Israël. On poursuit la lecture au verset 12…

…je punirai le roi d’Assyrie pour le fruit de son cœur orgueilleux et pour l’arrogance de ses regards hautains.

Quand le Seigneur eut accompli l’œuvre qu’il a voulu faire en envoyant une nation ennemie contre Israël, le Seigneur dit qu’il va punir cette nation ennemie. Ceci nous démontre toute la responsabilité de l’homme dans le mal qu’il commet. Et ce n’est pas parce que Dieu l’a décrété, ce n’est pas parce que Dieu l’utilise, que l’homme est excusé. Un autre texte intéressant, Actes 2.23 :

…cet homme [c’est-à-dire Jésus], livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu, vous l’avez fait mourir en le clouant à la croix par la main des impies.

Jésus a été livré selon le dessein arrêté, c’est-à-dire selon le décret de Dieu. Il a été mis en croix par la main des impies. Le fait que cela ait été décrété par Dieu ne supprime jamais la responsabilité de l’homme. Il s’agit d’impies et à moins qu’ils ne se soient repentis, ils seront jugés aussi pour ce péché. Actes 4.27-28 :

27 Car en vérité, contre ton saint serviteur Jésus, à qui tu as donné l’onction, Hérode et Ponce Pilate se sont ligués, dans cette ville, avec les nations et avec les peuples d’Israël, 28 pour faire tout ce que ta main et ton conseil avaient déterminé d’avance.

Voyez comment les ennemis de Dieu ont accompli dans leur méchanceté ce que Dieu avait déterminé ou décrété d’avance. Ce que ça dit, c’est que le péché n’a pas été causé par Dieu mais par l’homme. L’homme ne peut pas dire que, puisque Dieu l’avait décrété, l’homme n’avait pas le choix. Dieu laisse agir sa créature sans la contraindre. C’est librement que l’homme a péché. Et c’est pourquoi Dieu blâme l’homme pour le péché. Dieu est la cause première. Il a tout décrété. Mais la responsabilité repose sur la cause seconde, c’est-à-dire sur l’homme qui pèche.

Voici ce que dit Wayne Grudem dans son livre de théologie systématique[1] :

L’Écriture ne présente jamais Dieu comme faisant directement quelque chose de mauvais, mais plutôt comme provoquant de mauvaises actions par l’intermédiaire de créatures morales agissant librement.

De plus, l’Écriture ne le tient jamais pour responsable du mal ni le décrit comme prenant plaisir au mal, et elle n’excuse jamais les êtres humains pour le mal qu’ils commettent.  De quelque manière que nous comprenions la relation entre Dieu et le mal, nous ne devons jamais pousser le raisonnement jusqu’à penser que nous ne sommes pas responsables du mal que nous faisons, ou que Dieu prend plaisir au mal ou doit en être en tenu pour responsable. Une telle conclusion est clairement contraire à l’Écriture. Un autre texte qui traite du sujet, Romains 9.18-21 :

18 Ainsi, il fait miséricorde à qui il veut, et il endurcit qui il veut. 19 Tu me diras donc : Qu’a-t-il encore à blâmer ? Car qui résiste à sa volonté ?

Paul pose la question qui traverse la tête de plusieurs chrétiens. Si Dieu fait grâce à qui il veut et s’il endurcit qui il veut, pourquoi Dieu blâmerait-il encore? Qui résiste à sa volonté? Paul répond, mais pas nécessairement ce que nous aimerions avoir comme réponse. Romains 9.18-21 :

20 Toi plutôt, qui es-tu pour discuter avec Dieu ? Le vase modelé dira-t-il au modeleur : Pourquoi m’as-tu fait ainsi ? 21 Le potier n’est-il pas maître de l’argile, pour faire avec la même pâte un vase destiné à l’honneur et un vase destiné au mépris ?

Donc, ça appartient à Dieu, nous n’avons pas à remettre en question. Dieu a raison de blâmer même si c’est son décret.

 

Le décret d’élection

Nous arriverons au décret particulier, celui de l’élection.

Mais juste avant, je vais tenter d’expliquer la différence entre l’élection et la prédestination. D’abord, les deux notions réfèrent aux mêmes individus. Ceux qui sont élus sont de facto prédestinés, et ceux qui sont prédestinés sont de facto élus.

Ensuite, l’élection signifie le choix unilatéral de ceux que Dieu veut sauver. Il n’a pas seulement décidé, décrété qu’il allait sauver des personnes. Il a décidé de ceux qui allaient être sauvés. La prédestination signifie ce pour quoi nous sommes élus. Il s’agit de notre destin final que Dieu a déterminé d’avance. Si un homme riche sans enfant lègue toute sa fortune à un jeune homme prometteur, l’élection est que l’homme riche a choisi son héritier. La prédestination est le fait que l’homme riche a décidé de rendre riche ce jeune homme. Certains théologiens sont de tendance universaliste. C’est-à-dire qu’ils croient que tous les hommes seront sauvés de l’enfer. Ils ont douté de la doctrine de la réprobation. C’est-à-dire le fait que Dieu réprouve ou rejette des hommes. La doctrine de l’élection, comme étant un acte de sélection, implique la doctrine de réprobation, c’est-à-dire de rejet des autres.

Évidemment, si Dieu a décidé de qui allait être sauvé, il a du coup décidé que les autres ne seraient pas sauvés.

 

Daniel Durand, pasteur

25 novembre 2018

 

[1] Page 342

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Prédicateur invité

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